Années 70

Images de la communauté

Années 70

> Voir les caractéristiques

70% positif

6 avis de la communauté

Désolé, nous n'avons pas trouvé d'offre correspondante

Avis sur "Années 70"

publié le 23/07/2008 | Lublalaby
Membre depuis : 30/11/-0001
Avis : 15
Lecteurs satisfaits : 0
Plus à mon sujet :
Bien
Avantages surdité
Inconvénients surdité
exceptionnel

"N'écoute plus aux portes !"

Les sanglots de l'enfant se sont taris à la longue, plus aucun crabe tambour à l'horizon, seuls les cris sillonnent encore quelques espaces feutrés.
L'enfant se recroqueville un peu plus sur lui-même, le dos à l'offensive des coups que le passé assène.
Ses petites mains crayonnent sur un coin de la table des visages monstres, des cœurs saignants à souhait, des matins besogneux où les jambes s'affairaient à rattraper l'horloge de l'école.
Le ventre est creux, l'esprit est vif. Deux petits diamants s'agitent dans la pénombre, perles précieuses qui roulent mille accents de curiosité lorsque la vie s'agite tout autour.
Le manque ordonne ses gestes, d'une lenteur précise qui poinçonne chaque son, chaque note sur le meuble mémoire.
Il recoût à sa guise les accrocs paternels, les attentes du soir quand la mère fait grise mine, que le chat est absent, les assiettes trop vastes pour le peu qu'on lui sert.
La porte va chalouper, le désordre pointera de nouveau l'opprobre sur le toit familial. S'en suivront des lendemains qui chantent de sombres litanies.
L'enfant sait qu'à recoudre ainsi les torts, la réalité s'en mord les phalanges, le vide omniprésent, son père dans l'arrière cour, lequel effondre ses dernières dignités à tenter la position debout tant le vin ravage ses veines, ses petites mains griffonneront de plus belle un amour à la rescousse.
J'ai dix ans, et l'espoir qui convie la patience à s'éprendre du moindre sourire, le cœur se porte haut, les nausées sont fécondes, la mère accouche de sa sixième plaie.
Mes aiguilles s'affinent tout comme mes crayons, le fil vient à manquer, les trous se font béants.
J'ai dix ans, je suis sourd aux langues mortes, celles qui s'ébruitent depuis si longtemps dans leur couloir de grands, leurs mots querelle, leurs crève tympans. J'ai bien le cou de mon chien pour y plonger ma peine, ou le dessous du lit pour y cacher mes larmes mais la nuit est inquiète de me savoir si seul.
Je colle mes paumes contre mes oreilles, leurs aboiements cesseront, ma mère claquera le seuil histoire de clore le caquet du patriarche.
J'ai bien mes bras pour me réconforter, le vent à qui confier mes craintes mais l'enfance est soucieuse de me voir ainsi étendu sur le bord de la route, les yeux noyés de boue, le ventre criblé de lames.
Je n'aurais jamais du écouter aux portes.

Evaluation de la communauté

Cet avis a été lu 2870 fois et a été évalué à
63% :
> Comprendre l'évaluation de cet avis
exceptionnel

Commentaires sur cet avis

  • ataraxian publié le 09/09/2008
    dur.....mais bien écrit..
  • Lucas- publié le 28/07/2008
    toutes les vérités ne sont pas bonnes à comprendre/entendre..autoportrait en plume..
  • lastar.com publié le 26/07/2008
    E E
  • Vous avez apprécié cet avis ? Vous avez une question ? Identifiez-vous avec votre compte Ciao pour laisser un commentaire à l'auteur. Se connecter

Information produit : Années 70

Description du produit par le fabriquant

Ciao

Référencé sur Ciao depuis: 18/11/2004