Eyjafjallajökull (2 octobre 2013)

Avis sur

Eyjafjallajökull (2 octobre 2013)

Evaluation générale (6): Evaluation totale Eyjafjallajökull (2 octobre 2013)

 

Tous les avis sur Eyjafjallajökull (2 octobre 2013)

 Rédigez votre propre avis

annonce


 


Quand votre cœur fait Boon

3  10.10.2013

Avantages:
Il y a quelques moments drôles .  .  .

Inconvénients:
.  .  . et d'autres passages franchement forcés .

Détails:

Rire

Histoire

Acteurs / Actrices

Mise en scène

plus


madmike

Plus à mon sujet: 07/08/14... Septième diamant pour mon avis sur le Louvre Lens, plusieurs années après le précédent. ...

Membre depuis:16.06.2000

Avis:4150

Lecteurs satisfaits:58

Partager cet avis sur Google+
Cet avis a été évalué par 25 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel





Préambule




Le comique Dany Boon restera dans l’histoire du cinéma français pour avoir été le principal acteur du seul film français à avoir obtenu plus de vingt millions de spectateurs en salles, le fameux Bienvenue chez les chtis , et désormais chacun de ses films est l’occasion pour lui d’un gros cachet, et pour ses producteurs de grosses attentes.


Ainsi a-t-il obtenu pas moins de 23 millions de francs (soit 3,5 millions d’euros), c’est-à-dire 15% du budget dévolu au film, pour apparaître dans Eyjafjallajökull , comédie au nom imprononçable sortie le mercredi 2 octobre 13 dans pas moins de 911 salles françaises (comme on dit chez Porsche) – ce titre impossible est en fait le nom du volcan islandais dont une éruption avait conduit à la fermeture de l’espace aérien européen par des responsables poussant le principe de précaution jusqu’au ridicule.


Ce film au titre parfaitement improbable est par la même occasion le second métrage du réalisateur Alexandre Coffre , qui avait auparavant signé Une Pure affaire , agréable comédie où d’honnêtes citoyens s’essayaient au trafic de drogue. Je me suis empressé de le voir dans la salle 31 de l’ UGC Cité Ciné Bercy , d’ailleurs fort clairsemée ce qui tendrait à indiquer que l’effet Boon se tasse au film des films…




Bande-annonce


Ils n’ont pas les mêmes valeurs.


Valérie se filme tranquillement dans un fauteuil de la classe Affaires tout en dénigrant les plats qui y sont servis, tandis qu’Alain est coincé dans un siège de la classe Economique, et passe le temps en suivant la trajectoire du vol. Tous deux se rendent pourtant au même endroit, au mariage de leur fille, même s’ils sont séparé depuis belle lurette.


L’éruption d’un volcan islandais contraint leur vol à atterrir à Munich, et bientôt tous deux se retrouvent réunis pour tenter de rallier Corfou, où doivent être célébrées les noces de leur fille…



Une comédie passable




Le principe de la comédie est on ne peut plus classique, réunir deux personnages que tout oppose et les contraindre à rester ensemble le temps de quelques mésaventures. Ce n’est pas forcément un mauvais départ, puisqu’après tout c’est la recette avec laquelle Francis Veber a fait toute sa carrière et signé quelques chefs d’œuvre du genre, et le duo composé de deux ex irrémédiablement brouillés est a priori aussi efficace comiquement que les variantes plus masculines des Compères et autres Chèvre.


Le résultat n’est pas désagréable, mais pas toujours subtil non plus. On sent qu’on est là pour aller dans le vif du sujet, et du coup on ne s’embarrasse pas de personnages secondaires ni de fioritures. Le tonton est abandonné sur un parking d’aéroport, les amis de la fille sur une aire d’autoroute, et les ficelles qui obligent le couple a cheminer de concert sont parfois assez grossières.


La saga du couple contraint de traverser les Balkans par tous les moyens nous vaut quelques bons gags, mais l’hilarité est loin d’être permanente : il y a des passages réussis, avec un prédicateur surréaliste ou une fête albanaise qui se termine de façon imprévue, mais aussi des moments plus faiblards, comme une bande de supporters bas de plafonds trop près de la réalité pour être comiques.


