Singles Collection, The - David Bowie

Singles Collection, The - David Bowie

2 CD(s) - Blues - Label : Premier/EMI - Distributeur : EMI Operations/CEVA Logistics - Date de Sortie : 11/1995 - EAN : 724382809920 Plus

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Il était une fois Bromley, une petite bourgade au sud de Londres. Une nuit, en 1947, une fée minuscule s'y serait égarée et aurait été attirée par la pâle lueur provenant de la maison de la famille Jones. Elle se serait glissée par un interstice jusque dans la chambre où le petit David Robert ... Lire l'avis





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Can you hear me Major Tom ?
Avis par PsychoSexy sur Singles Collection, The - David Bowie
16.06.2008


L'évaluation de l'auteur:  


Avantages: *  *  *
Inconvénients: *  *  *

Recommandation pour les acheteurs potentiels? oui 

Avis complet

Il était une fois Bromley, une petite bourgade au sud de Londres. Une nuit, en 1947, une fée minuscule s'y serait égarée et aurait été attirée par la pâle lueur provenant de la maison de la famille Jones. Elle se serait glissée par un interstice jusque dans la chambre où le petit David Robert dormait de son sommeil de nouveau-né. Au matin, la mère de l'enfant aurait remarqué une poudre brillante autour du berceau. Sur la paupière de l'enfant, une paillette s'était égarée. Elle avait dû tomber quand la fée s'était penchée pour souffler la Grâce et le Génie au dessus du nouveau-né…

Vingt-deux ans plus tard, en 1969, l'homme marchait sur la Lune. Et David Robert Jones, devenu David Bowie, composait la chanson la plus grandiose de tous les temps. Il donnait vie à Major Tom. Et l'année suivante, David Bowie devenait Ziggy Stardust et sa musique faisait toucher les étoiles du bout de la pensée…

*

Difficile exercice que celui qui consiste à parler de celui que l'on considère comme son idole absolue. Et si les mots même les mieux agencés n'arrivaient pas assez bien à décrire la beauté et la force inhérentes à chacun des titres que l'on a envie d'évoquer ? Et si une telle émotion, finalement, ressentie lors de chaque nouvelle écoute depuis quinze ans, pouvait se vivre mais en aucun cas se décrire ? Et s'il était impossible de résumer la carrière de David Bowie sans la spolier d'un bout de sa grandeur ? Fallait-il évoquer un seul album quitte à passer sous silence des années de créativité ? Ou procéder à une énumération exhaustive et limiter l'illustre artiste à une suite de faits d'armes risquant d'indifférer les néophytes ?

Peut-être, alors, fallait-il parler de cette compilation ultime enregistrée en 1993 et regroupant 37 titres sur un double CD : The Single Collection ? Cela permettrait en effet d'évoquer tour à tour les différentes facettes de la personnalité artistique de Bowie, de goûter aux différentes tendances musicales qu'il a abordées, souvent initiées et toujours magnifiées et de parler des nombreux morceaux d'anthologie qui ont jalonné la carrière de cet atypique chanteur.

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Schizophrénie artistique

Il faut bien entendu évoquer le personnage (ou les personnages) David Bowie avant de pouvoir correctement évoquer ses chansons. Car son univers n'est pas simplement un univers musical. Ses albums sont de véritables mises en scène, des concepts. Et, dans cette optique, Bowie s'est plusieurs fois créé des personnalités alternatives, doubles fantasmés qui prenaient vie sur scène et dans ses chansons.

Ainsi est-il le Thin White Duke dans le milieu des années 70, lors de la tournée Station to Station. Personnage énigmatique à la pâleur inquiétante, à l'époque où Bowie affirmait vivre « de lait et de cocaïne ». Engoncé dans des costumes rétro-chic façon cabaret, vestons noirs et chemises blanches, le Thin White Duke est le dark side of the moon de David Bowie.

Quelques temps avant, Bowie incarne un personnage beaucoup plus lumineux. Le tout début des années 70 marque l'initiation de la période glam-rock, dont Bowie est le précurseur. C'est dans ce contexte que naît Ziggy Stardust, androgyne, cheveux rouges, étoile maquillée sur le visage, Ziggy qui rester sans conteste le personnage le plus mythique auquel Bowie ait jamais donné vie. C'est aussi celui à qui il offre le plus de profondeur : les coups médiatiques sont nombreux, Ziggy Stardust part en tournée avec les Spiders from Mars et un album entier est issu de cette expérience. Ziggy est une telle star qu'il finit par manger Bowie, qui décide de le tuer sur scène, à la fin de l'année 1973.

