Associe-t-on trop souvent jeux vidéo et violence ?

Associe-t-on trop souvent jeux vidéo et violence ?

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Selon vous les jeux vidéo ont-ils réellement une influence sur les comportements et l'imaginaire collectif ou suivent-ils simplement une tendance générale de la société et des...
Plus...comportements individuels au sein du groupe? En France il a été question d'interdire les jeux vidéo ultra violent, que pensez-vous de cette éventuelle mesure? (Ainsi, M. Depierre parlait à l'Assemblée Nationale en nov . 2006 pour caractériser ces jeux d'un monde virtuel fait de violence gratuite, de meurtre, de torture »)





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Confessions d'un serial killer...virtuel !
Avis par momofakir sur Associe-t-on trop souvent jeux vidéo et violence ?
19.05.2009


L'évaluation de l'auteur:  


Avantages: essayer de lever l'amalgame entre violence et jeux
Inconvénients: aucun

Recommandation pour les acheteurs potentiels? non 

Avis complet

Violence et jeux vidéos : voilà un couple que l'on entend souvent revenir dans notre ritournelle médiatique, en général dans deux cas bien précis :
lorsqu'une tuerie « bien réelle » se produit dans la « vraie vie » mais dans le cadre d'un mode opératoire qui rappelle le scénario d'un jeu vidéo
lorsqu'un jeu met en scène des éléments immoraux notre société : en général, la pornographie ou un trop plein de violence physique ;

C'est d'ailleurs à la suite de cette deuxième condition (citée précédemment) que M. Depierre, évoqué dans l'intitulé ciaotique, intervint à l'Assemblée Nationale en 2006. Il prenait ainsi l'exemple d'un jeu intitulé « Rule of rose » au scénario assez dérangeant : Jennifer, orpheline de son état, atterrit dans un pensionnat anglais où vivent des enfants à moitié fous. Son unique objectif : survivre. Le problème de ce jeu pour notre député : des enfants timbrés dans une atmosphère glauque prenant plaisir à faire souffrir l'autre, à tenter de tuer ou à faire sombrer dans la folie


Autre exemple de jeu : la série des GTA ( Grand Theft Auto). Son principe est très simple : plus vous tuez, détruisez, volez et plus vous gagnez de points. Vous faites partie de gangs qui règnent en maître dans la ville, la police y est corrompue, les femmes considérées comme un tas de viande, le communautarisme exacerbé... Là encore, pour notre député, ce jeu d'une amoralité absolue devrait être interdit afin d'éviter à tout prix que nos chers bambins tombent dessus au risque de s'en inspirer...


Les jeux : une influence sur les comportements et l'imaginaire collectif ?


On peut dire que les jeux vidéos ont commencé à envahir nos foyers depuis une vingtaine d'années. Dans les jeunes générations, elle fait même partie du quotidien puisque selon les cas, on peut y passer une ou plusieurs heures par jour. Il est donc évident d'affirmer qu'un loisir qui prend tant de temps chez des millions de gens dans le monde pèse et influence les comportements et l'imaginaire collectif. Voilà pourquoi le domaine des jeux vidéos devrait être particulièrement surveillé ... :


Quels moyens de contrôle et de protection ?


Plusieurs solutions de protection des personnes vulnérables ou de contrôle des jeux vidéos sont réalisables :


- des indications de limite d'âge en très grand format et bien en évidence sur les boîtiers des jeux. En somme, faire comme on fait pour les clopes. Car il faut savoir que les pictogrammes au dos des jeux sont souvent d'une taille microscopique, alors même que le recto vante souvent en gros format le fait que l'on puisse trucider, voler à volonté. Ainsi, les parents seraient pleinement conscients de ce qu'achètent leurs gamins.


- les vendeurs en magasins spécialisés doivent faire de la prévention. Ils doivent avertir le client acheteur de l'éventuel degré de violence du jeu.
dans le cadre de l'achat, pourquoi ne pas faire une loi comme pour les alcools ou les films porno interdits au moins de 16 ou 18 ANS ? Instaurer un contrôle d'identité aux caisses me paraîtrait un bon moyen de filtrer les images regardées par les plus jeunes. Inutile de dire que les parents devraient même accompagner leurs enfants lors de l'achat du jeu...


