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Aurora - Avishai Cohen

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Essayez de lui caresser son grand manche, ça le fait chanter...

5  15.04.2009

Avantages:
Un jazz qui sort des sentiers battus, tout en offrant un album des plus lumineux

Inconvénients:
Les incorruptibles du jazz risquent de grincer des dents et ne pas aimer .  .  .

Recommandable: Oui 

evilash

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Membre depuis:06.10.2000

Avis:127

Lecteurs satisfaits:82

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Cet avis a été évalué par 25 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel

AVISHAÏ COHEN – OU JE FERAI ATTENTION LA PROCHAINE FOIS A NE PAS LUI GACHER LE LEVER DU SOLEIL

Quand je retourne dans la maison de mes parents, je retrouve toujours ma vieille chambre d’adolescent, quasiment restée intacte depuis mon départ. Mes étagères sont toujours pleines de livres de cinéma, des magasines trainent dans une corbeille. Par contre, si je veux vraiment retomber en enfance, il me suffit de me faufiler dans une pièce secrète, creusée dans un mur, dans laquelle on ne peut accéder (aujourd’hui, vu mon grand âge) qu’à quatre pattes. Y sont entreposés tous mes jouets ainsi que ceux de ma sœur, et tous nos journaux, comics, romans et rêves de gosses. Et on y trouve également, camouflés dans des caisses la majorité de nos vinyls, tous ces disques 33 et 45 T que l’on a usés à force de trop les écouter…

Et oui, parce que mes premiers émois musicaux je les ai eus grâce à mon père, quand dès mon tout jeune âge il a eu envie de me forger les oreilles musicales et me faire découvrir ses propres vinyls 45 T. il m’en offrait ainsi régulièrement, et je les écoutais religieusement, trop content de découvrir de nouvelles choses… Et bien entendu, il s’agissait essentiellement de disques de jazz (mais aussi de chanson comme Hugues Auffray ou Jean Ferrat etc.). J’ai grandi ainsi, au gré de ces sillons gravés sur une belle surface noire, cette couleur sombre comme cette musique qui m’intriguait au plus haut point sans que je n’arrive à la cerner. Le jazz a donc une place très importante dans mon paysage musical personnel, et au gré des concerts et écoutes de disques, j’ai appris peu à peu à apprivoiser cet univers si particulier…

C’est au hasard de mes découvertes que je suis ainsi tombé sur ce contrebassiste israélien, Avishaï Cohen. Je n’avais lu qu’une chronique dans un numéro des Inrockuptibles, et il m’avait intrigué. Et, détail amusant, c’est alors que j’étais justement chez mes parents que je me suis acheté mon premier album de ce Monsieur. J’en suis tout de suite tombé raide amoureux, son jazz est très mélancolique, très doux, retourne les sens, et plonge l’auditeur dans un étourdissement tout simplement volatile, léger comme peut l’être un rêve des plus agréables. Un jazz qui ne tombe pas dans les clichés, et qui ne tombe pas non plus dans l’easy listening, attention… Tout comme ce nouvel album, sorti il y a tout juste un mois, qui se nomme joliment AURORA

Partie 1 – JE VOUDRAIS BIEN NEGOCIER AVEC LE MEME TALENT DES VIRAGES AUSSI INATTENDUS



Avishaï Cohen est un jeune contrebassiste d’origine israélienne, qui a été repéré alors qu’il était tout jeune par le grand pianiste de jazz Chick Corea. Ayant intégré une des récentes formations jazz de ce pianiste, il se fit peu à peu un nom pour finalement avoir envie de voler de ses propres ailes, en solo, il y a maintenant une bonne dizaine d’années. Comme tout jazzman qui se respecte, il enchaîne les enregistrements studios (les remarquablement beaux CONTINUO, AT HOME, et GENTLY DISTURBED sorti l’an passé) et les concerts quasiment non stop, passant de la formule solo à la formule trio (piano, basse batterie) et à la formation trio + cuivres…

Ce génial contrebassiste s’est allié les services d’un batteur surdoué, Mark Guiliana, et d’un pianiste au sens rythmique affolant dénommé Sam Barsh, qui a laissé finalement sa place il y a 2 ans au pianiste israélien Shaï Maestro. Ce jeune pianiste a un doigté musical d’un certain classicisme (qui me rappelle Brad Mehldau ) mais non dénué de qualité conférant ainsi aux compositions d’ Avishaï Cohen une connotation mélodique plus apaisée, moins torturée que sur les précédents disques. Nous ne sommes en effet ici pas du tout en présence d’un jazz complexe, tordu, propre à faire dire aux détracteurs du genre que « c’est péniblement chiant et compliqué à écouter ». Non, ce jazz là a quelque chose d’organique, qui parle à notre corps, et qui fait appel à nos sens.