Bowie incarne aussi, au fil de sa carrière Alladin Sane, Halloween Jack, et encore différentes facettes de lui-même, qu'il enchaîne au fil de ses albums, de leur succès ou de leurs naufrages. Il crée ses personnages comme des icônes représentatives d'une mouvance musicale précise, d'une tendance (souvent initiée par Bowie lui-même), glam, post-punk et cætera. Et il donne la mort à ces mêmes entités dès que cela semble devenir vital : quand Ziggy a trop de succès et l'étouffe, quand Thin White Duke est trop dépravé et le tue à petit feu, tel un phœnix, de chacun de ces personnages, Bowie meurt un peu… puis renaît.

Et les années passent, de Ziggy en White Duke. Et Bowie enchaîne les succès et les coups de génie. Musicalement et scéniquement. Médiatiquement aussi. David Bowie est un atypique, mais c'est à coup sur un érudit de la musique, et un inégalable faiseur de tendances. Après des débuts folks, l'influence de Dylan l'amène vers ce qui deviendra le glam-rock. C'est l'époque des références à Warhol, l'époque où il amène du pop-art dans sa musique : les couleurs, les extravagances, les provocations… Il se fait digne compagnon d'artistes comme le Velvet, Lou Reed et Iggy Pop. Bowie emmène même la musique de ceux-là un peu plus loin, dans un rock plus chimérique, oscillant entre lumière et ténèbres, fluctuant entre fantasme d'une vie dorée et quotidien dépravé, abîmé.

Plus tard, David Bowie collabore avec Brian Eno. C'est l'époque Heroes, derniers moments de génie de Bowie avant qu'il ne s'engouffre dans une voie trop lisse, abandonnant le chemin de briques jaunes et la poudre du pied de l'arc-en-ciel pour une autoroute trop généraliste : période Let's Dance et China Girl, Bowie achève sa décennie de génie par un album aux titres toujours très bons mais moins novateurs. On est en 1983, l'album Let's dance et le titre Blue Jean l'année suivante referment les pages d'une histoire passionnante, brillante et unique.

Le mythe Bowie.


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Bande originale d'un mythe inégalable

Le Single Collection de Bowie, au même titre que le Echoes des Pink Floyd ou que les Forty Licks des Rolling Stones est une compilation incontournable pour tout fan de rock. Il comprend 37 titres répartis sur deux CD et passe en revue l'essentiel de l'œuvre du chanteur, de 1969 à 1993. Chaque titre choisi est un monument : les mélodies flottent dans l'inconscient collectif, de nombreux accords sont devenus légendaires, les reprises sont innombrables et les artistes revendiquant une influence puisée dans cette discographie sont impressionnants.

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Il est plus intéressant, à mon sens, de prendre la carrière de David Bowie à l'envers. Il est plus agréable de remonter dans les années, commencer par les années 90 assez consensuelles puis s'offrir un retour aux sources jubilatoire achevé de façon magistrale puisque le premier succès du chanteur est l'une des meilleures chansons de tous les temps…

Check ignition and may God's love be with you…


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[Fin 80 et après - Never Let Him Down]

A la fin des années 80, Bowie est totalement dans la mouvance du rock de cette époque : très commercial et plus du tout underground. Trop Let's Dance. La voix de David Bowie est certes toujours unique et savoureuse, elle possède toujours ce charme flottant entre sensualité et nébulosité. Mais il n'y a plus la flamme, le génie, le talent visionnaire des années 70.

* Titre de Never Let me Down (1987) présent sur la compilation :
Day-in, day-out

* Titre de Absolute Beginners (1986) présent sur la compilation :
Absolute Beginners
Une mélodie classique, efficace et céleste, qui n'est pas sans rappeler la montée vocale finale de Under Pressure, dans le timbre de voix de Bowie et dans les accords mélodiques. Assez agréable donc.