- les parents doivent être présents et dialoguer avec leurs gamins. Que ce soit dans le cadre du journal télévisé, d'un film, de l'utilisation d'Internet ou d'un jeu vidéo, les parents doivent accompagner leurs mômes afin de leur expliquer les tenants et les aboutissants du contenu. Notamment pour les plus jeunes, très impressionnables, il faut bien leur expliquer le cloisonnement entre réalité et fiction. En effet, les jeux sont maintenant d'un tel réalisme qu'il convient de préciser clairement au gamin que tuer, voler ou agresser sans être puni, c'est tout simplement de la pure fiction. Ceci étant dit, lorsqu'on est un joueur adolescent ou adulte, on ne peut pas se dédouaner de sa responsabilité : sauf cas extrême déterminé par la justice, tout le monde doit répondre de ses actes devant la loi, et ce même si le meurtre s'inspire du dernier jeu vidéo sorti.


Influence des jeux sur nos comportements et sur l'imaginaire collectif ?


Au-delà des mesures basiques que j'ai évoqués précédemment, il faut tout de même nuancer l'influence qu'a le jeu vidéo sur nos vies. Je fais partie des joueurs modérés et pourtant, en virtuel, j'ai sûrement trucidé plus de monde que tous les serial-killers réunis de l'Histoire. Allez savoir pourquoi, dans la vraie vie, je n'ai POUR L'INSTANT tué personne ... Et des millions de joueurs sont dans mon cas. A vrai dire, je crois que seule une poignée de jeunes fragiles sont susceptibles d'être influencés tragiquement par les jeux vidéos. Mais il en est de même dans bien d'autres domaines. Prenons par exemple le cas de la mort tragique de cet adolescent qui en avait tué un autre avec un masque du film Scream. Est-ce pour cela qu'il aurait fallu interdire Scream ? Je ne crois pas, car je pense que cet adolescent serait de toute façon passé à l'acte parce qu'il était déjà déstabilisé à la base. Il aurait pu être fan d'Hercule Poirot qu'il aurait assassiné l'autre adolescent en versant du cyanure dans son café au lait ...

L'idée s'applique également pour le jeu vidéo : ce n'est parce que l'on incarne un gangster le temps d'une partie que l'on va agir de la même manière dans la réalité. L'immense majorité des joueurs séparent clairement la réalité de la fiction. Ils savent très bien que leur rôle de psychopathe cesse au moment où s'éteint l'écran.


Pour quelles raisons attaque-t-on aussi souvent les jeux vidéos ?


Comme souvent, notre société se laisse berner par son réseau d'informations. Avez-vous déjà vu par exemple un reportage ou un article disons « positif » sur les jeux vidéos dans la presse générale ou les journaux télévisés des chaînes hertziennes ? ... Moi non plus ... On parle positivement des jeux vidéos uniquement dans la presse spécialisée. En recherche perpétuelle de sensationnalisme, nos chers journalistes préfèrent disserter à tort et à travers sur le dernier meurtre en date rappelant une scène de jeux vidéos plutôt que de montrer un foyer lambda en train de s'éclater autour d'une bonne partie de tennis sur la Nintendo Wii. Car non ! il n'y a pas que des jeux vidéos violents qui nous éclatent ! Pourtant, la grande majorité des sujets traitant des jeux vidéos auquel j'ai assisté jusqu'alors tournait autour d'une tragédie qui venait de se dérouler ou bien consistait en un reportage nous emmenant au Japon et réduisant les jeunes habitants du pays à des malades écervelés en marge de la société.
Alors je retourne une autre question à nos chers médias : à quand la fin des présentations caricaturales des joueurs des jeux vidéos ?


