" Maman, à l'aide ! "
19.09.2003 (20.09.2003)
Avantages:
Pour me souvenir d'elle
Inconvénients:
elle me manque
Recommandable:
Non
 frogking
Plus à mon sujet:
Membre depuis:20.11.2002
Avis:7
Lecteurs satisfaits:5
Cet avis a été évalué par 10 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Je ne sais pas pourquoi j’ai systématiquement besoin de faire un préambule avant d’écrire un rêve, mais tant pis ! Hier soir, alors que je regardais malgré moi une photo de ma mère tout en faisant le constat de mes échecs, je l’appelais « à l’aide ! », je lui demandais de me guider, mais pour toute réponse je n’ai reçu que la mienne qui me disait : « elle n’a jamais connu ce genre de situation et ne peut donc pas t’aider ». Pourtant je viens de rêver d’elle et je ne pense pas que ce soit un hasard. Je pense que la solution que je cherche est dans ce rêve même si je ne la vois pas encore. De plus, je crois avoir compris une partie du processus du rêve qui consiste à « rêver à l’envers » : il semblerait qu’un stimulus extérieur déclencherait la fin de notre rêve et que, pendant un temps très court, notre cerveau inventerai, en quelques secondes, une histoire en remontant au début alors que nous avons l’impression de vivre notre rêve dans le bon sens chronologique et dans un temps qui nous paraît normalement long par rapport aux évènements du rêve. La chose la plus incroyable c’est qu’ici je n’ai aucune notion de l’ordre des évènements. Je sais que j’ai fait un rêve de plusieurs séquences mais je suis incapable de savoir lesquelles étaient avant et les autres après. D’un rêve on se souvient généralement de sa fin puisque c’est le moment où on se réveille, on arrive parfois à se rappeler exactement comment il a commencé, surtout si, en rêvant « à l’envers » le début est le souvenir le plus récent. Mais là impossible de le savoir, un peu comme si mon rêve ne voulait pas que je l’analyse, que je le démasque, comme s’il voulait se préserver. Quant au stimulus déclencheur du réveil je me souviens de cette sensation de nez bouché, peut-être une sensation d’étouffement, en tout cas je ne vois pas le rapport. Voici donc les bribes de rêve dont je me souviens, placées dans un ordre qui me semble logique: Je me trouve chez mon père, dans cet appartement où j’ai vécu la majeure partie de ma vie. Le téléphone sonne : c’est Danielle, une amie de la famille de longue date. Elle me demande comment se sont passées nos vacances. Intentionnellement je me place près de la cuisine pour que mon père, en train de faire la vaisselle, entende ma réponse. D’ailleurs je le vois en train de tendre nonchalamment une oreille distraite. Je réponds à Danielle quelque chose comme quoi notre maison de vacances où nous avions nos plus merveilleux souvenirs n’est plus que la ruine d’une illusion à cause des gens que mon père y emmène. Mon père et moi agissant comme si l’autre n’avait pas entendu, je lui passe le téléphone. C’est alors que, honteux de ma lâcheté de dire les choses par derrière, je me précipite avec anxiété sur des photos de ma mère prises à notre maison de campagne, comme ça, quand mon père raccrocherait, j’éviterai la discussion trop angoissante du présent pour pouvoir parler d’un passé figé et donc beaucoup moins risquée. Cependant j’ai l’impression d’une machination. Comme si ce coup de téléphone n’était pas une coïncidence et que le temps gagné grâce à lui à éviter la discussion directe avec mon père devait m’amener devant ces photos. Une machination ? Perpétuée par qui ? Peut-être tout simplement par le divin hasard de la vie qui donne aux audacieux l’opportunité d’accomplir leurs tâches à condition d’agir au bon moment. Les photos devant lesquelles je me trouve n’ont jamais été prises, elles n’existent que dans mon rêve. Ce sont des photos qui ressemblent