Où fait-il bon vivre en France ?

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Où fait-il bon vivre en France ?

Campagne, ville, grande ville ou ville moyenne ? Que préférez-vous et qu’est-ce qui fait selon vous que votre lieu de vie est attractif ? Sur quel(s) ...

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Avis sur "Où fait-il bon vivre en France ?"

publié le 20/03/2009 | jgdfrc
Membre depuis : 11/08/2005
Avis : 105
Lecteurs satisfaits : 48
Plus à mon sujet :
De passage : "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, qu'il n'en est sur ciao.". D'après Hamlet Acte I, scène 5 - William Chaquespéare.
Excellent
Avantages Pour les caractères en italique ça marche
Inconvénients Mais pour les caractères gras tu repasseras !
très intéressant

"On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville."

Où c’est-y qu’y ferait bon vivre en France ?

Pour bien faire pour répondre à cette question il faut avoir essayé plusieurs endroits, sinon on risque de se complaire dans le seul que l’on connaît. Ou alors on va se déplaire de là où l’on est, sans même imaginer que ça puisse être pire ailleurs.

Quand j’étais enfant, mes parents étant enseignants tous les 2, nous partions environ 3 mois par an. Entre les vacances de Noël, de Pâques et d’été, nous avons taillé la France dans tous les sens, et un certain nombre de pays étrangers aussi. Tout ça en caravane pliante et tente, en très grande partie en camping sauvage (en allumant du feu avec des silex) ; et avec une bougeotte paternelle qui ne nous a que très rarement fait passer 2 nuits au même endroit.

Plus tard, quand je pus, jeune et beau, voler de mes propres ailes, j’ai assez vite voulu voir divers endroits, mais pas en touriste. Parce que les visions de vacances sont trop édulcorées, on est trop disponible, ou la saison est trop clémente, ou tout simplement parce qu’on n’est pas avec des autochtones. Afin d’avoir une vision plus objective de comment on y vit vraiment.

J’ai d’abord fait un peu de rapatriement de véhicules pour le compte d’Europ Assistance. Et un peu par hasard, j’ai fini par faire un métier qui incluait beaucoup de déplacements. Et aussi des loisirs parfois exotiques.

Alors en évitant de faire des hors sujet avec l’étranger, voici quelques endroits où j’ai d’une certaine manière un peu habité et ce que j’en pense.
En métropole

""Paris"". Je commence par la mégapole. J’y ai souvent travaillé, j’y travaille encore régulièrement. En 1983, j’y ai eu un appartement de fonction dans le 11 ème pendant plusieurs mois. Je n’y ai jamais dormi. A l’époque j’habitais une maison à la campagne et je préférais faire 3 à 4 heures de trajet par jour plutôt que de me coucher avec 2 millions de voisins qui ne dorment jamais vraiment. Paris est une belle ville pour le tourisme, traditionnellement je vais y flâner le 15 août. Le reste de l’année, je fuis autant que possible. Les gens sont trop speeds, mal élevés, ça pue, ça grouille trop et je n’aime pas la foule ni les gens qui se croient l’élite parce qu’ils ont tout à portée de main (y compris le pire).

""Toulouse"". J’y ai traîné quelques mois en 1982. De très bons souvenirs. Il suffit de se planter à une terrasse de la place du Capitole, un des nombreux jours où il fait beau, pour y lier connaissance avec des gens. Et aucun problème pour se faire embarquer dans des foires monstrueuses. Le seul problème, c’est qu’une fois la fête finie, il n’y a plus personne. C’est toute la mentalité du sud, une énorme chaleur de façade, et quand on gratte un peu, il n’y a rien derrière (ça c’est la réflexion où je me fais plein de potes …).

""Bordeaux"". Je reste dans le sud ouest. J’ai vécu 10 ans, à mi temps, à Bordeaux entre 1985 et 1995. Seulement 200 km de Toulouse et c’est l’antithèse. Des gens froids, fiers et hautains. Quand quelqu’un vous adresse la parole à une terrasse de café, c’est un touriste. Je n’y ai jamais fait de connaissance autrement que par le biais du boulot ou de la plongée. Par contre j’y ai gardé des copains.

