Que nous réserve la télévision pour 2009 ?

Images de la communauté

Que nous réserve la télévision pour 2009 ?

La télévision concentre les attentions: entre le débat pour la suppression de la publicité sur les chaînes publiques et celui dénonçant des programmes...

> Voir les caractéristiques

64% positif

42 avis de la communauté

Désolé, nous n'avons pas trouvé d'offre correspondante

Avis sur "Que nous réserve la télévision pour 2009 ?"

publié le 17/01/2009 | jgdfrc
Membre depuis : 11/08/2005
Avis : 105
Lecteurs satisfaits : 48
Plus à mon sujet :
De passage : "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, qu'il n'en est sur ciao.". D'après Hamlet Acte I, scène 5 - William Chaquespéare.
Pas pour moi
Avantages ça occupe ceux qui s'ennuient.
Inconvénients bof, tant qu'il reste Internet.
exceptionnel

"Les gagnants sont des fils de pub !"

21 juillet 1969, 3h 56 du matin. Un homme marche dedans du pied gauche et s'écrie (en canard dans la version originale) "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité !".

Bien que c'était les grandes vacances, monter une expédition chez mon oncle, passer pratiquement toute la nuit à veiller ; se retrouver avec toute la famille, des voisins, des inconnus, les yeux rivés sur cette semi boule de cristal c'était un événement propre à marquer l'esprit d'un gamin de 9 ans.

En réalité, je ne réalisais pas vraiment l'ampleur de la prouesse, autant technique que politique, qui se déroulait sous nos yeux. Cet homme aurait pu marcher au fond des mers, dans l'air ou même sur la Lune, ça n'avait pas beaucoup d'importance pour moi. Je crois que c'est la première fois que je réalisais que cette petite boite à images était un des outils les plus puissants que l'homme ait jamais inventé.

Les quelques "Bonne nuit les petits" et "Manège enchanté" auxquels j'avais droit lors de soirées à l'extérieur du cocon familial ; ou les "Zorro" du jeudi après midi chez ma grand mère, ne m'avaient jamais autant fait sentir son impact sur l'ensemble des générations. Plus que l'événement lui même, c'était le moyen de le partager qui m'impressionnait.

Dans les années 60, de nombreux foyers avaient encore peu d'équipement électroménager. Il était encore relativement rare de posséder à la fois radio, aspirateur, gazinière, réfrigérateur, lave linge, et … télévision. Chez mes parents, nous en avons hérité au décès de ma grand mère, j'avais 12 ans. Pourtant nous ne vivions pas dans une caverne, ni dans une cambrousse reculée, et nous n'étions même pas une exception. Pire encore, nous n'avions pas le téléphone ...

Mais c'était une autre époque. Epoque où les voisins, chez qui on passait parfois des soirées, avaient un nom ; et pas un numéro d'étage ou de porte. Epoque où on pouvait faire du vélo sans casque, jouer à attraper les grenouilles dans des mares (ça existait encore ces trucs), où un gamin pouvait aller à l'école à pieds, tout seul, sans avoir peur de se faire enlever par un pédophile. Et le soir, le même gamin pouvait faire ses devoirs, apprendre ses leçons et avoir encore le temps de jouer avant de se coucher tôt.

N'allez pas croire que je fais du passéisme. Tout n'était pas rose pour autant. Les voisins étaient des fois très chiants et inquisiteurs. Les gens conduisaient plus mal que maintenant (si, c'est possible) avec des bagnoles moins sécurisées sur des routes moins bonnes et il y avait sans doute plus de morts et d'estropiés de la route qu'aujourd'hui.

Les kidnappings d'enfants existaient aussi. Tout comme le racket. Mais ce qu'on craignait le plus, c'était ce qu'on risquait le plus ; se faire mal, attraper froid, être malade, être puni, avoir une mauvaise note, ... et non pas ce qui pouvait nous arriver de pire, mais restait quand même du domaine du moins probable.

La violence gratuite existait aussi largement. Les planches à clous et crans d'arrêts des loubards 100% gros rouge et made in France, n'avaient rien à envier aux battes de base-ball et lacrymogènes des petits beurs et autres dealers "mâtinés cochon d'inde" du neuf trois. Et c'est presque sans problème que l'on pouvait se procurer des armes à feu de tous calibres, voir des explosifs provenant d'une guerre pas très ancienne.

Si on médiatisait ça aujourd'hui, comme on le fait pour une claque pas volée d'un prof excédé à un sale môme mal élevé (ou pas élevé du tout) ; ou pour une réaction de colère aux agissements d'un chieur exotique ; ceux qui n'ont pas vécu ça croiraient que c'est du mauvais western, et que les survivants doivent être rares. Et pourtant à part une pointe d'animation en 68, les décennies 60 et 70 étaient plutôt des années paisibles au sortir des derniers conflits coloniaux français.