Le morceau REMEMBERING en live :
http://www.youtube.com/watch?v=E4kc0Aby2vA&feature=related

Comment se fait il que cet homme ait tant de choses à nous dire en musiques, je l’ignore, mais on sent chez lui une volonté de fournir le maximum de choses, très rapidement, comme s’il était pris d’une urgence particulière. On sort à peine de l’écoute de son album GENTLY DISTURBED que déjà il nous est annoncé un nouvel album, d’un style de jazz totalement différent. Un album teinté de musiques du monde, mi arabe, mi flamenco. La curiosité est alors à son comble, à quoi va donc ressembler ce nouveau disque… ? N’aura-t-il pas le défaut d’un disque composé trop vite, bâclé, et ces nouvelles orientations mélodiques ne seront-elles point gâchées par tant de précipitation ? L’appréhension est à son comble lorsque parait la nouvelle comme quoi Avishaï Cohen lui-même chante sur son dernier album, qu’il a voulu explorer un nouveau territoire… Très intriguant…

Partie 2 – JE VOUDRAIS BIEN LUI CONTER FLEURETTE SANS QU’ELLE ME BALANCE SA CREME DANS LA FIGURE



Ce nouvel album a la particularité d’être tout bleu, je sais que ça va en agacer plus d’un(e) que je précise cela, mais voilà, le précédent disque était d’un noir absolu, et son humeur mélodique était particulièrement sombre et mélancolique. Sur cet album ci on peut donc
Photos pour Aurora - Avishai Cohen
  • Aurora - Avishai Cohen Avishaï
  • Aurora - Avishai Cohen Tapes moi d'ssus
  • Aurora - Avishai Cohen Concentré
  • Aurora - Avishai Cohen Grognon
Aurora - Avishai Cohen Avishaï
_ Oui, quand je suis content, moi, je crie...!
penser que son tempérament serait à la joie et à la bonne humeur ? Surtout que Avishaï Cohen pose sur la pochette du disque, ses mains mimant le geste de tenir une contrebasse, faisant ainsi preuve d’un soupçon d’humour. A l’intérieur du livret, toujours de couleur bleue, le contrebassiste se dévoile, et un court texte de sa part nous apprend sa volonté d’exprimer sa musique d’une nouvelle manière…

Le nom de l’album, AURORA, est beau, il sonne de façon agréable sur la langue, voilà un mot qui pétille et qui donne des frissons de plaisir. Il fait appel à des souvenirs agréables, ensoleillés, et cela tombe bien puisque c’est de saison. Ce titre a donc un gout de fraîcheur, et il se répercute de façon folklorique sur les titres des morceaux de cet album, tous riches en sonorités arabes, espagnols ou anglaises. Des mots qui claquent, qui sonnent, qui tapent à l’œil et qui donnent un aperçu de ce que pourrait être ce nouveau disque.

AURORA serait donc un album de jazz à part, un disque aux confins de plusieurs genres, et curieusement, ce disque a un peu surpris la presse spécialisée. Certains journalistes ont été déçu de ce tournant qu’ils jugent inintéressant et inodore, tandis que d’autres sont bien plus enthousiastes. Mais peu importe, il vaut mieux découvrir les choses par soi même… et je suis particulièrement emballé par ces nouvelles perspectives, le fait que le jazz propose d’explorer d’autres univers, personnellement j’en suis ravi. Que tel genre musical fasse l’amour avec d’autres genres ne me cause aucun souci, je suis pour l’échangisme musical… tant que le fruit de ces amours ne soit pas une monstruosité bien sûr…

Partie 3 – JE VOUDRAIS VOIR CE QUE CE DISQUE A DANS LE VENTRE ET S’IL MERITE D’Y PASSER LA MATINEE, A L’AURORE…



1 - MORENIKA

http://www.youtube.com/watch?v=uXtoBaQmAJY&feature=related
version live : http://www.youtube.com/watch?v=dFt1J4pXR54

Le morceau démarre sur de douces notes de piano très légères, que rythment des percussions très souples. Tout n’est que douceur, on ne se sent pas du tout agressé, la musique peu à peu pénètre notre cœur, et quand le piano se fait un peu plus entendre (0,37 mn), on est vraiment aux anges. On devine que le morceau va prendre son envol à force de tant de légèreté.

