Wahalé !
03.11.2000
Avantages:
Histoire, témoignage
Inconvénients:
Style au début du roman
Recommandable:
Oui
 Astrid1
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Membre depuis:24.04.2000
Avis:205
Lecteurs satisfaits:119
Cet avis a été évalué par 16 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Kirikou n’est pas grand, et en fait, s’appelle Birahima. Son histoire est celle d’un jeune africain qui a eu la malchance de naître dans une république bananière ou la guerre tribale est le lot quotidien de chacun. Son père est mort, sa mère aussi dès le début du récit et Birahima décide d’aller retrouver sa tante pour qu’elle devienne sa tutrice. Son voyage à travers le Libéria et la Sierra Leone, il l’effectue avec Yacouba le féticheur et ses aventures il les subit sans trop y réfléchir, parce que le destin est du ressort d’Allah et que lui n’y peut rien. L’entrée dans le livre est un peu surprenante. Le narrateur, Birahima annonce haut et fort dès les premières lignes qu’il parle mal le français et il le prouve. Mais passer le premier chapitre, il s’exprime beaucoup mieux et seules certaines expressions viennent colorer son récit (faire du chemin se transforme en «à pied la route»…). Le deuxième point un peu étrange est l’explication quasi systématique au départ du vocabulaire choisis. S’il est vrai que c’est plutôt plaisant en ce qui concerne les expressions africaines, c’est un peu plus lourd quand l’auteur nous explique ce que signifie toujours entre parenthèses des mots simples et autres locutions, comme «alias, exécrable, ébréché»… Le récit et la lecture ne sont plus fluides, ils sont sans cesse interrompus par ces notes secondaires. Mais, est ce qu’on s’y habitue ou bien y en a t-il moins vers la fin ? Ce qui me semblait désagréable au début du livre s’est envolé vers la fin. Il faut dire que l’histoire de plus en plus poignante, réelle, revêt une importance capitale qui nous fait oublier les parenthèses dans lesquelles on souffle un grand coup pour pouvoir continuer. Le petit soldat qui vit au jour le jour l’univers de la guerre tribale croise toutes les horreurs qui y sont liées, la mort des autres petits soldats, la violence, la drogue pour tenir, la faim, et comme seul jouet une «kalach» pour tuer.Alors, le grand point fort du roman, réside, à mon sens dans les apports historiques fait par le narrateur (très adulte pour le coup), son coup d'œil très aguerri sur le rôle des différents Etats africains dans le maintient abscons de pays en guerre comme la Sierra Leone. Les critiques rapides et acerbes sur l’ingérence des pays Européens qui, finalement n’apportent aucune solution pour résoudre les conflits, sont excellentes. Le pouvoir de la Libye sur l’Afrique et les amitiés ou haines entre dictateurs qu’ils soient de Cote d’Ivoire (Houphouët-Boigny) du Libéria (Samuel Doe) de la Sierra (Siaka Stevens) ou d’ailleurs ainsi que les enjeux de la CDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sont finement analysés. Ces compléments d’informations nourrissent le récit et expliquent ou relatent tout ce qu’on peut dire sur ces guerres, sans justifier bien sûr la misère et l’embrigadement des enfants. Aussi, «Allah n’est pas obligé» est un roman à lire pour tenter de comprendre un peu ce qui se passe en Afrique, si le style n’a rien d’académique, il est tout de même capital de pouvoir continuer à accéder aux romans africains fait par des Africains comme autant de témoignages de leur histoire et de ce qu’ils vivent.
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Tags en relation avec Allah n'est pas obligé - Ahmadou Kourouma
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02.05.2002 14:01
bravoOo
29.04.2002 22:26
samba! ;)
15.09.2001 19:16
Excellent avis, j'ai beaucoup apprécié ce livre (voir mon avis), bonne continuation, @+ Paulo238