Après longue réflexion, je me suis quand même décidée à pondre cet avis ! J’avais très peur de ne pas pouvoir parler de Berlin comme je voulais. Et bien oui c’est très difficile, je suis amoureuse de cette ville, et le mot n’est pas trop fort, quoi de plus dur de décrire son amour ! L’amour s’attrape et on a beaucoup de mal à en savoir les raisons ! !
Je voulais remercier ma petite Marmotus, et je vous conseille vivement son avis aussi ...
Alors je me suis décidée à vous parler uniquement ou presque d’une seule partie de la ville. Appelée il y a encore 14 ans Berlin-Est.
Pourquoi donc je délaisse Berlin Ouest ! Parce que ma foi c’est le côté de Berlin qui ne me donne pas de frissons ! tout simplement !
Missrouge rencontre Berlin-Est !
Missrouge avec son écharpe rouge se fixe pour objectif de rencontrer Karl ! ! J’en ai presque les larmes aux yeux de me prosterner devant cet énorme bonhomme, il est là devant moi assis, avec son pote debout à ses côtés. Oui oui j’étais là devant Marx et Engels ! Ils sont là sur la Marx-Engels-Platz !
Je ne me suis pas empêchée de leur parler ! Entre rouges, on a eu une grande discussion, et puis on a parlé de Josef et les autres qui ont mal tourné ! Karl était ému ! Et vraiment moi aussi ! je leur sers la main ! oh la vache des vraies paluches ! !
Bon je parle de ma venue ici ! C’est une communauté Ciao et j’ai pensé leur faire un petit article de Berlin ! Marx et Engels s’enflamment à l’idée d’une communauté ! ! Honte à moi, je n’ai pas osé leur expliquer que cette communauté était un pur produit du monde capitaliste !
Je fais tout de suite dévier la conversation ! Je flatte Karl, je lui exprime mon attachement au manifeste, je le vois rougir !
Karl se propose de m’emmener visiter la ville ! quel gentleman ce Karl ! Missrouge est flattée…
Après cette grande émotion, Karl me dirige vers un monument avec un dôme au-dessus ! Nous traversons la Spree (fleuve qui traverse la ville) oh la la ! C’est grand tout ça ! nous voilà donc devant la cathédrale la « Berliner Dom » !
Karl : « Tiens c’est ce bon vieux Guillaume II, qui avait prévu cette église comme principale du protestantisme prussien à Berlin. Elle a été achevée en 1905 dans le style de haute renaissance italienne. Dans cet édifice magnifique mais surchargé de décorations et de coupoles résident 95 tombeaux des Hohenzollern. »
Missrouge : « Attends Karl, je crois que je vais devoir fournir un peu d’explications à mes ciaonautes. »
Alors ce nom Hohenzollern qui paraît désespérément long et compliqué est le nom de famille de la dynastie qui régnait sur la Prusse ! Alors la Prusse c’est où ? Et bien déjà ça n’existe plus depuis 1918 ! Elle faisait trop peur cette puissante Prusse alors on a décidé d’éliminer carrément le nom. Comme ça la hantise de la voir réapparaître s’est volatilisée. Pour la situer géographiquement c’est un peu dur, ses frontières ont été longtemps modifiées, elle a quand même englouti la Pologne à une époque ! Alors si vous voyez à peu près l’Allemagne, considérez que c’est le Nord est. Je risque gros à dire ça ! Mais bon si j’explique tout, il y a de grandes chances que nous soyons là encore demain matin ! Pour les germanophiles, si je dis le Nord-Est, je sauve tout de même le Mecklembourg ! Et je m’arrête bien évidemment à délimiter le sud de la Prusse au Nord de la Saxe !
Je regarde cette jolie cathédrale et un autre monument m’appelle sur ma gauche !
Karl : « C’est l’université Humboldt. A l’origine elle était destinée à être un palais pour le prince Henri justement sur l’instance de von Humboldt en 1748, mais en fait elle est devenue l’ université de Berlin vers 1810. Et moi-même j’ai posé mes fesses sur les bancs de ces amphis ! ! Quand je pense que j’avais à peine 13 ans qu’Hegel nous a quittés. Si j’étais né quelques années auparavant, j’aurais pu l’avoir comme professeur ! Mais cela ne m’a pas empêché d’être grandement influencé par sa philosophie.