Avishaï Cohen se met alors à chanter (1,15 mn), d’une voix que l’on attendait pas de lui, jusqu’alors connu comme contrebassiste de jazz. Son chant est grave, sensuel et suis les notes du piano , c’est dire comme l’ensemble est harmonieux. Nous sommes entre le jazz et la musique du monde (il s’agit d’un chant traditionnel ladino), et le morceau ne part pas dans le fouillis sonore, du tout… Il n’est que charme et douceur… et vous envoute.

Une chanteuse ( Karen Malka ) accompagne alors le chanteur israélien (3,04 mn), et leurs deux voix s’accordent si bien que l’on croirait un chant amoureux qui se joint à un autre comme en une union charnelle. C’est dire comme le morceau est d’une beauté rare, mais quand même fortement étonnant sur la playlist d’un album de jazz.

2 - INTERLUDE IN C MINOR

Un petit intermède musical, très doux, très court, où la trompette et la flûte s’unissent aux notes du piano subtilement sans qu’aucune percussion ne vienne perturber cette courte minute volatile. Quand les cuivres prennent des intonations à la Miles Davis (0,27 mn), on sent que le chant du cygne de ce morceau est à la portée de notre main…

3 - EL HATZIPOR

http://www.youtube.com/watch?v=1TnGe9jmDzg&feature=related

A nouveau, comme un être solitaire, le piano laisse entendre une douce complainte, et il n’a pas besoin de trop de notes pour s’exprimer, il laisse échapper juste l’essentiel, tout en douceur. Aucune percussion ne se fait entendre, juste des notes de piano. Quand Avishaï Cohen commence à chanter (0,41 mn), son chant un poil plus haut que sur le premier morceau, et toujours aussi sensuel, sa voix s’accorde parfaitement aux notes du piano.

L’auditeur ferme ses yeux à nouveau, laisse la musique envahir son environnement, les soucis de la vie quotidienne sont bien loin désormais. On se sent bien, on est à l’aise, tout n’est que calme et douceur. Puis le piano se retrouve seul un instant (2,00 mn), accélère légèrement le rythme avant de laisser à nouveau le chanteur s’exprimer… de façon plus rapide, lui aussi. Mais il faut fermer les yeux pour vraiment se rendre compte de cette fugace accélération… On sent que le morceau va bientôt décoller.

Et bien évidemment ce moment arrive (3,30 mn), le piano a pris une belle accélération, et le chant masculin a pris un pas de course tout en suivant harmonieusement les notes de ce piano endiablé (4,03 mn) qui est bientôt rejoint par la chanteuse (4,20 mn) pour une nouvelle union, désormais très rythmée. Le morceau est fabuleux et on se prend à rythmer le morceau avec le corps d’autant plus que des claps martèlent cet air dans lequel le jazz prend peu à peu ses droits… Le piano se permet de grandes envolées d’un lyrisme tel que les deux chants ne peuvent que le suivre dans cette joie (5,05 mn), poussant l’aiguille du plaisir de l’auditeur dans le rouge… Jusqu’à la fin du morceau que le piano évidemment achève.

4 - LEOLAM

http://www.youtube.com/watch?v=DzJNsn7TXP8&feature=related

Un oud ouvre le morceau, très simplement, et ses notes mélancoliques (0,15 mn) sont alors rejointes par le piano qui épouse l’air offert par l’oud. La rythmique se met alors en place, ouvrant grand les fenêtres sur un air très beau porté par l’oud et le piano. On est ailleurs, on est parti par les fenêtres pour fuir vers un monde extérieur très lointain. Le rythme s’accélère d’ailleurs, le morceau devient de plus en plus trippant.

