Cheval de Guerre (22 février 2012)

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Cheval de Guerre (22 février 2012)

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Cheval va, peur

3  01.03.2012

Avantages:
De superbes scènes .  .  .

Inconvénients:
.  .  . pour une histoire pas toujours intéressante .

madmike

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Avis:4157

Lecteurs satisfaits:59

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Cet avis a été évalué par 26 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel




Préambule

J’ai souvent pensé de Steven Spielberg qu’il était le plus grand réalisateur américain de sa génération, hélas, pour paraphraser une formule célèbre à propos de Victor Hugo , tant il a tendance à brader son talent évident dans des films pas forcément à la hauteur, Tintin en étant l’exemple le plus récent.

Il avait montré dès Duel , son premier film, combien il maîtrisait le cinéma, il a été l’un des premiers de l’autre côté de l’Atlantique à reconnaître François Truffaut en le faisant même jouer, il a signé avec la première demi-heure d’ Il faut sauver le soldat Ryan ce qui est sans doute l’un des moments les plus magistraux du cinéma.

Mais ce dernier film n’était ensuite pas à la hauteur, et cela résume un peu la carrière de Spielberg , celle d’un génie un peu trop commercial qui dilue son talent dans des films de faiseurs, calibrés pour fonctionner, un peu à l’inverse d’un Orson Welles qui au contraire brûla ses vaisseaux comme le traîneau dans la cheminée de Xanadu.

J’étais donc quelque peu hésitant devant son dernier opus, et je dois confesser que c’est le fait que ciao le distingue comme produit de la semaine qui m’aura fait franchir le seuil de la salle 32 de l’ UGC Cité Bercy , où je l’ai vu à l’aube de sa deuxième semaine d’exploitation.

Le film, intitulé Cheval de guerre , traduction fidèle de l’anglais War horse , est en effet sorti le mercredi 22 février 12 dans une large combinaison de plus d’un demi-millier de salles françaises…


Bande-annonce



Devon.

Un jeune poulain vient de naître, et lors de la vente annuelle quelques mois plus tard, le vieux Ted Wannacott, s’entiche du jeune cheval, alors qu’il aurait plus besoin d’un solide cheval de labour. Il pousse les enchères au-delà du raisonnable, au grand dam de son épouse, Rose, et au grand plaisir de son fils, Albert, immédiatement attiré par le bel animal.

Transformer le fougueux poulain en cheval de labour s’annonce délicat, mais Albert s’y attelle, dans l’inconscience de son jeune âge, sans savoir que bientôt poindra la guerre, que l’on devait plus tard qualifier de Première Guerre Mondiale. Albert est encore trop jeune pour le front, mais son cheval est enrôlé dans la cavalerie, devenant ainsi un cheval de guerre…


Une histoire un peu mièvre



Alfred Hitchcock disait un jour qu’il y avait trois secrets pour réussir un bon film : une histoire, une histoire, une histoire. Ici le réalisateur s’est inspiré d’un roman, et cela donne une intrigue un peu curieuse, une sorte de Barry Lyndon chevalin où la caméra suit les pérégrinations d’un cheval, une espèce d’ Un long dimanche de fiançailles où le Manech disparu serait un étalon.

Le problème, c’est qu’un cheval, aussi cinégénique soit-il, reste un cheval, et que, malgré les prouesses des dresseurs, on a un peu de mal à se passionner pour les aventures d’un canasson, qui a d’ailleurs l’air d’être un sacré chat noir, puisque si j’ai bien compté trois des propriétaires successifs de l’animal ne survivront pas énormément à sa détention.

Le cheval est le seul personnage constant d’un film par ailleurs constitué comme une série de tableaux, qui sont peut-être des réminiscences de la pièce qui fut intermédiaire entre le livre initial et le film actuel : on a successivement droit à Joey dans les champs, Joey dans la cavalerie, Joey dans l’artillerie, Joey dans les tranchées, et ça devient un peu comme les histoires de Martine, le cheval changeant d’univers à chaque épisode.

L’ambition de Spielberg était à ce qu’il a dit de rendre hommage aux chevaux dans la guerre, mais en choisissant de résumer en un seul cheval tous les aspects qu’a pu prendre le conflit pour eux, il a créé un personnage suréquin (je ne vais pas écrire surhumains) qui passe difficilement. A la limite ça pourrait plaire aux petites filles amatrices de jeux d’Alexandra Lederman, sauf que le côté guerre est quand même un peu trop présent pour elles…


Un sacré talent à la caméra



Ceci étant Steven Spielberg n’a rien perdu de son talent à la caméra, et, entre deux chromos trop bien léchés pour être honnêtes (comme le plan final sur fond de soleil couchant, digne du poor lonesome cowboy des Lucky Luke), il y a quand même de très belles scènes, qui prennent toutes leur dimension sur le grand écran d’un UGC Cité Ciné.

La charge de cavalerie est un morceau de bravoure digne de la chevauchée des chevaliers teutoniques d’ Alexandre Nevski , la reconstitution des tranchées est à la hauteur de celle d’ Un long dimanche de fiançailles , les scènes de foules sont aussi maîtrisées que celles de Sergueï Mihailovitch Einsenstein. En fait tout ce qui concerne la guerre proprement dit, et pas ses à côtés sentimentalo-chevalins, est absolument parfait, avec la rigueur dans le reconstitution et la maestria à la caméra qu’a déjà démontré le réalisateur dans ses autres films de guerre.


Une distribution solide



L’opus n’est pas un film d’acteurs, l’essentiel se situant dans le cheval et les décors, et les personnages sont trop stéréotypés pour que les acteurs aient l’occasion d’y faire des numéros oscarisables. Ils sont bien dans l’ensemble, tiennent leur partition, mais aucun n’a l’occasion ici de se détacher réellement du lot, de démontrer quelque chose d’autre qu’un métier solide.

Peter Mullan assure en Ted Wannacott, vieux paysan têtu et porté sur la bouteille, tandis qu’ Emily Watson compose une épouse réaliste et aimante et que Jeremy Irvine est l’adolescent chien fou, un peu dans la tonalité que pouvait avoir un Gaspard Ulliel dans ses premiers rôles.

Niels Arestrup fait un passage en papy confitures, Philippe Nahon une apparition en maquignon, e à part cela il y a une pléiade d’acteurs anglo-saxons, y compris pour les rôles des allemands, puisque, comme trop souvent dans les films anglo-saxons, tout le monde parle anglais (tiens, c’est comme dans Amen où même les SS parlaient anglais…).


En résumé



Cheval de guerre vaut par ses images plus que par son scénario.

Steven Spielberg signe de superbes scènes de guerre et une reconstitution impeccable, mais il est un peu difficile de se passionner pour les aventures abracabrantesques d’un cheval : l’absurde de la première guerre mondiale fut jadis beaucoup mieux illustré par Joyeux Noël, qui était d’ailleurs inspiré de fait réels, que par ce conte équin qui paraît souvent un peu gnangan…

Note : 6/10


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Commentaires sur cet avis
bigboo

bigboo

03.03.2012 17:52

Bon j'y vais mardi sans du tout savoir ce que je vais en penser, tant les avis sont partagés

cat227

cat227

02.03.2012 22:07

Tout-à-fait d'accord sur le triste déclin de Spielberg.

qedrif

qedrif

02.03.2012 17:54

Excellent avis.

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L'avis sur Cheval de Guerre (22 février 2012) a été lue 452 fois et a été évaluée:

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