""Le Loir et Cher"". J’y ai passé un peu moins d’un an, et surtout un hiver. Je ne vous dirais pas où, c’était un bled paumé comme il y en a tant. Climat humide, ambiance champêtre, ça sent le terroir. Les gens sont plutôt gentils, un peu méfiants, mais chaleureux. Mais sorti des châteaux de la Loire qu’est ce qu’on s’emmerde, y a que la bouffe pour s’occuper.

""Verdun"". J’ai traîné aussi quelques années entre Verdun et Metz. Un petit air de « Bienvenue chez les Ch’ti », même si ce n’est pas exactement la région. Quand on s’y fait des amis, c’est de vrais amis. Un très bel été, très court aussi. Un ciel de plomb sur les cimetières militaires la majorité de l’année. Heureusement qu’il y a eu la grande guerre, sinon ce serait un grand vide sans buts de promenades …

La ""Bretagne"" (en vrac). Superbe région surtout au printemps. Les bretons sont adorables à condition de ne pas faire d’humour sur le climat (genre en Bretagne il ne pleut qu’une fois par an, mais ça dure 365 jours) et d’être capable de boire 12 canettes de bière sans respirer. Mais c’est quand même le bout du monde, et le débat est toujours en cours sur son rattachement à la France. Ils ne parlent même pas tous une langue compréhensible.

Passons aux îles.


La ""Corse"". J’y ai joué au moniteur de plongée quelques fois, j’étais juste au dessus du touriste et en dessous du travailleur immigré clandestin. La Corse c’est superbe (c’est rien de le dire). Les corses, les vrais, sont hyper sympas, accueillants et chaleureux. Le problème de la Corse ce n’est pas les corses. C’est les barbouzes qui sont parqués là au repos, par les services secrets français, entre 2 coups foireux, et qui règlent les différents qui les opposent sous couvert d’autonomisme. Enfin un truc glauque de ce genre, une situation très complexe, assez éloignée de la version officiellement médiatisée.

""Tahiti"". Le soleil, la plage, la mer, les vahinés, le rêve. Enfin, pour le soleil faudra aller plus loin (c’est très souvent sous les nuages), pour la plage aussi (il n’y en a qu’une à Tahiti, à 20 bornes de Papeete et c’est du sable noir), les vahinés faut mieux pas dépasser les 16 ans (ou pas avoir peur de dépasser les 100 kilos), et se méfier des plus belles qui ont 95% de chances d’être des rérés (travestis et transsexuels locaux, souvent très jolis, mais autant être prévenu). Reste la mer, la mer, la mer et le mal de mer. Je suis content d’y être allé, content d’en être revenu, pas sur de vouloir y retourner, même en rêve.

Les ""Antilles"" françaises (en vrac). Encore des îles, donc un endroit où on est sur de retomber toujours sur les mêmes personnes qu’on ait ou pas envie de les voir. Et où on boucle toujours sur les mêmes occupations. Il y a toujours quelqu’un pour vous rendre coupable d’histoires d’esclavage dans lesquelles vos aïeux n’ont pas trempé. C’est supportable 15 jours, plus c’est lourd. Et puis sous les tropiques il n’y a pas de saisons, moi j’ai besoin de l’hivers, j’ai besoin du froid peut être plus que du chaud, et au moins autant que de voir les jours diminuer et augmenter au fil de l’année qui s’écoule.
Et puis chez moi.


Et puis il y a ""Chartres"". Capitale de la Beauce.

… Avec des cathédrales pour uniques montagnes …
… Avec un ciel si gris qu’un canard s’est pendu …
… Le plat pays qui est le mien ...

Record national de suicides (l’Eure et Loir), deuxième derrière je ne sais plus quel autre département paumé.

Si on retirait la Cathédrale, il ne resterait qu’une ville qui se débat ; à coup de mégalomanies parfois débilitantes des petits élus locaux ; pour ne pas devenir une cité dortoir de la grande banlieue de Paris, à 1 heure de route ou de train. Un lieu chargé de plus de 2000 ans d’histoire, de mythes et de légendes où l’on célèbre encore des cultes à peine catholiques à la vierge noire.

Une capitale du parfum et de la lumière où pourtant la première pouffe venue aura du mal à trouver son lush quotidien.