Ce morceau est décidément très beau, sur cet album, il semblerait que cela soit une habitude, et les percussions donnent une sacrée plus value à cet air mi jazz mi world musique (1,55 mn), qui peu à peu flirte avec le diable au clair de lune (2,05 mn). l’auditeur est en train de survoler des étendues d’eau, des océans, des mers et quand les deux chants pointent leurs nez et se joignent à cet envol (2,41 mn), on est déjà arrivé à notre destination lointaine…

Les chants se joignent alors à l’air du départ, ils épousent avec légèreté et beauté ce morceau très beau et envoûtant qui nous a offert un beau voyage certes rapide (on aurait voulu qu’il dure encore plus longtemps) mais l’essentiel a quand même été dit, chanté, et murmuré. Il n’était finalement pas besoin de plus nous en conter, l’auditeur se retrouve finalement très bien auprès de ce feu de joie, perdu dans ce désert… Peu lui importe, ce morceau lui a confié ses plus belles étoiles… Sauf que le meilleur est encore à venir.

5 - WINTER SONG

Un piano jazzy, mélancolique, apparaît à nos côtés, un chant très calme et posé, s’installe près de lui (0,24 mn). on devine les contours de la silhouette de ce chanteur installé près du pianiste, des sons étranges se font alors entendre (1,00 mn), on se sent totalement bien près de ces artistes. Complètement sous le charme, et l’envoutement est à son comble quand la voix féminine suit les contours du chanteur (1,20 mn).

Le morceau installe alors un refrain d’une grande beauté (1,44 mn), où les deux chants si mélodiques vous laissent choir sur le sol, à même le sable. Vous avez les yeux sous les étoiles et votre âme est toute acquise à la cause de celles ci. C’est tout simplement magnifique tellement ces deux chants s’unissent parfaitement. Que le rythme s’accélère (percussions subtiles et raffinées) ou pas, peu leur importe, elles ouvrent la porte à la Perception la plus pleine et entière.

Tous les instruments prennent alors eux aussi leur envol et le font avec un plaisir qui se fait communicatif, le piano n’a jamais été aussi aérien (3,19 mn) et il vole si haut que quand les deux chants se joignent à lui, l’auditeur n’en peut plus de plaisir (3,40 mn). C’est encore une fois remarquable, le piano sur ses notes de cristal nous envoie promener dans le lointain et nous appelle de temps en temps près de lui (4,15 mn).

6 - IT’S BEEN SO LONG

http://www.youtube.com/watch?v=jwjucKH5YBk&feature=related

La basse jusqu’à présent discrète fait son entrée en scène, sur des notes chaloupées, rondes comme des bulles d’air, elle se veut cajoleuse, caressante, et Avishaï Cohen accompagne cet air avec un plaisir qui se fait communicatif (0,39 mn). chanté en anglais, le morceau a une connotation pop acoustique qui détonne dans cet univers de jazz / world musique. La chanteuse accompagne alors notre bassiste (1,41 mn), chargeant ce chant d’une émotion rare.

Les deux voix se font écho, elles se rappellent à l’ordre, se caressent (2,25 mn), se font plaisir mutuellement. Tout n’est que sensualité, décidément, et les sens de l’auditeur sont à fleur de peau. Cette chanson (car c’est bien d’une chanson qu’il s’agit ici finalement) entraîne l’auditeur sur un continent toujours aussi inconnu malgré des connotations pop d’une belle élégance.

Quand les chants se font puissants (3,41 mn), on est perturbé par tant de puissance et la chanteuse donne du coffre, de la chair à son chant cette fois plus charnel (4,01 mn), elle appuie là où ça donne du plaisir, elle connaît nos points sensibles. Le morceau finalement n’a rien de bien classique, et déjà pour le jazz, encore une fois, il surprend. Il ne s’agit pas non plus d’un morceau de jazz vocal, cela n’a rien à voir.

7 - ALON BASELA

http://www.youtube.com/watch?v=FaluWgSx5Z0&feature=related

L’oud entre en scène rythmé par des percussions très craintives, lointaines que le chant masculin vient appuyer. Le morceau est assez rapide, et quand le piano entre en scène, la sonorité jazz prend un envol d’une telle puissance que le plaisir est à son comble (0,42 mn). Quand la voix féminine se joint à la masculine (0,57 mn), on est cmplètement bercé par le flux et le reflux de ces notes sur le rivage.