* Titre de The Falcon and the Snowman (1985) présent sur cette compilation :
This is not America
Musique de film inoubliable, lente, douce, aux sons cristallins, à la rengaine obsédante. Bowie flirte avec les graves et s'envole dans les aigus, tantôt inquiétants, tantôt lumineux. Un grand morceau trop souvent oublié.

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[Début 80 - Let's Dance]

Derniers moments de grâce, Bowie enchaîne deux albums qui n'ont plus rien de conceptuel ni de précurseur. Bowie fait dans le rock mainstream du moment, mais le monde de la musique hérite tout de même de quelques bons morceaux, encore parfumés aux accords glam-rock…

* Titre de Tonight (1984) présent sur cette compilation :
Blue Jean
Rythme lascif, paroles sensuelles, voix chaude et suave, rock déjà très électrique comportant encore quelques envolées agréables du côté du glam, grâce à des cuivres et percus bien placés. L'ensemble est nerveux, très efficace.

* Titres de Let's Dance (1983) présents sur cette compilation :
Modern Love

Let's dance
Tout le monde connaît ce titre au clip à l'esthétique très eighties. Bien entendu, le morceau se laisse écouter, mais il n'a pas la grandeur de titres plus anciens de Bowie, en dépit d'une ligne de basses tout simplement mythique et d'un phrasé du chanteur très noble et sensuel.

China Girl
Titre où paroles et musique concordent pour donner une sensation de sensualité énigmatique, je le trouve chargé d'une dimension érotique certaine, le tout passant par la voix caressante et veloutée de Bowie, qui se pose sur une mélodie cadencée et obsédante. Un incontournable qui a été repris de nombreuses fois par les White Stripes, System of a Down, ou Nick Cave, entre autres.
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===[Station to Station]===

A la fin des années 70, Bowie s'impose en maître du glam-rock, il navigue entre une musique raffinée à l'ambiance mystérieuse et céleste et des morceaux plus sombres, presque gothiques, d'un glam-rock très torturé. Les albums s'enchaînent et révèlent un univers musical unique, une identité inimitable.

* Titres de Scary monsters (and super creeps) (1981) présents sur cette compilation :
Scary monsters (and super creeps)

Fashion
Ambiance sombre et gothique, musique électrique nerveuse. Je n'apprécie pas plus que ça, cet album est trop psychotique pour moi. Le second titre mentionné, a été récemment samplé par les Dandy Warhols. Moins sombre que Scary Monsters, il reste très robotique et totalement représentatif de cette période début 80.

Ashes to Ashes
Grand standard de Bowie, cette chanson psychédélique est restée dans les mémoires pour ses notes claires au synthétiseur. Entre héritage du passé et volonté d'aller de l'avant, ce morceau s'impose. Bowie évoque Major Tom, douze ans après son succès galactique, mais reconnaît le parallèle possible entre l'astronaute et un junkie. On retrouve d'ailleurs, en étant attentif, une ambiance de fond à la Space Oddity, une ambiance flottante, embrumée, les murmures de Bowie superposés au flot principal de paroles… Mais l'ensemble est plus moderne, le travail n'est plus sur l'ambiance et l'émotion dans chaque souffle, il est dans la recherche mélodique, l'orchestration électrique.

Alabama song
Cette reprise ne figure sur aucun album de Bowie mais précède directement Scary Monsters aussi bien chronologiquement que musicalement. C'est une version très scary et très gothique de ce classique d'un opéra de Brecht, déjà modernisé et immortalisé dans les années 60 par les Doors dans une version bien plus folk. Là où la version des Doors file la patate et donne envie de danser dans une sorte de farandole psychédélique, la version de Bowie inquiète par ses accents sombres et morbides.

* Titres de Lodgers (1979) présents sur cette compilation :
DJ
Boys keep swinging
Très électrique, psychédélique, ce n'est pas la facette de Bowie que je préfère. C'est la fin du glam rock, et le côté rock l'emporte définitivement sur le glam. Décidément, Lodgers est un album que je ne peux que trouver réussi d'un point de vue de la recherché musicale ainsi que de la créativité. Mais au delà de ça, je n'accroche pas plus que ça aux mélodies trop simplistes et électriques, préférant des morceaux plus lyriques de Bowie.

* Titre de Heroes (1977) présent sur cette compilation :
Beauty and the Beast

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[Une dimension nouvelle - Life on mars ?]