à celles que tout le monde a chez soi, des photos représentant les membres de la famille, des proches ou des amis, dans des situations parfaitement anodines et courantes. Pourtant cette photo que je regarde n’est plus la banale photo-souvenir de vacances, mais dégage une sensation déconcertante de réalisme qui parvient à me replonger dans l’ambiance des merveilleux moments passés dont je parlais juste avant. Cette sensation me rappelle ce film : « au-delà de nos rêves » où Robin Williams, mort, continu à vivre dans les tableaux de sa femme. Il évolue dans les tableaux de la même façon que j’arrive à rentrer dans cette photo jamais prise que je tiens dans les mains. Par là je rejoins ma mère, mais pas au temps passé. Je la rejoins, elle du passé, dans un pseudo présent. Je suis avec ma mère, souriante, pleine de vie, stimulante. Je ne sais pas de quoi nous avons parlé mais certainement pas de mes problèmes actuels qui m’ont fait l’appeler à l’aide. Peut-être simplement parce qu’avec elle la vie a un sens, parce qu’avec elle chaque problème se résout aussi facilement que n’importe quel geste ordinaire de la vie. Elle me dit que si je veux emmener mon père la voir, il faudra que je lui fasse fumer un joint pour lui ouvrir la porte du monde où elle se trouve. (Sans doute un vieux fantasme d’adolescent quand je voulais que mes parents connaissent ces sensations.) Je montre les photos à mon père. Ces photos d’où émanent l’authenticité d’un endroit qui n’aurait jamais dû changer par devoir de mémoire, mais aussi parce qu’il n’y a pas d’autres configuration possible pour le bonheur. Je lui demande s’il a oublié, s’il a oublié que cet endroit peut être le même, bien qu’elle ne soit plus là, parce que c’est elle qui l’a bâti. Apparemment, il trouve « la porte » lui aussi, puisque nous nous retrouvons là-bas, avec elle, dans un présent qui aurait pu être si elle était encore là, autour de la table blanche en plastique, hors du temps logique, mais bien maintenant. Cela ressemble à une de ces réunions de famille de tous les jours où nous prenions le temps, en fumant une cigarette, de parler de tout et de rien. Pourtant un détail que je suis peut-être seul à avoir remarqué, montre que nous vivons quelque chose d’irréel : l’emplacement de la table est à un endroit où nous ne l’avions jamais mise auparavant : devant la maison mais à la hauteur de la cabane à outils, comme si nous nous mettions un peu à l’écart. Je revois encore le lierre sur les parois de la cabane comme la tapisserie d’un mur d’une pièce. En parlant nous faisons le point de là où chacun de nous nous en sommes. C’est alors que je dis à ma mère, comme si je l’avais fait, certain de l’avoir fait, me revoyant le faire : « Tu sais Maman j’ai tué celui qui t’a… », je cherche le mot, « …assassinée. ». Et je lui raconte comment, d’un coup de couteau, je lui ai transpercé la gorge. Mon père poursuit rapidement avant que je n’ai le temps de passer pour un héro : « …mais il n’est pas mort comme ça, la justice l’a enchaîné à un carcan avec lequel il a dû finir son errance ». Ma mère semblait satisfaite qu’on ait accompli ce devoir de vengeance. A moitié conscient je me réveille et je me dis : « j’aurais dû m’en douter ! C’est un cauchemar tout ça. J’ai fait le rêve d’un rêve où ma mère aurait disparue ». Et pourtant...
En lire davantage sur ce produit
|
|
01.11.2003 15:32
tu ne vis que des rêves?
28.09.2003 10:07
Que dire sinon que tu écris toujours aussi bien et que tes sentiments s'infiltrent en nous lecteurs, nous laissant une trâce de toi à l'intérieur et si l'écriture peut t'aider à exorciser tes peurs continu pour notre plus grand plaisir.coco
25.09.2003 17:01
Hello, Je viens de lire ton avis sur la recommandation de vicoquette. C'est super bien ecrit, je te place dans mes alertes.