La flûte alors refait un tour sur l’album, s’offrant ainsi le plaisir de jouer avec l’écume du morceau (1,24 mn), et les deux chants sont tellement heureux d’être ainsi rejoints qu’ils se font plus forts, plus hauts, et donc plus envoûtants (1,37 mn). la jouissance auditive est à son comble, on a monté le son, on est totalement perdu, très loin de tout.

Changement brutal de rythmique, les percussions font un petit solo très fin et on sent bien que ce n’est pas qu’une démonstration de talent (2,23 mn), le piano joue d’ailleurs les petits malins en offrant des défis au percussionniste (2,50 mn). on sent ici complètement le plaisir de jouer à plusieurs, et tout cela est bien évidemment communicatif. La tension grimpe jusqu’à ce que l’air à nouveau explose, appuyé par des chants totalement habités et poussés très hauts (3,15 mn), jusqu’à la fin, jusqu’à ce que l’auditeur n’en puisse plus de respirer.

8 - STILL

http://www.youtube.com/watch?v=FwTMrj1yyJg&feature=related

La contrebasse (jouée à l’archet) donne du corps à une mélancolie évidente que le chant plaintif de Avishaï Cohen offre à nos oreilles. Le morceau est très calme, des percussions comme surgies du fin fond du désert (1,03 mn) lui donnent une connotation étrange, inquiétante. Une invitation au voyage encore une fois, un appel au grand départ.

Quand le chanteur pousse très haut sa voix, on en est que plus surpris par sa puissance (1,37 mn), on y sent toute la tristesse du monde, toute la perte de l’être aimé, ce morceau n’a décidément rien de gai. S’il n’y avait ces accents vocaux et cette contrebasse parfois plus présente, le morceau aurait pu tomber dans une monotonie un rien lassante. Alors qu’il n’en est rien ici, le morceau vient du cœur et parle directement à nos sens.

9 - SHIR PREDA

http://www.youtube.com/watch?v=mK3On1C4MnM&feature=related

Un piano jazz offre des notes très sensuelles que Avishaï Cohen se fait plaisir à accompagner de façon tellement évidente que cela n’est que plus agréable, d’autant plus que le morceau est tout simplement beau et harmonieux. Cela démarre donc très fort pour un morceau que l’on devine tout en intériorité. On a les yeux fermés, et on se surprend à fredonner l’air sans se poser de questions.

Quand la basse ajoute ses notes, cela n’est fait que de façon discrète, jamais agressive (2,37 mn), ce n’est que le juste cours des choses, un appel au plaisir simple convenu entre les musiciens et l’auditeur. Et ce plaisir a été porté sur de belles vagues, l’eau était suffisamment chaude pour ne pas nous oppresser, on s’est laissé porter jusqu’au rivage… Le flux et le reflux, encore une fois, nous a bercé…

10 - AURORA

http://www.youtube.com/watch?v=41kIxOLs8IY

Le morceau éponyme de l’album s’ouvre sur des notes de l'oud que viennent accompagner celles du piano, toujours aussi fluide. Les deux instruments semblent se répondre et se cacher à la fois, comme dans un jeu d’enfants. Quand un air magnifique s’installe (0,44 mn), tel un beau refrain, c’est pour mieux tromper l’auditeur, qui ne sait encore pas où il va aller.

Le piano se fait alors plus présent (1,26 mn), mais l’oud le remet à sa place quelques belles secondes avant que le refrain ne nous transporte à nouveau vers une contrée éloignée du cœur. La contrebasse offre alors des notes souples, apaisantes, et la rapidité du jeu nous laisse toujours aussi songeur, d’autant plus que l’air du refrain se fait entendre en retrait.

Le morceau est donc cette fois ci instrumental et nous offre la même construction verse chorus verse que l’on a l’habitude d’entendre dans une chanson pop. Et c’est justement sur un pur morceau jazz, instrumental, que l’on se rend compte de cette structure surprenante. Il n’empêche que l’on ne regrette pas de s’y être laissé entraîné…

11 - ALFONSINA Y EL MAR

http://www.youtube.com/watch?v=Fjcxw-DmBas&feature=related

La contrebasse ouvre la voie à Avishaï Cohen, qui accompagne son instrument de sa voix grave et sensuelle. Il est le seul maître à bord ici, nul ne viendra rompre sa quiétude et encore moins celle de l’auditeur. La mélodie entre dans la tête tout doucement, elle se fait discrète, et ne se noie dans aucun artifice.

