L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
la musique, l'humour |
| Inconvénients: |
ben c'est une question de goût . . . |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
1973, pleine période Glam. Alors que tout le monde mise sur les cartes pailettes-maquillages-identité sexuelles ambigües-légèreté..., Alice Cooper, groupe de Detroit, a une toute autre idée.
Alice Cooper, pourtant le nom pourrait porter à confusion. Un prénom de fille pour un groupre bien masculin : Vincent Furnier (chanteur, leader qui incarne maintenant Alice Cooper à lui tout seul), Michaël Bruce (guitare-choeurs-claviers), Glen Buxton (guitare), Dennis Dunaway (basse-choeurs), et Neal Smith (batterie).
Alice Cooper va inventer le heavy metal grand guignol. C'est-à-dire une musique à base de guitares saturées, lointains descendants du blues et rock'n'roll, de rage adolescente, agrémentée d'une performance scénique lugubre, macabre mais plus dans la tradition du théâtre Grand Guignol que de la messe satanique. Du sang, des morts,... mais avec humour, rien de sérieux! Mise en scène outrée, provocatrice. Costumes de scène extravagants, jouant sur le travestissement mais avec de "gros sabots" masculins. Plus parodique qu'androgyne.
Rimel noir dégoulinant, serpent, guillotine, poupées de bébé en plastique , mannequins, dent-dentifrice-brosse à dent-fraise de dentiste géants, dentiste, bourreau, mise en scène sexuellement explicite...
Bienvenu sur le Billion Dollar Babies tour. Début des années 70, 1973. Sommet de la carrière d'Alice Cooper, leur septième album, précédé notamment de "Killer" (1971) et "School's out" (1972), vous trouverez ici plusieurs incontournables.
Filmé en 1973 et sorti en salles en 1974 voici la première édition DVD de "Good to see you again, Alice Cooper" (2005, arrivé vers chez nous en 2006), co-écrit par Joe Gannon (aussi réalisateur), Shep Gordon et Fred Smoot, tourné donc en partie pendant la tournée Billion Dollar Babies.
Mais ce document n'est pas un simple concert filmé. Bien sûr beaucoup de passages live, treize morceaux au total ("Hello, Hooray", "Billion dollar babies", "Elected", "I'm eighteen", "Raped and freezin'", "No more Mr. Nice guy", "My stars", "Unfinished sweet", "Sick things", "Dead babies", "I love dead", "Scool's out", "Under my wheels" + "The Lady is a tramp" version studio), mais c'est avant tout un film, puisque le concert s'insère dans l'histoire.
Mais tout d'abord : ATTENTION OVNI!
Ce film va dans une logique créatrice bien déjantée. Humour décalé, narration explosée. Ne cherchez pas de conformisme ici!
Tentative de mise dans l'ambiance. Un groupe bien propre sur lui joue dans un studio de cinéma, tourne une séquence d'un film. Mais le chanteur disjoncte. Retirage de smoking (le groupe est tout de suite beaucoup moins propre sur lui!), discussion très houleuse (pour rester polie...) avec les réalisateur Le groupe s'enfuit. Le réalisateur à ses trousses.
Course poursuite à vélo, en voiture, à dos de dromadaire, d'éléphant, à cheval.... Intercalée de passages de concert, du réalisateur désespéré qui se confie à son psy.
Ca ne vous paraît pas logique? Mais voyons, le groupe qui s'enfuit donne le concert dont nous voyons les extraits.
Et le psy ... ah non, surprise!!! :)
Le réalisateur raconte la poursuite que l'on voit à son psy, poursuite qui s'achève au moment du concert où finalement le réalisateur à une nouvelle idée pour gâcher la vie d'Alice Cooper.
Si on devait écrire le synopsis du film, ça donnerait à peu près ça.
Narration éclatée donc on saute d'un endroit à l'autre sans autre forme de transition. Mais dans le cadre d'un délire burlesque, c'est tout au plus un peu déroutant les premières minutes.
Le réalisateur veut s'approprier toutes les idées artistiques créatives de mise en scène du groupe. Mégalo délirante, il a les nerfs qui lâchent.
A l'arrivée, les extraits de concert semblent plus longs que la partie histoire. No problem : c'est du très bon, musique et spectacle complet.
Bref vous l'aurez compris, ce film s'adresse avant tout aux amateurs d'heavy metal, aux personnes ouvertes à l'humour absurde, décalé, totalement non conventionnel. Amis des histoires linéaires, hermétiques au décalage grand guignolesque, ABSTENEZ-VOUS!
Il s'agit aussi d'un très bon document sur le Alice Cooper grande époque sur scène. Au meilleur de sa créativité.
Le film dure 1h40, et vous aurez en pime les bandes-annonces d'époque, des scènes coupées ou alternatives ( dont une de copulation/viol d'une dent géante par Alice Cooper, censurée dans le film!), la possibilité de ne regarder que le concert, la biographie du groupe, une galerie de photos et même le commentaire audio par Alice himself!
Les chansons très courtes s'enchaînent sans temps mort. Techniquement le son est plus présent sur le concert que sur les autres scènes. Le transfert ayant été fait pour l'occasion, vous avez le choix entre un dolby normal et un 5.1.
Par contre, petite précisin, il n'y a que l'anglais de disponible, et aucun sous-titres. En même temps, les dialogues n'étant pas ce qui caractérise le film, même si vous êtes TRES loin d'être bilingue en anglais, traduction ou sous-titres ne sont pas spécialement indispensables!!
Le film est autorisé à partir de 16 ans , librement, et de 14 ans avec accord parental. Ca vous paraît bizarre? C'est que, bien que je l'ai acheté suite à un article dans un magazine musical bien français, il n'est disponible en France qu'en import allemand, via Fnac.com.
Donc, suivant où vous vous situez, courez le voir ou fuyez-le!