Cet avis a été évalué par 53 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
S'il m'était donné encore, Un jour, une fois, De me glisser tout contre toi, Je te murmurerais alors Peut-être, tout bas, Que je n'ai rien oublié, tu vois…
Si j'étais tout contre ton corps, Ce jour, cette fois, Peut-être que je ne parlerais pas, Fermant les yeux sur toi, Pour capturer les réminiscences Qu'offrent ta peau et ses essences…
Si je pouvais m'asseoir tout près de toi, te parler pour de vrai sans craindre le froid, sortir des confortables banalités instaurées entre toi et moi, je t'avouerais que cette odeur possède pour au moins l'éternité le pouvoir absolu de faire totalement chavirer mon cœur. Je t'expliquerais comment, encore, c'est elle qui me tient compagnie au cœur de ces nuits trop sombres et trop fades. Je te raconterais comment, aussi, elle m'enveloppe de réconfort et de douceur les jours où le dehors me fait peur. J'aurais même peut-être l'audace de t'expliquer que grâce à elle, ce n'est plus tellement toi que je cherche à retrouver, mais simplement ces instants où ma vie s'est conjuguée au parfait…
Le Chrome des premiers instants, c'est celui des débuts de soirées, des départs, précipités, toi dans la salle de bain, moi devant la glace du salon, s'ajuster, s'arranger. Et cette fragrance qui soudain montait jusqu'à moi… Une première dose aérienne, une bouffée d'oxygène. Fugacité de ces instants, à peine un sourire, tout juste le temps. Le piquant du pamplemousse attire les sens, la rondeur de la bergamote les intrigue, et l'hédione et le gingembre associés finissent de les ensorceler. Déjà, ils sont prisonniers à jamais. Ils sont dépendants de cette odeur jusqu'à la fin des temps, pour leur plus grand malheur. Toi, devant ta glace, tu ne te doutes de rien, tu joues un peu le comédien, le minet sûr de lui, qui n'a peur de rien, mais tu ne sais pas à quel point ces notes de tête décuplent ce que tu dégages de virilité et de modernité. Moi, derrière la porte, j'ai envie de t'enlacer, et de savamment ruiner tout l'attirail de conquérant que tu as mis si longtemps à accorder…
Le cœur de Chrome, c'est la familiarité et l'intimité. Ozone, jasmin d'eau et lichen, curieux mélange auquel ma mémoire s'enchaîne. Au cœur de ce Chrome d'Azzaro désormais sensuel, se trouvent mes plus beaux souvenirs de quelques semaines. Qu'un anonyme me frôle dans la rue et en un éclair il me ramène à l'exacte paix intérieure de ces moments mal capturés. Aussi sûr que d'autres aimaient croquer une madeleine, pour me souvenir, il me suffit de le respirer. Au cœur de Chrome se trouve la naissance de mon amour pour toi, une soirée passée dans tes bras, Bono qui chantait ces promesses que l'on ne fait pas… Au cœur du Chrome, le souvenir de ce flacon bleu, de ce carré légèrement arrondi, comme ton caractère, fort et tendre à la fois, de ce carré au bouchon chromé posé là dans un coin de salle de bain que j'avais mal envahi… La proximité et la sensualité aussi, celles de nos ébats parfumés à toi. Une odeur gravée, une odeur que l'on oublie pas, et qui persiste, et qui… ne me quitte pas…
Et puis, notes de fond, ambre et musc oubliés là, abandonnés sur les draps… Ces notes, je les ai maudites de rester si longtemps après toi, partout, dans ces lieux où tu ne revenais pas… Et lorsque tu reviens maintenant, parfois, rarement, ton sillage reste le même, celui d'un homme à la fois viril et sensuel, celui d'un homme de son temps, au parfum obsédant. Détermination, volonté d'avancer, tout le temps, encore, envers et contre tout, je retrouve cette force que tu m'insufflais, cette paix de l'âme que, lovée contre ton odeur, je savourais…
Mais, heureusement, je ne te dirai pas tout ça, et comme tu ne lis plus ce qui se trouve là, nous n'aurons même pas à rougir lorsque nous nous verrons une prochaine fois :-)
02.08.2007 22:17
Punaise.... nan tu vas trop loin là. C'est trop pour un canard en plastique !
29.04.2007 23:02
J'adore ton titre ^^ (fan de Nirvana en présence). Excellent article.
29.04.2007 23:01
J'adore ton titre ^^ (fan de Nirvana en présence). Excellent article.