Une ville et une région où ma compagne et moi sommes nés et avons la chance d’avoir nos familles depuis plusieurs générations et d’avoir pu rester y vivre. Une ville où de nombreux endroits nous évoquent des souvenirs tant individuels que communs. Nous y avons construit notre univers, ancré notre vie.

Il y a sûrement des tas d’endroits mieux de par le vaste monde, et même en France, qu’une ville qui sent la glèbe et les culs terreux. Mais j’ai la certitude que je ne me sentirais jamais chez moi ailleurs que dans ce coin là, et c’est toujours là que je reviendrais. D’ailleurs je fais, depuis pas mal de temps maintenant, le maximum pour partir le minimum, surtout si c’est loin.

Parce que le meilleur endroit, pour moi, c’est celui où l’on a ses racines, c’est avec des racines que l’on puise sa force et qu’on se construit, sinon ça ne porterait pas ce nom.

… Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien.

Conclusion

J’ai connu pas mal d’endroits sur terre, même si c’est en réalité très peu. J’ai l’amusement facile à critiquer des régions qui ne sont pas miennes et où s’est pourtant déroulé un peu de ma petite histoire.

Je n’ai aucun doute que les toulousains aiment Toulouse, les bordelais Bordeaux, les pèquenots le Loir et Cher, les verdamousiens (cherchez pas ça vient de sortir) Verdun, les bretons la Bretagne, les corses la Corse, les tahitiens Tahiti, les antillais les Antilles. Surtout ceux qui y sont nés et y ont leur passé. J’ai juste un doute sur les parisiens, qui ne doivent pas aimer Paris pour migrer aussi souvent et aussi massivement qu’ils le font.

Mais finalement, à moins de vivre à proximité directe d’une centrale nucléaire (sauf si on aime les enfants à cinq pattes), d’une usine AZF (sauf si on est déjà sourd), d’un centre pénitentiaire (sauf si on y a de la famille), etc. ; il fait bon vivre partout en France. La preuve, le nombre d’étrangers clandestins ou pas qui y viennent et ne veulent pas en partir.

Selon ce que j’en ai vu, il n’y a que 3 grands pays au monde ou j’aurai envie de vivre. En ordre décroissant : L’Allemagne, le Québec, et en premier la France. Chance, j’y vis, dans ce pays où on adore râler (et je ne suis pas le dernier), mais que tant de gens envient, parce que quoi qu’on en dise, c’est largement pire partout ailleurs !

Epilogue

J’ai toujours été frappé par ce que la description des Flandres, que Brel fait dans sa chanson, s’applique en grande partie à la Beauce (sans la Mer du Nord quand même). Alors, je me suis permis de lui en repiquer des morceaux. Mais il faut aussi dire que j’ai un seizième de sang flamand, alors c’est peut être une fois, une réminiscence génétique… sais tu ?

Tant qu’on est dans les chansons. Le titre n’est pas de moi …

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très intéressant

Commentaires sur cet avis

  • jacquesherve publié le 31/08/2013
    J'ai aimé Paris, la Bretagne, la Savoie, mais pas la Côte d'Azur.
  • fragar publié le 05/09/2009
    En fait je suis de ma région comme de mon pays, même s'il change beaucoup et que je ne le reconnais plus vraiment !!
  • fragar publié le 05/09/2009
    Et j'adore mon quartier dans l'est parisien, tout proche du bois de Vincennes, de la promenade plantée, et s'ouvrant sur de larges avenues aux trottoirs très larges également !! De plus, c'est très calme, et j'habite un véritable village dans la ville, où beaucoup se côtoient de puis très longtemps, se connaissent et discutent ! Mais par moment,s je ne reconnais plus ma capitale et encore moins certains quartiers où il vaut mieux éviter de se balader ! Je regrette également la crasse et la saleté partout sur les trottoirs, encore plus visibles depuis l'arrivée de notre nouveau maire qui fait beaucoup d'esbrouffe !
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Description du produit par le fabriquant

Campagne, ville, grande ville ou ville moyenne ? Que préférez-vous et qu’est-ce qui fait selon vous que votre lieu de vie est attractif ? Sur quel(s) critère(s) choisissez-vous ce dernier ? Choisissez-vous réellement, est-ce par dépit ou parce que vous avez toujours vécu là ?

Ciao

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