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ENTREZ C'EST OUVERT

5  12.06.2005

Avantages:
évasion

Inconvénients:
aucun

Recommandable: Oui 

lisbeth10

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Membre depuis:01.01.1970

Avis:84

Cet avis a été évalué par 54 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Poussez, nul besoin de sonner, c'est ouvert.
Entrez et venez flâner dans mon petit univers ; laissez-moi vous guider.

Dès l'entrée un rosier grimpant palissé en arceau vous invite à emprunter un petit chemin au bout duquel vous pourrez vous asseoir sur de grosses pierres et tremper vos mains avec délice dans l'eau fraîche de mon bassin.

J'ai tapissé le fond et les bords de galets de toutes formes et couleurs rapportés par mon mari lors de ses voyages à travers la France.

Des galets plats polis à l'infini, des ronds au ventre rebondi, des blancs mouchetés de noir. Des galets caramel blond, des blancs nacrés, des oblongs noirs veinés blanc ; des formes étranges tel poisson requin, canard, sabot, coquillage.

Avec patience, je les ai retournés en tous sens pour arriver à un dégradé de tons, de formes et de tailles harmonieux.


Sur la gauche, une valériane rose ouvre le bal, elle fleurira jusqu'aux gelées, une ancolie jaune citron contraste avec le rouge sang du rosier.

Au ras du sol les bordures d'arabis alpina blanche, d'alysse odorante, de corbeille d'or et d'aubriétia dans les dégradés lilas, pourpre et violet ourlent les rebords de l'allée.

Quelques primevères au milieu de houtounyas, plante tapissante formée de feuilles vertes avec un liseré rouge et jaune et qui donneront naissance à des petites fleurs blanches.

Un pied de fraises apporté en même temps qu'une pensée blanche, s'est propagé grâce aux stolons que j'ai eu la "négligeance" de ne pas couper.

Un pois de senteur s'étire langoureusement parmi les physalis seulement en fleurs qui deviendront amour en cage, puis petites cloches de dentelle lorsque les limaces seront passées, mais quel résultat, un travail d'orfèvre croirait-on !

Près de mes benoîtes, de grandes campanules doubles et une ancolie bicolore jaune et rose, gracieuses fleurs à éperons masquent les feuilles jaunissantes des tulipes et des narcisses.

Des touffes d'oeillets mignardise poussent du coude les nigelles de Damas, cheveux de Vénus, feuilles très découpées et fleurs entourées d'une collerette finement laciniée. Leurs capsules vertes marbrées de brun formeront de jolis bouquets secs avec les physalis.

Un sédum au million d'étoiles jaunes se fraye une place entre les aubriétias bleues.


Les crocus ont disparu, les violettes s'effacent timidement, les myosotis bleus, roses et blancs grainent à qui mieux - mieux s'accrochant aux bas de pantalon en petits points noirs granuleux.

Voici un oeillet de poète double à macules qui dresse la tête au milieu d'éphémères de Virginie et vous distille son parfum pénétrant. A ses côtés, des lupins variés et des hélianthèmes.


A droite, un cognassier du Japon abrite en son coeur un corête, petites boules jaunes comme des guirlandes étincelantes.

Un jeune sapin de Noël aux longues pousses tendres et douces au toucher, protège de petites fraises des bois.

Le long des thuyas, des pavots sauvages doubles à feuillage poli et glauque, dodelinent de la tête, leurs fleurs aux pétales ciselés tels de gros pompons rose pâle .

A l'avant un petit pied d'anémone du Japon a prospéré, il s'étale à présent pour former un ovale de plus d'un mètre cinquante sur deux mètres.

Une brassée de camomille au parfum peu engageant mais fleur précieuse oh combien salutaire pour soulager les yeux endoloris, elle est réputée efficace contre les maux de tête et pour garder la blondeur de ses cheveux d'enfant .

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mon petit bassin
Une spirée a poussé là toute seule près de mon rosier jaune, cherchait-elle une âme sensible qui l'écouterait ?

