Le CA et moi : une séparation houleuse

1  24.03.2004

Avantages:
aucun

Inconvénients:
que des problèmes

Recommandable: Non 

Détails:

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Conditions pratiquées

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mathilde-lila

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Le Crédit Agricole et moi, c’est un peu comme une histoire d’amour. Mais, dixit Catherine Ringer, les histoires d’amour finissent mal en général.

Donc, Lui et moi, au départ, ce ne fut pas un coup de foudre, mais une sorte de mariage de raison, dicté par la tradition familiale. Dès que je fus en âge, j’ouvris un compte chèque. Pas de gros problèmes au début, j’y plaçais mon argent de poche, puis ma paie, sans trop y toucher, en tout cas, sans incident particulier. Nous avons même fait des petits, un petit Codevi par ci, un petit placement par là.

Puis, vinrent quelques petits désagréments, mais classiques, la paie que la Banque garde 3 jours…, la banalité quoi.

Changeant de région, je changeai d’agence. Et là, erreur de ma part, penser que ça durera toujours et m’en remettre totalement à l’autre, c’est à dire rassembler tous les comptes à la même banque. En fait, je m’étais dit bêtement que tout au même endroit, géré par la même personne, était une solution de facilité. Pas du tout, mais alors pas du tout ! ! !
D’abord, les conseillers financiers. J’en ai quand même vu défiler sept en neuf ans. Pas facile d’avoir un suivi cohérent. Remarquez bien qu’à chaque changement, vous recevez un petit mot, « cher client, je suis votre nouveau conseiller et je serais très heureux de vous rencontrer afin de faire mieux connaissance et bla , bla, bla ». Et à chaque fois, on revoit la situation et à chaque fois, sans avoir vraiment tout suivi ou tout vraiment compris, vous vous retrouvez avec un nouveau PEA, « indispensable compte tenu de la bonne tenue de la Bourse », le PEL, « à souscrire absolument aujourd’hui avant la baisse du taux », ….
Ensuite, tout à la même banque, c’est surtout pour l’autre la possibilité de tout contrôler et aussi d’intervenir. Si, en plus, dans la masse des papiers que vous avez signés se sont glissées une ou deux procurations, facile de jongler d’un compte à l’autre, toujours « dans votre intérêt, bien sur ». Moi, en tout cas, avec le manque de temps et la masse de papiers, j’avais déjà perdu pied.
Jusqu’au jour où, à la caisse d’un magasin, je voulus payer avec ma carte bancaire et où une caissière, avec un regard plus que suspicieux, me balança «je suis désolée, mais votre carte ne passe pas ». Bon là, c’est la honte. « Tiens, c’est curieux, fis je, en essayant de paraître le plus innocente possible, encore démagnétisée, c’est insensé, bon, je vous fais un chèque » et hop, je file, les joues écarlates.
Rentrée chez moi, j’interroge mon compte et là, horreur, - 23 000 Francs. Réfléchissons. évidemment, je ne tiens pas mes comptes, je suis dépensière, évidemment, évidemment, mais çà fait beaucoup, d’autant qu’on est le 15 du mois et que c’est un mois de 31 jours.
Avec mon mari, on gratte quand même et on finit par découvrir que le CA a, en fait, payé à partir de mon compte une facture qui aurait du être réglée sur le compte de son entreprise. Comme la manip était impossible de son compte pro, le CA s’est servi sur mon compte perso.
Quelques temps après, nous rencontrons notre conseiller (à sa demande, « juste pour faire un petit point sur votre situation ») en réalité pour se faire remonter les bretelles parce qu’on a un peu trop tendance à partir à la dérive. Le cheeer homme est très pédagogue, pas du tout « bon, faudrait peut être arrêter les conneries et essayer d’être positifs, au moins trois jours dans le mois », non lui c’est plutôt « vous comprenez, cheeeer monsieur, vous voyez, chèèère petite madame et s’ensuit un cours d’économie sociale et familiale des plus crispants.
Réussissant à lui chiper la parole, alors qu’il reprend son souffle, je lui assène « certes, la rigueur nous fait quelque peu défaut, mais comment parvenir à gérer convenablement alors que vous accomplissez des transactions, soit dit en passant illégales, sans nous en avertir. J’en veux pour preuve cette fois où … et je lui remémore la connerie racontée plus haut.
Un ange passe, le silence s’éternise, Dugenou caresse avec une infinie douceur son Montblanc, je me prends à rêver, il va se confondre en excuses, retirer les agios. Mais non, le superman de la répartie, le Napoléon de la contre-attaque m’envoie un coup bas, imparable, « Mais, enfin, chèèère petite madame, vous êtes bien mariés pour le meilleur et pour le pire. Dans cette situation de pire, je suis certain que vous auriez régler ce petit incident de la même manière, je n’ai fait qu’anticiper un petit arrangement que vous auriez vous même décidé. Alors, où est le problème, n’est ce pas, chèèère petite madame ? ». Je suis sur le c..

