Mon expérience du trouble panique
04.05.2010
Avantages:
euh . . . les arrêts maladie?
Inconvénients:
folie, agoraphobie . . . . et tant d'autres
Recommandable:
Non
 diablesse78300
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Avis:63
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Bonjour à vous chers ciaonautes, Je viens aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me tiens particulièrement à cœur et qui pourra sûrement aider certaines personnes un jour ou l’autre. Il s’agit du trouble panique. J’ai été (et je suis même encore sans doute) victime de cette maladie et lorsque j’en avais le plus besoin je n’ai jamais trouvé un site capable de me dire de quoi je souffrais. Alors je ne souhaite pas m’improviser médecin psychiatre puisque je suis loin d’en être une mais je peux toujours partager mon expérience. Ainsi, les personnes qui en souffre se sentiront peut-être moins seules et sauront vers qui se tourner.
Quid du trouble panique : Qu’est-ce que c’est ? Les symptômes sont les suivants : Impression qu'on va perdre l'équilibre (Étourdissements, Sensation d'instabilité en marchant, Sensation d'être abasourdi), Difficulté à respirer (Sensation d'un manque d'air, Impression d'être en train de s'étouffer, Sensation de suffoquer, Hyperventilation), Sensations dans la poitrine (Palpitations cardiaques, Impression que le cœur va s'arrêter de battre, Sentiment d'oppression dans la poitrine, Douleurs dans la poitrine), Engourdissements et picotements (Dans les doigts et les orteils, La bouche et les lèvres, Sur le dessus de la tête, Dans les bras et les jambes), Sensations dans la gorge (Sensation de boule, Difficulté à avaler), Sensations dans l'estomac (Crampes d'estomac, Sensation que le cœur me fait un demi-tour), Tension musculaire (Secousses, Tremblements, Fibrillation musculaire, Tendance à sursauter pour un rien), Dépersonnalisation ("Je sens que je n'habite plus mon corps", "C'est comme si je me regardais moi-même de l'extérieur"), Déréalisation (Impression que tout est étrange, Les événements ou les choses se déroulent comme dans un film ou dans un rêve), Sensation de catastrophe imminente ("J'avais l'impression de mourir", "J'ai pensé perdre le contrôle de mes actes", "J'ai pensé devenir fou", "J'ai pensé m'évanouir et perdre connaissance", "J'ai peur de me rendre ridicule en public"), Bouffées (Bouffées de chaleur, Bouffées de froid), Autres symptômes corporels (Sécheresse de la bouche, Mains froides, Transpiration, Nausées, Besoin fréquent d'uriner), Faiblesse et fatigue (Faiblesse dans les jambes, Faiblesse généralisée), Fatigue mentale ("Ma mémoire me joue des tours", "Je me sens irritable", "Tout bruit m'agace", "J'ai de la difficulté à me concentrer") Ces crises d’angoisse peuvent soit s’atténuer en quelques minutes, soit empirer jusqu’à ce que ce qui les a provoqué ne disparaisse. Mais attention, on ne parle pas de trouble panique si ce type de crise vous arrive 1 ou 2 fois par an. On parle de trouble quand les épisodes interviennent au moins 3 fois en l’espace de 3 semaines environ. Et là, et seulement là, vous faites partie des heureux 2 à 5% de la population atteints de trouble panique, et c’est là que le combat commence. Alors malheureusement, quand on souffre de cette maladie et qu’on n’en est pas conscient, qu’aucun mot n’a été mis sur ce mal, on a tendance à avoir l’impression de devenir fou et on évite instinctivement ce qui cause les crises. On appelle ça de l’évitement phobique. En général, une première crise se passe, la personne souffre, attend qu’elle passe en se disant que ce n’est pas grave puis voilà la deuxième, la troisième et cætera. C’est suite à cet enchaînement de crises soudaines et douloureuses que le malade va commencer à éviter tout ce qui touche de près ou de loin à ses crises : transports, magasins, ascenseurs… La victime s’enferme alors petit à petit dans son monde. A force d’agir de la sorte, le trouble peut grandir et dès que la victime se retrouve dans la situation dont il a peur, tout peut être démultiplié.Si cette maladie n’est pas traitée, d’autres plus graves peuvent se développer telles que l’agoraphobie (peur de se retrouver dans les lieux publics). Le trouble panique ne touche plus alors que la personne qui en souffre mais également sa famille, ses amis, bref, tout son entourage. Finalement, le trouble panique peut causer de graves dépressions chez les victimes, si la maladie n’est pas traitée. Certaines vont abuser de l’alcool ou des médicaments. Il est aujourd’hui encore difficile de le déceler puisqu’il peut facilement être confondu avec d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques (maladie cardiaque, problème respiratoire, schizophrénie…) ce qui a pour effet de faire perdre espoir à certains patients qui ne croient alors plus en un éventuel rétablissement.
