Au loin des villages (11 Novembre 2009)

Au loin des villages (11 Novembre 2009)

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En avril 2006, 13 000 personnes de l'ethnie Dajo se réfugient dans la plaine de Gouroukoun, à l'Est du Tchad. Tous sont des survivants de la guerre du Darfour. Ils y construisent...
Plus...un camp, s'y enferment et s'y inventent une survie. L'auteur s'est enfermé à son tour dans cette prison sans mur. Des images patientes racontent l'interminable temps de l'attente. Une vie au ralenti qui s'égrène, comme suspendue dans le dénuement. Des réfugiés prennent longuement la parole, des enfants dessinent des batailles, des petites filles fredonnent des chansons guerrières : un film de guerre, sans aucune image de guerre...





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Et Soudan l'été dernier
Avis par madmike sur Au loin des villages (11 Novembre 2009)
20.11.2009


L'évaluation de l'auteur:  


Avantages: Un témoignage pour l'histoire .  .  .
Inconvénients: .  .  . à la forme un peu austère .

Recommandation pour les acheteurs potentiels? oui 

Avis complet




Préambule



Les sanglants événements du Darfour ont un temps mobilisé médias et personnalités, puis les exactions des milices janjaweeds sont retombées dans l’oubli, ainsi que leurs victimes, suivant l’amnésie coutumière de la presse, bien prompte à se détacher de ce qui s’est passé dès qu’une autre actualité survient.

Un documentariste suisse, Olivier Zuchuat , n’a pas voulu se résoudre à cet oubli, et a réalisé un film intitulé sobrement Au loin des villages , tourné en 2008 dans un camp aux confins du Soudan.

L’opus est sorti très discrètement dans trois salles françaises, dont le fort cinéphile Espace Saint-Michel (les deux autres salles étant un cinéma palois et un cinéma niçois).


Bande-annonce



Plaine de Gouroukoun, est du Tchad.

Les femmes balaient soigneusement le sol poussiéreux des cases sommaires, pliées en deux pour renouveler sans relâche cette tâche apparemment vaine. Les hommes palabrent à l’ombre, les cases se succèdent dans cet immense camp.

Ils ont fui leurs villages, rescapés des massacres perpétués par les milices janjaweeds venues du Darfour voisin, et se souviennent du jour où ils ont dû quitter leur village, de ceux qui sont morts sans avoir pu s’enfuir, des blessures cruelles qu’ils ont parfois reçues…



Un témoignage brut



Le réalisateur ne peut, pour d’évidentes raisons de sécurité, montrer la guerre, ni même s’en approcher, et il reste donc dans l’enceinte du camp de réfugiés, s’aventurant tout juste à le longer le temps d’un long travelling qui permet d’en saisir l’étendue. Les images se résument donc à des plans du camp, qui pourrait presque, à part son étendue, passer pour un village ordinaire, et les informations sont en fait uniquement portées par les déclarations des réfugiés, filmés en plan fixe et pratiquement sans coupures quand ils s’expriment.

Ce n’est pas très cinégénique, d’autant plus que la lumière n’est pas extraordinaire, le metteur en scène ayant tourné à la saison des pluies, sous un ciel souvent gris, tout bonnement parce que c’était la seule solution pour être certain que les milices janjaweeds ne s’inviteraient pas : les routes étant assez largement impraticables, les incursions armées étaient nettement moins probables ! La combinaison d’images peu séduisantes, pas très différentes de ce que l’on voir ailleurs en Afrique Noire, et de récits souvent lancinants, débités comme des litanies, fait qu’il faut un peu s’accrocher, et que ce n’est pas un documentaire immédiatement accessible comme peuvent l’être ceux de Michael Moore par exemple.

Le réalisateur ne s’exprime pas personnellement, sauf par de brefs cartels en début et fin de film, et il laisse libre parole aux réfugiés. C’est du brut de chez brut, et à la limite j’ai eu l’impression qu’il travaillait plus pour l’histoire que pour le spectateur : voir un vieillard réciter une liste de 46 noms, 46 morts victimes des miliciens, est un tantinet longuet à regarder, mais sera en revanche édifiant si un jour on étudie cette période, ou juge les coupables de ces massacres !

Les instants sont parfois étrangement banals, comme cette prière collective musulmane qui ne diffèrent point de toutes les prières collectives mahométanes, mais les mots sont parfois révélateurs, lorsqu’un homme, devenu aveugle suite à ces blessures, raconte avec calme comment ses grigris l’ont protégé de la mort, et comment les miliciens l’on torturé et laissé pour mort. Et lorsque les enfants du camp entonnent une chanson revancharde, l’on se dit que la paix n’est pas pour demain dans cette région du globe…


En conclusion



Au loin des villages est un témoignage avant tout.

Ce documentaire est limité par sa forme radicale, qui refuse tout artifice au profit de l’authenticité des témoignages, et ce refus de tout compromis le rend très austère, et explique certainement sa diffusion fort limitée, en plus de son sujet difficile.

Il a le mérite d’enregistrer des paroles qui seront autant de témoignages pour l’histoire, de fixer sur la pellicule les rescapés des massacres, de prendre date pour le futur, mais reste un film très particulier…

Note : 6/10

   

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