28 Semaines Plus Tard (19 Septembre)

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°°° LONDON CALLING

4  19.09.2007

Avantages:
*  *  *

Inconvénients:
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Recommandable: Oui 

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PsychoSexy

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Avis:920

Lecteurs satisfaits:389

Cet avis a été évalué par 45 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

2003.

Une ambiance délétère dans un centre de Londres troublant d'immobilité. Un indescriptible mal-être alors qu'on assiste à l'errance angoissée d'un héros qui goûte à l'urgence du chaos. Une immersion psychologique brutale dans sa course à la survie, une immersion qui confine à l'oppression. Une confrontation sans concession avec nos peurs les plus primales et les plus innommables. Ce n'est que du cinéma et pourtant ça imprime en moi des sensations intenses et jubilatoires, des sensations non ressenties depuis longtemps face à un grand écran. C'est du Danny Boyle. Ça s'appelle « 28 jours plus tard » et ça entre rapidement dans mon panthéon personnel aux côtés de ces rares films qui parviennent à m'angoisser délicieusement.

Dans un Londres aux allures de réel, un homme sort du coma pour ne découvrir autour de lui que le silence et l'immobilité. Danny Boyle nous offre des prises de vue saisissantes lorsque son héros erre au cœur de la ville désertée, puis il nous surcharge d'adrénaline lorsque celui-ci comprend la situation, et tandis que commence sa lutte animale et instinctive pour sa vie. Le spectateur est alors directement confronté à ses peurs les plus profondes, à des angoisses peut-être inconscientes et sans doute universelles. Il croit d'abord à un réveil post-apocalyptique, puis s'aperçoit que le chaos n'a pas encore eu lieu, mais est en train de se dérouler. Il s'agit de lutter pour échapper au néant, le héros doit se dépasser pour sauver sa peau, coûte que coûte. Instinct de survie qui repousse l'entendement et les limites.

Danny Boyle, réalisateur britannique à qui l'on doit le malicieux et cynique « Petits meurtres entre amis » et le générationnel et décapant « Trainspotting » a subi les critiques d'amateurs sévères de films de zombies et de vénérateurs de Romero qui l'ont accusé de profiter du genre et de le malmener en composant une parodie inutile. Je pense que ces personnes n'ont pas su voir les véritables motivations de ce film qui vise à apporter une dimension supplémentaire au film de zombie, un questionnement rude qui vient percuter le neurone au fil de l'action et qui la rend ainsi encore plus oppressante.

Ce film est un must-have(-seen).
- Ce film, tu dois l'avoir (vu).

2007.

Une bande annonce dans une salle obscure. Une cascade d'images du centre londonien plein de vie et d'agitation. Un décompte inquiétant et néanmoins familier : exposition (1er jour), épidémie (8ème jour), évacuation (20ème jour). Rappel des faits. Venait enfin la dévastation, et l'on découvre la situation à l'issue du premier volet : population zéro. Et ces images en rafale, ces cris stridents en bande sonore, ces yeux injectés de sang, ces scènes de foule paniquée. La même ambiance, le même malaise : nous sommes désormais « 28 semaines plus tard ».

Ce nouvel opus pour lequel Danny Boyle n'est que producteur exécutif s'ouvre dans un calme et une sérénité certaine. La sensation diffuse de mal-être dans laquelle le premier volet nous avait immergés est toujours présente, et ressurgit de façon assez similaire tandis que l'on suit notre nouveau héros dans l'hyper-centre londonien quasiment privé de toute vie humaine et de toute agitation moderne. Les infrastructures et les monuments sont ceux que l'on connaît mais la vie semble avoir été suspendue. Toutefois, ce malaise se dissipe un peu puisque cette vie en suspens, justement, semble reprendre.

A l'instar du reste du territoire, la capitale, jugée trop dangereuse au vue de l'épidémie, avait été désertée. Les ressortissants britanniques étaient hébergés hors du pays. Mais l'armée a fini par mettre en place un périmètre sécurisé, et le cœur de Londres reprend vie. Même si le reste du pays n'est pas sûr, même si de probables mutants y évoluent encore, l'envie de reprendre un cours normal des choses pousse les hommes à avancer. Alors les survivants se mêlent à la population militaire volontairement dépêchée sur les lieux. S'organise de nouveau une petite société. Et les premiers natifs sont réintégrés. Parmi eux se trouvent les enfants de Don. En vacances à l'étranger lors de l'épidémie, Andy et Tammy veulent retrouver leur pays et leur famille. Les deux sont dévastés. Car si Don a survécu, il n'en est pas de même pour la mère des enfants. La famille doit réapprendre à vivre sans elle, dans une ville fantôme qui rappelle constamment le drame passé et qui vibre des dangers encore possibles…

Ce réapprentissage délicat s'opère dans un climat étrange, mais malgré tout serein. Jusqu'à ce que, bien évidemment. Le grain de sable survienne. La machine s'enraye. Ce calme initial ne saurait duper personne : nous assistons à la suite de « 28 jours plus tard ». Il s'agit donc d'un film de zombies, et on se doute bien qu'il va y avoir une couille dans le potage à un moment ou à un autre. D'ailleurs lorsque les péripéties commencent à s'orienter vers le déclenchement d'une nouvelle catastrophe, on le voit venir gros comme un camion. Ce qui n'empêche pour autant pas de faire un bond de trois mètres sur son siège lorsque la caméra se retrouve face au tout premier zombie. Booh !

