Pas d'bol : la poisse selon les frères Coen
29.01.2010
Avantages:
Drôle, bien réalisé, bien joué, belle musique - presque tout pour plaire
Inconvénients:
un peu hermétique, moin bien que d'autres Coen bros .
Recommandable:
Oui
 Robert_Smith
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Membre depuis:13.07.2004
Avis:86
Lecteurs satisfaits:40
Cet avis a été évalué par 14 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
La critique de Télérama parle de ce gars sérieux comme du film qui concilie les deux aspects du travail des frères Coen depuis maintenant presque trente ans. A savoir leur côté populaire qui sait parler au spectateur avec ses personnages forts et ses histoires tordues, et leur côté expérimental qui réfléchit sur le cinéma et creuse toujours plus loin une œuvre personnelle. Je suis pas certain que le film mixe aussi bien les deux, mais en tout cas une chose est claire : A Serious Man est un pur produit de l’esprit dérangé des frangins, qui pousse à leur paroxysme les situations et personnages habituels de leur cinéma. On ne sera pas étonné alors que le postulat de base soit le pitch d’à peu près tous les films des Coen : l’histoire d’un mec quelconque qui s’enfonce inexorablement dans les ennuis et dont la vie se casse la gueule un peu plus à chaque instant. Prof de maths suppléant d’un petit lycée de province, le « héros » du film voit du jour au lendemain sa femme le quitter pour un collègue, son frère un peu neuneu arrêté par les flics, sa titularisation mise en suspens, sa santé décliner, sa voisine nympho le brancher (oui, y’a aussi du bon, quand même !), son fils lui vider son compte en banque… Quoiqu’il tente pour essayer de se dépatouiller d’une situation finit toujours par lui revenir en pleine poire ; toute action a une influence néfaste ; chaque événement l’entraîne plus loin dans sa descente aux enfers.
C’est donc le modèle ultime « Fargo » qui est encore une fois convoqué ici, mais aussi « Sang pour Sang », « The Big Lebowski », « Ladykillers » et tous les autres. A la différence près que l’élément fondamental du film, cette fois, tourne autour de la judéité. Jamais les Coen ne s’étaient autant intéressés à leur religion (qu’ils ne pratiquent pas) – à tel point que le film pourra parfois paraître hermétique aux non-juifs. Le prologue du film avec son histoire de Dibbouk, notamment, est complètement déconnecté du reste, et on se demande bien ce que ça fout là. J’ai donc pas tout capté des aspects religieux/communautaires/traditionnels de l’histoire… mais en fait, c’est pas grave, parce que visiblement les Coen n’ont pas tout compris non plus ! Le film est plein de gags sur la complexité de certains rites (le récurrent « A guet ? What is that » est énorme), et son ressort principal repose justement sur l’idée de montrer comment la pratique de la religion influe sur la vie de tous les jours. Après, c’est juste jouissif de voir le personnage principal s’enfoncer dans les emmerdes quoi qu’il fasse, comme toujours chez les Coen, Comme dans leurs films les plus sérieux, le comique de situation se double d’un côté philosophique, ici accentué par le recours aux aspects religieux. A ce titre, la fin du film qui apporte autant de résolutions que de nouvelles interrogations ou de points qui restent en suspens, et typique de cette ironie existentialiste des frères. La musique « spatiale » pleine d’emphase de Carter Burwell (comme toujours absolument magnifique) souligne l’humour noir des situations. On rit beaucoup à certaines scènes et répliques, mais c’est un rire grinçant, celui qui gâche le désespoir (même si le film fonctionne aussi très bien au premier degré). Et bien sûr, il est inutile de préciser que les acteurs, pour la plupart d’obscurs inconnus venus du théâtre ou de la télé (certains entraperçus ici ou là, genre le frère qui a un rôle récurrent dans une des premières saisons de Scrubs), sont excellents. Dans le rôle principal, Michael Stuhlbarg est juste ahurissant. Tout aussi inutile de le préciser – mais je le fais quand même : la réalisation et l’image (signée encore une fois du grand Roger Deakins) sont sublimes. (tout comme le morceau récurrent de Jefferson Airplane et les quelques autres chansons d’époque).
Pas dans les meilleurs Coen parce que trop hermétique, mais quand même mortel, 5/6
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Tags en relation avec A Serious Man (20 Janvier 2010)
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05.02.2010 15:14
un film à voir
30.01.2010 00:57
Damn, il FAUT que je le vois.
30.01.2010 00:40
"hermétique aux non juifs" humm ça sent justement le télérama sans le dire hein coquin ;o)) ."sang pour sang" peu de gens font référence à ce film des coen qui est pourtant un incontournable pour l'atmosphère. Les coen on est trop dur avec eux. superbe avis ;o)