(2) Tout ce que je vais prendre c'est du plaisir !
01.10.2006 (27.02.2008)
Avantages:
* * *
Inconvénients:
* * *
Recommandable:
Oui
Détails:
Textes
Chant/voix
Musique
Arrangements
Créativité
 PsychoSexy
Plus à mon sujet:
http://psychosexy.over-blog.co m/ - Il n'aura pas fallu plus de 8 heures pour me remémorer ce qui ...
Membre depuis:10.04.2004
Avis:920
Lecteurs satisfaits:390
Cet avis a été évalué par 47 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
.*´¨ ) ,.´¸.*¨) ¸.*¨) (¸.´ : (¸.´ : (´¸.*´¯`* Le premier album de Cali, L'Amour Parfait (sorti en septembre 2003) déroulait un tout nouvel univers musical au cœur de la chanson française. Les chansons de cet album avaient un goût à la fois d'inédit et de renouveau. Dans mon avis Ciao de l'époque, complètement retournée par la musique et l'interprétation de cet étrange moineau mélancolique qu'est Cali, j'allais jusqu'à parler d'album parfait. Enthousiasme représentatif de celui d'un grand nombre de personnes, puisque ce premier opus, à ce jour vendu à plus de 450 000 exemplaires, a connu le succès tant dans les bacs que sur les ondes. Et Bruno Caliciuri, alias Cali, au fil d'une longue tournée passionnée de deux ans, a installé son talent bien en avant sur les scènes françaises. Il n'était donc pas évident, dans ce contexte, d'envisager la sortie d'un nouvel album. En effet, frôler la perfection dès le coup d'essai ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre pour progresser par la suite. Il faut au pire se maintenir, au mieux subjuguer, épater, en montrant que le parfait peut sans cesse se peaufiner. En ce qui concerne Cali, ce pari eut lieu durant l'année 2005, alors que les succès de L'Amour Parfait (dont Elle m'a dit, C'est quand le bonheur ou Dolorosa) étaient encore balancés en boucle sur les radios : véritable pari que celui de trouver un nouvel élan, une nouvelle direction, et de ne pas décevoir avec le deuxième album, qui est celui qui aide à déterminer si un artiste est là par hasard ou si son succès est mérité, marque d'un talent certain. Beaucoup de jeunes artistes français, à l'instar de Louise Attaque dont le premier album connut un succès populaire immense mais dont le suivant fut boudé et vite oublié, connaissent l'enjeu : comment être suffisamment professionnel, c'est à dire comment plaire au public en se renouvelant sans pour autant se renier ?
º°"˜¨¨˜"°º
Les réponses à toutes ces questions, Cali les a mûries durant deux années, en travaillant accompagné d'une équipe d'une demi-douzaine de musiciens dans les studios irlandais de Dan Presley (également producteur de Muse) où il a accueilli des guests comme Daniel Darc (en duo sur un des titres), Steve Wickham (immense violoniste irlandais qui joua entre autre aussi pour Sinnead O'Connor, U2, et les Waterboys), ou Monsieur -M- alias Mathieu Chédid venu gratouiller sa guitare le temps de quelques arrangements.
Menteur. Drôle de titre tout de même, pour ce second opus qui fête ces jours-ci sa première année de vie (lancé dans les bacs le 3 octobre 2005), en voguant tranquillement vers l'obtention du disque de platine après avoir été double disque d'or en tout juste six mois. Mais pourquoi Cali s'attribue-t-il ce qualificatif de « menteur » ? Car après tout, s'il est évident à l'écoute du disque qu'il a évolué, il faut aussi reconnaître que son inimitable empreinte marque chaque seconde de musique de cet album. Nous ne sommes pas spoliés par la marchandise. Alors, si Cali est un menteur c'est simplement parce qu'il nous a fait croire en 2003 avec L'Amour Parfait que les cimes de l'émotion ressemblaient à ça, alors qu'il nous prouve deux ans plus tard qu'il nous a trompés et que ces cimes peuvent prendre des aspects différents, nouveaux. En cela, Cali est à mon sens le digne successeur de Monsieur Brel, puisqu'il est à l'heure actuelle le seul artiste français à être totalement complet, usant avec esprit à la fois de sa voix, de sa diction, de ses mélodies, de ses textes et de son talent d'acteur sur scène. Et il semble enclin à nous proposer des concepts d'albums héritant dignement de ceux du Grand Jacques, des projets qui portent en eux à la fois l'identité et l'unicité du chanteur mais aussi une nouveauté, un message et une unité propre. Cali a une identité artistique marquée, ce qui implique une grande cohérence d'une chanson à l'autre, et il me semble que dans ce cas la cohérence confine à l'intelligence.