Haute de quatre vingt centimètres, une julienne des jardins, violette odorante vacille sur sa tige.

Une rangée de groseilliers rouges et blancs commencent à mûrir, obligeant les coquelicots d'un rose tendre à se pencher dangereusement sur l'allée. J'aime caresser leurs petits boutons velus et regarder leurs coques sans pétales comme de minuscules roues de velours brun.


On arrive à la descente de garage ; dans l'angle droit, des iris des jardins au milieu desquels s'élèvent les fleurs rose vif des lychnis coronaria.

Des phlox qui embaumeront le mois prochain se mêlent à l'anis.

La plate-bande des narcisses a fait place aux soucis oranges au coeur noir, aux eschscholtzias et aux cosmos.

Sous la fenêtre, un rosier d'un rose - orange lumineux voisine avec un jasmin d'hiver aux feuilles trifoliées qui nous a fait don de son jaune brillant et chaleureux de novembre à février .

Sur la gauche, des roses mauves en buisson, roses à revers blanc si belles qu'on les croiraient de soies, presque artificielles.

Des delphiniums bleu pâle et bleu foncé au coeur comme envahi de petits bourdons noirs.

Encore des coquelicots aux pétales fripés comme les ailes diaphanes du papillon sorti de sa chrysalide, des nigelles, des dames d'onze heure et le millepertuis qui gagne du terrain étouffant primevères et violettes.

Les longues tiges charnues des achillées jaune d'or se dressent et courbent encore un peu la tête avant que les fleurs gracieusement groupées en corymbe ne s'ouvrent.

Pour le plaisir de son odeur particulière, je froisse tendrement les feuilles d'un népéta mussini, herbe à chat bien connue.

Au bout embaume la pyramide d'un rosier orange saumoné, une pure merveille.


Remontons la petite allée qui conduit à la maison.
Elle est bordée à droite d'iris bleus, de pavots énormes, de mauves, de lys et d'ancolies.

Entre des cailloux aux formes bizarres j'ai planté des joubardes, du sédum et des saxifrages ; un pied de mélisse en compagnie de mon persil.

A gauche, une campanule des Carpates prend ses aises, derrière elle, des géraniums vivaces, toujours des pavots, pieds d'alouette, mufliers géants, tritomas, iris fauve font très bon ménage.

Un groseillier à maquereaux allonge ses tiges épineuses arrêtant notre progression en s'agrippant aux vêtements pour nous montrer ses fruits velus et globuleux.

Un figuier a élu domicile et je n'ai pas eu le coeur de l'arracher, la sève de ses feuilles dentelées telles des pattes de canard, est souveraine contre les verrues.

Enfin près d'un second rosier pyramide ... mon pied de lavande.

Je l'ai taillé à la perfection au fil des ans, confectionnant des fuseaux parfumés pour les armoires de mes amis.

Il est devenu un bel arbuste. A présent il mesure un mètre cinquante et dépassera deux mètres quand ses hampes seront à développement complet. Un régal pour la vue et l'odorat !


Les tulipes botaniques, crocus, perce-neige, jacinthes et muscaris se sont évanouis laissant place aux pâquerettes écheveulées et pensées aux couleurs vives.

Pour casser la monotonie du terrain, un muret de grosses pierres plates a été construit retenant bordures variées, thlaspi, soucis, ancolies tellement doubles qu'elles ressemblent à une superposition de jupons froissés. Ici et là des géraniums zonals.

Une rangée de dalles disposées en losanges imbriquées les unes dans les autres débouche sur mon petit bassin où se mirent dans l'eau sans ride, des iris des marais, une campanule des Carpates toute de bleue vêtue, des giroflées et un cinéraire aux feuilles duveteuses et argentées.

Près d'une menthe poivrée se dressent comme des flammes les tritomas à côté d'une fougère royale.


Les bigarreaux mûrissent doucement, cette année nous ne serons pas gâtés, l'arbre a reçu la grêle.

