L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
les légumes sont à volonté ! |
| Inconvénients: |
les verres sont à ba - bel - oued ! |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Longtemps, j'ai pu manger ce que je voulais. Ma sustentation en milieu urbain passait essentiellement par le McDonald's ou le kebab. Malheureusement, cette période est révolue. Aujourd'hui, je dois me surveiller. Je vais donc chez Flunch.
Je pressens déjà les nutritionnistes amateurs me tombant dessus à bras raccourci sous prétexte que le Flunch, ce n'est pas diététique, enfin. J'ai envie de leur dire : taisez-vous. Je fais ce que je peux.
Quand vous pénétrez pour la première fois un Flunch, la chose qui vous frappe d'emblée, c'est la désorientation. De nos jours, nous évoluons dans un environnement majoritairement fléché : où que nous soyons, tout est conçu pour nous indiquer le plus clairement possible la direction à prendre. Ainsi, il y a plus de flèches à Ikea que dans un village navajo ; au-dessus des deux-cents cinquante caddies, il y a un étendard géant qui indique : caddies. Dans les hôpitaux, il n'y a qu'à suivre les lignes peintes sur les murs. Comme s'il n'y avait pas assez de panneaux de signalisation, on a muni les voitures de GPS. Et pourtant, en entrant chez Flunch, on ressent le genre de choses qu'un dyslexique doit ressentir en lisant un texte écrit par un autre dyslexique. Tout est sans dessus dessous, et rien n'est indiqué. C'est le chaos. Et encore, le chaos est un état de désorganisation naturel. Ici, la raison présuppose que l'agencement des divers points doit forcément répondre à une logique, mais l'entendement s'avère incapable de déterminer laquelle. L'intuition elle-même a rendu les armes. Juste avant sa défection, elle vous a rapporté une vague inquiétude.
Au Flunch, c'est marqué partout, les légumes sont à volonté. Vers l'entrée du magasin se trouve un étal circulaire proposant des légumes froids et des assiettes. Après avoir un peu plus loin trouvé l'endroit où sont entreposés les plateaux ainsi que les couverts -quid des verres ? - vous revenez naturellement vers ces légumes. Erreur. Ceux-là sont des légumes payants. Ils ne sont pas compris dans le menu. Les légumes gratuits se parquent derrière les caisses. C'est-à-dire qu'il faut payer avant même de se servir.
Vous n'êtes pas très rassuré quand vous vous disposez à payer. L'équipière polyvalente reluque avec un mépris blasé votre assiette de légumes. Il faut dire que votre conscience ne vous a pas aidé : afin de signaler que vous n'étiez pas de ces brutes moyennes que la gratuité incite à prendre trois fois leur part, vous avez choisi la plus petite assiette possible. Mais une fois face aux bacs de légumes, vous avez tout de même tenté de vous servir de tout ce qui avait l'air mangeable en quantité suffisante pour pouvoir vous faire une idée, si bien que la ridicule assiette en question ressemble à Mariah Carey dans un corset, elle passe son temps à se répandre sur votre plateau et c'est en ramassant distraitement les salsifis que vous répondez à votre interlocutrice quand elle vous fait remarquer que vous n'avez pas pris de boisson. Vous demandez benoîtement où ça se trouve. Elle lève les yeux au plafond, soupire, puis vous indique du menton un vaste mur de cannettes derrière vous. Votre regard implore la pitié. Pourquoi les boissons sont-elles à côté de l'entrée, avant même les plateaux, et alors que les verres sont... Dieu seul sait où ?! Vous hésitez, et puis vous sollicitez la grâce de payer d'abord et d'aller chercher un Pepsi après. Elle accepte. Soulagé, vous vous apprêtez à payer, lorsque vous vous apercevez que le prix dépasse de plusieurs euros celui du menu express, le prix plancher que vous venez de sélectionner. Cette fois, elle pense clairement que vous êtes idiot. « Monsieur, ça ce ne sont pas des légumes, c'est une entrée. » Chez Flunch, la détermination des légumes obéit à d'autres lois que celles de la gastronomie : un bon légume est un légume chaud. Les frites et les pâtes sont chaudes, elles sont donc des légumes. Une tomate, c'est froid, il s'agit alors d'une entrée. C'est un brin déstabilisé par cette découverte que vous vous imaginez l'espace d'une seconde en train de trier les légumes et de les essuyer de leur sauce afin de pouvoir les remettre à leur place, avant de vous soumettre à la réalité. En vous encaissant, la caissière pense : « mais POURQUOI j'ai fait des études de philo? »
