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Préambule
J'avais découvert les joies du numérique avec un Canon EOS 400D , appareil fort estimable dans son genre mais dont j'éprouvais les limites au bout de deux ans de pratique, et, en découvrant les caractéristiques stratosphériques annoncées par Canon pour son 5D MkII dès avant même sa sortie, l'envie m'avais pris de monter en gamme et moderniser mon matériel.
Je me rendis quand même en magasin, afin de prendre en main l'objet de mon désir avant de l'acheter, et ce bref essai acheva de me convaincre de me délester d'une somme rondelette et de patienter quelques semaines, puisque le boîtier star de Canon était alors en rupture de stock et qu'il fallait patienter avant de le recevoir.
Et c'est ainsi qu'au début d'un joli mois de mai je reçus mon Canon EOS 5D MkII , qui depuis a pas mal bourlingué (s'il avait droit à une carte de voyageur fréquent, il serait Gold chez Flying Blue) et réalisé des milliers (et même dizaines de milliers) de clichés...
Un joujou chérot
Le Canon EOS 5D Mk II est un réflex haut de gamme, puisqu'il n'est guère surpassé que par le professionnel 1D , et cela se traduit d'emblée dans la facture dont je dus m'acquitter pour ce joli petit joujou.
Le boîtier combiné à un objectif 24-105 mm série L était en effet vendu 21 000 francs (soit 3 200 euros), et, même si cela a un peu baissé depuis, le tarif reste fort élevé même plus de deux ans après sa sortie : c'est du bon matos, et ça se paye. Ce boîtier est d'ailleurs largement utilisé par des professionnels, puisque j'ai régulièrement croisé lors de mes pérégrinations des photographes pros dotés du frère jumeau de mon appareil, et ne l'utilisant pas juste à titre de loisirs comme moi !
Le coût ne s'arrête d'ailleurs pas à cette addition initiale, puisque tous les frais annexes vont être corrélés à ce prix conséquent : une batterie de rechange coûte 525 francs (soit 80 euros), et pour ce qui est des cartes il vaut mieux prévoir des cartes à grande capacité et rapides, ce qui en fait vite monter le tarif. Et même côté PC, il vaut mieux investir dans un PC conséquent, capable d'afficher sans sourciller des photos particulièrement lourdes (21 mégapixels, ça fait 8-10 mégaoctets en JPEG), et prévoir du disque dur pour absorber les gigaoctets à venir, toutes choses qui engendrent des frais annexes non négligeable.
Enfin, last but not least, le capteur du Canon EOS 5D Mk IIest un capteur "full frame" (c'est-à-dire qu'il a la même taille qu'un négatif 24x36 mm, au lieu d'être plus petit qu'un timbre poste comme sur d'autres boîtiers), ce qui oblige à avoir des optiques ad hoc : je me suis une fois amusé à monter un Tamron 18-200 dessus,
Photos pour Canon EOS 5D Mark II
Canon EOS 5D Mark II - Un ibis tantale saisi en plein vol
et j'ai eu du vignetage (coins sombres dans les coins). Il faut investir dans des objectifs à la hauteur (typiquement des séries L de Canon) dont les prix sont vite coquets (par exemple 10 000 francs soit 1 500 euros pour un 100-400 mm série L).Bref, la performance se paye , et il faut en être conscient lors de l'achat, puisque le coût ne se limite pas au coût initial, aussi important soit-il...
Un appareil impressionnant, à la prise en main aisée
Le Canon EOS 5D Mk II est une belle bête, et lorsqu'on lui accouple son 24-105 mm et le pare-soleil correspondant, il s'impose d'emblée, au point que rétrospectivement le 400 D que j'utilisais auparavant me semble presqu'un jouet au regard de ce boîtier nettement plus grand.
Ca se remarque de suite, et il est difficile de passer inaperçu avec un tel appareil. Ca peut parfois être gênant, puisqu'il m'est arrivé lors d'une visite d'un ministère durant les journées du patrimoine d'avoir du mal à rentrer, le gendarme de service me prenant pour un professionnel venu en douce ! Inversement, ça peut parfois devenir un sésame, surtout dans des sites peu visités où les gens sont prêts à se mettre en quatre pour vous montrer même les recoins ordinairement inaccessibles et vous faire découvrir ce qu'ils ne montrent point en temps normal...
Le plus surprenant est que malgré le volume et le poids, ça se prend très aisément en main : le boîtier est remarquablement équilibré, et ne fatigue pas quand il est tenu, et son grip sur le côté permet vraiment de bien le tenir. J'appréhendais un peu avant de l'acheter ce côté poids et équilibre, et à l'usage je me suis rendu compte que ça se tenait et se manipulait aussi bien que des reflex bien plus compacts.
