Course Paris-Versailles

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Départ de Paris au pied de la Tour Eiffel, la dame de fer lance un regard amusé sur les vingt mille fous de l'asphalte, agglutinés serrés oppressés, vagues après vagues toutes les minute, quatre cents coureurs se jettent sur le ruban noir. Et la cohue de l'attente fait place à l'exaltation ... Lire l'avis





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Quand Versailles devient un Paris
Avis par runnerar sur Course Paris-Versailles
04.10.2005


L'évaluation de l'auteur:  


Avantages: ambiance
Inconvénients: la mauvaise connaissance de soi

Recommandation pour les acheteurs potentiels? oui 

Avis complet


Départ de Paris au pied de la Tour Eiffel, la dame de fer lance un regard amusé sur les vingt mille fous de l'asphalte, agglutinés serrés oppressés, vagues après vagues toutes les minute, quatre cents coureurs se jettent sur le ruban noir.

Et la cohue de l'attente fait place à l'exaltation des premières foulées, pour la septième fois je me lance dans l'aventure.

Fini le temps des espoirs de résultats, course après course, ils se sont éloignés mais j'ai découvert une autre facette tout aussi agréable, c'est de faire partager sa passion à d'autres.
Entouré de jeunes, ils sont souvent surpris en découvrant que je pratique la course à pieds et de discussions en boutade, chaque année de nouveaux néophytes tentent l'expérience.
Certains se découvrent des capacités inattendues, dés le départ ils filent bon train et avalent les kilomètres comme un gourmand dévore la crème glacée, d'autres de valeurs médianes souffrent et c'est là que la présence d'un coureur plus expérimenté aide.

Voilà une heure trente que nous attendons, nous piétinons au milieu de cette marée humaine, il faut avoir un grain pour être de bon matin à faire le pied de grue un dimanche, dix heures la première vague d'amateurs s'élance. Les pros s'expliquent durement, ils ne courent pas ils volent pour ce trentième « Paris - Versailles » le vainqueur couvrira les seize kilomètres trois cents mètres en quarante-neuf minutes.

Quelques étirements autant pour décontracter l'animal, difficile d'appeler cela une préparation mais c'est l'ambiance qui veut ça, quel est mon objectif ?
Comme toujours lorsque je fais une course mon but est de finir, mais pas de m'exploser, je ne supporterai pas de finir en train de me lécher les chaussures.
Sur cette course mon objectif avoué était une course en équipe au sein de mon association, le temps n'a encore une fois qu'une importance relative, dire que je n'y attache aucune importance serait un odieux mensonge, je ne me rabaisserais pas à cela, même modeste je reste un compétiteur.
Et voilà, la désolation est bien présente, nous sommes manqués et finalement je ferai la course sous nos nouvelles couleurs, mais seul ou presque, un compagnon de sortie dominicale m'accompagnera, il forcera mon admiration, il a 68 ans et c'est sa première course.

Le départ se rapproche au pied droit fixée sur le laçage de ma chaussure Adidas, une puce, c'est « Médor » qui se marre pour une fois c'est son maître qui va se gratter, elle est l'outil idéal pour enfin fournir aux anonymes que nous sommes un temps référence précis.
C'est la première année que cette course utilise ce moyen pour effectuer un comptage exact du temps de parcours de chacun, il n'y aura pas d'approximation, nous aurons droit à la même équité que les pros.
C'est un outil qui a fait ses preuves dans de nombreuses courses prestigieuses, marathon semi-marathon, elle se fait habitude et c'est bien normal, nous méritons d'être considérés et estimés, eu égard au prix de l'engagement, à l'effort psychologique pour endurer la souffrance physique, sans cette marée humaine l'événement ne serait plus qu'un meeting en huit clos.

Ne la perdez pas, elle vous sera facturée quinze €.

Nous progressons doucement vers la zone de comptage, les barrières sont vues, de nombreux bénévoles encadrent l'événement, merci à eux à leur sourire, leur dévouement car sans eux toutes ces animations ne verraient pas le jour, voilà un long moment qu'ils sont en place, jeunes et dévoués, ils sacrifient de nombreuses heures de leur temps pour notre plaisir égoïste, alors je vous le dis un Grand Merci.

