L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Un grand moment de l´Histoire |
| Inconvénients: |
Aucun |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Intro. :
103 ans que vous êtes parti, et pourtant, je vous tire mon chapeau, M. Zola, pour l´écrivain engagé que vous fûtes, le poète méconnu de lui-même, l´amoureux de 50 ans qui attendait sa bien-aimée et ses enfants avec trois bouquets de violettes sur les quais de gare, pour le passionné de la Vie, pour le révolté toujours et encore, pour l´amoureux de l´Humanité "cruelle et disgracieuse" (Kristeva), pour la peur de mourir qui ne vous a pas lachée tout au long de votre vie, cette peur de l´étouffement qui devait se réaliser... Et enfin, pour cette lettre ouverte du 13 janvier 1898, parue à la première page de l´Aurore et portant un titre qui vibre encore, 100 ans après....
J´ACCUSE... !
4500 mots qui roulent comme des vagues déferlantes, rythmés par les J´Accuse de Zola, qui met en cause la société francaise, son système de justice, le président de la République d´alors (Félix Faure à qui la lettre ouverte est explicitement adressée), la peur de l´Altérité et qui reste terriblement d´actualité...
Rappel :
l´Affaire avec un grand A, qui a divisé l´opinion publique et la société francaise, qui contient les relents de la guerre de 1870 et présage de celles de 14/18 et 39/45, qui nous parle d´une époque si lointaine et si proche, qui nous parle des peurs les plus profondes de l´Humanité, la peur de l´Autre et la recherche du bouc émissaire.
Simplifions, puisqu´il le faut pour ne pas écrire un avis qui ferait des pages, je vous renvoie à des livres très recherchés sur cette Affaire comme celui d´Alain Pagès...
Dreyfus, officier francais, polytechnicien d´origine juive, fut accusé en 1894 de haute trahison pour avoir communiqué des informations militaires au gouvernement allemand. Après le conseil de guerre et un procès bâclé et hâtif, Dreyfus, condamné, est déporté sur l´île du Diable... C´est le commencement de l´Affaire... L´accusation, malgré des "preuves" très légères et assez mystérieuses (un bordereau qui se révèle être très rapidement un faux et un dossier à jamais resté secret) profite en fait de la xénophobie de l´Europe du XIXème siècle et surtout de cette peur de l´altérité qui règne en maître à cette période...
Dreyfus est d´origine juive, et c´est la le principal chef d´accusation. Ce fait devient flagrant lorsque, à peine deux année plus tard, le commandant Picquart prouve que le bordereau est de la plume d´un officier francais, le commandant Esterházy et que cela n´entraine pas la révision du procès.... Dreyfus reste seul face au Diable et aux démons de la société d´alors.....
Zola dans la bataille...
L´Affaire stagne et la défense ne sait plus que faire pour obtenir non pas la libération de Dreyfus, qui semble bien utopique surtout après l´acquittement de Esterházy, mais tout au moins une révision, un mouvement de la justice en faveur du déporté innocent... Et c´est là que surgit la plume de talent de Zola. L´écrivain est un grand pamphlétaire et un journaliste d´expérience. Comme toujours, il s´intéresse de manière passionnée à l´actualité, mais ne se jette pas dans la bataille avant de s´être fait une opinion solide, qui devient inébranlable : Dreyfus est innocent.
L´écrivain a pris ses renseignements à diverses sources, d´abord, il s´est entretenu avec Scheurer-Kestner, le vice président du Sénat en 1897. Il lit énormément d´articles sur l´Affaire et est frappé par un phrase de Bernard Lazare : "J´accuse le commandant Esterhazy de les avoir fabriqués (les "preuves" accablant Dreyfus), j´accuse le colonel du Paty de Clam d´avoir été son complice et d avoir composé ce faux dossier" (Bernard Lazarre, "Comment on condamne un innocent", 1898). Il lit également les articles de Clemenceau, éditorialiste de l´Aurore, qui demande la révision du procès, avec cependant beaucoup moins de fougue que ne le fera Zola.
Pourtant, les quelques voix qui s´insurgent contre ce procès de pacotille, ne font que susciter rires et haussements d´épaules de la part de l´accusation bien entendu, mais également, et ce qui est plus grave, de la part de l´opinion publique. Il faut un choc, quelque chose de fort, de beau, un miroir grossissant tendu à la société d´alors, lui montrant son visage hideux et grimacant et c´est ce que fait J´Accuse, dans la lignée des Rougon-Macquart, des articles et des critiques d´art de l´écrivain.... Encore une fois, la société passe devant une injustice flagrante "l´intelligence et les paupières closes"...
Cependant, Zola hésite, non par manque de courage, mais surtout, je crois, par peur d´entraîner les siens dans une bataille qu´il sent rude, même s´il ne mesure pas encore toute la portée que va avoir son message. Je pense qu´il a peur pour Jeanne, Jacques et Denise, peur de voir sa vie secrète et intime éclaboussée par l´affaire, peur de devoir s´éloigner et de les laisser seuls. Cette peur n´est pas vaine. Certain de l´innocence de Dreyfus, il écrit donc à sa femme en novembre 1897 : "Sois sans crainte, j´ai décidé de ne m´en mêler sous aucune forme, quoique mon coeur bondisse d´indignation."