Qui plus est, et heureusement, évidemment : les tripes sont là, les mêmes, toujours, car on ne change pas de tripes comme ça, quand même.
.*´¨ ) ,.´¸.*¨) ¸.*¨) (¸.´ : (¸.´ : (´¸.*´¯`* L'album, présentant à l'auditeur le visage de Cali en plan serré sur fond noir, et augurant donc d'une joie de vivre et d'une légèreté pas forcément évidentes, comporte douze titres. On peut rapidement faire le compte des morceaux à jeter : aucun. Mais il devient plus difficiles alors de faire le tri entre l'essentiel et l'accessoire parmi ces douze pierres taillées et (au choix) précieuses, coupantes, tranchantes, de taille ou dépolies.
Après quelques semaines d'écoute, nous étions alors au début du mois de novembre 2005, j'avais élu trois ou quatre titres au rang de grandioses et, sotte profane, je boudais les autres. Avec une année de recul, je me rends compte désormais que chaque chanson possède sa saveur et sa couleur.
(´¸.*´¯`*--> Celle qui m'obséda en premier à l'époque est toutefois celle qui continue le plus à parler à mon petit bide en le tordant doucement grâce à sa mélodie électrique obsédante. Son intro à la guitare énervée arrive en troisième position dans l'album et les premières lignes de texte cadencées et hachées par un Cali hargneux laissent bientôt la place à l'étrange et envoûtante voix de Daniel Darc, ex-chanteur du groupe eighties Taxigirl. Cette chanson est une superbe association de deux univers, la rencontre de deux étranges rêveurs désabusés. Leurs voix se font un écho délicieux, leurs sensibilités se percutent en un texte déconcertant, doux amer, qui voit se mêler histoires de grands et réflexions enfantines. Pauvre garçon qui n'arrive pas à s'aimer, à aimer et avancer. « Pauvre petit con » : il flotte même dans l'air un soupçon de Gainsbarre. Même le concours final d'imitation de Vincent Delerm, à celui des deux qui se fera le plus geignard, finit par me séduire alors que je le trouvais insupportable au début. (´¸.*´¯`*--> Également très représentatif de l'univers de Cali : « Pour Jane ». Un titre de funambule. Escorté de cuivres sourds et graves et de cordes guillerettes et légères, Cali nous emmène choper des frissons sur le fragile fil de la vie, entre bonheur euphorisant et fragilité de l'instant (« le bonheur est une vieille qui boîte sur du verglas »). On cahote entre ses aveux d'amour (à grands coups de « je t'aime » qui n'en finissent pas) et un fatalisme du quotidien plutôt raffiné. Le rythme est très vif, on se croit emportés par un tourbillon, qui commence tout doux et se termine en tempête d'amour. Et le message est primordial : « Le bonheur est un chien qui traverse une quatre voies ». Carpe Diem.
(´¸.*´¯`*--> Mais l'originalité principale de l'album réside pour moi dans son second titre, « Je m'en vais », second de l'album mais pourtant premier à avoir été lancé sur les ondes FM. Morceau sous-titré « après Miossec », cette chanson est un aimable et révérencieux hommage à cet artiste admiré par Cali, avec qui il a depuis co-signé un livre (« Rencontre au fil de l'autre », livre d'entretiens entre les deux hommes).