Missrouge reste muette (ah oui ça arrive !) Fascinée par le charisme de Karl.
L’écharpe rouge de missrouge s’envole et nous guide vers la grande avenue Unter den Linden. (Sous les tilleuls).
Sur notre gauche se présente la « alte Bibliothek » (vieille bibliothèque). Nous sommes alors sur la Bebelplatz.
Karl : « Cette bibliothèque a vu le jour entre 1775 et 1780 selon un plan datant de 50 ans de la Hofburg de Vienne. Ceci explique sûrement la grande admiration du Frédéric II avec le style barque viennois de l’époque !
Depuis 1914, c’est un institut de l’université. »
Je vois alors l’émotion sur le visage de Karl, il s’apprête sans doute à me raconter quelque chose de durement éprouvant.
Karl : « Dirigeons-nous vers le centre de cette place vide. Un mémorial imaginé par Micha Ullman en 1995 rappelle l’autodafé perpétré le 10 mai 1933 par les nazis. 20 000 ouvrages de cette bibliothèque jugés comme dégénérés furent brûlés. »
Je vois alors au centre une vitre sur le sol qui donne sous terre. On y voit une pièce avec des étagères vides. L’effet est immédiat, la pièce n’a plus de vie. En bas de cette vitre toujours sur le sol, une plaque en bronze commémorative, une citation d’Heinrich Heine, tirée d’Almansor, rappelle la suite des évènements tragiques « ce n’était qu’un prélude ; la où on brûle des livres, on finit par brûler les hommes. »
Le silence nous envahit et nous retournons sur nos pas. Nous prenons alors les rues derrière cette place. Nous ne sommes plus qu’à quelques pas du Marché des Gendarmes « Gendarmenmarkt »
Au centre de cet ensemble classique qui se trouve en face de nous, nous voyons la « schauspielhaus », fortement détruite pendant la guerre et après de longs travaux de construction et de reconstruction, elle fut réouverte en 1984 sous le nom de « Konzerthaus ».
Missrouge « j’ai assisté à un concert d’orgues dans ce batiment, La salle est merveilleusement belle et tout autour nous sommes cernés d’orgues, c’est formidable. »
Karl : « tu remarques ces deux églises identiques qui entourent le Konzerthaus ! A ta droite le « französische Dom » et à ta gauche le « deutsche Dom ». L’église française donc était le domicile religieux de la communauté des Huguenots. Lorsque Louis XIV a révoqué l’Edit de Nantes, les protestants ont été une nouvelle fois chassés du royaume de France et beaucoup d’entre eux ont été accueillis par l’empereur Frédéric II de Prusse. Voilà pourquoi dans tout le quartier ici, les rues ont souvent des noms français ! J’ai lu dernièrement une théorie historique qui dirait que la plupart de ces Huguenots étaient très riches de culture. Puissamment intelligents ils auraient participé à la puissance de la Prusse ! quelle ironie du sort ! La méchante Prusse qui envahit et occupe la France en 1870 doit une partie de son pouvoir et de sa richesse aux Français ! ! »
Nous repartons vers d’autres rues pour reprendre la direction de « unter den Linden ». La nuit commence à tomber et les lumières de la ville commencent à nous éblouir, elles illuminent les monuments et les rendent splendides…
Le Deutsche Staatsoper (opéra d’Etat allemand)
Karl : « tu vois missrouge cet opéra a été construit en 1741 sous la forme du classicisme rococo de l’Allemagne du nord. Richard Strauss a fait ici ses preuves de chef d’orchestre. »
Je suis éblouie c’est formidable !
Nous continuons notre promenade …Sur notre gauche ainsi s’érige un énorme monument d’une blancheur absolue.
Missrouge « Oh qu’est-ce que c’est ce monument, il vient d’être rénové il est d’une clarté incroyable ! ! !
Karl : « Missrouge nous sommes donc devant l’Ambassade de fédération de Russie. L'ambassade de Russie occupe l'édifice monumental que Staline fit construire à l'emplacement du palais de la délégation des Tsars, détruit en 1945. Même si le style est caractéristique du réalisme socialiste, les architectes soviétiques Lebedinskij, Skujin et Strijevsky s'inspirèrent des immeubles berlinois de la période néoclassique. »
Je reste subjuguée de cette clarté incroyable, je n’y vois toujours pas de lien ….
