L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Pamphlet valable pour toutes les religions . |
| Inconvénients: |
Peut sembler ennuyeux à celui qui ne voit pas la Lumière . . . . . . . |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Quelques dimanches matin, mon athéisme vient se frotter à la programmation religieuse de France 2. De « Sagesses Bouddhistes » à « Islam », suivies de « A Bible Ouverte » qui précède « Source de Vie », que « Présence Protestante » et « Messe » finissent de chapeauter, au plus fort de mon détachement religieux, même « Téléfoot » et ses apôtres enshortés* n’arrivent pas à me départir de l’envoûtement des textes piochés dans de très beaux livres reliés qui sentent le soufre et l’absence totale de communication possible entre les religions*. Ca transpire pourtant de compassion, je parle du culte en général là et non des porteurs de crampons.
Pendant près d’1h45 , « A Sérious Man » va te mettre à l’épreuve mon gars et c’est très certainement pour cela qu’il ne récolte à ce jour que deux étoiles de la part des spectateurs sur allociné. Tu m’étonnes.
« Un film trop juif pour avoir du succès ». « La question juive des Frères Coen ». « Pendant vingt cinq ans, écrit Uli Silber, les Frères Coen ne se sont pas intéressés aux juifs. Et quand l’heure est venue de sonder leurs racines, une vie entière de désintérêt les rattrape. Leurs personnages ne sonnent pas juste. Ils n’ont pas cette perception de la psychologie juive qui fait le succès des comédies de Woody Allen, Mel Brooks ou Billy Cristal ». Ces quelques critiques de la presse américaine viennent d’un article sur les frangins relevées dans les pages d’une revue commençant par un T, qui n’est pas la Torah mais Télérama.
L’initiation proposée par Joel et Ethan dans « A Sérious Man » prouve indéniablement que tout précepte religieux peut très rapidement gonfler à l’adolescence. Danny Gopnik (A.Arkin) illustre parfaitement la vie des frères : « On allait à la synagogue, on suivait les cours du soir à l’école hébraïque, cinq fois par semaine, et c’était comme une punition. Les textes nous semblaient à peu près aussi surréalistes et indéchiffrables que les paroles de Jefferson Airplane, que nous écoutions à l’époque. Et nous préférions Jefferson Airplane. » Danny se tape copieusement du bourrage de crâne auquel il est soumis, préférant de très loin les programmes télévisés, si seulement son père daignait monter sur le toit pour remettre en place cette antenne qui l’empêche de voir ses émissions favorites. Le sofa plutôt que la Torah.
Larry Gopnik est le père idéal. Tout au long du film, un « 2012 familial » va s’abattre sur lui. Il représente le père des Coen : « Quand il revenait, ma mère faisait des efforts intenses pour lui laisser penser que nous suivions toutes les règles à la lettre. » De déconvenus en délabrements de la cellule familiale, Larry traverse le film avec une capacité à résister hors du commun des mortels que nous sommes.
La communauté et le qu’en-dira-t-on quand Judith Gopnik veut divorcer pour se remarier avec Sy Ableman. Un étudiant voulant acheter la probité de Larry, une voisine excitante, les cours de maths, et l’incroyable jeu de Larry (Michael Stuhlarg) dont on sent que le pétage de plombs est proche, mais les préceptes religieux servent encore à maintenir son équilibre psychologique. Mais jusqu’à quand ces garde-fous pourront-ils résister ?
Une aide psychologique peut-être ? C’est là que les frères Coen enfoncent le clou en mettant face à Larry trois rabbins dont le rôle de conseillers commence définitivement à craqueler tant il y a un décalage entre la vie et ses complications et le crescendo savoureusement décalé proposé par les explications approximatives apportées par les rabbins qui ont perdu pied avec la réalité, même déjà pour le plus jeune d’entre eux qui devrait ne pas être totalement bouffé par les « textes sacrés ». Délicieux.
Qu’un juif puisse se comporter comme un goy semble totalement improbable pour le critique Uli Silber, et pourtant. « Le juif-juif se sent plus juif que fourreur. Il renâcle à l’idée de se mélanger aux gens du peuple non élu. En dehors des heures d’ouverture de son magasin » disait Desproges. Et Larry va devenir ce personnage du peuple. Il aura su résister, mais à quoi bon merde.
Les Coen touchent souvent à l’excellence et assez peu à l’irrévérence. Religieusement, seul le personnage fantasque de Walter Sobchack dans « The Big Lebowsky » prônait une judaïté pour le non-juif qu’il était. Cocasse.
« A Sérious Man » est sans rythme, mais il est chargé de religion et bondieuseries auxquelles peu de porteur de croix aurait pu résister. Larry y arrive, on l’accompagne tant bien que mal avec plus d’un sourire sarcastique. Il est ce Christ moderne, et comme le disent les frères Coen à la fin : « Aucun juif n’a été blessé pendant le tournage de ce film. »
La blessure est juste religieuse. C’est souvent celle qui fait le plus mal. Voilà pourquoi ce film est remarquable.
- Enshorter : Comme toute présence divine, ce verbe du premier groupe n’existe pas.
- Info du jour: Nigéria, 150 corps retrouvés au fond de puits après des heurts religieux.
| Autres avis |
Pas d'bol : la poisse selon les frères Coen
Evaluation du produit A Serious Man (20 Janvier 2010) par
Robert_Smith
Avantages: Drôle, bien réalisé, bien joué, belle musique - presque tout pour plaire
Inconvénients: un peu hermétique, moin bien que d'autres Coen bros.
...depuis maintenant presque trente ans. A savoir leur côté populaire qui sait parler au spectateur avec ses personnages forts et ses histoires tordues, et leur côté expérimental qui réfléchit sur le cinéma et creuse toujours plus loin une œuvre personnelle. Je suis pas certain que le film mixe aussi bien les deux, mais en tout cas une chose est claire : A Serious Man est un pur produit de l’esprit dérangé des frangins, qui pousse à leur paroxysme les ... ...pleine poire ; toute action a une influence néfaste ; chaque événement l’entraîne plus loin dans sa descente aux enfers.
C’est donc le modèle ultime « Fargo » qui est encore une fois convoqué ici, mais aussi « Sang pour Sang », « The Big Lebowski », « Ladykillers » et tous les autres. A la différence près que l’élément fondamental du film, cette fois, tourne autour de la judéité. Jamais les Coen ne s’étaient autant intéressés à leur religion (qu’ils ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant

29.01.2010
|
Bof...bof...
Evaluation du produit A Serious Man (20 Janvier 2010) par
Eric17
Avantages: les acteurs
Inconvénients: coquille vide sans réel fil conducteur
...je suis allé voir « A serious man » au cinéma. Sorti mercredi dernier et d’une durée d’une heure trois quarts, ce film est le dernier opus né de l’imagination des frères Cohen. Ces derniers sont reconnus depuis des années par les critiques du fait des réussites de « O’brother », « Fargo » ou encore « The Big Lebowski ». Je n’ai pas vu toute leur filmographie mais leur univers ne m’est pas inconnu. Les critiques concernant ce dernier opus étaient ... ...nous est plutôt sympathique. On a une certaine tendresse pour lui. En effet, le faible réveille souvent l’empathie. Par contre, ce genre de film est assez classique. Le père de famille soumis qui réalise de sa situation est un thème qui inonde nos écrans ces dix dernières années. « A serious man » allait-il se démarquer ? Sa petite différence par rapport à ses prédécesseurs est contenue dans sa dimension judaïque. En effet, tout au long du film la ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant

23.01.2010
|
Une passion qui s'éteint ?
Evaluation du produit A Serious Man (20 Janvier 2010) par
bigboo
Avantages: La patte des frères Coen...
Inconvénients: ...mais bon c'est chiant...
...pas vraiment fait rire, voici A Serious Man, qui m’a carrément ennuyé…
Larry Gopnik voit sa vie, déjà pas terrible à la base, partir en sucette… Sa femme est sur le point de le quitter… et de le foutre dehors de chez lui. Des lettres anonymes sont envoyés à l’école où il l’enseigne le calomniant alors que sa titularisation est sur le point d’être examinée. Son frère est un débile léger qu’il traîne comme un boulet. Et ses enfants sont des adolescents ... ...envie de l’aider ?
A Serious Man ressemble un peu à un remake de La Crise, le film de Coline Serreau. L’histoire d’un homme qui essaye d’exposer ses problèmes aux membres de son entourage, mais chacun d’eux est trop occupé avec ses propres problèmes pour lui prêter la moindre attention. C’est exactement le même ressort dans les deux films, mais si l’un était vraiment drôle et bien senti, le film des frères Coen est juste passablement vain et ennuyeux.
...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant

29.01.2010
|