Avant propos : En bonus la suite et la fin de l’affaire Tapage !
Nostalgie
La tête dans le sac, la tronche qui pique et les cheveux en pétard je me réveille sur les dernières nouvelles. Un écho radiophonique, « vous nous avez voulu, vous nous avez eu !». Je regarde sur ma droite, elle dort encore à poings fermés. Je regarde sur ma gauche, elles sont là m’appelant, me suppliant de les prendre. Je vais céder à la tentation oubliant un moment que la première sans manger est sûrement la plus néfaste de la journée. Déjà je tâtonne dans l’espoir de coincer un briquet dans ma main, quand soudain une nouvelle fait écho à l’intérieur de ma boite crânienne.
« On apprend que le groupe agroalimentaire Anglo–néerlandais Unilever est prêt à céder ses marques françaises, Banania, benco et yabon au profit de fonds d’investissements… »
Benco, bizarrement un flash me traverse l’esprit, un gosse d’une dizaine d’années en pyjama les yeux embués de sommeil lui aussi. Une grande cuisine pleine de mouvement et surtout une odeur très agréable de chocolat chaud. Sur la table en bois trône un gros pot transparent au couvercle bleu. Je sais que dans un des placards il y en a de deux tailles car papa est un être prévoyant. De très gros de 800 grammes et des plus petits de 400. Un matin comme les autres, plein de fébrilité et d’amour. Curieux et destructeur comme tout gosse je commence à décoller la grosse étiquette. Derrière une surprise m’attend. Une petite bande dessinée gouvernée par la couleur bleue. Une histoire de schroumpf et de Benco. Je souris, la journée commence bien.
Un pied par terre, puis l’autre tel un astronaute cherchant son équilibre je descends à la cuisine passant devant mon paquet de Marlboro sans même lui jeter un œil. Il me semble, oui il me semble qu’il y en a un dans un placard, un petit. Oui voilà, cela fait des mois qu’il se traîne sans jamais avoir été ouvert. Aucune importance sa date de péremption peut largement dépasser une année. Je dévisse le couvercle, de la poussière de chocolat me monte jusqu’aux narines. Un sentiment étrange comme si j’entendais ma mère me dire de me dépêcher car sinon j’allais rater l’école. J’ouvre un litre de lait, le verse dans un bol au hasard. Un autre flash, celui de mon enfance était jaune. Après avoir plongé une grande cuillérée dans le pot je saupoudre mon lait avec les grains de chocolat. Froid oui froid c’est comme cela que je l’aimais.
Les granulés se dissoudent sans aucune difficulté disparaissant au profit d’un liquide marron et plein de saveur. Une phrase me saute aux yeux, Benco, le tandem gagnant de l’énergie. Tu parles d’un tandem, un type qui s’arrache le crâne pour ne pas courir fumer et un gamin qui ne se doute même pas qu’il deviendra un jour ma copie conforme ! Je bois une première gorgée, souriant malgré moi dès le premier passage du liquide sur mes papilles. «Bois tout, c’est plein de vitamines, de magnésium et de phosphore, et surtout ton père travaille pas chez Rothschild ! ». Je rigole intérieurement en pensant que ma mère aurait pu faire une bonne ciaonaute. Il lui aurait fallu simplement ajuster ses lunettes et rajouter que le benco contenait aussi des protéines, des glucides, des lipides et du fer. Enfin, le genre de truc dont tout le monde se fout mais qui noircit une page word quand on a plus grand-chose à dire.
La vie est étrange, elle passe laissant de côté des détails semblant sans importance. Une tartine de beurre saupoudrée de chocolat granuleux, des lèvres souriantes et barbouillées, une engueulade parce que le pantalon du dimanche n’a pas supporté le dernier passage d’une goutte de Benco. Les années passent, vous êtes père à votre tour et vous ne vous rappelez pourtant pas de ses petits bonheurs fugaces. Pire vous pouvez passer devant un rayon spécialisé sans même remarquer le clin d’œil que vous fait un ancien ami. Ce n’est pas tant pour la marque que pour les souvenirs qui l’accompagnent. Le gosse a bien grandi mais devant son bol l’espace d’un instant il est redevenu aussi pur qu’à ses débuts. Sa femme se lève à son tour, surprise de le voir sourire béatement devant un bol de chocolat. Elle lui demande s'il va bien. Il lui répond sans même réfléchir que finalement le bonheur c’est le plaisir des choses simples….
Max et l’affaire Tapage (Epilogue)
Résumé : La mère Tapage s’épanche enfin et dégoise le paquet au gars Maxou. Primo c’est elle la buteuse de Zola en devenir. Deux zosiaux ou secondo comme vous voudrez elle était de mèche avec le père Sebarre et quand je dis de mèche ce n’est qu’un euphémisme, car la fameuse mèche du monsieur n’avait plus aucun secret pour elle. Plusieurs questions restaient en suce pêne, pardon suspens, pourquoi Bart le crado avait- il buté son propre patron ? Autre pourquoi (je vais finir par me prendre pour Julien le grec ou le perse je sais plus) Sebarre m’a-t-il embauché alors qu’il savait très bien que c’était sa grue, sa bru enfin son amuse braguette qui était la responsable ? Et enfin question fondamentale qui méritait un coup de pied dans le fondement si pas de réponse, où était Priscilla !