Missrouge : « mais pourquoi donc Karl ce monument est si bien entretenu ! ! »
Karl : « Missrouge enfin ! tu ne vois donc pas que c’était l’Ambassade aussi de l’Union Soviétique ! Il était donc primordial de donner le luxe à ces hommes ! Tu connais pourtant ce terrible régime ! Je vais aussi te préciser qu’en fait durant ces 50 années ce monument a bénéficié seul d’une maintenance et d’un entretien absolus. Tu découvriras aussi dans cette ville le nombre invraisemblable de bâtiments qui n’ont pas bénéficié de cela, et qui aujourd’hui tombent en ruine. »
Nous marchons encore quelques pas et nous sommes à la fin de l’avenue « unter den Linden », nous sommes alors au cœur de la Pariser Platz, c’est ici que devant nous s’élève le monument symbole de Berlin : La Porte de Brandebourg.
Elle est la seule restante des 14 portes de la ville qui permettaient de pénétrer dans Berlin qui était protégé par le mur de démarcation douanière au XVIII ème siècle. Haute de six mètres elle fut réalisée dans le style classique. Sa construction se termine en 1791 quand on la couronne d’un Quadrige avec la Déesse de la Victoire. Mais pendant l’occupation française sur l’ordre de Napoléon, ce quadrige fût déplacé et ne put reprendre sa place d’origine qu’en 1814.
Cette porte est d’ailleurs la photo qui accompagne cet avis, mais vous pouvez aussi la voir sur vos pièces d’euro allemandes de 50, 20 et 10 centimes.
Je me sens alors emportée par l’émotion, cette porte est plus que symbolique. Devant cette même porte tant d’évènements se sont passés représentatifs de l’Histoire d’Allemagne, voire de l’Histoire Mondiale à d’autres périodes récentes.
Cette porte symbolise la grandeur et puissance prussiennes. Par cette porte à l’époque des princes Hohenzollern, seules pouvaient passer la famille royale et la cavalerie royale.
La Prusse devient riche et trop puissante, cette porte symbolise aussi le puissant passé de celle-ci. Bismarck Chancelier et grand Prussien réunifie l’Allemagne.
Devant cette porte, au lendemain de la Première Guerre, les familles restent là devant la ville anéantie. La République de Weimar s’impose et s’égare …. Berlin la ville de l’Art, Berlin la ville de la modernité jusqu’en 1933. Les folies meurtrières et nationalistes s’imposent ici, devant cette porte un petit bonhomme qui n’a l’air de rien en appelle à la folie des hommes. Les troupes défilent, la foule se laisse emporter et s’exclame.
Tout s’achève un matin de 1945, la population est encore devant cette porte dont il reste à peine un pilier et son quadrige est méconnaissable.
La ligne séparant les zones d’occupation américaine et russe se fait là. Les Soviétiques pendant près de dix rasent tous les monuments autour de cette porte. Et c’est là qu’un matin du 13 août 1961, voilà encore un petit bonhomme avec ses petits yeux de cochons, qui décide de construire un Mur, détruisant la Belle Berlin à jamais. Durant 28 ans le Mur et la Porte se regardent, la porte pleure de nouveau de faire face une nouvelle fois à la Haine.
C’est ainsi qu’un jour de 9 novembre 1989, le mur tombe et les Berlinois se retrouvent et s’embrassent. Cette fête se fait évidemment devant la Porte…
Karl et Missrouge repartent vers l’Est de la ville, derrière eux le soleil se couche derrière la Porte…
A suivre…
La suite est désormais parue ....
06.07.2004 00:59
Sinon la "Bebelplatz"......Etonnant.!...Quand on sait que Belmondo n'a meme pas une Place à Paris.......;-)
06.07.2004 00:57
Suivez le guide..."Manifestement "vous etes deux.. ;-) .... Me vient cette chanson de Nougaro sur une autre ville .."La place Rouge etait blanche... "etc...
08.06.2004 12:37
Merci pour cette belle promenade!Berlin ist wirklich eine schöne Stadt.Moi,je l'ai visitée à plusieurs reprises quand existait encore le mur.A l'époque je ne connaissais que le côté Ouest bien sûr... En tout cas ton avis est super détaillé et j'avais vraiment l'impression d'être à côté de vous deux.Pdt votre discussion j'ai bien rigolé...Merci! ,-)))