Ca se laisse regarder, mais le côté un peu forcé des situations, où il faut toujours en rajouter, finit par être contre-productif. Par exemple lorsque les deux protagonistes ont un véhicule, les scénaristes n’y vont pas par le dos de la cuillère pour s’assurer qu’il ne puisse les mener jusqu’au bout – mais du coup cela ne fait pas spécialement rire, on est plus désolé pour la voiture qu’explosé de rire (en revanche la voiture, elle, a bel et bien été explosée !).


Bref, c’est un film honnête, où l’on rit épisodiquement, le genre de films qui passera bien à la télévision mais ne vaut pas que l’on claque 65,60 francs (soit 10 euros) pour le voir tout de suite…



Une distribution correcte




Dany Boon incarne Alain, le père de la mariée, et il est fidèle à lui-même dans ce rôle sans doute sur mesure, alternant les mines pleurnichardes et les mimiques un tantinet exagérées. Comme beaucoup de comiques échouant dans des films moyens ou médiocres, il surjoue un peu en espérant compenser par son abattage le manque de vis comica du film, mais cela ne convaincra que les fans.


Valérie Bonneton , l’ex-Mme Cluzet que l’on voit de plus en plus sur les écrans depuis qu’elle a repris sa liberté, joue Valérie, son ancienne épouse, et elle forme avec lui un duo tout à fait convaincant, y compris lorsqu’ils enterrent un temps la hache de guerre.


Denis Ménochet , habitué des seconds rôles, fait une apparition particulièrement croustillante en Ezechiel, un serial killer devenu prêcheur, et son numéro grandiose est sans doute le meilleur moment du film.


Albert Delpy , le père de l’actrice et réalisatrice Julie Delpy , incarne Tonton Roger, l’oncle d’Alain, mais son rôle se limite à un passage trop bref et sans grand relief, puisque le scénario se débarrasse de lui passé le premier quart d’heure et qu’on ne le reverra qu’à proximité de la fin.


Les autres rôles sont de simples silhouettes, et, s’ils sont tenus sans fausse note, il n’y a pas de quoi s’extasier devant des inconnus ne faisant que passer – j’ai un peu l’impression qu’une fois le cachet de Dany Boon déboursé, il n’y avait pas trop de quoi s’offrir une vraie galerie de personnages, et donc d’acteurs !




En conclusion




Eyjafjallajökull est une comédie tout juste passable .


Ce nouveau film avec Dany Boon n’est certes pas la daube abyssale que laissait présager une bande annonce sortie in extremis (je ne l’ai vue projetée que la veille de la sortie du film) et multipliant grimaces et criailleries, mais ce n’est pas non plus un film génial.


Il y a certes quelques gags fort drôles, notamment un épisode surréaliste avec un prêcheur ancien serial killer, mais l’hilarité est loin d’être permanente, en raison d’effets trop gros, trop visibles, et sans doute aussi du manque de seconds rôles solides, de personnages qui viendraient compléter le duo principal.


Ca se laisse regarder sans ennui, et passera sans trop de problèmes à la télévision, mais il n’y a certainement pas de quoi se précipiter dans une salle obscure si l’on n’a pas de carte illimitée…

Note : 5,5/10



Rubriques gaffes


1. La distance annoncée par le GPS est initialement de 2100 km.


C’est sans doute pour impressionner le spectateur qu’un tel chiffre, clairement dissuasif pour qui prendrait le volant, est annoncé. Cela me paraissait quand même quelque peu exagéré, et je me suis permis de vérifier en revenant chez moi après ma séance.

Or en consultant viamichelin, on constate que le trajet automobile entre le lieu de départ (la ville est citée) et celui du mariage (à Corfou en Grèce) est de 1800 km en passant par les Balkans, et même de 1500 via l'Italie (mais alors cela implique un bac), soit de toute façon nettement moins que ce qui est annoncé.

