L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Sur l'importance des choix dans une vie . |
| Inconvénients: |
A vous de voir . |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2005
Film de David Cronenberg. Etats-Unis. 1h35min.
Avec Viggo Mortensen, Ed Harris, William Hurt.
Sortie en salles le 02 Novembre 2005.
Sortie à la Vente en DVD le 19 Juillet 2006.
INTRO
David Cronenberg est un réalisateur aux films toujours violents, parfois fantastiques ("LA MOUCHE", une référence) ou sexuellement crus ("CRASH" ou le sexe et la mort en voiture...), mais dans tous les cas, toujours tordus...
A HISTORY OF VIOLENCE ne démord pas à la règle. Ici, il n'y a pas d'intervention du fantastique. Le scénario est plausible. Mais derrière l'histoire d'une petite famille américaine banale, les ingrédients familiers du cinéastes se révèlent progressivement: le sang, le sexe, la perversion...
UNE PETITE VIE TROP TRANQUILLE *************************
Car c'est sans doute là le tour de force du film. Le premier tiers s'étire autour de la vie d'une famille presque puritaine que constitue Tom, sa femme et leurs deux enfants. Chacun des époux (modèle) porte autour du cou une petite croix chrétienne en pendentif. Le dessin de cette croix se retrouve, (est-ce un hazard?), dans la mise en page de l'écriture sur l'affiche du film.
L'histoire se passe dans une petite ville des Etats-Unis où tout le monde se connait. Tom tient un petit café dans le centre et salue les passants. Le récit est mielleux. Le film nous embarrase curieusement de l'intimité "fleur bleue" du couple. Ca traine, ça traine, et on pourrait penser s'etre trompé de salle si on avait manqué le démarrage inversement violent et expéditif du film.
C'est bien ce démarrage qui donne le ton du film. On sent dès lors que la petite vie tranquille du début est un travail de l'esprit du spectateur. Est-ce qu'on me ramollierait pas le cerveau pour que les coups puissent s'enfoncer plus profondément? Je connais le stratagème (et ça marche bien la plupart du temps). Et je m'attends à ce que la violence qui suivra soit au moins "très sévère" (dixit arthur Rimb)...
UN JEU SUR L'AMBIGUITE ***************************************
Tout à coup, l'histoire se décentre de cette famille pour se focaliser principalement sur Tom, l'époux. La violence éclate alors que des malfaiteurs font irruption dans son petit café. Etrangement, Tom affiche une parfaite maitrise dans cette délicate situation. Il devient objet d'admiration. Mais cette brusque médiatisation sonne le début du cauchemard.
Nos certitudes concernant le personnage vacillent, en me temps que celles des proches qui l'entourent. Car Tom devient alors la proie d'un malvoyant mafieux, qui voit en lui un ancien ennemi reconverti. Fantasme ou réalité? C'est entre ces deux mots que le film oscille et que la tension se crée. Qui est Tom Stall, est-il finalement l'homme sans histoire qu'il se prétend être, ou est-il celui qui a eu des démélés avec la mafia? Les soupçons et la peur se tricotte au sein de ce doute qui grandit, dans cette inconnue que creusent des coincidences parfois étranges.
DU SANG AU SECOND PLAN ************************************
Qu'en est-il des coups de poings, de queue...? Il y a bien un peu de bruit et de sang. Mais rien de démonstratif cependant. La caméra cerne plus souvent le résultat dde la violence ( un visage fracassé, une marre visqueuse) que la violence même. Et quand elle prend vie à l'écran, les effets spéciaux qui la servent sont trop attendus pour effrayer vraiment.
Alors quand est-ce qu'on bande? Quand est-ce qu'on flippe vraiment?
Là où on frissone, c'est pas dans les coups, mais plutôt dans l'absence d'action. La violence du film réside souvent, et curieusement, dans les moments de réflexion des personnages. C'est au moment où ils doivent décider de leur comportement, de la tactique à adopter, que se nouent l'attente et l'angoisse. Dans ces instants où leur vie se joue. Bien sûr, Tom, le personnage principal, est le premier sur la liste de ce jeu de la vie à "quitte ou double". Mais sa femme est égalemnet aspirée au coeur de ces choix cornéliens (Dans les tragédies de Corneille, les choix sont difficiles, lourds de conséquences. C'est le noeud de toutes les tragédies du reste). En témoigne le passage où elle repousse le schérif venu enquèter sur son mari. Sa réponse: "Tu ne crois que ma famille a assez souffert" révèle qu'elle prend parti pour son mari, en même temps qu'elle sert de rideau de fumée quand aux interrogations du shériff.