Le problème dans notre société est que l'on s'attaque aux effets plutôt qu'aux causes : si un adolescent trucide un autre adolescent de la même manière qu'il le fait dans un jeu vidéo, le problème ne se situe pas dans le jeu vidéo en soi. Peut-être faudrait-il plutôt s'interroger sur l'environnement de ce gamin : dialoguait-il suffisamment avec ses parents ? Avaient-ils de graves problèmes dans la vie réelle ? Peut-être venait-il d'être viré de son collège ? Peut-être que l'autre adolescent le maltraitait ? Les hypothèses sont légion mais il ne faut pas réduire un passage à l'acte extrêmement grave à une raison aussi simpliste que la pratique assidue d'un jeu vidéo. Tout ceci n'est que du vent, parce qu'on veut éviter de s'interroger sur les responsabilités réelles des uns et des autres. Alors, on commande des études à tour de bras pour prouver que les jeux vidéos sont un danger pour notre société. On fait appel à des pseudo-experts en mal de lumière qui veulent nous décrypter la raison pour laquelle nous, les joueurs, sommes des malades en puissance. Et on nous arrose de témoignages spectaculaires durant deux-trois jours jusqu'à temps qu'une grippe porcine ou qu'un recordman pétomane permettent de cacher aux yeux du monde les vrais problèmes auxquels nous faisons face : chômage, exclusion, problème du logement etc...


Les jeux vidéos, symboles d'une tendance générale de la société et des comportements individuels au sein du groupe ?


Les jeux vidéos, comme tout produit commercial, répondent à une demande du marché. Leur contenu est donc dépendant de ce que réclame la clientèle. Figurez-vous que nous autres, pauvres humains, aimons la violence et c'est pourquoi on en demande dans nos jeux. Refuser la violence dans des jeux vidéos reviendrait à une négation de ce que nous sommes alors même que les jeux vidéos aspirent souvent à coller au réel. Les jeux ne sont qu'une manifestation, une expression de ce qui se passe dans la réalité, pourquoi le nier en voulant se voiler la face ? Dans notre réalité bien réelle, il faut savoir qu'il y a des violeurs, des pédophiles, des guerres, des meurtres, des tortures ( parfois organisées par les Etats même, pensez à Guantanamo ), alors de quel droit pourrait-on interdire un jeu qui manifeste cela dans son contenu ? Censurer un jeu vidéo serait la porte ouverte à toutes les fenêtres ( merci Gad ou Jamel, je ne sais plus ) : pourquoi ne pas censurer le film Orange mécanique de Kubrick, interdire les BDs ultra violentes ou brûler les photos de guerres ? Ce n'est pas pour rien que la violence se retrouve dans de telles oeuvres d'art : elle fait tout simplement partie intégrante de notre quotidien.


Une fois encore, et comme le disait si bien notre bon vieux Chirac « la maison brûle, mais on regarde ailleurs ». La véritable violence ne se situe-t-elle pas dans les licenciements massifs d'employés pour plus de profit, les primes de licenciements des grands patrons, les guerres injustifiées en Irak et que sais-je encore ? Cessons de nous créer des tabous et de nous censurer : le cul et le pognon font tourner le monde ; tout humain a une part de pourriture en lui ; aucun n'est un modèle pour l'autre, tout le monde a ses défauts et imperfections. Les jeux vidéos, comme dans les arts, ne font qu'exprimer cette réalité douloureuse pour bon nombre de pseudo-moralistes fan des Télétubbies. Puis l'attaque contre les jeux vidéos violents provient de gens qui, au lieu de vouloir moraliser le virtuel, feraient mieux de moraliser le réel et de balayer devant leur porte avant de balayer chez les autres ! Car de quel droit y aurait-il des supposés défenseurs de la morale qui prôneraient ce que les autres doivent penser, dire ou regarder ?


