C'est Mozart qu'on assassine... (A lire!)
22.10.2003 (21.01.2004)
Avantages:
Un chef d'oeuvre
Inconvénients:
aucun, bien sûr !
Recommandable:
Oui
 fraya258
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Coucou!
Je suis de retour après... près de 2 ans d'absence mais je constate que le site est toujour...
Membre depuis:18.06.2003
Avis:52
Lecteurs satisfaits:4
Cet avis a été évalué par 20 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les créatures qu'il a engendrées: c'est la constation, une sorte de "morale" déviante, qui rythme ce grand chant sur l'Afrique et ses blessures. En effet, "Allah n'est pas obligé..." est construit comme une véritable lithanie: ce qui pourrait être compris comme des répétitions est en fait une figure de style qui vient renforcer l'histoire, lui donner son caractère immuable et répétif. Insupportable donc.Car ce livre serait insupportable sans sa forme. Il raconte l'enfer des guerres civiles africaines dont les protagonistes ont oublié les causes, ainsi que le malheur des enfants-soldats, drogués, manipulés et instrumentalisés par des adultes sans scrupules. Ahamadou Kourouma, qui a aujourd'hui dans les 70 ans et une formation de scientifique, raconte dans un langage très vert et avec beaucoup d'humour, l'histoire de Birahima, un jeune garçon d'une dizaine d'années. Quand il perd sa mère, cul-de-jatte, il part au Libéria à la recherche de sa tante, mais rencontre un grigriman sur sa route, Tiécoura, avec qui il finira par intégrer successivemnt les milices armées qui s'opposent violemment en Afrique de l'Ouest. La violence avugle deviendra son pain quotidien qu'il finira par "accepter" avec une grande résignation (car "Allah n'est pas obligé...).La réalité des enfants soldats c'est la mort, les viols, la douleur, la drogue et l'insensibilité. Comment faire passer cela mieux qu'un reportage de 5 minutes sur TF1? Tout l'art d'Ahmadou Kourouma réside dans la mise en forme. Il travestit brillamment le tragique en comique, dans un langage vivant (il allie le français et les dialectes africains, ce qui fait de lui un des grands écrivains de la Francophonie), enlevé, qui conduit le lecteur d'une traite à travers ce roman. Et au bout de 300 pages, le lecteur a mieux intériorisé ce drame humain qu'après n'importe qul reportage. Ce livre est une merveille: politique, il dénonce avec finesse l'horreur des enfants-soldats, et inventif, il renouvelle la langue française pour lui donner, à travers la culture africaine, une nouvelle dimension.J'ai eu la chance de rencontrer Ahmadou Kourouma à Cassis, lors d'un printemps des écrivains et j'ai été attristée de voir à quel point son oeuvre était mal comprise. Interviewé par des "spécialistes", ceux-ci n'ont cru bon que de souligner les passages "sexuels", grivois, et les gros mots qui jalonnent ce roman, au premier degré, sans voir que ceux-ci n'étaient que des moyens au service d'une cause (la dénonciation d'un drame humain) plus grande. Alors ne retenir de ce chef d'oeuvre que le fait que "faforo" signifie "sexe de mon père" et "gnoussou-gnoussou", sexe de ma mère, c'est vraiment faire insulte à ce livre extraordinaire. Je ne l'ai pas résumé car c'est en découvrant l'histoire au fil des pages que le lecteur s'immerge dans ce grand chant de l'Afrique qui souffre et accomplit seul son cheminement vers une prise de conscience qui fait mal. Lisez-le: surtout pour les enfants qui souffrent et aussi pour le roman africain. Et si vous aimez, lisez "En attentdant le vote des bêtes sauvages" du même auteurs, un vrai bijou d'humour et de clairvoyance sur les magouilles de Françafrique).
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Tags en relation avec Allah n'est pas obligé - Ahmadou Kourouma
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16.05.2006 15:45
Premier avis sur ce livre que je trouve très intéressant et transcrit les impressions que j'ai eu en le lisant :) TI donc
27.01.2004 19:22
tu me donnes vraiment envie de le lire !
22.01.2004 22:14
je vais le lire