Intermittent du spectacle
10.03.2006
Avantages:
du taff si tu veux
Inconvénients:
. . . pas toujours quand tu veux
Recommandable:
Oui
 BenLada
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Membre depuis:22.12.2003
Avis:228
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Cet avis a été évalué par 22 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Je suis un homme traqué. Pire que Beckham, Clooney et Colin Farrell réunis. Chaque jour qui passe, je ne sais où me terrer. Car ils me retrouveront quoi que je fasse, c'est certain. Ils ont mon numéro de portable, je suis dans leur base de données. Grillé, je vous dis. Leur organisation, aussi puissante que mystérieuse, est implantée un peu partout sur la planète: Europe, Amérique du Nord, Japon... Elle est n°1 dans son domaine et fait vivre des centaines de milliers de personnes. Son nom ? Je ne sais pas si je peux vous le révéler mais, tant pis, il faut que je soulage ma conscience: ADECCO. Ouf, ça va déjà mieux. L'intérim, j'y avais déjà goûté il y a quelques années, avec une autre "marque". Pas un souvenir impérissable. Mais dans la vie, on n'a pas toujours le choix. Alors je repars au charbon, à l'affût de la moindre opportunité...
Auparavant, j'avais un peu réfléchi sur ce que je voulais faire. La recherche n'a pas été très longue, j'avais une idée assez précise de la chose... Me voilà donc, en janvier dernier, à pousser la porte d'une agence Adecco. Spécialité, l'industrie, donc à-priori des postes de manutention. Mais ce qui m'intéresse ce jour-là, c'est le convoyage et la préparation de véhicules. Cible visée: les loueurs de voitures. Ca tombe bien, je justifie d'une expérience dans ce domaine. J'ai tous les documents réclamés: carte d'identité, CV, permis, R.I.B. et justificatif de domicile... qu'ils ne prennent pas. Curieux. Sans oublier le dossier classique, qu'on vous fait remplir quelle que soit l'enseigne de l'agence et sa spécialité: disponibilité, préférences et réserves éventuelles, rayon d'action...
Petite discussion avec mon interlocuteur. Je signale que je suis déjà inscrit sur le site adecco.fr (que je trouve personnellement pas très convivial, et qui bugue pas mal), mais rien ne remplace le contact direct avec un conseiller. C'est OK pour ma demande, ils recherchent des gens en permanence (tu m'étonnes vu le turn-over !). Vous connaissez la suite: on vous rappellera... Avant de se quitter, un dernier test assez sympa: une sorte de BD destinée à vérifier les connaissances du candidat sur la sécurité et la législation en entreprise. Casque, gants, combinaison de protection, chaussures..., tout y passe. Fastoche en apparence, n'empêche qu'il vaut mieux avoir l'oeil, car des détails peuvent vous échapper. Dommage surtout que la personne avant moi ait appuyé comme un taré sur son crayon et ait mal effacé ses crimes, je n'ai eu qu'à repasser ses réponses... Hop, comment j't'embrouille !
Le temps passe. Une semaine sans nouvelles. Je rappelle. Rien. Puis un beau jour, la sonnerie du téléphone retentit. Serait-ce le moment tant attendu ? Ou Marie-Charlotte qui succombe enfin à mes avances aussi assidues que répétées ? "- M. BenLada ? Ici XXXXX d'Adecco. Je vous appelle afin de connaître vos disponibilités. J'aurais une mission de convoyage à vous proposer, ce matin à partir de 10h..."
Et ben voilà, suffisait d'être patient. C'est pas Marie-machin chose mais bien le monsieur d'Adecco, le p'tit blondinet qui m'a reçu la dernière fois et qui ressemble vaguement à Brad Pitt (en moins classe quand même, hein). "- Pas de problème. Vous savez à peu près pour combien de temps, à titre indicatif...?
- A mon avis, entre trois et quatre heures. Vous verrez bien sur place." Je jette un rapide coup d'oeil à la montre. Damned. Mine de rien, déjà 9h30 passés. Le temps de faire la route... c'est pas dans la poche. Heureusement, je sais où aller...
"- OK, j'arrive tout de suite. - Dernier point: vous avez des chaussures de sécurité ?"
Zut. La tuile. J'avais oublié ce petit détail. Va falloir ruser et trouver un truc super génial et intelligent pour marquer le coup. Ma réputation est en jeu. "- Heu, hum..., ben non. C'est vraiment indispensable ?
- Le client l'exige. C'est pas grave, passez à l'agence, on vous en prêtera..." La vache. Ce type a une répartie cinglante et imparable, qui me laisse littéralement sans voix. Il devrait faire de la télé ou de la radio. Mais, promis, j'aurai ma revanche un jour...