Au pied encore des iris, des bleuets dont la couleur se mariait admirablement avec les tulipes d'un rose - rouge peu commun.

Et toujours le trio : primevères, pensées, pâquerettes tel un tapis multicolore.


En brise - vue, un seringat distille son parfum subtile, fragrance ennivrante

Les feuilles vert tendre des hibiscus laissent entrevoir l'ébauche des boutons des fleurs qui déploiront leurs pétales tout au long de l'été.

Petit sous - bois artificiel propice à la rêverie et à la gourmandise, les fraises des bois abondent.

Méfiez-vous cependant du joli gouêt avec ses feuilles en forme de lance et ses fruits oranges toxiques, tout comme de l'aconit, sabot de Vénus, qui fleurira en septembre.


Voici une mélisse officinale pour calmer l'anxiété. Si vous croyez aux bonnes fées, il paraît que sa tisane bue avant de se coucher prodigue de doux rêves !

A droite des rosiers rouges, à gauche, des rosiers roses au parfum envoûtant.

Une clématite sauvage entrelace ses tiges volubiles dans un jeune hibiscus lui offrant un support de reine.

Au soleil, des gazanias, ficoïdes et pourpiers illuminent le chemin avec quelques touches de bleu apportées par des lobélias.

Pour prendre la relève des tulipes de Darwin, s'imposent magestueux les pavots d'orient avec leurs énormes fleurs écarlates marquées en leur centre d'une macule noire.

A l'ombre, un parterre de bégonias tubéreux couleur pastel et fleurs de camélia.

Les feuilles rubanées vert clair des hémérocalles à la floraison orange abondante éclairent la base du tronc de mon tamaris taillé en parasol.

Il m'a offert la douceur d'un décor vaporeux presque irréel au printemps.


Nous avons fait le tour pour revenir passer sous le rosier qui nous a accueillit.

Ses branches ploient sous l'abondance de la cascade de roses rouges. J'ai compté jusqu'à trente fleurs sur une tige . Quel feu d'artifice ; je ne m'en lasse pas !


Si vous voulez, remontons maintenant vers la maison pour découvrir l'autre partie cachée de ma propriété.

Pour protéger notre intimité, à gauche le long du mur du voisin, nous avons une tonnelle de sept mètres sur deux mètres.

Un joli carrelage permet d'y installer une table pour les repas lors des chaudes soirées d'été ou simplement assise là pour lire .
J'y étends aussi mon linge à l'abri de la poussière et des rayons du soleil.

D'un côté un lierre doré grimpe au grillage tandis que de l'autre, un jasmin étoilé, une clématite au parfum d'amande, une autre au parfum de vanille et fleur d'oranger, ainsi que des chèvrefeuilles s'accrochent aux arcades en nous délivrant au fil des mois leur senteurs diverses et suaves.


Le gazon amoureusement entretenu offre un écrin à la piscine en cours d'achèvement.
L'eau de pluie s'y est déposée dans le fond et les oiseaux profitent de cette aubaine.

Les merles et les moineaux viennent s'y baigner pour ensuite s'ébrouer sur l'amandier tandis que la fauvette se régale des petits vers et autres bestioles qui n'ont pas manqué de se développer là.

Un lézard se chauffe sur la margelle, le voici qui disparait en un éclair.

Les escargots sont nombreux, les musaraignes poussent des petits cris aigüs, les pigeons roucoulent et les hirondelles gazouillent perchées sur un fil. Parfois l'une d'elles s'aventure par ma fenêtre ouverte, fait un tour, se pose sur ma pendule ou la corniche d'un meuble.
Elle fait quelques trilles et ressort ravie.


Sous l'abri à paille, un joli chat du quartier s'est approprié un petit coin. Il vient se reposer et dormir sur une botte haut perché.
Quand je vois ses yeux qui brillent , je repars tout doucement pour ne point l'effrayer.