« Je m'en vais bien avant de te trahir », ce sont les paroles de la chanson de Miossec, reprise en duo avec Cali le temps d'un concert télévisé. Ce titre était sombre : quelle surprise pour du Miossec ! A l'inverse, celui de Cali, qui aborde pourtant le même thème, est lumineux. Il nous optimise la rupture comme lui seul sait le faire : un violon strident et léger pour accompagner un texte qui finalement fait du bien au moral : « …je veux revivre depuis ce matin, depuis que je sais qui je suis, que je te quitte, que c'est fini, je m'en vais ». (´¸.*´¯`*--> Ensuite il y a ses yeux, enfin son « Tes Yeux ». Dansante, charmante, coquine, légère, et malicieuse. Je pense que l'on a ici une des chansons les plus positives de Cali, où la musique rieuse ne sert à aucun instant à cacher un propos difficile, où elle n'est que l'illustration instrumentale de la douceur du propos : « Tes yeux qui jettent du froid, des bouts d'igloo, des 'ça va être ta fête, petit salaud' jusqu'au bout, et pourtant, et pourtant, tout au fond de notre lit, je m'accroche à ces mots si doux que tu me prêtes quand tu t'oublies ». Ces paroles, ce n'est rien d'autre que la contraction en une seule phrase de tout le vertige et la beauté de l'amour : j'ai mille raisons de te détester, mais j'en ai une merveilleuse de te chérir, et je le fais. Ce titre est rapidement devenu un de mes préférés de l'album, car découvrir Cali dans des amours qui vont bien, c'est étrange, inattendu, mais aussi fort agréable.
(´¸.*´¯`*--> Toujours dans le plus grand désordre, j'ai envie de parler maintenant de « Qui se soucie de moi », la chanson qui ouvre l'album. Bonne place que cette place initiale puisque ce titre apparaît comme une subtile transition entre les deux albums : relativement proche dans le propos du célèbre « Elle m'a dit », ce titre évoque de nouveau le thème de la rupture. Un thème qui, hélas, a le don de parler à chacun d'entre nous. Et le don de Cali est de trouver ces mots, les mots justes, ceux qui nous font nous écrier mentalement : mais comment il sait ? Des mots qui font mouche, qui nous ramènent tous à des souvenirs plus ou moins lointains mais encore totalement identifiables : « un jour je rêve, tout seul je crève, derrière ta porte, je crève, je crève, je crève… » Et, acrobatie classique de ce cher Cali, ce propos grave est habillé d'une mélodie rythmée et envolée. Toutefois, la voix se fissure plus que jamais : il crève, il a mal, ça se ressent dans l'interprétation.
(´¸.*´¯`*--> Et puis, j'ai gardé pour la fin le morceau qui me bouleverse le plus. Ce titre, « je ne vivrai pas sans toi », déboule en sixième position, en plein milieu de l'album. Et il renverse l'âme. Ici, encore une fois, Cali aborde le thème qui semble le plus l'inspirer, un thème sur lequel il a peut-être fait déjà dix chansons sans jamais sembler faire deux fois la même : le thème de l'amour qui prend fin sans que ce soit d'un commun accord. Il aime mais se fait quitter, encore une fois il va en crever. Et encore une fois il va nous rappeler ce jour où nous aussi on aurait voulu crever : « J'ai posé mon cadavre au milieu de ta route, je voulais tellement que cela te touche un peu toutes ces gouttes glissant de mes mains comme un lacet rouge, une petite autoroute vers plus rien, vers plus rien… » Je vais sembler volubile, encore plus que d'habitude, mais c'est que ce morceau me trouble, encore plus que d'habitude. Dès les premiers mots lâchés, sur une sonorité de guitare électrique pesante et un peu menaçante, je suis réduite en miettes par la justesse de la sensation décrite : « Même si tu ne ressens plus rien, sache que les bouts de mes doigts ont l'odeur de ta peau depuis toi et moi et qu'il faut beaucoup plus que des seaux de mots pour emporter tout ça, pour nettoyer tout ça… » Ce morceau n'est que douleur, mais il est magnifique. A en pleurer comme une madeleine, les jours noirs. Pleurer de douleur, pleurer de se retrouver si bien compris aussi, si bien dépeint ici, au creux de ces près de quatre minutes.
(´¸.*´¯`*--> Quelques lignes enfin, pour ces quelques titres que j'aime beaucoup, que simplement je n'aime pas « énormément » comme ceux abordés plus haut. Ce qui ne m'empêche pas de les chanter par cœur, de les écouter avec émotion et attention, comme le très doux et très triste « Je sais », avec sa mélodie lente, qui illustre encore une fois le désarroi des amours qui s'achèvent, et l'impossibilité de trouver des réponses à la terrible question du pourquoi.