L'autre chose étonnante est l'efficacité du mode "tout automatique" : j'ai longtemps eu l'habitude de passer mon temps à débrancher les automatismes sur les reflex argentiques puis numériques pour réussir à faire ce que je voulais, et au contraire avec cet appareil j'ai pris l'habitude de me mettre presque systématiquement en "tout automatique" - l'équilibrage de couleur est très bon sauf dans des cas extrêmes, et pour le reste l'intelligence du programme est assez diabolique ! Paradoxalement ce boîtier quasiment professionnel peut s'utiliser bien souvent comme on le ferait d'un compact d'entrée de gamme, en appuyant sur le bouton et en laissant la technique faire le reste...
Des possibilités stratosphériques
Les possibilités de ce boîtier sont quasiment infinies , et je ne pense pas réussir un jour à maîtriser toutes les subtilités décrites au fil des 200 pages du manuel d'utilisation. Ceci étant, même sans dépiauter toutes les finesses du bestiau, il y a quand même vraiment de quoi faire.
La première chose qui m'a frappé, c'est la plage de sensibilité : en standard, le boîtier monte jusqu'à 3 200 ISO, et en mode étendu il va jusqu'à 25 600 ISO, ce qui permet de faire des photos dans des conditions de lumière plus que limite. Il y a certes un léger bruit numérique lorsqu'on monte à 25 600 ISO, mais vraiment léger, et pour le reste ça permet quand même de prendre des photos là où pratiquement tous les autres boîtiers ont renoncé : j'ai pu photographier un son et lumière à main levée, une éruption volcanique en pleine nuit ou encore une grotte à la lumière d'une lampe torche sans le moindre problème ! Bref, j'ai définitivement renoncé au flash au vu des possibilités ainsi offertes !
Le second point fort de l'appareil, c'est la définition : les images font pas moins de 21 mégapixels (3744 x 5616 pour être précis), c'est-à-dire qu'il est possible a priori de tirer une image de 70x105 cm sans voir la moindre pixellisation. Je ne l'ai pas encore fait, mais j'avoue que je caresse l'idée de me tirer un ou deux dibonds de belle dimension pour mêler mes photos personnelles à ma collection d'art contemporain, un rapprochement qui m'amuserait beaucoup. Et en tout état de cause, l'on est assuré d'avoir des photos d'une définition exceptionnelle : si l'on excepte les chambres grand format utilisées par les adeptes de la photographie plasticienne, le seul boîtier sur le marché à faire mieux de ce côté là est un sony alpha qui monte à 24 mégapixels.
L'on peut aussi jouer sur la température de couleur, pour corriger les effets de la lumière ambiante. Il y a des possibilités standard (nuage, ombre, etc.), qui sont dans la plupart des cas largement suffisantes, mais on peut aussi régler directement la température de couleur pour mieux ajuster l'effet. Par exemple dans les réserves kényanes, où les nuages laissaient un peu transparaître le soleil, j'ai choisi des températures de lumière intermédiaires entre le "plein soleil" et le "nuageux" pour mieux coller à ce ciel particulier. Ou bien lorsque j'ai croisé à l'aquarium de Nouméa des coraux phosporescents éclairés sous ultraviolet, j'ai réglé la température de lumière à 10 000 K (soit très au-delà des températures usuelles) pour réussir à photographier ces coraux - je crois bien que j'ai été le seul visiteur à pouvoir les photographier, puisqu'il m'a fallu ce jour là cumuler un réglage hors norme de la température de couleur, une très haute sensibilité et un temps de pause (1/5ème de seconde) envisageable seulement avec un bon stabilisateur optique, toutes choses impossibles avec bien d'autres appareils.
Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, le temps de réaction est extrêmement rapide ce qui permet de prendre même des animaux en plein mouvement : le boîtier est extrêmement réactif, l'optique accouplée a une mise au point ultra-rapide, et l'on peut vraiment shooter l'instant optimal, celui où l'oiseau est en plein vol ou le fauve dans la pause idéale, toutes choses pas toujours évidentes avec d'autres boîtiers aux réactions rantanplanesques...
Bref, et pour faire simple, le Canon EOS 5D MkII est une véritable Rolls de la photo numérique , dont le prix s'oublie mais dont la qualité reste...
Et ça fait aussi vidéo
Les boîtiers compact grand public faisaient depuis longtemps vidéo alors que les réflex s'y refusaient, et Canon avait profité de ce 5D Mk II pour introduire la vidéo, qui s'est depuis longtemps généralisée dans sa gamme (on le trouve sur le 1D Mk IV, le 7D et quelques autres plus grand public).