PLAIDOYER POUR LE JEU VIDEO


Même s'il est abrutissant, je pense, de jouer plusieurs heures par jour aux jeux vidéos, il constitue pour moi, à petites doses, une excellente manière de me divertir par différents moyens :


- ça me défoule ! Et oui, tuer des gens virtuellement en peu de temps, les écraser en voiture, ou braquer des camions de glace, ça me fait du bien. Le jeu vidéo est, comme un match de foot ou un footing, un bon moyen d'évacuer le stress et la pression, sans en arriver à cogner quelqu'un qui nous tape sur le système dans le quotidien ou à mettre le feu à notre maison. Alors quand on a des pulsions libertaires, ça fait du bien de transgresser les lois sans avoir à payer les pots cassés après, croyez-moi ! Petite parenthèse : quand ma mère considérait que je me défoulais trop ( du genre cris primaires ou malédictions du joueur de foot qui vient de rater l'immanquable ), elle éteignait directement la console, ignorant mes suppliques pour sauvegarder la partie ( quelle maman cruelle ! ). A partir du moment où la transgression virtuelle devient une transgression réelle, il faut que le parent soit là pour sanctionner et punir, tout simplement !


- ça m'instruit ! Par exemple, autant de fois que je le pouvais, je mettais mes jeux en anglais ou en espagnol afin de progresser dans ces langues. Je fais d'ailleurs toujours de même pour les films que j'essaie de voir en V.O. De la même manière, j'apprends à aiguiser mon esprit : je réfléchis à des stratégies pour les jeux de guerre ; je compare des statistiques lorsqu'il s'agit de choisir mon équipe de foot etc ...


- ça me divertit avec les potes ! Je passe d'excellentes soirées lorsqu'on joue à plusieurs. Contrairement à ce qu'on voit toujours à la télé, les jeux ne nous mettent pas en marge de la société. Ca peut être aussi une occasion de retrouvailles et de moments de plaisir et de rires !


- ça peut même faire réfléchir ! Je prends pour exemple ma petite cousine qui voulait un chien. Ma tante était d'accord sur le principe à condition qu'elle s'en occupe elle-même. Elle lui acheta en guise de test à Noël le jeu «Nintendogs» qui consiste à s'occuper d'un chien, avec quasiment toutes les tâches représentées ( le laver, le doucher etc... ). Figurez-vous que ma cousine se rendit compte à quel point un chien demandait de l'implication et des responsabilités et qu'elle décida d'elle-même de ne pas en adopter un !


CONCLUSION


Les jeux vidéos sont trop souvent associés à la violence, parce qu'ils ne sont pas encore pleinement compris et ancrés dans notre culture. En premier lieu, il faut savoir que les jeux violents ne constituent qu'une minorité dans l'immense marché des milliers de jeux vidéos disponibles. Ils ne sont, qui plus est, qu'une manifestation de ce qu'est notre univers : impitoyable. L'accusation faite aux jeux vidéos d'être responsables de la violence est aussi absurde que celle faite au film « Fast and furious» d'encourager les excès de vitesse : parce que la violence, aussi bien que les excès de vitesse, existaient bien avant ces deux créations. En continuant comme ça, nous arrivons à des situations absurdes, où la pipe de Jacques Tati ou la clope de Coco Chanel sont supprimées sous prétexte qu'elles seraient une incitation à la consommation de tabac... Ce n'est donc pas sur le contenu qu'il faut débattre, mais bien sur la façon d'aborder le contenu, et c'est là que les parents doivent intervenir pour expliquer aux enfants ce qu'ils voient afin de bien leur faire comprendre que tout ceci n'est qu'un jeu, qui même s'il veut coller au réel, ne sera jamais LE réel ! De plus, la plupart des jeux ultra-violents sortis récemment disposent d'un verrouillage parental ( comme sur Internet avec le contrôle parental ) permettant un accès limité aux jeux. La loi ne dit donc pas pour rien que les parents sont responsables des actes de leurs enfants devant la justice ! A eux de prendre en main leurs gamins en :


- évitant de les abandonner face à un écran de jeu sans explication


- en leur expliquant les choses ( un enfant n'est pas bête )


- en lui montrant qu'il n'y a pas que les jeux vidéos dans la vie : il y a aussi les
matchs de foot, les parties de cache-cache, la bibliothèque et des milliards d'autres choses passionnantes dans la vie ( vous aurez reconnu dans ces derniers mots Momofakir junior bien sûr )


Merci de m'avoir lu !


   

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23.05.2009
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11.05.2009
(21.05.2009)

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