Aéroport Paris-Roissy-Charles de Gaulle, France

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Lettre de protestation

1  05.09.2006

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Protestation

Recommandable: Non 

Ganjie

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Membre depuis:31.08.2006

Avis:1

Cet avis a été évalué par 23 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Je m'appelle Hingabugabo Gatari. Je suis Canadien,
Noir, d'origine rwandaise. Voici le récit des
mésaventures subies dans les aérogares de
Roissy-Charles-de-Gaulle, alors que je convoyais un
groupe de Pygmées rwandais de retour à Kigali (Rwanda)

Le lundi 24 juillet 2006, je prends l'avion à
Vancouver, destination la capitale du Rwanda, via
Paris. Un ami m'a chargé de raccompagner un groupe de
9 chanteurs et danseurs pygmées qu'il a fait venir à
Vancouver et qui se sont produits au Canada. Ce groupe
très populaire appelé « Urunana Rw'Abadatana » a
obtenu un joli succès au Canada. Mais les Pygmées qui
ne parlent que la langue rwandaise (le kinyarwanda) ne
savent pas encore le succès très particulier qui les
attend dans l'aérogare de Roissy.

Nous atterrissons le mardi 25 juillet à 8 h 40 à
Roissy 2 A. On nous indique de devoir nous rendre en
zone de transit vers le Terminal 1 en attendant notre
second vol par Ethiopian Airlines (qui ne décolle que
très tard le même soir). L'un des Pygmées, handicapé,
est confié aux soins du personnel au sol car il doit
bénéficier d'une chaise roulante. Je leur ai indiqué
qu'il ne parlait pas le français, mais on m'a rassuré
que tout serait fait pour qu'il nous rejoigne.

Entretemps, l'arrivée des Pygmées au satellite du
Terminal 1 ne se passe pas au mieux. Bien que je me
présente comme accompagnateur traducteur, je suis
invité à « attendre mon tour » tandis que les
policiers se font fort de faire passer un par un des
Pygmées qui ne parlent ni le français ni l'anglais. Je
voyais bien que les Pygmées étaient paniqués. C'était
la seconde fois de leur vie qu'ils prenaient l'avion
et la première fois qu'ils étaient à Roissy. Il y a eu
une scène cocasse : lorsque la femme policer a fait
mine à une femme pygmée de lever les bras pour la
fouille, cette dernière a cru qu'il s'agissait d'une
salutation à la rwandaise et elle s'est mise à
étreindre la policière !

Les agents d'ADP ont pris leur temps pour convoyer le
Pygmée handicapé. Il ne nous a rejoints que deux
heures plus tard, et encore, de loin : lorsqu'il est
passé sous le portique, sa prothèse métallique a
sonné. Il ne parlait pas le français et je voyais que
les policiers s'énervaient, mais on ne m'a pas laissé
le rejoindre pour s'expliquer. Il a fallu une heure de
palabres pour qu'enfin les policiers procèdent à une
palpation et le laissent nous rejoindre, de l'autre
côté de la cloison vitrée.

Passeport pour aller aux toilettes

Nouveau problème : intrigués par ces Pygmées et bien
qu'ils ne soient qu'en transit pour rejoindre leur
pays, les policiers ont pris tous leurs passeports
rwandais pour aller les vérifier quelque part, sans
autre explication.

Dans le satellite du Terminal 1, des pygmées ont eu
envie d'aller aux toilettes, mais dans le satellite il
n'y en a pas. Pour aller aux toilettes, il faut
retourner dans la partie centrale, et pour cela, il
faut le passeport afin de franchir les contrôles de
police. Le policier ne revenaient toujours pas avec
les passeports, et je voyais les femmes qui tournaient
sur elles mêmes dans le satellite, tellement elles
avaient envie d'uriner. A la fin, j'ai dit aux
policier qu'elles risquaient de se soulager sur la
moquette et un policier a fini par avoir pitié et par
les accompagner aux toilettes. J'ai trouvé qu'elles
étaient traitées de façon vraiment inhumaine.