Toute la première partie de carrière, rassemblée sur le premier CD de ce Single Collection, impose David Bowie comme une icône, un de ces chanteurs à l'univers unique et délicieux, délicat, distingué. Plusieurs de ces titres sont devenus des succès intemporels, je les aborderai dans le paragraphe suivant…

* Titre de Low (1977) présent sur cette compilation :
Sound and Vision
Morceau à la rythmique lancinante et sensuelle, mélodie familière sur laquelle se pose une voix tantôt très grave, tantôt aigue à la limite du déchirement. Exquis moment de musique qui a depuis été repris par Franz Ferdinand et les Red Hot.

* Titres de Station to Station (1976) présents sur cette compilation :
TVC 15
Golden Years
Wild is the wind
Des morceaux lents, doux, où la voix de Bowie susurre, où les plages musicales s'étirent. Les sonorités sont nobles et élégantes, racées. Un peu comme certains morceaux des Pink Floyd qui donnent l'impression de dériver tranquillement sur des océans musicaux hallucinatoires.

* Titres de Young Americans (1975) présents sur cette compilation :
Fame

Young Americans
Cette chanson est connu du grand public pour avoir servi des BO de films, dont Dogville de Lars Von Triers ou Lord of War et Sixteen Candles, à deux époques différentes. Ce titre possède une forte ambiance opéra rock, la voix de Bowie est grave mais claire, accompagnée de chœurs aux accents Motown, sur une base de cuivre et dans un tempo cadencée. Un autre pan de l'inconscient musical populaire construit avec élégance par David Bowie.

Knock on wood
Cette reprise est simplement éditée en single. A noter que la version de Bowie est antérieure à celle d'Ami Stewart. Bowie propose une version énergique, enregistrée en live, de ce morceau d'Eddie Floyd originellement sorti en 1966.

* Titre de Diamond Dogs (1974) présent sur cette compilation :
Diamond Dogs (enregistrment live)

Rebel, Rebel
Encore un riff inoubliable pour une phrasé qui rappelle certains vieux titres des Stones. Entre énergie rock et émotion glam, l'ambiance revêt un charme particulier, un glamour dépravé un rien troublant. Le titre a été repris par Ricky Lee Jones ou Lenny Kravitz, samplé un certain nombre de fois, et s'élève en cela, lui aussi, au rang d'incontournable dans la discographie de David Bowie.

* Titres de The Rise and Fall of Ziggy Stardust (1974) présents sur cette compilation :
Sufragette City
Le refrain et les expressions utilisées dans cette chanson feraient explicitement référence au très contreversé Orange Mécanique de Burgess. Dans cette optique, on comprend mieux la fièvre dans le rythme, la crasse dans les accords de guitares, et l'obsession de ce riff entêtant. Grand succès de Bowie en live, ce morceau déménage et donne une pêche incroyable.

Starman

Ziggy Stardust

Rock'n'roll suicide

L'ascension et la chute de Ziggy Stardust, comme l'annonce le titre de cet album concept et de la tournée lors de laquelle Bowie était Ziggy. Premier morceau reconnaissable dès l'accord initial électrique. Ziggy plays guitar. Un morceau nerveux devenu une légende, un mythe à lui seul. Moins connu, le second morceau est celui sur lequel Bowie décida de tuer Ziggy. Il le fit avec beaucoup d'élégance et de respect pour ce double fantasmé qui lui avait donné le succès : si les paroles sont dures et lâchées sans une brisure de voix, la mélodie est douce comme une berceuse… La fin s'énerve et révèle la douleur de cette demi-mort. C'est la fin de Ziggy.


* Titre de Pin Ups (1973) présent sur cette compilation :
Sorrow
Un morceau à la mélodie familière même s'il n'est pas parmi les plus connus de Bowie. Son intérêt majeur réside dans le fait que c'est sur la face B de ce single que se trouve la reprise la plus merveilleuse qu'ait jamais fait Bowie : Amsterdam de Brel, traduit mais jamais privé d'une seule once de l'émotion originelle.