La deuxième fois, vous ne vous faites pas avoir. Vous avez certes encore oublié de prendre une boisson, mais en tout cas vous avez feinté le plateau d'entrées avec l'agilité de l'agent Smith quand il évite les balles. Vous arborez le sourire de connivence de celui à qui on le la fait pas quand vous abordez de nouveau la caissière, qui ne vous reconnaît pas, d'ailleurs ce n'est pas la même que la dernière fois, même qu'en fait c'est un caissier. Vous arrêtez de sourire, et vous payez. L'étudiant rouquin et boutonneux qui arrondit sa misère avec ce job piteux vous remet votre ticket de caisse ainsi qu'un autre ticket où il est inscrit « poisson pané », avant de vous demander si vous désirez autre chose. A ce moment précis vous commencez -trop tard- à comprendre le piège dans lequel vous êtes tombé. Forcément, vous voulez autre chose : vous êtes en train de payer pour un plateau vide ! Vous vous dites que le coup des faux légumes à l'entrée n'était pas du tout un accident dû à votre distraction : c'était prémédité. Pour le moment, face à votre promesse de poisson pané, vous subissez une perturbation ontologique, vous avez le sentiment de vivre dans « le temps désarticulé » de Philip K. Dick, où les objets régressent jusqu'à devenir de simples cartes avec leur nom inscrit dessus. Vous vous accrochez fermement au plateau. On sait jamais.
D'ailleurs, en vous éloignant, vous vous demandez pourquoi deux des bords du plateau sont manquants. Vous réalisez que vous êtes possiblement en train de tenir le vôtre à l'envers : peut-être faut-il avoir les coins en moins de son côté, et pas tournés vers l'avant ? Vous ne voyez pas du tout pourquoi, mais comme le poisson papier vous a dérouté, vous commencez à paniquer. Vous vous dites que les côtés manquants doivent être prévus pour vous éviter de vous salir les manches, parce que de l'autre façon, ils ne peuvent que vous rendre plus aérodynamique, qualité qui manque d'à propos dans votre situation. D'un geste maladroit, vous faites pivoter le plateau, vous heurtez quelqu'un et manquez de faire tomber la cannette de Pepsi que vous venez de récupérer.
Vous découvrez enfin le présentoir de vrais légumes... avec ses pâtes et ses frites. Vous profitez de l'espace pour tourner de nouveau votre plateau l'air de rien, après avoir noté que tous les gens autour de vous s'en servent bouts en moins vers l'avant. C'est lorsque vous vous saisissez d'une grosse louche de brocolis que vous vous rappelez que vous n'avez toujours pas d'assiette. Comme vous y croyez encore, vous vous dites maladroitement qu'elles doivent être planquées avec les verres. Hé bien non : l'assiette se récupère en échangeant le fameux ticket contre un vrai poisson pané. C'est simple comme bonjour. Sauf que le ticket en question s'est envolé pendant que vous faisiez l'andouille avec le plateau.
Vous avez finalement récupéré votre ticket, mais vous avez la désagréable impression d'être observé par vos congénères. D'évidence, c'est faux : la plupart des gens se fichent complètement du fait qu'un hurluberlu remonte les allées à quatre pattes en cherchant son poisson pané. Ils se moquent de lui, puis l'oublient immédiatement. Enfin, c'est ce que vous essayez de vous dire pour arrêter d'avoir honte. Heureusement, un nouveau dilemme requiert votre attention.
