Cet avis a été évalué par 22 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
J’ai longtemps entendu parler de ce film, en des termes élogieux, sans pour autant avoir la motivation de me le procurer, doutant fortement d’un traitement autre qu’angélique et manichéen de problématiques aussi complexes que celles abordées, la violence raciale, la haine, l’extrême-droite. Le premier visionnage "American History X" me fit finalement l’effet d’une véritable claque.
Un film fantastique, techniquement bien réalisé, avec un excellent dosage du rythme (les faits contemporains en couleurs sont alternés avec les flashbacks en noir et blanc, me rappelant d’une certaine façon la construction du Parrain 2), ça ne speed par tout le temps et pourtant on ne s'ennuie jamais. Le dosage entre la violence montrée et la violence suggérée est tout aussi bien exposé par le réalisateur.
Un charisme et un jeu d'acteur hallucinant de la part des deux Edward. Norton est excellent, un personnage tout en nuances, mais j'apprécie tout autant Furlong, dans un rôle plus sombre, le personnage d'un jeune influençable (notamment par son grand frère), mélange de fragilité et de dureté.
En dehors des scènes chocs de l'éclatage de la tête du noir sur la bordure du trottoir et celle de la douche commune (la vision genre guerrier musclé après la scène du meurtre au début... le passage carcéral... un esthétisme "Gay SS" lol), j'avais surtout retenu l'humanisation qui avait été faite du rôle du "méchant-méchant". Il s’agit peut-être là d’un des défauts du film, seuls les personnages interprétés par les deux Edward disposaient de ce coté touchant (fraternité, entraide, protection), alors que les autres membres de leur gang "white power" passaient un peu (beaucoup) pour des buses dégénérées et ignares de première. Ça faisait très : "Vous voyez, eux, c'est des gentils en fait, c'est pour ça qu'ils vont s'en sortir et retrouver le droit chemin".
La fin du film, par contre (et c'est un peu pour ça qu’il avait été finalement taxé à sa sortie de propagande nazie dissimulée), après tout cet étalage de bons sentiments, d'intelligence menant à la rédemption, sape beaucoup la moralité qui aurait pu se révéler positive. "Inutile de faire le premier pas et de vous mettre à découvert, les autres ne changeront pas, et c'est vous qui vous ferez canarder". D’ailleurs, si la morale du film paraît bizarre à certains, c'est bien normal : cette fin n'était pas celle initialement prévue. Normalement, le scénariste avait établi qu'en voyant son frère Danny mourir, Derek Vinyard (Edward Norton) retombait dans le schéma de violence, et ça reprenait de plus belle... ce qui à mon avis, tout en étant plus logique, aurait davantage fait réfléchir sur l’engrenage de la haine, ce cercle vicieux duquel il est difficile de sortir une fois entré dedans. Mais suite à certaines pressions, le scénariste a changé celle-ci.
La scène marquante, pour moi, et révélatrice du jeu époustouflant d'Edward Norton, est le passage de son arrestation, la flamme de folie et de détermination qui brûle dans son regard. Un vrai regard de fanatique (et une plastique de rêve, uhuh – je ne suis pas gay, niah niah niah).
Plus que la politique même où les idées véhiculées par un bord ou l'autre, je pense que la leçon à retenir est celle d'être toujours maître de soi, dans le sens où il ne faut pas s'emporter dans une haine aveuglante. La haine, la colère, la rage, etc. sont certes des sentiments humains naturels provoqués par une menace (ou un acte) et qui servent également de "déclic" suite à une humiliation ou une frustration, mais il faut savoir faire le point, prendre du recul et mettre de côté tout sentiment lorsqu'un choix impartial se présente.
Est-ce que le skinhead agissait par amour sincère pour sa nation ou par haine et simple désir de vengeance ? La réciproque est valable pour le camp adverse, celui des "rappeurs noirs" (désolé, je n’ai pas trouvé d’autre expression qualificative).
Derek cherche à venger la mort de son père en se rattachant à des idées très extrêmes, mais il n'y a aucune prise de conscience réelle dans ses idéaux, juste de la haine pure, tout comme ceux "d'en face" (la gang des "rappeurs noirs", donc).
Malgré le côté manichéen très marqué des personnages autres que les deux héros (type les skinheads mongoliens ou le professeur gentil) et une vision des choses peut-être un peu réductrice (la rédemption de Derek est trop rapide pour quelqu’un de fanatisé, puis l’événement causale – la sodomie par ses propres camarades sous les douches – me laisse perplexe), réducteur dans le sens où les fondements de la violence raciale sont beaucoup trop complexes à expliquer (facteurs sociologiques, économiques, etc. mais j’en conviens, tout ne peut être tout aborder en détail), "American History X" reste un film hors normes, incontournable pour une production américaine.
mal de sensations fortes.Cherchant à venger la mort de son père abattu par un dealer Noir, Derek a épousé les thèses racistes d'un groupuscule de militants d'extrême droi...
mal de sensations fortes.Cherchant à venger la mort de son père abattu par un dealer Noir, Derek a épousé les thèses racistes d'un groupuscule de militants d'extrême droi...
27.05.2006 17:18
J'ai trouvé le film un peu simplet, mais l'avis est bon !
13.01.2006 22:19
Bon film c'est vrais
04.01.2006 12:51
il donne une claque se film : acteur enorme