Pourquoi je raconte tout ça ?

Juste pour dire que je ne suis pas un enfant de la télé. Pour rappeler que l'on peut vivre sans elle.

Juste pour me souvenir qu'il fut un temps où les mômes n'étaient pas un segment marketing. Où un gamin de 10 ans mettait des chaussures et pas des niques, où une gamine de 10 ans mettait des vêtements chauds en hivers et ne se fringuait pas comme une pute pour jouer à des jeux dont elle n'est pas en mesure d'appréhender les règles d'adultes. Un temps où les gens, et les enfants en particuliers vivaient leur vie à eux, et non pas, par procuration, une vie illusoire imposée par la télé.

... fin du flash back en noir et blanc ...

Très vite les premières "réclames" sur ce média d'information et de divertissement vont évoluer en publicités. Et les revenus générés vont permettre à la télé de se développer sans que la redevance audiovisuelle n'augmente en conséquence.

La publicité est un énorme vecteur économique. Cela fait aussi partie intégrante d'un conditionnement des masses que l'on dresse en parfaits consommateurs et en piètres citoyens. Abrutir plutôt qu'éduquer, légiférer plutôt que responsabiliser, l'outil est idéal pour orienter les pensées tout en donnant une illusion de libre arbitre.

Hitler aurait écrit dans "Mein kampf" qu'il suffisait de répéter inlassablement, avec conviction, une idée quelconque pour qu'elle devienne vérité inébranlable et incontestable. Je met cette phrase au conditionnel parce qu'un consensus sur une forme inattaquable de révisionnisme fait qu'il est quasiment impossible de trouver un exemplaire de ce livre pour vérifier les termes exacts. Mais heureusement que la télé n'existait pas dans les années 30-40 ...

La publicité procède exactement de ce principe, et surtout la publicité télévisée. Il suffit de voir la quantité impressionnante de publicités mensongères que le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité qui est censé interdire les pub malhonnêtes) laisse passer, pour conclure qu'il y a volonté de crétinisation.

Il ne faut pas oublier avant de cracher dans la soupe, que même si globalement, la pub c'est pourri, c'est quand même grâce à ça qu'Internet est presque gratuit. Que la télé n'est pas très chère (puisque certains payent même plus qu'ils ne sont obligés). Et puis la pub est payée par ceux qui achètent, ça a un petit coté cercle vicieux assez ironique finalement.

Il faut aussi reconnaître qu'un nombre pas réellement négligeable de spots publicitaires sont réellement créatifs, et très plaisants. A un point tel qu'ils ratent totalement leur objectif, faisant oublier le produit qu'ils devraient vanter au profit d'un humour décalé ou décapant, ou simplement parce que c'est beau.

Et rien que pour ça il est vraiment dommage de supprimer la pub sur certaines chaînes, parce qu'il y a des jours où, même en ayant tous les choix, les programmes sont tellement mauvais qu'il n'y vraiment que la pub de regardable.

Un tour de magie ...

Tout ça ne m'affecte pas beaucoup, car je ne suis pas non plus un adulte de la télé. Globalement je m'en suis passé entre 19 et 30 ans. Et si j'en ai une depuis, je ne la regarde guère qu'une fois par mois en moyenne. J'ai beaucoup de mal à rester 1 heure passif devant des images qui bougent toutes seules (c'est encore pire au cinéma). Je suis peut être trop nerveux. Mais surtout il y a trop de choses qu'il m'intéresse de faire, et pas assez de temps, pour en perdre à regarder des fictions plus ou moins vraisemblables et trop souvent basées sur des valeurs qui m'échappent.

Et oui, je parle de fictions. Toute la télé n'est qu'une grande illusion. On qualifie souvent Internet de virtuel, pourtant ça l'est beaucoup moins que la télé.

Même et surtout les zinfaux sont une illusion. Quand on a accès aux dépêches AFP, on est choqué de constater que tous les médias traitent exactement les mêmes sujets, souvent de la même manière, parfois très éloignée de l'information d'origine. Et qu'il en est éludé environ 80 % dont on entendra jamais parler. Pourtant des fois des gens sont morts pour que ces informations arrivent à une agence de presse ...

La télé je la regarde très peu, mais j'en vois un peu plus que je n'en regarde. Du moins je vois, en diagonale, lorsque je traverse le salon, ce que ma famille regarde. Les 5 chaînes que nous recevons ne me donnent aucune envie d'en recevoir d'autres.