Je passerai rapidement sur divers autres incidents, tels :
- mon mari qui clôture son compte Open en novembre 2002 et qui reçoit une nouvelle carte Open en septembre 2003.
- moi qui ayant réglé mes incidents bancaires m’entends expliquer par ma conseillère (encore une autre) que ma carte bancaire fonctionne de nouveau et que je n’ai qu’à l’essayer immédiatement dans la machine installée dans le CA même et qui vois sa carte se faire avaler goulûment. Je retourne pour lui narrer ma mésaventure et elle m’explique que « ah, ben, oui, c’est bête, parce que c’est l’heure de la fermeture et on ne peut rien débloquer pour le moment. Il faut revenir à 14 h. Oui, mais moi j’habite à 50 bornes et le fric, j’en avais besoin tout de suite.
- la découverte que nous sommes dans l’illégalité suite à la vente de notre maison et le fait que le CA au lieu d’accepter le remboursement du prêt a préféré nous faire placer l’argent dans des PEA, machins, trucs et brefs, obligés de les solder à perte pour réparer l’erreur
- etc, etc, etc,

Et j’en arrive enfin au top du top. En ayant un peu marre, j’avais fait une séparation de corps avec le CA. J’avais donc retiré mon salaire, donc plus de rentrées. En revanche, il y avait quelques sorties, car je n’avais eu le temps ou pas pensé à stopper tous les prélèvements. Il y avait ce qu’on peut appeler un découvert conséquent que, je l’avoue, je laissais perdurer.
Or, surprise un jour, je reçus une lettre recommandée m’informant qu’un chèque de 52.80 E était rejeté. J’allais donc à mon agence pour connaître le bénéficiaire du chèque. Impossible, me répondit la dame à l’accueil. Il fallait que je trouve une solution pour ne pas être coincée.
Je demandais le blocage de la somme. Elle réfléchit un moment, puis m’expliquât que ce n’était pas la meilleure solution, qu’il y avait des frais, 38.50 E, et que, l’agence fermant dans un ¼ d’heure, pas question d’effectuer cette démarche, très longue et très compliquée, d’autant que la procédure venait de changer. « Réfléchissez donc bien », me dit-elle.
Ayant bien réfléchi, je me présentais de nouveau à l’accueil, 2 jours plus tard . Ma petite dame brune était occupée avec un client et je fus prise en charge par un jeune homme, je lui relatais le plus brièvement possible mon entretien avec sa collègue. Après un bon moment, il finit par me déclarer que c’était très difficile, qu’il ne savait pas le faire et il s’adressa à sa collègue. Celle-ci, qui ne se souvenait pas de moi lui répondit d’un air débordé qu’il devait s’adresser à X, laquelle X se trouvait dans un bureau éloigné et invisible de l’accueil. Il s’y rendit d’un pas traînant et avec un soupir qui, je subodorais, voulait dire : « bien sûr, y’en avait qu’une et c’est pour moi ».
Quelques minutes après (le temps d’expliquer à X le problème) et j’entendis, tout à coup, (les autres clients aussi entendirent d’ailleurs, difficile d’y échapper), une voie perçante qui commença à vociférer, puis tel le boléro de ce brave Ravel, s’amplifiait, tonnait, éructait, hurlait. Le crescendo, ça ok, il était bien maîtrisé, mais, malheureusement, la walkyrie ne trouva jamais le bouton pour amorcer le décrescendo. Ma Callas bancaire braillait toujours lorsque le pauvre garçon revint à l’accueil. « Bon, alors, entama-t-il, heu, vous comprenez, enfin, heu, à vrai dire, heu, …, il vaudrait mieux que vous veniez avec moi dans un bureau, il faut que je vous explique, enfin, heu ». Je décidai donc de l’aider à s’en sortir, d’abord parce que je suis humaine, moi, et, aussi, parce que le temps passait et que j’allai être en retard à mon boulot. « Alors, si c’est pour m’expliquer que ce n’est pas possible parce que mon compte est à découvert et que la procédure ne peut être appliquée dans ce cas là ou plutôt que votre charmante collègue X a décidé de ne pas le faire, ce n’est pas la peine, j’ai entendu . » Et, je partis la tête haute, mais au fond de moi très ennuyée.
Seul moyen de savoir : contacter la Banque de France. C’est un établissement qui peut de prime abord effrayer ou répugner, mais qui est finalement méconnu et où travaillent des personnes très sympas et prêtes à vous aider. J’expliquais mon cas. La réponse fut sans ambiguïté, j’avais raison, la procédure était on ne peut plus simple, mais méfiance, le CA n’était pas un adversaire facile. Tiens, tiens, ils connaissent….
Je retournais au CA, mais avec mon homme, qui éprouvait un méchant besoin de se défouler. A l’accueil, les mêmes, la petite brune et le grand blond. Avec un charmant sourire, pendant que derrière moi, grognait mon nounours personnel, « Bonjour, vous vous souvenez de moi ? Mais, si voyons, je suis venue mercredi…. ». Allez ma fille, il faut te rendre à l’évidence, tu n’es pas inoubliable, encore une illusion qui s’en va. Et je lui remémore notre rencontre. Derrière moi, les grondements augmentent. Dix minutes après, d’un ton désabusé, la phrase tombe « Ah ! Oui, peut être ». Moi « Non, pas peut être, vous n’avez tout de même pas oublié les vociférations de X, alors, maintenant, trêve de plaisanterie, la Banque de France n’ayant confirmé que je suis dans mon bon droit, vous allez avoir l’amabilité de vous exécuter immédiatement ou dans le cas contraire, je ne quitterai pas la banque et me verrai contrainte de porter plainte ». Derrière mon mari dont les grognements ressemblent de plus en plus à ceux de son berger allemand, éructe « pas la peine de perdre son temps, s’il ne le fait pas, je retourne le bureau » (ça, c’est son dada, le retournement de bureau).
Et voilà, Blondinet file, la queue entre les jambes (logique, vous allez me dire) en direction du bureau de Mme X. Dix minutes, quinze, …. , trente, je commence vraiment à m’inquiéter, …, trente cinq minutes, enfin, il apparaît, il était temps, ça allait mal finir. « Eh, bien voilà, nous nous sommes renseignés, nous avons appelé la Banque de France, notre Directeur d’agence et puis le Directeur Général à Paris et, effectivement, ça peut être fait, venez avec moi, nous allons allés dans un bureau parce que c’est très long et très compliqué et je ne l’ai jamais fait ». Moi, je suis partagée entre la colère parce que je découvre que ces enfoirés pendant que je poireautais bêtement étaient en train de se renseigner, comment peut on être aussi incapables et de mauvaise foi, et le bonheur d’éduquer l’ahuri qui ce soir se couchera un peu plus qualifié qu’il ne s’était levé ce matin, enfin, je l’espère.
La procédure très compliquée consiste en fait à consigner sur un imprimé le nombre de pièces et de billets donnés pour le règlement de la somme due, idem pour les frais de procédure, deus signatures, l’agent d’accueil et moi. Très compliqué en effet …
Petit aparté : je donne les 52.80 E pile poil en monnaie et 50 E pour les 38.50 E. Et là, j’entends : « Vous n’avez pas l’appoint (comme chez l’épicier). « Non, mais vous n’avez pas de monnaie, on est bien dans une banque ici ? » Idiote, dans cette agence, il n’y a pas un sou, que des distributeurs. Nous trouvons finalement une solution (mon nounours est parti depuis longtemps s’en fumer une (qu’il dit), plusieurs (que je pense), histoire de se désénerver, c’est préférable (surtout pour le bureau), en partant je demande le lever rapide de l’interdiction bancaire, ce qui est fait, je le reconnais, dans les 5 jours. Bon, ça y est, fini, je me sens mieux.