Autant dire que le dialoguiste en a gentiment rajouté pour faire plus riche, sans se soucier de crédibilité…




2. La voiture n’avance apparemment guère.

L’on trouve en effet le moyen de s’arrêter manger des saucisses dans une zone germanophone, puis de passer la première nuit en Autriche. Sachant que le départ était dans la journée (on ne sait pas l’heure exacte, mais il fait bien jour), et que les protagonistes avaient déjà mangé dans l’avion (donc aucune raison de s’arrêter manger tout de suite), on peut donc supposer qu’ils ont roulé une couple d’heures au moins avant le repas, rapide, et sans doute au moins autant ensuite (puisque l’on est loin du coucher du soleil, vu la lumière, lorsqu’ils repartent).


Or la frontière autrichienne est à 130 km de Munich, puis la frontière slovène à 330 km. Les trajets étant autoroutiers et la voiture puissante, on se demande bien comment le héros en arrive à déjeuner puis s'arrêter pour dormir avant la frontière slovène, alors que le trajet était entamé bien avant la nuit et qu’il a dû avoir cinq heures pour rouler au moins, et uniquement sur autoroute !

A titre de comparaison viamichelin donne 3h30 pour atteindre la frontière slovène, et vu la voiture surpuissante sollicitée et l’absence de limitation sur les autoroutes allemandes, je pense que c’est vraiment un maximu, il faudrait plutôt tabler sur 2h30 grand maximum. Autrement dit nos deux héros devraient dormir en Croatie…




3. L’avion est étrangement disponible

Le trafic aérien, un temps arrêté par l’éruption du fameux volcan, reprend progressivement, et certains des protagonistes retrouvent une place d’avion. Bon, c’est pratique pour le scénariste, qui peut ainsi transporter sans coup férir quelques personnages secondaires, mais j’ai quand même un léger doute.


Lors d’une forte perturbation du trafic aérien (comme par exemple une grève de plusieurs jours ou des intempéries durables), les compagnies aériennes se retrouvent avec un stock de passager à écouler très supérieur à leur capacité de transport normal, et du coup retrouver une place sur un vol relève vite du parcours du combattant.


Autant dire que cela me paraît extrêmement improbable si les passagers ne sont pas des voyageurs très fréquents de la compagnie en question (je me souviens que pour une interruption de seulement 12 heures sur les vols d’Air France de Florence à Paris j’avais dû user de mon statut Platinum pour rentrer dans les premiers…), et que cela sent plus la facilité scénaristique que le cas réel…

Visiblement la crédibilité du scénario n’a pas été un critère… Peut-être que les producteurs se disent que les spectateurs de Dany Boon sont ignares en géographie et peu familiers des avions, et donc n’y verront que du feu ? Ce serait à la limite du mépris de classe…



Pour en savoir plus



Le premier long métrage du réalisateur :
http://www.ciao.fr/Une_pure_affaire__Avis_1321127


Partager cet avis sur Google+
Liens sponsorisés
Evaluer cet avis

Quelle est l'utilité de cet avis pour prendre une décision d'achat ?

Guide d'évaluations

Commentaires sur cet avis
Jen2604

Jen2604

25.11.2013 10:22

Bravo pour le passage sur les ratés du film... ;-) Je n'en ai vu que la bande-annonce et cela m'intéressait sans plus... SI je tombe dessus un jour... On verra ;-)

Tagrande2002

Tagrande2002

15.11.2013 15:15

J'adore ton passage sur les gaffes .. Excellent

zonderk

zonderk

07.11.2013 23:33

un seul mot : exceptionnel

Ajouter un commentaire pour cet avis

max. 2000 caracteres

  Postez votre commentaire


publicité
Evaluations d'avis
L'avis sur Eyjafjallajökull (2 octobre 2013) a été lue 920 fois et a été évaluée:

exceptionnel (84%) par:
  1. Tagrande2002
  2. zonderk
  3. isatortue_le_retour
et aussi par 18 autres membres

"très intéressant" (16%) par:
  1. frolap
  2. Jen2604
  3. monphiphi
et aussi par un autre membre

Comprendre l'évaluation de cet avis.
Tags en relation avec Eyjafjallajökull (2 octobre 2013)
publicité