Ce ne sont donc pas les coups qui sont violents. Mais plutôt la vie même qui dans ce film offre aux personnages des choix faussés, restreints par des alternatives qui sont imposées.
LA VIOLENCE Où ON NE L'ATTEND PAS ***********************
La violence n'est donc pas visuelle mais plutôt mentale. Les fans de tortures physiques seront déçus. Les adeptes de stratagèmes retords le seront également. Car l'histoire n'est pas celle d'une perversion orchestrée, mais, à l'opposé, celle d'un homme intègre qui la subit et cherche à s'en tirer vivant.
Tom est en personnage attachant car profondément humain. Les choix auxquels il est confronter pourraient être les nôtres. Que sait-on vraiment de nos proches? La vérité est-elle toujours nécessaire? Peut-on tout changer dans sa vie?
L'EXISTENTIALISME N'EST PAS UN HUMANISME (sic!) ********
THE HISTORY OF VIOLENCE suit l'itinéraire d'un homme qui veut une vie nouvelle. Le sujet est existenciel, presque religieux. Peut-on réellement prendre une orientation de vie différente? Est-ce possible, ici, dans nos sociétés à mémoire sélective, à mémoire essentiellement MEDIATIQUE (nous retenons du monde ce qui est montré à la télé, nous retenons de nos vie ce dont les autres ont été témoins...), de changer de vie (à défaut de "moyens pour changer LA vie", dixit l'ami Rimbaud, encore une fois)?
Il faut je crois prendre en considération le titre de ce film. En évoquant "l'histoire" de la violence, il fait de celle-ci une composante à part entière (et pas seulement parasite) de notre humanité. C'est de là que j'ai pondu ce sous-titre décoiffant et sans doute absurde: l'humanité n'est ici pas rose, pas humaniste.
La société fonctionne comme un emprisonnement de l'individu dans ses actes passés. Elle les mémorise jusqu'à les lui resservir et le forcer de nouveau à les servir.
L'INTIMITE AUSSI JOUE L'AMBIGUITE ***************************
Dans ce film, l'ambiguité n'envahit pas seulement le domaine de la violence. Elle est aussi présente dans celui de l'intimité. Plus précisément, à la croisée de nos instincts sexuels et de nos sentiments. Certes, rien à voir avec le paragraphe précédent, mais j'éprouve le besoin de mentionner cet autre décalage. Le film nourrit ce sujet d'une seule scène assez longue et explicite pour permettre quelques commentaires.
Vers la fin du film, le couple se laisse envahir par l'angoisse et la colère. La femme prend alors la fuite et monte l'escalier. Tom la rattrappe. Il la saisit. Une envie de sexe, peut-être expiatrice de leur angoisses, les prends tout deux, et ils baisent, et c'est très beau, cet acte irrationnel que l'on peut seulement comprendre "du dedans", à l'instinct. L'orgasme passé, le sperme expulsé, la femme rejette de nouveau sont mari. Elle retrouve sa colère. Le désir sexuel, anbigu, s'est accommoder d'une haine.
CONCLUSION
Ce film, profondément humain, raconte l'histoire de Tom,un homme qui met toute sa sueur à essayer de préserver l'équilibre auquel il aspire.
THE HISTORY OF VIOLENCE évoque à mon sens les obstacle à cette quiétude. Tom est le cobaye, l'humanité réduite à l'exemple, le serpent qui se mord la queue. L humanité est ici ce qui rend ici l'individu touchant ( sensible et fragile). Mais le labyrinyhe qui la compose est si bien construit qu'il semble bien difficile à l'être d'en sortir indemne.