Le coin cuisine est divisé en deux parties : d'un côté est inscrit « viande », de l'autre « plats cuisinés », et l'étal de légumes à volonté oblige de le contourner pour passer de l'un à l'autre. Le néon « Poissons » est situé exactement au-dessus cet espace mitoyen inaccessible. Après tergiversations, pendant lesquelles vous avez maté discrètement les plateaux des autres dans l'espoir de tomber sur un poisson et de remonter le courant, vous tentez, au pif, le côté viande. Vous faites la queue. Vous revenez vers le côté plats cuisinés. Vous pouvez enfin choisir vos légumes.
C'est alors que se réveille en vous le neurone de la maximisation. Il fait partie de vos pires neurones, avec notamment celui de l'éjac faciale (elles ne veulent pas, faudrait s'y faire, bordel !) et celui du « visiblement c'est beaucoup trop lourd pour moi mais putain y a des nanas » qui fait la joie des ostéopathes. Le rôle du neurone de la maximisation est, dans une situation d'extrême abondance, de vous faire ressentir l'impératif besoin d'en laisser passer le moins possible sous peine de devenir le jouet d'une lancinante frustration. En clair, il s'agit d'éviter à tout prix un « j'aurais pu manger un brocolis de plus, je le sais, bordel, JE LE SAIS ! » qui pourrait très bien vous hanter pour le restant de vos jours. Alors que si vous arrivez à manger quatre fois votre part, tout se passe comme si le menu express vous revenait à un euro cinquante au lieu de six. Cette seule pensée libère dans votre cortex une bouffée de stimulateurs synaptiques qui vous flatte en vous comparant à un génie du crime. Le cerveau reptilien, y a pas à dire, quelle belle invention.
Qui plus est, à force d'humiliations, vous avez fini par comprendre le plan secret fomenté par les têtes pensantes qui tirent dans l'ombre les ficelles des mécanismes des Flunch. C'était pourtant évident depuis le début : ils s'appuient sur vos faiblesses pour mieux vous détrousser. Ils vous amènent dans leurs serres en vous faisant miroiter des légumes à volonté, et une fois que vous êtes à leur merci, ils font tout pour vous empêcher d'en jouir ! Sinon, comment expliquer cette disposition absurde du restaurant ? Comment expliquer les boissons à deux mille kilomètres des verres (mais où sont-ils, à la fin, ces putains de verres ?!?) Pourquoi les tables sont-elles aussi serrées les unes des autres, sinon pour vous empêcher de vous lever et de vous resservir une plâtrée de légumes ? Et pourquoi les légumes eux-mêmes sont-ils aussi mous ?
Même les toilettes ont été pensées pour limiter vos envies d'en reprendre : chez Flunch, le papier toilette ressemble à des kleenex. Au lieu de se dérouler par l'extérieur, comme n'importe quel rouleau de papier toilette, celui-là se dévide de l'intérieur, et s'extrait comme un mouchoir d'une boîte. Là, vous vous dites que le procédé devient carrément ignominieux. En effet, des recherches scientifiques islandaises ont prouvé que l'utilisation des kleenex avait à voir avec les réflexes de survie. Tout au long de nos existences, nous avons été conditionnés à ne nous en servir que dans deux cas : pour essuyer notre nez, ou notre bite. Pour tout le reste, il y a le sopalin ou le papier cul. Toute autre utilisation d'un kleenex est viscéralement considérée comme une atteinte à notre dignité humaine. Cela joue sur le fait que si on se sert des kleenex pour n'importe quoi, après, on risque d'en manquer, et dans ce cas, avec quoi va-t-on bien pouvoir essuyer notre nez, ou pire, notre bite ? Du coup, en vous forçant à vous torcher avec des simili-kleenex, Flunch provoque en vous un sentiment de culpabilité qui vise à vous couper l'appétit.
C'est donc remonté à bloc contre le système que vous sortez des chiottes. Cette fois, c'est décidé, vous laissez le champ libre au neurone de la maximisation. Tant pis pour eux, tant pis pour la modération, tant pis pour la civilisation. L'enjeu de ce repas, c'est la défense de l'essence de la vie contre les vicieux assauts manipulateurs du capitalisme. Votre estomac est le champ de bataille. Il n'y aura pas de prisonnier. En plus, en revenant, vous êtes tombé nez à nez sur les verres.