Je ne vais pas passer en revue tous les genres d'émissions que l'ont nous sert. Ce serait trop long et aussi insipide que la majorité de celles ci. Et puis tout simplement je ne les connais pas assez pour pouvoir disserter dessus. Je n'ai jamais vu plus de 2 minutes de star ac, ou de ferme des débilités et de tout un tas d'émissions à priori cultes dont jusqu'au nom m'est inconnu. Je vais aussi éviter de redire tout le mal que je pense du sport (déjà dit entre autres dans l'avis sur les JO à Beijijing).

Je ne vais pas non plus rentrer dans le lieu commun que la télé réalité, ou la télé tout court, c'est de la merde. On dit souvent que si les gens regardent de la merde c'est qu'ils aiment ça. Je pense surtout que si on leur propose de la merde, ils vont la regarder, c'est tellement rassurant de constater qu'il y a pire que soi ... Rien n'interdit de penser que si on ne proposait pas de merde, les gens regarderaient quand même …

Et le sujet dans tout ça ?

J'ai beaucoup de mal à traiter ce sujet, car il y a trop de choses à en dire. J'ai essayé d'exprimer l'essentiel de ce qu'il m'évoque, mais c'est très superficiel, creuser plus serait indigeste et hors sujet.

D'ailleurs le sujet est mal posé : « le débat pour la suppression de la publicité sur les chaînes publiques ».

Déjà s'il y avait débat, ce serait SUR la suppression de la publicité, et non pas POUR. Mais ce lapsus n'est peut être pas innocent. En effet, il n'y a pas de débat. Le PDG de France Télévision a décidé seul et unilatéralement de supprimer la pub avant 20 heures sur les chaînes de France Télévision. Personne (officiellement) ne l'a obligé à le faire, la loi n'était pas votée au moment de sa prise de décision et il n'est même pas impossible qu'elle ne le soit jamais, ou du moins qu'elle ne soit pas aussi austère qu'annoncé.

Ce faisant, il a prit une décision incompréhensible et contradictoire avec toutes ses déclarations faites précédemment sur le sujet. Déclarations où il affirmait qu'il était contre ce projet tant que le manque à gagner ne serait pas comblé par d'autres recettes. Et ce ne sont pas les quelques projets de taxes compliquées, injustes et non pérennes, en gestation qui vont combler le gouffre ; déjà insondable même avec les revenus de la pub.

S'il y a eu débat, ça a du être entre 4 yeux, de 2 présidents, ou l'un a imposé à l'autre de marcher à l'ombre.

Ce qui ramène à un autre débat, lié au premier dans cette réforme de la télé d'état. C'est son indépendance, vis à vis du pouvoir en place. Cette suppression de pub anticipée est un bon exemple du leurre que constitue le statut actuel, et la nomination du PDG de France Télévision directement par le gouvernement n'aurait que le mérite d'être plus claire.

On peut légitimement se demander le pourquoi de la suppression de la pub sur les chaînes publiques. Pour faire plaisir aux copains ? C'est l'hypothèse la plus répandue. En diplomatie pure, en complétant l'argumentation officielle, ça fait quand même tâche. Ca revient à dire « Je supprime la pub pour faire une télé de qualité, et je vous la refile à vous qui faites de la merde en barre ! ».


Le pire c'est que le grand gagnant dans l'histoire n'est pas à ce cynisme près. C'est déjà le plus grand des fils de pub !


Ces considérations coprologiques me ramènent à « choisir entre culture et lavage de cerveau à coup de télé réalité ? »

Quand on lave quelque chose, c'est théoriquement pour le rendre plus propre. Si on oppose culture et télé-réalité, ce n'est pas du lavage qu'on va faire, c'est de l'encrassage en restant poli. Je joue avec les mots. Mais si la télé réalité était un tout petit peu un reflet de la réalité, ça ne serait pas tant de la merde.

Ce qu'on appelle télé réalité, est une fiction de plus, où des acteurs non professionnels (et c'est pour ça qu'ils sont généralement entre très mauvais et très mauvais quand ils ne sont pas très très mauvais) jouent un rôle sans même savoir qu'il y a un scénario.

Vous imaginez une seconde, un mec dire à la grosse blonde, qui vient de lui balancer ses meubles de famille à la benne, qu'il trouve immonde son nouveau séjour ? Ou sa femme demander qui va maintenant venir épousseter tous les nids à poussière qu'on lui a collé un peu partout ?

Vous vous voyez aller au boulot ou croiser vos voisins, après que 2 pouffes vous aient appris, devant la moitié des français, à utiliser un balai dans le taudis immonde où personne de votre entourage ne pouvait imaginer que vous pataugiez ?

Je n'insinue pas que c'est totalement bidon (même si mes exemples viennent de chaînes privées). Oui, il y a sûrement des gens qui manquent totalement de personnalité, au point d'être incapables de choisir un papier peint (et sans doute aussi qui pensent que c'est une bonne affaire de troquer son intimité contre 3 daubes en plastique). Oui, il a des gens qui vivent comme des porcs et qui n'ont pas une once d'amour propre (on se demanderait comment il auraient pu garder quelque chose de propre dans leur soue).