Les statistiques. La maladie se déclenche en général quand le sujet atteint la vingtaine. La première crise peut apparaître après une période de tension (accident, décès d’un proche…) ou alors sans réel trauma visible. Elle peut aussi être causée par l’usage de stupéfiants. C’est pour cela qu’avant tout diagnostic, le médecin essaiera d’exclure toutes les autres causes possibles. Il semble que les femmes soient plus touchées que les hommes.
Comment traiter cette maladie ? Une des techniques est celle de la thérapie comportementale. Le thérapeute va alors apprendre à son patient à ne plus voir la crise comme une fatalité. Il va donner des méthodes pour la combattre. Le malade va alors être exposé graduellement à la situation qu’il redoute afin de mieux la gérer et de prendre du recul pour la surmonter. Certains vont également prendre des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs). L’homéopathie peut fonctionner ainsi que l’acupuncture. Vous trouverez énormément de « remèdes » sur internet, le mieux est de trouver le vôtre…. Mon expérience. Et oui car Ciao est un site où on donne son avis et où on partage son vécu. Et qui de mieux qu’une malade pour vous expliquer de quoi il en retourne ? J’ai été diagnostiquée comme souffrant de trouble panique en septembre 2009, soit 10 mois après le début de mes attaques de panique en décembre 2008. On n’a jamais su trouver ce qui les avait déclenché : un empoisonnement aux médicaments ? (j’avais pris un antibiotique pour une cystite et été très mal par la suite mais jamais je n’avais eu de problème avant avec ça auparavant), l’anticipation d’habiter avec mon ami ? Mon travail qui m’impose un rythme soutenu en fin d’année (je suis comptable) alors que je commençais tout juste dans la vie professionnelle ? Allez donc savoir. Toujours est-il qu’un beau matin, en me rendant au travail, je prends normalement le bus et une fois arrivée à la gare, je commence à ressentir des bouffées de chaleur, des maux de ventre etc. « Encore une gastro !!! » J’appelle mes parents qui sont à la maison et prend le bus dans l’autre sens, direction la maison. Une visite chez le médecin confirme la thèse de la gastro : arrêt de 3 jours, Smecta, Spasfon, pas de lait, pas de beurre etc et dans deux jours ça ira mieux. Sauf que deux jours plus tard, je reprends le bus et là ça commence à aller mal. Tant pis, je continue, je vais à la gare. Ça ne va toujours pas. Retour à la maison. Appel au médecin. Je vois sa remplaçante qui diagnostique aussi une gastro. Rebelotte encore 3 jours d’arrêt et le traitement qui va avec.On arrive vers la fin décembre, les déclarations de fin d’année sont à faire au bureau. Je suis exténuée d’une part par mes crises et par le travail qui me prend beaucoup de temps (j’arrive à 8h et pars rarement avant 19h30 à cette période en 2008). Seul moyen de surmonter les crises : être assise du début à la fin de mon trajet en bus/RER et réciter mes tables de multiplication pour oublier la douleur et mon mal être (technique trouvée sur internet : merci à toi qui l’a écrite sinon je serais sûrement morte). Vient ensuite Noël, puis jour de l’An. Le 2 Janvier, mon ami m’emmène dans un magasin et là c’est la crise. Il faut rentrer chez lui au plus vite. J’ai des fourmillements dans les jambes, les mains, les doigts, le visage, je vois flou, j’ai chaud, j’ai froid, j’étouffe. Il me ramène chez mes parents, j’appelle de nouveau le médecin (encore un autre : tout le monde est en vacances). Cette fois-ci c’est de la spasmophilie : on approche !!!! Il était temps, je souffre depuis 15 jours. On me donne des trucs aux plantes et je dois retourner voir mon autre généraliste. Ça y est, on se décide enfin à mettre fin à mon calvaire : on commence le xanax. Ma généraliste me connaissant depuis que je suis toute petite sait comment j’y réagis. Ça ne me fait pas dormir, peut importent les doses. Vu l’ampleur du problème, on commence directement avec du 0.5mg à raison de 1 le matin, 1 le midi et 1 le soir soit 1.5mg/jour. Le traitement met un certain temps à faire effet. Je souffre encore beaucoup les deux premiers jours puis l’amélioration