Ces mots sont faits pour apaiser Alexandrine, mais Zola ne peut rester silencieux.... Comme toujours....et le 7décembre de cette même année, décidé à agir, il écrit de nouveau à Alexandrine : "tu me connais assez pour savoir que je ne lâcherais jamais..." Un mois après paraît J´Accuse....
Zola écrit cette lettre pour montrer son indignation, mais aussi dans l´espoir d´être accusé de diffamation, ce qui entraînera alors nécessairement un autre procès où l´on devra parler de l´Affaire, puisque la révision a été rejetée. Son espoir ne va pas être décu et il va même être frappé par la violence que ses propos vont entraîner... la France d´alors n´est pas prête à voir son image sans concession...
Obligé de fuir, Zola suit alors les remous que provoquent ses lignes d´Angleterre, où il reste plusieurs mois, bien malgré lui.. En 1899, la cour de cassation envoie Dreyfus devant le conseil de Guerre, où il est de nouveau condamné, mais "la vérité est en marche et rien ne l´arrêtera..." Gracié, il est complètement réhabilité en 1906, 4 ans après la mort mystérieuse de l´écrivain.
Zola, "un moment de la conscience humaine"...
Zola est pour moi plus qu´un moment de la conscience humaine, il est une des représentations de cette conscience. Ecrivain et surtout homme engagé, la passion est restée en lui, sa vie durant. Passion de la Vérité, Tendresse pour les plus faibles... Ses écrits, tous ses écrits (journalistiques, intimes et "artistiques") sont vibrant de sincérité et de compassion.. Je vous invite à lire et relire j´Accuse qui est comme il l´écrit lui même une "protestation enflammée (qui) n´est que le reflet de mon âme"... L´âme légère et immaculée d´un enfant, émerveillé et apeuré par la beauté et la cruauté du monde....
Cette lettre ouverte n´a malheureusement rien perdu de son actualité et permet de faire à chacun son examen de conscience... Accusant l´humanité ou plutôt l´inhumanité, Zola montre du doigt les plaies de ce monde.... Avons-nous l´âme aussi pure que celui que l´on a accusé de pornographie, de plagiat et de mégalomanie une bonne partie de sa vie ?
| Autres avis |
J'accuse les hommes d'être bêtes et méchants
Evaluation du produit L' Affaire Dreyfus - Emile Zola par
lucieros
Avantages: facile à lire
Inconvénients: AUCUN
« je n’ai qu’une passion ,celle de la lumière, au mon de l’humanité qui a tant souffert et qui a le droit au bonheur »citation d’Emile Zola. Qui ne connaît pas ce grand « Monsieur » barbu que fut Emile Zola ? Qui n’a pas eu à edutier ses œuvres au lycée ?Grand écrivain à succès de la littérature française en passant de Germinal ,à j ‘Accuse, de lettre à la jeunesse, de la fortune des Rougon, de la Curée, de ... ...la débâcle, vous avez lu au moins une fois une de ces œuvres.
Moi j’ai lu certaines de ces œuvres , comme le très celebrissime « j’accuse » qui parle de l’affaire Dreyfus ,pour ceux qui ne le connaissent pas encore je vais vous donnez quelques explications :
Alfred Dreyfus né en 1859 est un officier juif d’origine alsacienne ,il fut accusé d’espionnage ,condamné en 1894 et déporté dans l’île du diable ...
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très intéressant

22.10.2001
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Dreyfus/Zola, Quel rapport ?
Evaluation du produit L' Affaire Dreyfus - Emile Zola par
bibide
Avantages: Un livre passinnant.Pas celui de Zola puisqu'il est Pierre-Robert Leclerc,mais "J'accuse...!" est dans sont intégralité.
Inconvénients: Beaucoup trop de personnage.
Pour ce qui l’auront remarqué, c’est avis annonce mon retour de vacances ! Quoi de mieux que de revenir avec un avis sur histoire ayant été la pire de toutes depuis que le monde est monde ! Une accusation et un dénigrement complet d’une seule personne pour ce qu’elle représentait et non ce qu’elle était. Je ne me comparerais pas à Alfred Dreyfus, mais je pense que beaucoup m’ont condamné parce que j’ai dit ... ...m’étais enfermé dans mon île St Hélène. Je ressors donc avec cet avis sur une histoire pas comme les autres accompagné de la plus célèbre des lettres-ouverte !
L’affaire Dreyfus comme on l’appelle, est une des histoires que l’on apprend en Quatrième ou Troisième, en histoire et géographie. Il en ressort seulement une simple idée de facteur de la première guerre mondiale et l’histoire de la bonne qui ramassé les poubelles. ...
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très intéressant

18.04.2001
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