Vous vous levez ballonné, mais triomphant. Rien n'a pu vous stopper, même pas de savoir que ce que vous preniez pour un verre au design original était en réalité un pichet d'eau. Mais pourquoi font-ils des pichets aussi petits ? Le cours des évènements vous empêche de trouver une réponse satisfaisante, ou même convenable, à cette interrogation. Car une dernière épreuve se présente à vous : que faut-il faire du plateau ? Vous distinguez bien une étagère roulante à plateaux à quelques encablures de là, mais elle semble déjà remplie. Histoire de ne pas passer pour le genre de connard qui se barre en laissant la vaisselle, vous optez pour faire au moins le trajet jusque là-bas avec votre plateau, en signe de bonne volonté. Une fois sur place, vous cherchez brièvement une personne compétente qui pourrait vous renseigner, mais personne ne vous vient en aide. Moyennement convaincu, vous commencez à poser vos plats sur un des plateaux déjà présents, avec l'intention de glisser le vôtre dessous pour terminer. C'est alors que surgit comme un diable un employé, qui vous débarrasse, ou plutôt vous arrache couverts et compagnie, comme si vous aviez voulu lui enlever le pain de sa bouche. Vous déglutissez. Cependant, cette fois, votre guerre est terminée : vous le laissez se démerder, et cherchez la sortie. Elle se trouve à côté des verres.
Conclusion : un poisson pané et 17 kilos de frites pour le prix d'un menu best-of, je valide.
| Autres avis |
~( Ma Cafet' Rennaise )~
Evaluation du produit Flunch par
Nouknouk
Avantages: Cf. Avis
Inconvénients: Cf. Avis
Oº°'¨¨°o.O°º¤ø,¸¸,ø¤º°`°º¤ø,¸ FLUNCH : RENNES, Cleunay °º¤ø,¸¸,ø¤º°`°º¤ø,¸ O.o°¨'°ºO
(¯`..[ Un dimanche soir …. ]..´¯)
C'était le week end dernier, un jour de beau temps, où j'avais passé ma matinée et u ...
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très intéressant
08.09.2007
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Le repas du midi
Evaluation du produit Flunch par
lashra
Avantages: nourriture bonne et peu chère pour ce qu'il y a à mangr
Inconvénients: Des fois il y a du monde
Et oui, je sais, c’est pas dans mes habitudes de parler de nourriture, mais j’ai toujours eu envie de parler de cette chaîne de restaurant qui, on peut dire, est bien pratique.
Je ne dirais pas qu’il faut y aller pour festoyer, mais i ...
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très intéressant
17.07.2001
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la sandwicherie à flunch
Evaluation du produit Flunch par
mellli59
Avantages: on peut manger sur place
Inconvénients: le choix et l'accueil
Je vais vous parler du flunch où j'ai l'habitude d'aller, c'est à dire flunch V2! et plus précisément la sandwicherie!!
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LES +
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>il existe des menus
*le menu impulsion à 3.30 euros (sandwich + boisson 33cl)
*le menu ene ...
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très intéressant
07.12.2003
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j'ai l'estomac qui flunch!!!
Evaluation du produit Flunch par
joyeux51
Avantages: rapport qualité prix
Inconvénients: self service, parfois bruyant
Qui après un voyage de 3 heures en voiture n'aimerais pas diner assis confortablement à une table avec une belle entrecote ou un beau poisson dans son assiette?
Franchement entre choisir un fast food degueu (pour ne citer personne)
ou un restaurant qui ...
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très intéressant
01.09.2001
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Pas mal, même en tête à tête ...
Evaluation du produit Flunch par
Fire.B
Avantages: pas cher et très bon
Inconvénients: le cadre trop cantine
Tout d'abord bonjour, et bienvenue à mes lecteurs et mes lectrices.
Je vais vous parler aujourd'hui de cette chaîne de restauration qui est pour moi la meilleure au point de vue rapport qualité/prix. En effet, et je pense que tout le monde le sait, vou ...
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|
très intéressant
08.01.2002
(11.01.2002)
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