Il est dix heures trente, et c'est le départ passage obligé sur le tapis pour l'enregistrement du code de la puce.
Au coude à coude, nous sommes en fin de vague, nous devons trouver notre rythme, pas si évident que cela croyez-moi, des fois tout se fait naturellement, d'autre c'est un calvaire, dés les premiers hectomètres, On étouffe et on ne trouve jamais sa cadence et c'est un véritable enfer.
Fort heureusement pour cette 29ème édition tel n'est pas le cas, tout se passe bien, la cadence est bonne, les conditions météorologiques sont idéales et l'environnement est réconfortant, la course si elle n'est pas aisée, les variantes extérieures seront positives.

En ce 25 septembre, le parcours est identique au tracé des années précédentes, la grosse difficulté apparaîtra au sixième kilomètre, elle porte le doux nom de la côte des gardes, avec des passages à 12 % mais tout le monde l'attend et plus ou moins on la passe à sa vitesse à sa main, non la grosse difficulté vient après les petits raidillons courts deux à trois cent mètres mais le moral joue et ils font mal terriblement mal.

Au cinquième kilomètre ravitaillement, l'erreur du néophyte c'est souvent de transgresser à la sacro-sainte règle du ravitaillement, nécessaire l'absorption d'eau est vitale pour le bon fonctionnement de la machine, elle évitera l'arrivée impromptue de crampes.
Prendre du sucre rapide en course est crucial, c'est le moindre mal si on n'a pas soigné son alimentation durant les jours précédents, la veille un repas léger suivit d'une longue nuit réparatrice ( facile à dire ) vous verrez la première compétition est souvent synonyme d'excitation et de nuit courte.
Alimentation précédent la veille de la course, privilégiez les sucres lents, des produits laitiers ( à proscrire le jour même ), souvent conseillées les boissons énergétiques elles sont utiles lors d'entraînement intensifs ou durant la course qui demande un apport en glucides, ma potion personnelle est composée de sucre liquide ( le genre que l'on met dans le punch ) d'eau et de fleur d'oranger.
Toujours présente à mes côtés, ma gourde est remplie de cette mixture.

Les choses sérieuses vont commencer, après le ravitaillement, je jette un œil par-dessus mon épaule mon compagnon de route est toujours là, il a fallu que je ralentisse l'effort était trop violent et je sais que pour lui, la montée sera dure, de mon côté je suis parti doucement en dessous de mes possibilités et les fourmis habitent mes jambes.

D'animations en encouragements la jubilation est totale, cette frise la démence être heureux de courir, je l'avoue frise le masochisme mais c'est ainsi.


Kilomètre 6 : on attaque le bois dur, tout à fait à l'aise, je trépigne de me lancer à l'assaut de la grosse difficulté de la journée, deux kilomètres de bataille contre sois-même, la pente s'élève et la gaieté ambiante est tombée, la respiration se fait plus courte, la foulée plus saccadée et moins légère, je réduis ma foulée mais en augmente la cadence, je garde le même rythme respiratoire c'est ma doctrine ne pas laisser le corps prendre la direction des opérations c'est la tête qui commande.
Je suis facile mais mon compagnon souffre, la tête baissée les épaules rentrées c'est un signe qui ne trompe pas, pourtant dans les premiers mètres, on avance immuablement, trop vite beaucoup trop vite je le sais, il doit s'arrêter une première fois, je ne veux pas le laisser, je connais la souffrance de la solitude du coureur qui est fatigué et seul doit lutter contre lui-même.

On repart mais c'est reculer pour mieux sauter, j'ai conscience qu'au final ma présence est devenue pour lui plus un handicap qu'une aide mais je ne peux pas partir de ma propre initiative c'est contraire à mon éthique.
Un regard encore et il me libère, le feu est qui me démange est libéré, je me lance dans la montée, beaucoup trop vite, je le sais, mais rien n'y fait c'est comme ça, quand on a de bonnes sensations.

8 KM 5
Deuxième ravitaillement au fort de Meudon, j'en profite pour me reprendre, il était temps que la pente se fasse douceur, le plat me donne l'occasion de récupérer deux kilomètres avant de se jeter dans la descente.

