Balade Japonaise
28.02.2004
Avantages:
Calme et fascinant
Inconvénients:
Quoi ! Déjà fini ?
Recommandable:
Oui
Détails:
Dessins
Scénario
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 Fredgri
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Membre depuis:21.08.2003
Avis:95
Lecteurs satisfaits:84
Cet avis a été évalué par 57 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Merci Merci, Monsieur Boilet ! Merci pour ces moments à vous lire, à feuilleter cet album, édité par Ego comme X. 142 pages qui glissent entre mes doigts, qui s’ouvrent devant mes yeux. 1 - Au moment où je réfléchis au contenu de ce texte, je suis là, assis dans ce bar, devant mon café, je regarde dehors, et je vois ces jeunes filles qui marchent avec, pour certaine, un sourire aux lèvres ! Je les regarde traverser la rue, se dépêcher ou remettre une mèche folle en place. Le plaisir de ces instants, je le dois, entre autres, à des albums comme le vôtre, « L’épinard de Yukiko » ! À ces histoires qui n’en sont pas, ces petits chuchotements ou ces questions qui semblent voleter par-ci par-là, autour d’un couple qui s’embrasse sur la couverture d’un beau livre. Je le dois, aussi, à ces planches où le temps s’arrête, où le regard suit le rythme des images et se perd dans le reflet d’un néon, ou dans les yeux d’une belle inconnue qui vient vers nous, heureuse. Je le dois à ces moments où je me suis assis à côté de ce couple pour partager quelques instants comme ça, une minute, à écouter leur rire ou observer leurs doigts qui se croisent pendant que l’un fait sa déclaration à l’autre ! Et dans ces gestes je retrouve certains souvenirs, des échos. Qu’il fait bon, soudain, par ici !2 - Les premiers pas, en entrant dans cet album, viennent par la sensation, le toucher, ce papier plus épais et cette impression de douceur à son contact,( une sorte de papier couché, je pense). Et tout reste sensation, les sons qui se lisent, les souffles qui se devinent si on tend bien l’oreille, si on se laisse imprégner par ses yeux. On devine votre propre regard, cette volonté de rester amoureux, de faire vibrer l'air entre ces pages ! Ensuite, une voix qui chuchote…« … t’es drôlement jolie à voir… Ton cou… Tes épaules… » Puis il y a Yukiko, une belle Japonaise rencontrée lors d’une expo « Nouvelle vague ». Il y a son regard, cette façon de sourire, elle aussi, cette petite marque sur son front qui laisse courir l’imagination. On dirait, on dirait Bora Bora ! Se laisser envahir Suivre des yeux Croiser un jour nos deux amoureux Elle lui répond qu’ils n’ont qu’une dizaine de jours pour s’aimer, qu’un autre l'appellera alors et qu'elle lui répondra Oui. Alors vivons ces quelques jours, passionnément !Je vous remercie de n’avoir gardé que des moments dans cette histoire, d’avoir laissé cette possibilité d’imaginer d’autres rencontres… Peut-être ne faut il pas s’identifier, qu’il faut juste écouter ces petits mots qu’on pourrait glisser dans l’oreille de… de… ou de… Peut-être que, dans ce bar, je réentends une voix qui sourit, aussi... qu’à cette page, cette main, qui caresse lentement le creux d’une courbe, transforme le papier en velours… « Tes épaules… Ton ventre… Ton épinard… » « Mais non, ça n’est pas mon « épinard », c’est mon « nombril » » * En japonais, les deux noms, ben que différents, ont une sonorité proche : Hôrensô pour « épinard » et o heso pour « honorable nombril » Il est donc là le secret de ce titre énigmatique ! Je souris avec eux et les laisse ensemble…Je vous remercie pour ce flou très touchant. 3 - Merci aussi, pour avoir laissé votre narrateur, un dessinateur, lui aussi, raconter cette histoire en BD, prendre des notes, faire des croquis que l'on aperçoit de temps à autre au fil des pages ! Et surtout pour vous être permis de tordre un peu les sempiternelles règles narratives, les codes en vigueur. Jouant avec les ellipses, les répétitions, déstabilisant le lecteur soudain. Page 62. Avec cet album, j’entre en pleine « Nouvelle Manga » comme vous l’appelez vous-même. Une sorte de nouveau genre qui balance entre le rythme du quotidien, la contemplation asiatique et un certain intimiste européen. Modernisme Liberté Je me souviens de cet autre album : « 36-15 Alexia » (récemment réédité, justement, chez Ego comme X), vous n’étiez pas encore allé au Japon, mais déjà on y retrouvait ce sens de la lenteur, de la sensualité et des êtres qui se cherchent ! Tout n’est finalement que poursuite de la même route, des mêmes sensations. Un regard. Le goût de la peau. Cette goutte de bière qui glisse doucement sur le menton. La fascination du modèle-Muse qui ne bouge pas, qui regarde vers l’objectif, tourne la tête. Je vais parler de toi, te montrer Je t’aime Te garder Cette image Pygmalion/Galatée Nous nous retrouvons, tourné vers ces deux êtres qui s’aiment, c’est étrange, parfois gênant, de les observer comme ça… Nous regardons Vous nous montrez Et cette situation est particulière. Fiction ou réalité. Et jusqu’à un certain point tout l’intérêt est là. En me posant la question, je m’implique émotionnellement dans ma lecture et j’imagine les volets fermés, je recolle certains de mes propres souvenirs, me concentre sur ce « nombril », me rappelle l’ambiance d’un bar, d’un restaurant. Et tout n’est finalement pas si compliqué. Juste lire. 4 - Je suis rentré Je relis un passage Je regarde votre technique de travail Réalisme très expressif Photo numérique Ordinateur Trait très « intuitif » ( Parfois je lui préfère vos encrages plus gras, plus vivants à mes yeux, mais…)Je retrouve ces sensations, cette délicatesse entre ces deux personnages. « L’épinard de Yukiko » se dévore littéralement en à peine une heure, et encore… Malgré tout, il ne faut pas se précipiter, se laisser imprégner, de temps en temps reposer le livre pour laisser son regard se perdre vers là-bas, quelque part, vers rien, et reprendre la lecture. Dans un souffle. Dans un petit rire. De redevenir amoureux, tendrement. Envie de partager. De saluer. De vivre dans ces pas. Alors que maintenant je suis près à finir cet avis, je veux juste vous dire…Merci pour ces moments passés à vous lire… Merci Monsieur Boilet Merci
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Tags en relation avec L'Epinard de Yukiko - Frédéric Boilet
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10.06.2005 15:41
je mets TI pour le moment, et je reviendrais peut-être si c'est avec celui-ci que je repars sous le bras demain. L'écriture de l'avis est jolie et poétique, et j'aime beaucoup cette construction par chapitres, mais dur de juger quand on ne connaît pas du tout l'oeuvre!
18.06.2004 12:31
très bel avis ! "kawaï", pourrais-je dire si j'étais une japonaise... tu nous plonges dans une atmosphère délicate avec beaucoup de poésie !
12.06.2004 23:37
Je suis naturellement revenue lire ton avis après avoir lu (on dit ça ?) la BD et si alors j'avais mis exceptionnel je me rends compte combien c'était mérité et même sous évalué, tu as su transposer exactement ce qui exhale de ces pages, tu as su dans ton avis sauvegarder cette même liberté de respirer, de contempler, d'aller au delà, d'aimer dont tu vantes l'auteur.... je le reprends plus posément, je recommence...