Depuis, ma tête est mise à prix au moins deux fois par semaine. Il y a des contrats sur moi. Je le sais, car je les reçois par la poste bien après la bataille. Dessus, il est indiqué "contrat de mission"... même qu'il faut les retourner signés dans les 48h à l'agence (sic). Bon, ben moi je demande pas mieux, mais comment qu'on fait alors, M. Adecco ? Suivant les cas, deux possibilités se présentent pour comptabiliser les heures: la plupart du temps, le client pour lequel je travaille faxe directement mes temps de présence à Adecco. Pratique, je n'ai plus à m'occuper de rien... reste à demander une copie pour plus de sécurité. Sinon, je dois remplir à la main des bordereaux prévus à cet effet, avant de le faire viser par l'employeur (cachet + signature). Là-encore, il faut en retourner un à l'agence dans les plus brefs délais. Au début, c'est un peu difficile, d'autant que je suis un peu dur à la comprenure... heu enfin bref, vous m'avez compris.
"- Bonjour madame, je viens vous apporter mes bordereaux d'heures... - Laissez-les à l'accueil, il y a une boîte prévue à cet effet.
- Ha bon, où ça ? - Mais si regardez, juste là, sur le bureau à l'entrée.
- Ha, la petite boîte rose en carton avec des fleurs collées dessus ? Excusez-moi, je croyais que c'était pour l'opération pièces jaunes de Bernadette. Une quête, quoi... - Non non, allez-y aucun soucis, on la relève chaque semaine !"
C'est quand même dingue, cette manie du "do it yourself". Pourquoi faut-il que ce soit aussi moche ? Je suis sûr que c'est un gosse de maternelle qui a fait la déco. Ca craint vraiment, tout fout l'camp. Un bon intérimaire est un intérimaire en bonne santé. Que dis-je, il doit péter la forme (mais idéalement, pas le matos qui est mis à sa disposition, aïe). Donc, pas trente-six solutions: une visite chez le toubib s'impose. Youpi, vive la médecine du travail.
Une fois encore, rapidité et efficacité sont de mises. Ca fait même pas une semaine que je suis dans la place. Nouveau coup de fil, un mercredi matin. Au plus profond de mon être, je caresse toujours le secret espoir qu'il s'agisse de Marie-truc bidule chouette (voir plus haut). Peine perdue, c'est encore Brad Pitt Jr. "- M. BenLada, vous vous souvenez de la visite médicale dont je vous ai parlé ?
- Oui. - Hé bien il faudrait passer ce matin. On a une place libre...
- Hein, mais... quand ça ? - Tout de suite. On vous attend !
- Arrrrrrrrrrrrggggggggghhhhhhhhhhh !!!!!!!!!" (bon là, j'exagère un peu) Après l'effort, le réconfort. C'est ce que mon papa et ma maman m'ont enseigné quand j'étais petit. J'ai à peu près retenu la leçon, sauf que, allez savoir pourquoi, j'ai tendance à inverser la maxime, quand je n'oublie tout simplement pas la seconde partie de la phrase... Le sésame tombe le 12 du mois. Vous savez bien: les thunes, aussi appelées pécule, pépettes, pépites, patates etc. 8,03€ bruts de l'heure. Oups. Tout compte fait, je vais peut-être arrêter de dénigrer Euromillions, ça à l'air de rapporter plus que mon plan foireux, ce truc...
Epilogue: chez Adecco, y'a du taff, euh... pas beaucoup de sous, pas mal de paperasse, un site internet bof-bof (mais avec pas mal d'offres, et un service d'alertes SMS assez efficace), un personnel efficace, compétent et plutôt accueillant. J'ai déjà vu bien pire, ça donne presque envie de rester chez eux. Faut juste être réactif et ne pas habiter trop loin, car il peuvent vous appeller à la dernière minute... Deux derniers paramètres qu'il ne faut pas oublier: les autres intérimaires (les collègues, en quelque sorte) et le client. Avec les premiers, ça se passe presque toujours bien. Avec les seconds, le dialogue est parfois plus difficile...
"- Bon Sandrine, les Adecco sont revenus. On en fait quoi ?" Comme j'adore ces mots ! On se sent aimés, choyés, indispensables. Marqués au fer rouge, surtout.
"- J'en sais rien. Appelle l'agence, ici on n'a plus grand chose à leur donner... - OK. Allô, Adecco ? Ici Cathy, de XXXXX. Les intérimaires sont rentrés de mission. On les prolonge ou on arrête ? [...] Ha très bien, entendu, c'est noté...
- Alors ? - Bon, on arrête pour aujourd'hui. Vous voulez une copie de vos heures ?
- Hein, mais t'es sûre que t'as rien à nous filer ? Tu sais, on est dispo jusqu'en fin d'après-midi, aucun problème... - Désolé les gars, c'est pas nous qui décidons..."
Mais heuuuuuuuuu..., j'veux bosser, moua !!!
******************************THE END*****************************
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29.09.2007 18:25
très intéressant ce p'tit partage d'expérience!
16.01.2007 21:17
c'est dingue des fois pour une a deux heures c'est abuser quand même
16.11.2006 18:05
Toi au moins ils te donnent du taf, moi chuis graphiste et c'est le calme plat...