KM11
Je dévale, j'avale cette courte détente, un exercice périlleux la descente, savoir équilibrer son poids ne pas trop peser sur les articulations qui supportent tous les chocs, un paramètre à prendre en considération après onze KM, la souplesse n'est plus la même et l'on est moins adroit alors pour les coureurs fatigués, le risque existe, préservez-vous.

Au bas de la côte pointe, un endroit adorable « l'étang aux écrevisses » j'avoue qu'à chaque fois je me dis et si tu les regardais courir, tu te poses dans l'herbe verte et comme la multitude de badauds qui se pressent sur les bords, tu leur cries tes encouragements et tu tapes dans tes mains, je secoue la tête et reprends ma marche en avant. Instant magique du KM 12.

Encore quelques instants et quelques côtes casse pattes et c'est l'arrivée sur la prestigieuse avenue, l'avenue de Paris, tiens, il me semblait que j'en venais.

Mais, non encore, une ambulance de sécurité civile se fraye difficilement un passage parmi la multitude des coureurs, plus tard que le SAMU est intervenu, je suis un peu désabusé, j'essaye de me souvenir une course ou un malheur n'est pas arrivé, le plus fût un"20 kilomètres de Paris", ou en plein effort voyant approchant de l'arrivée à grandes enjambées, j'ai constaté à cent mètres de la ligne des médecins du SAMU afférés à réanimer un coureur, instantanément, j'ai levé le pied et je me suis juré depuis ce jour de ne jamais pousser la machine au-delà de ses limites. Cette décision s'est renforcée en apprenant que le coureur était décédé.
Le certificat médical n'est pas une banale feuille de papier pour libérer l'organisation de toute responsabilité, non je le dis bien haut, c'est important, car la vie est bien sacrée.

KM 14, dernier ravitaillement, c'est presque terminé, vous ne gagnerez pas des mille et des cents en l'oubliant, au contraire la fringale peut vous frapper à tout moment et croyez-moi, deux kilomètres à traîner sa misère sur le sol devant une foule cela n'a rien de bienséant.

Versailles, et si aujourd'hui je remonte la voie royale en léger faux plat, dieux qu'elle est longue, large comme une vaste étendue, tout d'un coup on ressent un profond sentiment de solitude, la première surprise passée c'est reparti, à nouveau les jambes tournent, j'accélère avec une profonde joie, je suis bien, très bien et je franchis la ligne d'arrivée le sourire aux lèvres.

Le résultat final n'est pas terrible, il est conforme à mes objectifs mais j'ai très nettement conscience d'avoir couru en dessous de mes capacités.
1 heure 27 minutes très loin de mon record personnel sur cette épreuve une heure dix huit, mais le plaisir a été au rendez-vous et c'est le principal.

Mon compagnon de route arrive en une heure trente trois, et c'est une prouesse, je souhaite être aussi performant à son âge, je suis admiratif.

Le vainqueur finit la course en moins de 49 minutes, OCHORO une fusée, impressionnant non ?

L'année prochaine, je reviens pour mon huitième, mon ambition, en fait la même que cette année, prendre du plaisir, pouvoir l'après-midi jouer avec ma fille, jouer au ballon avec mes garçons, boire un bon apéro et déchirer une entrecôte ( sans jeu de mot ), ne pas passer dix jours à me plaindre de courbature et surtout par-dessus tout ne pas alimenter la rubrique nécrologique pour une insignifiante vanité.

Pas de photo souvenir, j'en ai pris quelques-unes unes au début, mais en huit ans, j'ai du faire trente ou quarante courses, j'ai arrêté, j'attends qu'un de mes fils ou ma fille m'accompagne maintenant.

Mais le photographe officiel de l'évènement ne manquera pas de vous mitrailler :

Maindru photo SARL -
6 rue Jules Dauban BP 41827 -
49 018 ANGERS cedex 01

tél. : 02 41 88 05 85

Site officiel de l'épreuve : http://www.parisversailles.com/accueil.php

Adresse :
Paris - Versailles Association
BP 452
78004 Versailles Cedex

Prix de l'engagement : 23 €


J'attends avec impatience maintenant le 16 octobre pour une nouvelle course « les 20 kilomètres de Paris »


Merci à tous, mais surtout un grand merci à tous les bénévoles qui font vivre ces manifestations sportives, si certains lisent cet avis je leur dédis.



   
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