Au total, nous avons ainsi attendu notre
correspondance toute la journée dans ce satellite
dépourvu de confort et d'élémentaires toilettes.

A la fin, le policier avaient fini par comprendre nos
problèmes. Mais comme le temps passait, l'équipe de
policiers a changé et les nouveaux se sont vite
énervés de nos allers et retours vers les toilettes de
l'aérogare (dans un groupe de 10 personnes, c'est
inévitable !), qui nous obligeaient a repasser chaque
fois le contrôle et la fouille à l'entrée du
satellite. Vers 19 heures, un policer m'a repéré et
m'a demandé de me mettre de côté.

Là, j'ai dû subir un véritable interrogatoire, on m'a
demandé combien d'argent j'avais sur moi, en ajoutant
qu'il était interdit de transporter plus de 7000
euros. Je ne comprenais pas ces questions, étant
étranger en transit. Je leur ai dit "je n'ai même pas
3000 euros". ils ne m'ont pas cru. il a fallu que je
sorte mon argent et que je leur montre. Le problème
est que je l'avais caché dans mes sous-vêtements et
que j'ai dû ouvrir mon pantalon, alors qu'il n'y a
même pas de cabine de fouille, devant toute le monde.
Ca n'a pas suffi aux policiers, ils m'ont demandé si
j'avais un porte-monnaie. J'ai dû l'ouvrir et compter
devant eux jusqu'aux pièces. Ils m'ont pris tout mon
argent et m'ont demandé toutes sortes d'explications,
ce que je fais, où je vais... Ils n'étaient même pas
polis, me traitant comme un suspect. Ils ont examiné
mon passeport canadien sous toutes les coutures. Je
n'étais pourtant qu'un voyageur très patient, dans un
transit interminable. Ils ont fini par me rendre mon
argent, sans explications.

Au Canada, on vient en aide aux voyageurs au lieu de
les embêter sans raison. Ces policiers semblaient en
pas comprendre que l'aérogare est un endroit
international. Ils ne se sont pas du tout excusés à la
fin.

J'en viens au plus grave incident qui a marqué cette
interminable station en zone de transit. Lors d'une
des fouilles entre les toilettes et le satellite, une
femme policier, intriguée semble-t-il pas le nœud du
pagne d'une des femmes pygmées, lui a tout simplement
fait signe de retirer son pagne.
J'ai fermé les yeux . Au Rwanda, je crois qu'il est
rare que les Pygmées portent des sous-vêtements. j'ai
vu venir le moment où cette danseuse allait se
retrouver complètement nue dans le satellite.
Heureusement, elle avait un slip. Mais je trouve
profondément choquant que de telles scènes soient
possibles au vu de tous les voyageurs, car il n'y
avait même pas de cabine de fouille dans le satellite.


Nous avons fini par monter dans le vol Ethiopian
Airways n°705 qui quittait Roissy le 25 juillet à 23 h
05. Les Pygmées m'ont dit dans l'avion qu'à l'aller,
ils étaient passés par l'Allemagne et que tout avait
été simple et facile. J'ai été étonné et choqué de
l'accueil à Roissy, de l'attitude des policiers, mais
plus encore de l'absence de cabine de fouille et de
toilettes dans le secteur de transit. De telles choses
à mon avis ne pourraient arriver au Canada.
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Commentaires sur cet avis
warerla

warerla

31.05.2009 17:02

la sécurité c est cela....

madmike

madmike

22.07.2008 00:46

Au Canada, on vient en aide aux voyageurs au lieu de les embêter sans raison ==> va aux Etats-Unis, tu vas voir si on n'embête pas les voyageurs... on peut difficilement demander aux policiers de vérifier les identités des voyageurs pour des raisons de sécurité et/ou d'immigration clandestine, et se plaindre qu'ils le fassent, même si pour des gens non habitués comme les pygmées, ça peut produire des résultats bizarres...

Pacotille

Pacotille

06.09.2006 17:48

J'en ai effectivement entendu parler dans la presse. Libération je crois. Regrettable tout ça. Aplute. Paco.

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