Longeons un peu la maison, on passe sous une pergola sur laquelle une clématite entortille ses feuilles telles des vrilles tandis qu'on admire ses fleurs, énormes étoiles pourpres.

Un jasmin d'hiver au coin, je le taille régulièrement car il se plaît tant qu'il gagne trop sur l'allée.

Le long du mur, des ancolies et valériannes ont poussé sans aucune ordonnance, qu'importe !

Une clématite Montana est montée à l'assaut d'un grillage tendu du haut du toit au ras du gazon.

Elle a atteint la faitière et se prélasse sur les tuiles, formant un rideau tout de rose étoilé pareil au voile léger d'une bayadère.


En pourtour de la pelouse, j'ai repiqué un ruban de bégonias en alternant feuilles claires et sombres, vertes ou pourpres en formant des triangles inversés.

Des oeillets mignardises plantés en pointillés diffusent une senteur poivrée.


Et là, mais non vous ne rêvez pas ; c'est bien un gros lapin blanc que vous apercevez.

Ce n'est pas le lapin d'Alice, il ne sortira pas une montre de son gousset.

Il vous fera simplement , sans aucune malice, quelques gentils croc-en-jambe, c'est sa spécialité.

Et le voilà qui vous tourne autour, ralentissant votre marche comme un petit foufou qui voudrait nous dire :
éh, regarde, regarde, je suis là !
éh, regarde, regarde, c'est moi !
baisse-toi pour me caresser !

Et de s'applatir de toute sa longueur nous offrant son pelage fourni et soyeux.

Et je me penche et je le flatte, "mon gros" est en extase, il se pâme l'animal !

Je suspend mon geste et d'un bond mon Californien part comme une flèche, stoppe net son élan et tranquilement s'installe pour brouter mes fleurs fraîchement repiquées. Ah quelle belle vie !

Tout ce petit monde vit en parfaite entente, nulle querelle entre espèces, oui, si les hommes pouvaient en faire autant !


A l'arrière de la maison, sur des fils se partageant l'espace, une vigne et des mûres dont je ferai une confiture et des tartes appétissantes.

Encore un figuier qui comme chaque année attisera la convoitise des merles qui viendront de l'aube à l'aurore se gaver de ses fruits.

Puis ce qu'il reste de mon élevage de lapins, six pensionnaires .
Devant les cabanes pour leur accorder de la fraîcheur durant l'été, deux buddleïas, arbres à papillons qui donneront des grappes au parfum de miel.


Encore des oeillets, à l'ombre une menthe douce envahit doucement de ses feuilles duveteuses, plus loin de grandes mauves dont mon lapin raffole et de roses trémières qui atteindront facilement les trois mètres et que je devrai tuteurer solidement.


Derrière l'abri à paille une haie de pyracanthas, buisson ardent, doublée d'un forsythia, un seringat et un cotoneaster.


Le dernier côté de maison étant à l'ombre, le sol est tapissé d'impatiens de balsamines doubles aux couleurs nacrées ponctuées de taches rouge vif.


Voilà, la promenade est terminée, mais il se fait tard déjà, le temps a passé trop vite.

Si ma compagnie vous a plue, repassez me voir et cette fois nous partagerons le verre de l'amitié et qui sait, peut-être que je vous ferai visiter ma demeure ?


Merci pour votre passage, et à bientôt.

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Commentaires sur cet avis
LD999

LD999

12.06.2007 15:51

Merci pour cette visite guidée, c'est un vrai paradis chez toi, c'est magnifique et la lavande quel bonheur ! si un jour j'ai un jardin, c'est comme ça que je voudrais qu'il soit..Merci de le partager. ;-))

koalagnianne

koalagnianne

11.06.2007 09:28

Merveilleux!!!!!!

laulolo

laulolo

06.02.2007 23:08

tu es bonne cuisinière tu as la main verte tu décris ta maison telle un poète AS TU DES DEFAUTS? Merci de nous avoir transporté dans un rêve avec cette description de ta magnifique propriété!

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