Mais ils jouent quand même des rôles. Imaginez une équipe de télé qui débarque chez vous, qui vous filme ; avez vous une petite idée de ce qu'un animateur, qui lui connaît son métier, peut vous faire dire ou faire ? Vous verrez si vous êtes naturels et spontanés, si ça correspond vraiment à votre réalité. De toute façon les réactions qui ne collent pas avec l'esprit de l'émission sont coupées au montage ou refaites.

Donc, y a pas de débat, y a pas de télé réalité, mais il y a une culture. Je vous laisse réfléchir aux nombreux sens du mot culture, si je détaille je vais être encore plus long et chiant.

Et finalement …

Il y a une société de télévision d'état qui va manquer de moyens financiers. Et qui va passer plus ouvertement sous le contrôle de son seul actionnaire.

Quand on n'a pas de moyens on fait à l'économie. On va donc avoir des rediffusions, des productions à petit budget (style "Marie pervenche" qui dans les années 80 avait le mérite de ne coûter globalement qu'un gros cachet d'actrice, un prix de revient minable, comme la série). Et comme il n'y aura même pas de pub marrante à regarder entre 2 insipidités, les chaînes publiques vont perdre de l'audience.

Et quoi qu'on en dise, la redevance va fatalement augmenter. On peut nous baratiner n'importe quoi, il n'y a pas véritablement d'autre solution. Sauf, in fine, la disparition de la télé publique dans le grand soulagement général de contribuables excédés de payer de plus en plus cher une télé qu'ils regardent de moins en moins.

On dit que "celui qui veut tuer son chien, l'accuse de la rage". En supprimant la pub des chaînes publiques, on lui inocule la rage qui légitimera plus tard sa mise à mort.

C'est l'autre hypothèse la plus souvent retenue. Un candidat chanceux à l'élection présidentielle aurait gardé une rancœur sans bornes pour des journalistes d'une chaîne publique qui ne l'aurait pas assez bien servi. Il se serait juré avoir la peau de la chaîne. Encore du conditionnel, toute ressemblance avec des personnes connues ne pouvant pourtant être fortuite.

Quelque part, je m'en balance pas mal, c'est pas pour ce que je la regarde. Mais il faut être clair, on ne pourra pas financer indéfiniment plusieurs chaînes de télé avec des impôts injustes et disproportionnés. Et c'est quand même un peu triste d'assister à la fin programmée d'un patrimoine d'état qui aura sans doute été le moins pire de la télé.

Et ça mettra plein de monde au chômage. Je ferais partie du lot, parce que si le coté émergé ne m'intéresse guère, je suis un petit quelque part dans le dessous de l'iceberg. Mais c'est pas grave, je ferais autre chose … moniteur de plongée en eaux glauques par exemple.

Evaluation de la communauté

Cet avis a été lu 521 fois et a été évalué à
52% :
> Comprendre l'évaluation de cet avis
exceptionnel

Commentaires sur cet avis

  • edualc05 publié le 10/03/2009
    En supprimant la pub des chaînes publiques, on lui inocule la rage qui légitimera plus tard sa mise à mort.>>>> entreprise de démolition actuelle de TOUS les services publics
  • Nyrone publié le 24/01/2009
    En ce qui concerne la télé-pseudo-réalité, je crois que c'est simplement la mise en application du fameux "quart d'heure de célébrité" cher à Andy Warhol, sauf que ces pôv'andouilles qui se perdent dans un loft espèrent que ce quart d'heure se muera en éternité, que ça leur permettra d'enfin les faire sortir de leur triste condition pour rejoindre l'élite, ceux qu'ils voient dans leur petit écran.
  • Nyrone publié le 24/01/2009
    "Mais ce qu'on craignait le plus, c'était ce qu'on risquait le plus ; se faire mal, attraper froid, être malade, être puni, avoir une mauvaise note, ... et non pas ce qui pouvait nous arriver de pire, mais restait quand même du domaine du moins probable. " -----> Rien que cette phrase vaut un maxi E !!!!!
  • Vous avez apprécié cet avis ? Vous avez une question ? Identifiez-vous avec votre compte Ciao pour laisser un commentaire à l'auteur. Se connecter

Information produit : Que nous réserve la télévision pour 2009 ?

Description du produit par le fabriquant

La télévision concentre les attentions: entre le débat pour la suppression de la publicité sur les chaînes publiques et celui dénonçant des programmes toujours plus choquants. Doit-on choisir entre culture et lavage de cerveau à coup de télé réalité?

Ciao

Référencé sur Ciao depuis: 18/12/2008