Hello Every badauds
Il y a des fois où je me demande si je ne suis pas un peu tordu ; en effet je regarde pas mal de films, ça vous vous en êtes rendu compte, mais parfois des films qui de prime abord ne m'intéressent même pas ; c'est souvent le cas pour les films que je qualifie de à l'eau de rose.
Ce genre de films larmoyants qui jouent à fond la carte sensible, moi ça me gonfle assez vite ; et bien malgré ça, il m'arrive d'en regarder, ou du moins de regarder un film qui d'entrée me fait dire qu'il va s'agir de ce genre là. Non pas que je sois insensible ou réfractaire à la sensiblerie (sous certaines limites, faut tout de même pas pousser), mais j'ai du mal avec ceux qui en rajoutent sans cesse pour tenter de te tirer non pas les vers du nez mais la larme à l'œil.
De plus, il y a certains acteurs qui se sont catalogués dans une carrière bien ciblée et qui d'un coup se retrouvent à tenter autre chose ; en général on a plutôt de fortes appréhensions quant à leurs tentatives de se démarquer d'un genre dans lequel ils se sont eux même enfermés.
A cœur ouvert, sorti en 2006 aux Etats-Unis et disponible chez nous en DVD depuis quelques mois me semblait parfaitement correspondre à ce genre, donc pourquoi l'avoir vu ? Et bien je n'en sais fichtre rien mais je ne regrette pas ce que je considère être une agréable découverte.
Synopsis
Alan Johnson (Don Cheadle), dentiste de son état, retrouve par hasard un de ses amis de fac, Charlie Fineman (Adam Sandler) ; celui-ci vit dans un monde fermé de tous suite à la perte de sa femme et de ses enfants dans les attentats du 11 septembre. Alan Johnson va tenter de lui faire reprendre goût à la vie du commun des mortels.
Mon avis
Comme je vous le précisais en début d'avis, le thème même du film sent la larme et les grosses boules d'émotion…Mais le réalisateur a réussi a donné à son film une teneur bien sur dramatique, mais tout en ne versant dans le pur mélo…
Afin d'être le plus clair possible, je vais scinder mon avis en plusieurs parties (oui, j'essaie d'innover un peu, faut pas m'en vouloir)
Le réalisateur
Mike Binder, le réalisateur, s'est plutôt illustré dans la réalisation, la production ou la scénarisation de séries comme American Gothic, Le journal intime d'un homme marié( dont il est le créateur, ou encore La fête à la maison
Il s'est aussi attelé à la réalisation de quelques films qui n'ont pas forcément bien marché mais qui pourtant laissent transparaître chez cet homme un talent certain, par exemple Les bienfaits de la colère avec Kevin Costner et Joan Allen.
Les Acteurs
C'est sans doute de là que vient la plus grosse surprise ; surtout concernant Adam Sandler qui est plutôt à ranger dans la catégorie des acteurs comiques lourdauds ; en effet, avec des films comme « Waterboy », « little Nicky » ou « Big Daddy », on ne peut pas dire qu'il a fait dans la finesse ; dans ce rôle d'homme brisé par la mort de ses proches, il est tout simplement exceptionnel, méconnaissable ; un jeu fait de déchirure, de retenue, de mutisme parfaitement maitrisé et qui montre une fois de plus que les acteurs comiques savent aussi émouvoir. Niveau look, il a des airs de Bruce Springsteen, ce qui doit être volontaire, car dans son rôle il collectionne les vinyles et son disque fétiche est « The River », du Boss.
Pour lui donner la réplique on découvre un habitué aux seconds rôles, un acteur polymorphe qui a déjà joué à peu près dans tout ce qui se fait comme genre, comme « hamburger Hill » (ou il débuta), « Le diable en robe bleue », « Family man », « Opération Espadon » ou encore « Ocean's Eleven » ainsi que le suivant ; cet acteur, c'est Don Cheadle, acteur noir américain qui semble ne pas vouloir se faire une place au panthéon des stars et continue son bonhomme de chemin dans ses seconds rôles qu'il semble affectionner. Dans son rôle de dentiste, il incarne une espèce de modèle black américain qui a réussi sa vie puisqu'il est dentiste, est installé confortablement avec sa femme et sa fille. Il est ce qui « doit être » considéré comme la normale pour tout américain qui se respecte, à savoir un modèle de réussite. Seulement son quotidien commence à lui peser et le fait d'avoir retrouvé son ami va l'emmener à revoir sa propre vie. Difficile de considérer ce rôle comme un second rôle ; pour moi il est au coude à coude avec celui de Adam Sandler ; d'ailleurs ils sont quasi omniprésents tous les deux dans le film.
On retrouve aussi avec plaisir une Liv Tyler quelque peu murie depuis son rôle d'elfe dans la trilogie du Seigneur des Anneaux ; elle ne perd en rien de sa grâce et de son charme dans ce rôle de médecin psychanalyste qui va essayer d'aider le pauvre Adam Sandler, bien souvent malgré lui.
Jada Pinkett joue le rôle de Janeane, la femme de Don Cheadle. Après l'avoir aperçue dans « Scream 2 » ou « Le professeur foldingue », la voilà dans un rôle de mère coincée entre le désir de voir son mari s'épanouir et son refus de le voir s'enfoncer avec son ami dans une dérive qu'elle ne maitrise pas ; elle incarne la base solide du foyer, celle sur qui tout repose, malgré sa fragilité bien cachée.