J'écoute aussi avec des étoiles plein les yeux et plein le cœur son hommage à « Roberta », cette petite vieille de 82 ans que Cali décrit avec une tendresse folle et la sobriété qui lui sied tant. Il y a également « Menteur », le titre éponyme à l'album, dans lequel Cali raconte, sur une ritournelle un rien désuète, le désarroi d'un amant délaissé juste après la nuit d'amour et les promesses qui vont avec (« Y a des mots qui tuent, des mots qui écrasent le corps de bonheur, mais repasserez-vous par là ? »).
Il faut également se passer le très joli et très entraînant « La fin du monde pour dans 10 minutes », pour son texte malicieux, pour son interprétation enjouée et rieuse, pour son propos un rien coquin amené avec un naturel fou et une certaine poésie. Ainsi que l'inquiétant « Je te souhaite à mon pire ennemi », qui montre que l'amour et la haine sont deux sentiments liés à tout jamais, et où l'on découvre un Cali impitoyable, qui pour une fois aborde le thème de la séparation avec des sentiments très négatifs.
Et, enfin, il y a le titre que l'on qualifie dans les milieux avisés de « très émouvant », qui est en effet touchant car il évoque un sujet douloureux (la séparation qui empêche les papas de voir leurs enfants assez souvent pour pouvoir continuer à respirer normalement), mais qui ne me touche pas plus que ça. Peut-être Cali était-il ici trop concerné et s'est-il trop appliqué à bâtir un texte magnifique, ce qui a été au détriment de la mélodie, bien trop attendue compte tenu de ce que le bonhomme sait faire.
.*´¨ ) ,.´¸.*¨) ¸.*¨) (¸.´ : (¸.´ : (´¸.*´¯`* Menteur, le deuxième album de Cali nous propose donc du bon Cali. Calibré. Mais on n'a pas pour autant l'impression de se retrouver avec un simple rappel, une vilaine redite du premier album, un banal prolongement mal inspiré.
Pourtant les thèmes ne sont pas bien différents : l'amour toujours, avec une claire prédilection pour les amours contrariées, assassinées, oubliées, fanées. En revanche la façon d'aborder ces thèmes est toute nouvelle, presque aux antipodes de ce que l'on croyait devoir attendre de Cali (mais justement le talent d'un artiste est de faire en sorte qu'on ne sache jamais vraiment quoi attendre sinon des surprises et de l'émotion). Ici c'est la lumière et la clarté qui dominent. Dans les mélodies, dans les paroles, et même dans le timbre de voix de Cali. Il évite ainsi de s'enfermer dans une image de chanteur désabusé, d'amoureux malheureux, image rapide et facile que le premier album lui avait pourtant accolée. Il montre que si l'amour se termine, la vie, elle, se poursuit. Et que c'est assez pour donner envie de chanter, d'avancer. Certes il y aura toujours ces couacs, tantôt mélodiques tantôt narratifs, mais tel est le charme de Cali (et tel est le charme de la vie). Pour le reste, il y a bien plus d'optimiste, de fantaisie et de légèreté. La mélancolie est toujours là, mais différente, c'est plus une façon de voir la vie à la fois désabusée, lucide et crue, avec des images qui percutent et qui touchent par leur aspect à la fois original et décalé.
Entre prolongement et nouveauté, cet album est, lui aussi, un succès. « L'amour parfait » n'était peut-être pas l'album parfait puisque, sans mentir, ce « Menteur » est au moins aussi bon. Il ne faudrait donc pas parler d'album parfait, mais peut-être de chanteur parfait. Ou sinon parfait, pour le moins doué et inspiré comme peu avant lui l'ont été.
En lire davantage sur ce produit
Produits intéressants pour vous
|
|
01.03.2008 13:04
bon la prochaine fois, je me relirai, je pensais bien sur à "pauvre garcon" je me serais bien deguisee en fille pour le chanter avec lui sur scène lors de la tournée ;o)
01.03.2008 13:02
l'album de la maturité :o) comme toi, j'ai craqué illico pour "pauvre con" qui est un morceau d'une force inouie. Le reste de l'album se laisse apprivoiser petit à petit mais c'est clair que c'est du travail d'orfèvre, qui prend toute sa dimension sur scène.
10.11.2006 15:49
...