se fait sentir mais après une semaine de traitement, je retourne la voir : ça ne suffit pas. Je n’arrive pas à supporter le trajet retour du soir. Bilan : on rajoute 1 cachet à 16h ce qui nous amène à 2mg/jour (bonne dose de cheval). Malheureusement, pendant toute la période où je n’ai pas été traitée, j’ai commencé à devenir agoraphobe. J’évitais tous les lieux sensibles : magasins, transports, sorties. J’en étais arrivée à vomir avant même de sortir de chez moi tellement la peur était grande. A peine la porte fermée, je devais rentrer à la maison pour vomir le peu que j’avais réussi à manger au petit déjeuner. J’ai perdu énormément de poids et fait de la dépression. Le traitement arrivait donc à point nommé. Mais un tel dosage n’est pas sans conséquence et implique une très forte addiction. La remplaçante de ma généraliste m’a conseillé de voir un psy, m’assurant qu’en quelques séances tout irait mieux. J’y suis donc allée fin février 2009 jusqu’en avril 2009 il me semble. Un charlatan de la pire espèce. 40 euros la consultation pour me faire tomber dans la pire dépression que j’ai connue. Il a traité tous mes problèmes sauf mes angoisses et fait remonter des choses enfouies en moi qui n’avaient rien à voir. Je m’en suis sortie en lui sortant mon grand numéro d’actrice « je vais bien tout va bien » et il a tout gobé. Déçue, j’ai ensuite essayé de me reconstruire moi-même, en vain. J’ai tenté l’acupuncture (77 euros la séance) et l’homéopathie. Par chance, le remplaçant de mon acupuncteur (encore un remplaçant !!!) m’a expliqué que vu mon problème, une bonne trentaine, voire cinquantaine de séances seraient nécessaires et qu’il fallait que je guérisse vite. Par conséquent, cette option n’était pas la bonne selon lui. Je l’en remercie d’ailleurs…. Il m’a conseillé la thérapie comportementale et m’a donné le nom d’un psychiatre à aller voir.Je suis retournée voir ma généraliste (dont j’ai changé entre temps, ayant déménagé). Nous avons longuement parlé de ce problème et je me suis retrouvé, la semaine suivante, en face à face avec le nouveau psy. Pleine d’a priori mais aussi pleine d’espoir suite aux nombreux échecs, j’ai suivi ses conseils à la lettre. Il m’a diagnostiquée comme victime de trouble panique dès la première séance, m’adonné un livre m’expliquant ce qui n’allait pas, j’ai acheté le « guérir l’anxiété pour les nuls » que je recommande vivement aux victimes de cette maladie. J’ai commencé ma deuxième thérapie en septembre 2009 et à la mi janvier 2010 le médecin m’a confirmé que, pour lui, les séances pouvaient s’arrêter là, à mon que je préfère qu’on se voit encore un peu. Depuis, j’ai diminué mes doses, qui avait déjà baissé pendant ma deuxième thérapie, et je suis heureuse de dire qu’aujourd’hui je ne prends plus que 1x0.25mg le matin et le soir et 1/2x0.25mg le midi soit 0.63mg/jour contre 2 mg au début. Alors, vous qui êtes malades, sachez que vous pouvez vous en sortir. Je ne peux pas vous dire que vous guérirez (je vous le souhaite quand même) car les crises arrivent de temps en temps mais elles sont moins fortes, vous savez les gérer. Vous revivez, pouvez reprendre votre vie en main et vous dégager de l’addiction des traitements antidépresseurs/anxiolytiques. J’ai choisi de ne pas prendre d’antidépresseurs après deux essais désastreux avec mon ancienne généraliste (un m’avait complètement assommée pendant deux semaines et l’autre me causait des maux d’estomac, c’était surement un signe), mais les anxio m’ont beaucoup aidée et même si c’est mauvais, c’est un mal pour un bien. Ayez confiance en vous, et même si vous êtes seuls dans votre combat, sachez que d’autres sont passés par là et qu’ils seront sûrement prêts à vous aider dans les forums et autres. Et surtout, ne vous croyez pas fous et faites vous aider. Bientôt la vie sera plus belle…. Parole d’ancienne grande malade.
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05.05.2010 16:07
E livré ! :)
04.05.2010 21:52
E pour cet avis qui contient une quantité importante d'informations. Je ne connaissais pas ce trouble
04.05.2010 21:06
Ton témoignage est bien écrit et très touchant.