* Titres de Alladin Sane (1973) présents sur cette compilation :
Drive-in Saturday

The Jean Genie
Encore un riff inoubliable que l'on doit à David Bowie, qui aurait été plus ou moins inspiré du titre français La fille du Père Noël, qui sert de rengaine obsédante à des paroles hommage à Iggy Pop et qui imprime une nouvelle fois l'inconscient collectif. Notons en passant que The Jean Genie appartient à l'album Alladin Sane dont le titre est un jeu de mots mettant en avant les chapitres mouvementés de la vie de Bowie : a lad insane / un mec taré.

John, I'm Only Dancing
Morceau sorti uniquement en single, juste avant l'album Alladin Sane. Morceau glam-rock par excellence, il possède de la paillette, de la guitare bien électrique, de la rythmique envolée et des effets de voix maîtrisés par Bowie, qui offre tout le charme éraillé de ses aigus.

* Titre de Hunky Dory (1971) présent sur cette compilation :
Life on Mars ?

Changes
Avant de figurer sur la BO de Shrek, Changes fut un grand succès de la période glam-rock de David Bowie. En effet, il illustre parfaitement le goût schizophrène de David Bowie pour les transformations et changements divers et variés. La progression mélodique du morceau est très intéressante de ce même point de vue, puisqu'on enchaîne les changements : début doux et lyrique, refrains nerveux, envolée de voix et d'instruments en fins de refrains…

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[Hors du Temps et de l'Espace - Space Oddity]

Enfin, il est des chansons de Bowie qui sont désormais hors du temps. Elles flottent entre hier et aujourd'hui, petits morceaux d'infinis, instants de grâce donnant l'illusion du parfait. Elles font partie des incontournables de la musique, des moments d'anthologie du rock.

Dancing in the street
Ce morceau est repris par Bowie et Jagger à l'occasion du Live Aid de 1985. Les deux mythes se rencontrent lors d'une chanson de folie, reprise énergisante, vive et électrique, d'un vieux titre Motown. Pourtant, cette collaboration ne plait pas aux fans (le clip est même récemment élu « crime rock du siècle »), sans doute trop grand public, trop commerciale, et plus assez Jagger ni assez Bowie.

Under Pressure
Une intro mythique, la bassline élue la plus populaire de toute l'histoire de la musique, reprise de nombreuses fois, une rencontre entre deux légendes, Freddie Mercury et David Bowie. Et cette émotion qui monte doucement au fil des prouesses vocales des deux chanteurs pour finalement exploser lors du final.

Heroes
Cette chanson issue de l'album éponyme de 1977 est une collaboration magistrale avec Brian Eno, reprise depuis par d'illustres héritiers de Bowie tels les Arcade Fire, Grant Lee Buffalo, Nico ou plus récemment les Wallflowers. La mélodie est légère, la voix de Bowie légèrement cassée libère ces quelques mots incontournables, comme un appel à la pensée positive : we could be heroes, just for one day. On peut avoir les larmes aux yeux de bien-être si on écoute cette chanson avec assez de déférence et de conviction à la fois.

Starman
L'homme étoile, si l'on traduit littéralement le terme. C'est Ziggy Stardust. Encore plus que toutes les autres du magnifique album The Rise and the Fall, cette chanson plonge dans un univers onirique, chimérique, doux et pourtant cruel aussi, puisqu'on le sait irréel, accessible seulement par l'imagination. Cette mélodie est douce comme un vieil air de Van Morisson, ou Jefferson Airplane. La ritournelle à la guitare grattée est lumineuse et légère, et la montée progressive des instruments sur les refrains est simplement jubilatoire. A écouter très fort, et à chanter de tout son coeur, pour pleurer cette fois, juste sous le coup d'une belle émotion, juste pour une idée de pureté et de beauté mêlées.

Ziggy Stardust
Mythe. Les premières notes. Le frisson. Les premiers mots. L'émotion. Le son tourné à fond. La jubilation. La respiration suave de Bowie. Sensualité. Les notes lancinantes et trainantes. Glamour. Je pense que c'est au coeur de ce titre que se cache l'essence même du glam-rock.

