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Avis sur "Essai"

publié le 28/09/2010 | SurUnPetitNuageDeCoton
Membre depuis : 01/08/2010
Avis : 396
Lecteurs satisfaits : 81
Plus à mon sujet :
Le mois de décembre est arrivé. Les sapins fleurissent et les avis aussi !
Excellent
Avantages Rêvasser au gré du paysage
Inconvénients Quitter la route des yeux !
très intéressant

"Les tournesols en friche"

Tournesol abandonné (vu sur Google).

Tournesol abandonné (vu sur Google).

Bonjour.

Ce texte m'est venu alors que je conduisais su la nationale, quelque part entre Carcassonne et Toulouse. Le titre m'est venu presque instantanément. Ayant une imagination débordante, la beauté des paysages qui défilaient m'ont inspiré cet essai, que j'espère pouvoir transformer en réussite. Merci par avance pour vos commentaires.

°~/

SUR LA ROUTE DES VACANCES, je suis habituellement très concentré sur la conduite. Et connaissant déjà bien la route, je ne m'attarde plus spécialement sur les paysages qui défilent et qui méritent parfois que je m'arrête afin de faire une bonne balade ou une belle série de photographies.

Alors que je conduisais, mon regard à croisé un chant de tournesols desséchés mais toujours debout. Quelle fierté, quelle courage que de demeurer ainsi, flétris, usés, mais toujours vaillants, dans l'hypothétique retour d'une vigueur perdue, d'une renaissance improbable.
Une fois le champ passé, mon regard se pose de l'autre côté de la route. Un cours d'eau, ourlé d'une herbe bien verte et généreuse, semble, dans son foisonnement, se délayer doucement sur une pente douce. Prémisse d'un fleuve plus important, il coule ici doucement. A sa surface, quelques plaques étincelantes et argentés se dispersent et épousent les formes ondulatoires de la surface. Les rayons du soleil ont le pouvoir de transformer l'eau translucide en plaques d'argent flottantes. C'est beau mais c'est déjà derrière moi. Quelle opposition, entre ce foisonnement de vie, de mouvement et de couleurs face à la rigueur, l'immobiliste, l'absence de vie, la décrépitude du champ de tournesols précédent. Et la route comme un fossé qui sépare ces deux mondes aussi beaux qu'opposés. D'un côté l'appel de l'eau, de l'autre, le recueillement des fleurs figées et séchées.

Mais voilà maintenant de nouveaux champs de tournesols. En voici un rageur, le poing levé, en rang serré. Les pétales des fleurs sont tombées et seul demeure le coeur qui s'est contracté en boule. Les formes tendues et torturées des tiges déforment les corps. Comme une armée prête à bondir, les tournesols particulièrement nombreux sont rassemblés dans une masse rigide qui ondule sur la terre sèche. Les tons de bruns, la poussière, la sècheresse du champ, tout concours à en faire un ensemble d'une très grande austérité. C'est encore de l'autre côté de la route que le contraste est étonnant.
Une rangée de grands bouleaux s'impose à mon regard. Il sont démesurés, s'élancent à l'assaut du ciel bleu dans une débauche de branches rassemblées en sphères triomphantes et recouvertes d'un grand duvet vert tendre et floconneux. Si les troncs sont imposants, ils ne sont pour autant pas dépourvus de grâce. Et c'est dans leur prestance qu'ils évoquent tout à coup quelques danseuses imaginaires. Le tronc en serait le corps, les racines des entre-chats gracieux et les branches principales, deux bras pliés dans le dos. Quel beau cadre de verdure. Et quelle audace que ce ballet léger et audacieux face à l'armée menaçante des tournesols guerriers prêt à partir à la conquête d'un autre champ.

Le voici d'ailleurs le prochain champ de fleurs. Cette fois, les tournesols sont plus éparpillés. Ils ont gardé toutes leurs têtes. Les pétales sont encore jaunes et résistent malgré tout. La tête penchée, les tournesols semblent être dans la contemplation respectueuse de leur propre mort. Les feuilles de certains s'autorisent un drôle de ballet. On dirait que certaines feuilles se referment sur leur tige, comme des mains enserrent un corps décharné pour le protéger, le soutenir. De ci de là, certains groupent semblent s'inspirer des bourgeois de Calais d'Auguste RODIN. Ce recueillement inspire silence et respect.

Après ces quelques divagations, voilà quelques champs en friche. La terre, retournée en motte, abandonnée, où seules quelques tiges rebelles donnent un peu de relief au silence et à la désolation. Tels des cure-dents dressés là après le festin d'un groupe de géants, ces minces bouts de bois en devenir sont plantés là, comme une forêt abattue par la démence d'un vent meurtrier qui aurait décharné et rasé quelques arbres audacieux et bien malheureux.

La vie, la mort, la nature dans sa pleine maturité, une autre en phase de déclin. Toujours sous le même soleil, le long de la même route. De l'abandon du regard nait la rêverie. De l'eau nait la lumière. Les fleurs et les arbres se répondent et rivalisent d'attrait et d'audace. Qu'il est bon parfois de laisser se perdre son regard et de jouir de la beauté de la nature. Au détour d'un chemin, sur la route des vacances.

FIN

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très intéressant

Commentaires sur cet avis

  • dany67 publié le 01/10/2010
    J'aime beaucoup ton texte. Ce n'est pas donné à tout le monde de regarder, mais aussi de "voir" la nature ou simplement son environnement. Cela dit, évite kanmême de les fumer, les tournesols .... aarrrffffff :o))))
  • l.celine20 publié le 30/09/2010
    J'aime beaucoup la photo! Illustre bien ton texte
  • willymax publié le 30/09/2010
    tu as pas ça à Marseille hein?mdr
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