Il y a aussi bien d'autres acteurs dont je pourrai parler mais qu'il vaut mieux découvrir par soi même, d'autant que mon avis en serait encore une fois bien trop long. A noter toutefois la présence de Donald Sutherland dans le rôle d'un juge qui parait très sévère et qui pourtant fera preuve de discernement et d'humanité presque désarmante. Si tous les juges pouvaient ressembler à ce juge…
Une mise en scène qui évite de tomber dans le mélo
Réunir ces acteurs venus d'horizons aussi divers ne devait pas être chose aisée, mais ce fut fait et le choix s'avère judicieux. Chacun d'eux est parfaitement à sa place, parfaitement dirigé dans une mise en scène qui, même si elle n'a rien d'exceptionnelle, n'en demeure pas moins très bonne.
Tout d'abord comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises ce film aurait pu sombrer dans la mélo très rapidement ; j'ai quand même eu droit à ma petite larme à l'œil vers la fin du film mais chacun ressentira peut-être les scènes différemment selon sa propre expérience.
Toujours est-il que le scénario faisant référence aux attentats du 11 septembre, on aurait pu s'attendre soit à un profond mélo bien baveux, soit à un de ces films pro américains qui finissent plus par devenir navrants que d'être intéressants. Mais en fait, ces attentats du 11 septembre ne servent que de référence à cet homme qui a tout perdu d'un coup ; on en entend d'ailleurs très peu parler ; on sait juste que cet homme refuse toute forme de dialogues concernant sa famille non pour nier les faits mais pour les oublier malgré sa propension à vivre avec, à s'enfoncer même dedans…C'est en quelque sorte une formidable interrogation qui nous est proposée là de savoir ce que nous même nous ferions s'il nous arrivait ce genre de choses.
Mais, plutôt que de nous laisser nous enfoncer là dedans, le réalisateur part sur diverses petites histoires qui n'ont de lien que le fait qu'elles sont de la vie de tous les jours ; parfois drôles, parfois touchantes, elles sont la vie en somme ; et au milieu de cette vie bien huilée, le grain de sable c'est cette homme qui vit en dehors de tout ce qui se veut normal…alors, on en est souvent ému, touché, mais on en sourit aussi parfois, et on va même jusqu'à en rire.
J'aime ce genre de mise en scène qui ne se cantonne pas à ne faire vibrer qu'une de nos cordes sensorielles.
Impression générale
J'avoue avoir eu du mal à entrer dans ce film ; certes j'avais pas mal de préjugés, ceux exposés plus avant dans mon avis, mais surtout par un début qui semble relativement brouillon ; on connaît le synopsis et pourtant cela démarre complètement à côté ; c'est assez déroutant et la force du réalisateur c'est justement de nous faire entrer petit à petit dans cette histoire qui peut très bien être banale au regard du nombre de morts qu'il y a eu le 11 septembre 2001.
Alors, une fois embarqués dans cette histoire, difficile de s'en extirper, déjà parce que le jeu des acteurs est vraiment excellents, Adam Sandler vraiment exceptionnel ; je l'ai déjà dit mais cela me paraissait tellement peu plausible. Ensuite parce que la photographie du film est tout ce qu'il y a de plus réelle ; pas d'effets spéciaux, pas de lumières quelque peu dénaturée, tout est fait pour nous faire entrer dans le monde de la réalité.
En somme ce film est un instant de vie certes dramatique, mais ô combien commun à chacun d'entre nous, et je pense que c'est cela qui fait sa force.
De plus il nous permet de nous interroger sur ce qui est la bien séance dans notre société. Peut-on être différent même si l'on a toutes les raisons pour le devenir. Peut-on s'installer dans une vis confortable sans avoir besoin de s'en échapper parfois ? Tout cela est mis en second plan et pourtant si visible à l'écran, ne serait-ce que grâce à certaines parfaitement choisies qui vous permettent de vous interroger.
Conclusion
Voilà donc un film qui aurait pu subir mes foudres et qui pourtant vient de recevoir toutes mes louanges, tout comme ses acteurs principaux ; comme quoi le réalisateur a parfaitement réussi son pari et qu'il n'y a que les abrutis qui ne changent pas d'avis.
Je ne pense pas que ce film sorte un jour sur nos écrans puisqu'il est déjà disponible en DVD en France, mais c'est une raison supplémentaire pour lui rendre l'hommage qu'il n'aura pas eu dans les salles obscures, ne trouvez vous pas ?
Pour ma part, je suis heureux de vous avoir fait découvrir ce film qui, sans prétentions aucunes, arrive à nous toucher et à nous faire passer un très bon moment de cinéma.
Je ne peux donc que vous le recommander, et vous remercier d'avoir lu cet avis un peu long jusqu'au bout.
15.02.2008 23:02
j'en ai pas entendu parlé. Très bel avis !
14.02.2008 18:29
Normalement, ce n'est pas mon genre de films mais je me laisserais volontiers tenter grâce à ton avis !
13.02.2008 22:21
bonne critique bien rédigée !