Life on Mars ?
It's a god awful small affair. Il est extrêmement difficile de décrire la montée progressive d'émotion qui prend aux tripes lorsqu'on écoute ce titre d'anthologie. Notre âme est capturée par la voix de Bowie qui en fait ensuite ce qu'il veut : tout le premier couplet fait doucement grandir l'attente, chaque ligne finissant dans un souffle en mal d'une suite, chaque finale de vers montant un peu en puissance par rapport à la précédente, appyant sur des mots-clés faits pour suinter la mélancolie… Et le premier mot du refrain tombe… Ce Sailors fier et rageur, puissant, élégant, prémisse d'une suite envolée, forte, entre beauté lumineuse et mélancolie douloureuse… Et quelles paroles… On met longtemps à s'en composer une interprétation personnelle, mais une fois familières, intimes, elles deviennent d'une beauté insondable, d'une poésie rare… Jamais mélancolie n'a conféré autant de force.

Space Oddity
Voilà. Il fallait finir par là. L'improbable exercice consistant à retranscrire tout ce que je peux ressentir de fort et de jouissif à l'écoute de ce morceau spectaculaire. Space Oddity est une œuvre d'art intemporelle. Le titre s'ouvre tout en douceur sur ces cordes grattées qui se font délicatement percevoir. Mécanique, la voix de Bowie se fera témoin d'un dialogue entre une base spatiale et un astronaute. Tour à tour ground control puis Major Tom, Bowie nous emmène dans ce voyage sidéral. On est avec Major Tom pour partager la force unique de ce moment où il découvre le monde d'un angle nouveau, qu'il est le seul à appréhender. Et on est avec lui aussi quand il semble volontairement abandonner l'idée de rentrer sur Terre, pour pouvoir dériver à tout jamais. Parallèle évident entre l'aventure spatiale de cette année 1969 et les aventures spéciales que provoquaient certaines substances illicites alors en vogue. Mais si les paroles sont troublantes et touchantes, la mélodie est bien au-delà de ça. Le lyrisme dans la voix de Bowie est sans égal, et c'est toujours au même point précis du morceau que survient cet orgasme musical exquis. Tout le début n'était qu'une prémisse auditive pour mener à lui et la fin n'est qu'une douce prolongation de la jouissance.

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Can you hear me Major Tom ?

Nous entends-tu, Major Tom ?   
Autres avis
Pour découvrir David Bowie
Evaluation du produit Singles Collection, The - David Bowie par jorem

Avantages: tour d'horizon d'un artiste très prolifique
Inconvénients: c'est une compilation

...Cette compilation en 2 cd, éditée en 93, regroupe tous les singles de Bowie. 37 tubes en 25 ans, il faut le faire ! David compose tous ses textes, à de rares exceptions, et a toujours su s'entourer de grands talents pour la production : Ken Scott, Visco ... Lire l'avis

Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant
très intéressant

13.01.2001
(15.01.2001)
DAVID BOWIE
Evaluation du produit Singles Collection, The - David Bowie par jerome33

Avantages:
Inconvénients:

...Pour ceux qui ne connaitraient pas trop la musique de David Bowie, je ne saurais trop leur conseiller d'acheter le double album "Bowie the singles collection" où l'on trouve pas moins de 37 chansons qui résument bien l'ensemble de sa carrière, de la pér ... Lire l'avis

Les membres de Ciao ont trouvé cet avis intéressant
intéressant

26.07.2000
l'émotion d'une musique expressive
Evaluation du produit Singles Collection, The - David Bowie par fisoan

Avantages: une vague d'émotions nous traverse...
Inconvénients: ne pas etre froid à ce genre de musique

Beaucoup trop de personnes ne font aujourd'hui qu'écouter les chansons passant à la radio ou dans les emissions de variété de la telé. Pourquoi alors s'étonner que la qualité de nos musiques baissent? Ces chansons ne sont que commerciales et froides; c'es ... Lire l'avis

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intéressant

31.05.2000
db, Space Boy de la music
Evaluation du produit Singles Collection, The - David Bowie par vince204

Avantages: pop rock
Inconvénients: no

Ambiance électrique et non rock, David Bowie en 1996 s’est associé aux Pet Shop Boys et leur a confié le remix de son titre « Hallo Space Boy ». Résultat : une petite perle scintillante et agréable à souhait. En plus, à la voix grave, voire grasse, de Dav ... Lire l'avis

Les membres de Ciao ont trouvé cet avis intéressant
intéressant

02.04.2000


Singles Collection, The - David Bowie

Caractéristiques principales

Titre: Singles Collection, The

Artiste: David Bowie

Genre: Blues

Date de Sortie: 11/1995

Label: Premier/EMI

Nombre de CDs: 2

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