- Bon, commençons par le commencement ce qui est la meilleure solution pour arriver d’un point à un autre. Explique moi pourquoi l’autre emplumé m’a payé pour retrouver l’assassin de son gendre. Je sais bien qu’il avait pas une tête à réfléchir mais de là à s’emmouscailler tout seul je pige pas.
- C’est pourtant simple, en engageant un privé il n’éveillait pas les soupçons de la rouste sur lui. Le plan c’était que si vous remuiez un peu trop la mouscaille il vous ferait avoir les chocottes en butant votre secrétaire.
Et voilà rendez service, acceptez un cheik en blanc dans votre pays et vous vous retrouvez avec du pétrole plein la gueule et rien dans le réservoir ! Max le pigeon voyageur de ses messieurs dames, deux plumes au derche et un air con à voler en tête du groupe. Tiens mon gars voilà le courrier, il est recommandé comme la connerie de son porteur ! Enfin, comme dirait la mère Denis passons et repassons avant qu’un autre vous lave le cervelet. Bon, deuxième question vous avez encore vos trois jokers, le coup de fil aux poulagats, 50 % de baffes ou la fessée déculottée en public.
- Pourquoi le Bart a buté Sebarre ?
- C’est moi qui l’ai payé pour ça, Marc mort, Sebarre mort j’héritais du cochon qui rote
- Mais ce n’est qu’un tripot aussi dégueulasse que ton âme ma poulette…
- Peut-être mais au premier il y a pour plus de cent briques de cash. De l’argent gagné avec le shit.
Comme on dit chez EDF tout s’éclaire. Une sacrée famille quand même les Tapage. Un remake des tuyaux de poils, tout le monde s’emmanche sans retenue sur salaire. Ça a l’air de rien d’ailleurs mais ça ne me dit toujours pas où se trouve ma secrétaire secrétant sûrement à l’heure actuelle des hormones de peur aussi grosse que ses superbes nichons qui soit dit en passant commencent sérieusement à me manquer. Parce que faut vous dire, les mamelons de Priscilla c’est du Chopin sur tranche. Tu touches une fois et c’est tout le répertoire que t’as envie de pianoter. Stop ! Je me fais mal tout seul comme le bigoudin que je suis depuis le début de cette histoire à la noix.
- Dernière question et c’est le pactole, où est Priscilla !!!!!!!!!
- Dans le placard à balais, les gars n’ont pas pu faire autrement, elle hurlait à la mord moi le nœud ta radasse. Moi je voulais la buter mais Sebarre pensait qu’elle pourrait encore nous servir.
- Ok poulette bien répondu le pactole est à toi.
On ne frappe jamais une femme même avec une rose. Fallait préciser dans le manuel si l’on pouvait ou non le faire avec un couvercle de gogue. Moi ne sachant pas trop je lui claque le beignet avec le dit ustensile et fonce au fameux placard.
Une fois ouvert je découvre un spectacle apocalyptique, c’est barnum en plus grand comme disait le nain du spectacle. Ma Priscilla a les mains attachées derrière le dos avec son propre soutien jacques car je ne trouve pas normal qu’il n’y ait que Georges qui s’amuse. C’est sa petite culotte qui lui sert de bâillon ce qui croyez-moi empêcherait un mort de bailler tellement le spectacle est hétéroclite, voire même pour hétéros seulement !
Je m’empresse de lui ôter la dite culotte ce qui pourrait passer pour un fait coutumier si cette dernière fut ajustée à sa juste place.
- Maxou, Maxou oh comme j’ai eu peur !
- Peur de quoi, tu sais bien que lorsque l’homme est là, la bonne s’y frotte !
- Tu n’as pas fait de folie au moins ?
- Moi, sage comme une image, la zigounette dans le placard jumeau du tien. Je ne pensais qu’à une chose, te retrouver car je suis incapable de faire la compta au burlingue !
Tout en écoutant mes balivernes de bas étage ma gisquette préférée se rhabille. Une question vient à mon esprit, est-ce bien utile ? Il va bien se passer une plombe avant que les poulets rappliquent et après toutes ces émotions j’irais bien prendre l’air et tenter comme Nicolas le jardinier de planter mes semis là où la terre est le mieux labourée.
Un oh offusqué, un ah admiratif et nous voilà tous deux brouettant la vie à pleins poumons. Un happy end façon terroir en quelque sorte.
LSD
02.01.2004 11:49
Quelle histoire... surtout en partant d'un avis sur Benco !
24.05.2003 12:25
chocolat nostalgie et pour finir de l'Audiard, tu devrais écrire un bouquin avec le condensé de ses aventures!
23.05.2003 09:58
Je préfère le Poulain, grand arôme.