91 minutes plus tard.

Le film s'achève. Je jubile.
J'attendais énormément de ce film et je n'ai pas eu, évidemment, satisfaction totale. Mais je jubile pourtant car j'ai tout de même eu beaucoup. Mes attentes énormes, je les savais aussi irréalistes. Je savais que l'inédit de la première fois étant passé, je ne retrouverai pas la même sensation déroutante. Et je savais que Danny Boyle ayant laissé sa place derrière la caméra, il y avait un risque de déception quant à l'ambiance, même s'il restait producteur exécutif.

Alors, effectivement, je n'ai pas retrouvé toute l'intensité de la magistrale claque assénée par le premier film. Mais j'ai passé un excellent moment de cinéma, une nouvelle fois stressée et angoissée dans mon fauteuil, attendant avec délice que l'on me fasse peur en me confrontant à mes plus terribles craintes. Sur ce plan-là, le schéma est le même. La question soulevée par le film est simple mais diablement efficace : et s'il fallait sauver sa peau à tout prix, comment réagirions-nous ? Voir la mort juste à côté de soi, la voir tout envelopper, la voir se propager avec une implacabilité déconcertante. Savoir que la face du monde est en train de changer, et que même si l'on s'en sort, rien ne pourra être reconstruit comment avant. Ne pas s'arrêter pour ne pas avoir le temps de se filer mal aux tripes en considérant l'étendue de sa solitude et de sa misérabilité face aux événements.

Les ressorts utilisés pour coller l'angoisse sont souvent les mêmes que dans le premier volet, et souvent les mêmes que dans bien des films de frisson. Mais bon sang qu'ils sont efficaces ! On retient son souffle, on crispe ses doigts contre sa chair, on laisse échapper des petits cris de surprise. Et au delà des situations mêmes qui sont mises en scène (avancer dans un couloir de métro complètement plongé dans les ténèbres, n'entendre que la voix de l'autre), la façon de les filmer joue évidemment sur l'effet d'ensemble. Juan Carlos Fresnadillo, dont je connais bien entendu la carrière complète depuis son inscription en CAP Vidéo jusqu'à l'obtention de son futur Oscar en 2009, remplace très habilement Danny Boyle. Il ne refait pas du Danny Boyle mais reste fidèle à l'atmosphère : une photographie qui oscille entre les teintes bleutées et les dérivés de gris, des scènes sereines aux longs plans séquences laissant le temps au vide des lieux de distiller son angoisse, des scènes de panique, de survie et de lutte chaotiques et sans doute volontairement brouillonnes, des contre-plans rapides pour faire sursauter. Et une bande son terrible mêlant le vieux punk et le nouveau rock british, et collant parfaitement à la décadence montante du scénario.

Je ne m'attarderai pas sur les acteurs. Carlyle est à contre-emploi de son déhanché cultissime de « The Full Monty » et si l'on a un peu de mal à se détacher de ce souvenir, on ne peut que reconnaître qu'il joue bien. Mais son rôle n'est pas essentiel. La crédibilité du film repose sur les deux enfants, Mackintosh Muggleton et Imogen Poots, qui auront certainement une belle carrière s'ils trouvent un agent capable de faire quelque chose par rapport aux noms ridicules qu'ils se coltinent. En effet, ces deux inconnus aux visages séraphiques bordés de cheveux blonds sont dans leurs personnages. Fragilités, faiblesses et forces sont dosées. Peur, douleur, tristesse, colère, détermination et rage sont maîtrisése. Ces sensations s'impriment au mental du spectateur : le pari est gagné.

Quant à la perspective d'un « 28 mois plus tard », elle me met l'eau à la bouche compte tenu de la fin de ce second épisode. Mais point trop n'en faut : pourquoi ne pas rester sur la bonne impression présente ?
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Commentaires sur cet avis
cbyt

cbyt

06.04.2008 23:35

Carlyle avant d'être définitivement révélé avec Full Monty avait déjà joué pour Boyle dans Trainspotting. D'ailleurs je pense que ce choix n'est pas innocent ...

cbyt

cbyt

06.04.2008 23:34

Personnellement, j'ai préféré ce deuxième opus notamment par la façon dont Fresnadillo a utilisé Londres comme actrice principale de son film. Jamais je n'avais vu Londres filmée de cette manière et cela donne une épaisseur au film qui manquait dans le premier.

cbyt

cbyt

06.04.2008 23:31

"Ce nouvel opus pour lequel Danny Boyle n'est que producteur exécutif s'ouvre dans un calme et une sérénité certaine." ==> Danny Boyle a donné aussi un coup de main derrière la caméra et a réalisé quelques une des scènes d'ouverture ...

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