Le morceau a une sonorité flamenco, on a l’impression que pendant que le contrebassiste chante, une belle jeune femme est en train de se préparer en coulisses, bientôt prête à rompre le rideau et à nous offrir une de ses danses éblouissantes dont elle a seule le secret. La lumière est tamisée, et nous ne sommes que toutes oreilles grandes ouvertes sur ce qui va suivre.

Ce morceau est donc un avant goût simple mais efficace au choc émotionnel qui va suivre, le morceau qui va nous donner envie de rester capturé dans la nuit et de ne jamais s’en échapper.

12 - NOCHES NOCHES / LA LUZ

http://www.youtube.com/watch?v=sQKnnXCwuY&feature=related_

L’oud s’offre le privilège de démarrer ce morceau très intriguant, que l’on croirait venir d’un désert lointain, ou alors d’un endroit reculé d’Espagne. L’émotion est à son comble, les sens sont aux abois, est il est difficile de ne pas résister à cet appel au voyage. D’autant plus que le chanteur fait des siennes et que son appel à la nuit est tellement beau qu’on ne peut qu’y succomber.

Comme pour le morceau précédent, l’auditeur ne peut que s’imaginer quantité de choses, il en entend les bruits de la nuit, du vent dans les feuilles, des pas feutrés d’une danseuse en robe noire, de son souffle tandis qu’elle évolue gracieusement. Le morceau reste ainsi hypnotique jusqu’à ce qu’une mélodie différente s’installe (3,40 mn), où la contrebasse reprend ses droits.

La chanteuse, somptueusement, lance un appel au sommeil et au rêve le plus doux (4,04 mn), les percussions discrètes ajoutant ainsi une pincée de sel à ce chant. Le piano tout doucement se fait entendre, puis peu à peu se fait plus présent (4,33 mn) jusqu’à ce que la mélodie explose littéralement (4,50 mn) et que l’on ne soit que totalement étourdi à même le sol, en proie à des rêves de voyages et de rencontres sensuelles.

Le morceau abandonne alors les chants pour se concentrer sur les instruments (5,40 mn) où d’ailleurs le piano se distingue en reprenant l’air de la chanteuse sur un tempo jazzy très beau, qui ne fait qu’appuyer sur la qualité émotive de ce morceau superbe. On ne voudrait pas que le morceau s’achève et pourtant ce sera le cas, la chanteuse danseuse nous offrant un dernier tour de piste de quelques secondes.



AURORA est donc un album de jazz guère anodin, qu’il convient de découvrir pour peu que l’on ait envie de s’ouvrir à de nouveaux horizons musicaux, hors du temps et hors des frontières. Cet album n’est pas seulement jazz, il n’obéit à aucune règles, et il démontre qu’un artiste n’est pas prisonnier de son art. Avishaï Cohen prouve ici qu’il peut détourner le genre jazz pour en façonner d’autres atmosphères, volatiles et chaudes comme de l’encens. AURORA est un album idéal pour la nuit, pour l’amour, pour le repos sur une terrasse sous un olivier. Cet album respire l’été et ses errances nocturnes…


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Commentaires sur cet avis
desarticulee

desarticulee

06.12.2009 01:56

Avishai Cohen et Brad Mehldau, heureusement qu'ils sont là, tiens. PS: ayé, enfin fini mon avis, toi qui voulais le lire une fois celui-ci achevé.

ginkas2

ginkas2

04.07.2009 17:03

"Le précédent disque était d’un noir absolu, et son humeur mélodique était particulièrement sombre et mélancolique" >> Je lui préfère Gently Disturbed... "Le fait que le jazz propose d’explorer d’autres univers, personnellement j’en suis ravi" >> et moi donc, merci d'en parler...

lilybee85

lilybee85

21.04.2009 13:07

jsuis pas sure qu'il mime une contrebasse, plutot une tendinite des 2 mains suite à une utilisation trop intensive de sa wii !

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