J'ai eu une certaine sensation d'étouffement en sortant de cette projection. L'inquiétude était présente, en même temps qu'une certaine reconnaissance face à celui, le réalisateur, qui mit à plat tous les écheveaux de la nuit.
P.S: Je ne peux pas finir cette critique sans mentionner la dommageable modeste qualité des plans. Est-ce le mauvais tour joué ce jour-là par une humeur différente? Je ne sais, mais j'ai trouvé l'image parfois peu agréable à regarder. Souvent sombre et peu esthétique (volontairement?), elle me faisait penser à celle de vieux téléfilms américains. Dites-moi ce que vous en penser.
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Casting
Viggo Mortensen : Tom Sall / Joey Cusack
Ed Harris : Carl Fogarty
William Hurt : Richie Cusack
Maria Bello : Edie Sall
Ashton Holmes : Jack Stall
Heidi Hayes : Sarah Stall
Stephen Mchattie : Lehand
Greg Bryk : Billy
Peter Macneill : Le shérif Sam Carney
Deborah Drakeford : Charlotte
Ian Matthews : Ruben
Fiche Technique
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Josh Olson
Image : Peter Suschitzky
Montage : Ronald Sanders
Musique : Howard Shore
Décors : Carol Spier
Costumes : Denise Cronenberg
Premier assistant réalisateur : Walter Gasparovic
Ingénieur du son : Glen Gauthier
Producteur : Chris Bender, Jc Spink
Production : Benderspink pour New Line Cinema
Distributeur : Métropolitan Film
Editeur DVD : Metropolitan FilmExport
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Merci de votre lecture.
Muriel.
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Ceci est mon 39ème avis cinéma (sur 39 avis en tout). Aucun diamant, mais quelques lecteurs fidèles...
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| Autres avis |
Cronenberg ou l'Aristote du 21ème siècle
Evaluation du produit A history of violence par
momofakir
Avantages: un film coup de poing
Inconvénients: assez violent
...Canal, c'est 31 euros par mois, c'est vrai, mais on a des films et des séries qui claquent, et ce bien avant tout le monde… Lundi soir, séance cinéma, sur le canapé, devant le film de David Cronenberg, intitulé " A history of violence"… Un réalisateur sou ...
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très intéressant
26.05.2007
(30.10.2008)
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Face à ses démons
Evaluation du produit A history of violence par
bisoo
Avantages: formidable (scénario, montage, mise en scène, acteurs...)
Inconvénients: ?
Voilà le meilleur film que j'ai vu depuis des mois. Un film éblouissant et estomaquant, qui était en compétition l'an dernier à Cannes. Il est vrai qu'avec David Cronenberg aux manettes (Crash, par exemple, qui explorait certains ressorts de la violen ...
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très intéressant
05.11.2005
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Le talent fait la différence
Evaluation du produit A history of violence par
oliver23
Avantages: Subtilité, originalité, scènes d'action très réussies
Inconvénients: Du Cronenberg un peu aseptisé ?
Cronenberg fait partie de ces rares réalisateurs que l'on peut qualifier d'auteurs et pas seulement de « faiseurs » de films. Une réelle constance se dégage de sa filmographie (entre autres La Mouche, Crash, eXistenZ ou encore Spider), que ce soit au nive ...
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très intéressant
01.11.2005
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La nouvelle chair est faible
Evaluation du produit A history of violence par
Robert_Smith
Avantages: Le meilleur film de l'année ?
Inconvénients: heu... je sais pas... Spider, le film précédent de Cronenberg ?
David Cronenberg m'avait fait très peur avec son film précédent, « Spider », pensum foireux où toute l'intelligence du réalisateur se perdait dans la symbolique lourdingue d'un film chiant au possible.
Avec « History of Violence », le metteur en scène ca ...
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très intéressant
09.11.2005
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History of violence : du tres grand jeu d'acteur!
Evaluation du produit A history of violence par
tigra57
Avantages: acteurs géniaux, simplicité
Inconvénients: trop court !
Apres une petite coupure pour cause de grand week-end, je repars de plus belle et voici mon avis sur "History of violence", le dernier film de David Cronenberg. Tout d'abord, il faut dire que le film n'est pas une histoire sur la violence comme on serait ...
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|
très intéressant
02.11.2005
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