Grave erreur, ma vie n’est pas un long fleuve tranquille, surtout avec le CA.
Un mois après, nouvelle lettre recommandée du CA, nouveau rejet. Là, j’hallucine, je ne fais plus de chèque sur le CA depuis des mois, je ne comprends pas.
C’est pourtant facile à comprendre, n’ayant plus de chèque à me rejeter, on reprend les anciens. Il s’agit donc du même fameux chèque qu’on me rejette une nouvelle fois. Entre la rage et l’ahurissement, je retourne à la BDF. Là, ils trouvent ça plutôt marrant, moi aussi je trouverais ça marrant si ce n’était pas moi. Réponse catégorique : il est strictement impossible de demander une 2ème fois une interdiction sur un même chèque, puisque si elle est levée c’est bien parce qu’il y a eu paiement. Alors, bêtise ou malveillance ? En attendant, le CA m’a quand même pris les frais de recommandé … et autres. Et rien de leur part pour s’excuser ou solutionner cette situation. Moi, j’appelle ça du harcèlement moral. Quand je pense que mon toubib ne cesse de me répéter : « surtout pas de contrariété, éviter les problèmes ». Il en a de belles lui, il ne doit pas avoir de soucis avec sa banque. moral. En attendant, le Crédit Agricole ne cesse de me trouver d’autres petites vacheries, le CA, c’est comme la Samaritaine, à tout instant, il se passe quelque chose.


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duc-atreide

duc-atreide

16.03.2008 02:03

Les banques... quelle grande histoire d'amour :) On trouve toujours un avis a emettre dessus, bravo le votre est vraiment passionnant à lire !! un E sans hésitation !

phasme

phasme

20.09.2007 02:00

Bon, cet avis m'a beaucoup fait rire. Je suis client de cette banque depuis des années, je garde encore mes comptes la bas, j'ai une jolie carte bancaire que j'ai eu lorsque j'etais etudiant, une gold mastercard, j'ai quand meme changé d'agence au sein de la meme ville mais pas de banque. Globalement je les trouve incompétents mais bon, je m'en sors. J'ai en tout cas pas mal rit avec ton avis

Ninotte

Ninotte

21.07.2006 23:24

Si une société a été créée, c'est justement pour permettre de distinguer le patrimoine professionnel du patrimoine privé ! C'est comme s'il payait les dettes de votre voisin à partir de votre compte, c'est exacetement la même chose. C'est inadmissible un truc pareil ! C'est normal avec de tels incapables que les banquiers aient mauvaise presse !

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