Je n'ai pas énormément utilisé cette possibilité, préférant quand même largement la photo à la vidéo, mais pour le peu que je l'ai fait, je dois avouer que c'est nickel : les vidéos sont tournées en Full HD, et elles sont de belle qualité aussi bien visuelle que sonore. Il me semble même que certains films ont été tournés avec ce boîtier (j'ai lu cela à propos du surréaliste Rubber ) !
En revanche en opérant à main levée il est difficile de rester parfaitement stable, et à mon sens il faudrait quand même utiliser un pied si l'on voulait vraiment faire de la vidéo à grande échelle, alors qu'en mode photo le stabilisateur optique de l'objectif permet de s'en dispenser...
Les autres choix
Le Canon EOS 5D Mk II était un choix incontestable au sein de la gamme Canon lorsque je l'ai acquis, puisqu'il égalait presque les performances de l' EOS 1D Mk III tout en étant notablement moins onéreux et n'était pas franchement talonné par les autres Canon , très nettement en dessous. La marque japonaise a depuis renouvelé sa gamme, et le choix est un peu plus complexe dès lors.
Le Canon EOS 1D Mk IV , boîtier professionnel au vu de ses tarifs (plus de 26 000 francs soit 4 000 euros en boîtier nu), présente une cadence de prise de vue impressionnante (jusqu'à 10 images / seconde), ce qui en fait sans doute un instrument idéal pour paparazzi. En revanche ses images sont de moins bonne résolution (16 mégapix vs 21 mégapixels), et je trouve ça franchement regrettable pour mon usage d'amateurs de "bien belles images".
Le Canon EOS 7D , version light du 5D puisque se contentant d'un capteur petit format, offre un prix attractif (moins de 13 000 francs soit moins de deux mille euros) et des capacités vidéos paraît-il meilleures que celles du 5D, mais il a lui aussi une moins bonne résolution (18 mégapixels vs 21 mégapixels).
Bref, les paparazzi fortunés pourront s'offrir un 1D Mk IV et les vidéastes ou budgets (relativement) serrés se laisser séduire par le 7D, mais le Canon EOS 5D Mk II reste sans doute le meilleur choix pour les amateurs de belles images !
En conclusion
Le Canon EOS 5D Mk II est un reflex impressionnant et performant .
Ce boîtier onéreux de Canon en donne vraiment à l'amateur ou au professionnel pour son argent, en permettant de réaliser des photos souvent optimales dans les conditions les plus inimaginables, et c'est vraiment un petit bijou dans son genre.
Bref, je le recommande chaudement à tous les amateurs de belles photos, ou en tout cas à ceux qui ne sont pas limités par leur budget...
Note : 10/10
PS : j'illustre mon avis avec quelques exemples de photos réalisées avec mon Canon EOS 5D Mk II ...
une très haute sensibilité et un temps de pause (1/5ème de seconde) envisageable seulement avec un bon stabilisateur optique, toutes choses impossibles avec bien d'autres appareils.
>> mais ok pour le stabilisateur optique, mais tu peux opter pour la solution du trépied non ?
j'ai pu photographier un son et lumière à main levée, une éruption volcanique en pleine nuit ou encore une grotte à la lumière d'une lampe torche sans le moindre problème ! Bref, j'ai définitivement renoncé au flash au vu des possibilités ainsi offertes !
>> plus besoin de flash, ni de trépied même!
oting and superlative high ISO performance. The addition of Full HD movie recording expands the boundaries of photography.Features- 21.1MP full frame CMOS sensor.- DIGIC 4 pr...
cesseur DIGIC 4 25.600 ISO maxi Vidéo Full HD 1080, 30 im./sec. Écran LCD 3 VGA, visée par l écran 3,9 im. JPEG/sec. jusqu à ce que la carte soit pleine AF à 9 points 6 ...
/sec. et superbes performances en sensibilité ISO. L'enregistrement vidéo Full HD repousse les limites de la photographie. CMOS plein format 21,1 Mpixels L'EOS 5D ...
08.01.2013 21:42
Excellent. Cet appareil est digne de sa réputation.
15.04.2011 09:28
une très haute sensibilité et un temps de pause (1/5ème de seconde) envisageable seulement avec un bon stabilisateur optique, toutes choses impossibles avec bien d'autres appareils. >> mais ok pour le stabilisateur optique, mais tu peux opter pour la solution du trépied non ?
15.04.2011 09:26
j'ai pu photographier un son et lumière à main levée, une éruption volcanique en pleine nuit ou encore une grotte à la lumière d'une lampe torche sans le moindre problème ! Bref, j'ai définitivement renoncé au flash au vu des possibilités ainsi offertes ! >> plus besoin de flash, ni de trépied même!