L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Roule galette, ça te forge le caractère pour ta vie d'adulte |
| Inconvénients: |
Roule galette, ça te traumatise quand t'as 4 ans |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Avant-propos : ceci n'est pas une recette. Nous seulement c'est pas la saison, mais en plus z'avez qu'à l'acheter toute faite chez le boulanger, votre galette, non mais !
Non, ici, on parle littérature (oui, la Grande, la Vraie), laissez-moi ce petit plaisir....
J’ai eu l’occasion de discuter littérature jeunesse autour de moi (collègues de travail, ciaopotes, etc.) et j’ai constaté avec surprise, voire effroi, que peu de gens en France connaissaient ce chef d’œuvre qu’est Roule Galette. Et ça, passez moi l’expression, ça craint velu.
J’ai donc décidé de pallier ce manque et d’édifier les masses en y consacrant mon premier avis sous ce pseudo (notez la formule, qui sous-entend que si vous commentez par « bon premier avis » ou autre, vous êtes un naze, désolée).
Roule Galette est un ouvrage phare dans la production éditoriale jeunesse en France, édité de nos jours par Flammarion, dans la collection « Les Mini Castors ». Vous pouvez le trouver en librairie pour le prix dérisoire de 3 euros 75, une bagatelle pour ce magnifique objet, jugez-en : un format original de 18x21 cm, un cahier de 24 pages enveloppé dans une couverture souple agrafée, bref, un bonheur de bibliophile, tout en couleurs s’il vous plaît.
Les dessins sont d’origine (années 70, à en juger par le style) et la couverture est un magnifique teaser, dans la mesure où l’on y voit un renard à l’air chafouin (on sent tout de suite que c’est le méchant de l’histoire) avec la galette du titre au-dessus de son museau (c’est suggestif, ptain !).
Tout d’abord, je vous raconte l’histoire. Asseyez-vous, prenez du pop corn, savourez.
ROULE GALETTE, THE STORY
Dans une petite maison, tout près de la forêt (important, ça, la forêt), un couple de vieux passent tranquillement leur retraite, en attendant la canicule qui les emportera un jour. M’enfin, en attendant, faut bien manger, et le vieux réclame, je vous le donne en mille, une GALETTE.
Mais c’est la misère : la vieille n’a plus de farine, ce qui n’est pas hyper pratique pour faire une galette (en fait, c’est une tarte, hein, la galette du titre, ou plutôt une tourte d’après les illustrations, mais c’est traduit de l’italien, donc bon, y’a des approximations). Le vieux a vécu la guerre, il sait comment on fait dans ses cas-là : il recommande à sa femme d’aller balayer le grenier les derniers grains de blé qui y traînent.
Bon, déjà, on bascule à fond dans le politiquement incorrect : et l’hygiène, bordel ? Considérant leur système immunitaire comme apte à les prémunir de tout déréglement organique, la vieille ne fait ni une ni deux et va balayer le grenier. « Avec les grains de blé elle fait de la farine, avec la farine elle fait une galette, et puis elle met la galette à cuire au four. »
Z’avez vu l’art de l’ellipse, quand même ? L’auteur nous épargne 1) le tri entre les grains et la poussière, 2) le broyage des grains pour récupérer la farine, 3) la conception de la galette, et j’aimerais bien avoir la recette parce qu’une galette avec juste de la farine, c’est hyper pratique à faire comme bouffe ! Bref, c’est un texte sobre et minimaliste. Le jeune est ainsi préparé à apprécier ce qui se fait de nos jours en matière de littérature. Quittons cette digression et revenons à l’histoire. Notez au passage qu’on en est déjà à la page 6.
La galette est cuite, mais le vieux trouve encore moyen de se plaindre : ce qu’ils sont chiants, ces retraités, quand même ! Et pourquoi il se plaint, papi ? Elle est trop chaude, qu’il dit, faut la laisser refroidir ! Épouse soumise, la vieille pose la galette « sur la fenêtre », nous dit le texte (sur le rebord de la fenêtre, le lecteur aura corrigé de lui-même).
Et là, attention, GLISSEMENT. L’auteur se détourne de ces vieux, dont nous n’aurons plus de nouvelles par la suite (peut-être sont-ils morts de faim avant l’arrivée des chaleurs). En effet, la focalisation se porte aussitôt sur la GALETTE, faite personnage à part entière. « Au bout d’un moment, la galette commence à s’ennuyer [cette phrase concentre à elle seule ce magnifique glissement de subjectivité]. Tout doucement, elle se laisse glisser du rebord de la fenêtre [ah, le traducteur s’est corrigé par la suite], tombe dans le jardin et continue son chemin. Elle roule, elle roule toujours plus loin…. »
L’odyssée de la galette commence, laissant le lecteur pantelant. La suite n’est qu’un éternel recommencement, cyclique, terrifiant, qui renvoie bien à la pauvre condition humaine qui nous rapproche tous (pauvres de nous).
La galette rencontre un lapin, ce dernier exprime son désir de la boulotter. Mutine (jeune, follette, libre), la galette lui suggère d’écouter plutôt sa chanson, et intrigué, le lapin s’exécute. Suivent ces quelques vers abasourdissants, exprimant la révolte de l’être face à son destin, de l’être qui parvient à briser ses chaînes et vivre libre :
« Je suis la galette, la galette
Je suis faite avec le blé ramassé dans le grenier.
On m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux aimé courir !
Attrape moi si tu peux ! »
(Je précise qu’on peut acheter le livre accompagné d’une cassette. Enfin, c’était une cassette à l’époque, maintenant j’imagine que c’est un CD. C’est le progrès qui veut ça. Avec le ton, la chanson, ça donnait un truc du genre « Je suis la galeeeeetteuh, la galeeeeetteuh », enfin bref, vous ne voulez pas savoir.)
S’ensuit une course poursuite de deux pages à vous couper le souffle, parce qu’après avoir fini sa chanson (son hymne, oserais-je), la galette se débine et le lapin lui court après. Et comme une galette roulante, ça va vachement plus vite qu’un lapin, et bien la première sème le second à la six quatre deux, et disparaît dans la forêt (très important, la forêt).
La vie est une répétition de schémas, et l’enfant l’apprend quand la galette rencontre le loup (gris) (j’y peux rien, c’est précisé dans le texte). Rebelotte : l’animal veut bouffer la pâtisserie, qui chante sa chanson et se débine, re-course poursuite de deux pages, re-disparition dans la forêt (très important, ça, la forêt). Pourtant, c’est rapide un loup. Surtout gris.
Bon, bref, la galette rencontre un « gros OURS » (la typo est d’origine). Et effectivement, c’est vraiment un gros ours, il prend toute la page ! Comme d’hab, l’animal veut bouffer la pâtisserie, qui chante sa chanson et se débine, re-course poursuite de deux pages, re-disparition dans la forêt (putain d’important, la forêt). On est à peine surpris. Les méfiances s’endorment…
Donc, quand la galette rencontre un renard, on PENSE savoir comment ça va se finir (quoique, on est à la page 20, donc va bien se passer un truc spécial). Mais je ne suis pas d’accord. Car cette rencontre, tout de suite, choque en se plaçant délibérément dans l’étrangeté.
Premièrement, la rencontre se déroule sur une DOUBLE page, alors que pour les autres, une page suffisait.
Deuxièmement, le renard a ce putain d’air CHAFOUIN. Le lapin, le loup gris et le gros ours, ils avaient l’air beaucoup plus COOL, on a presque l’impression qu’ils tapent de la patte en rythme quand l’aut’ galette chante sa chanson, et quand ils la poursuivent, c’est presque bon enfant, ces bestioles SOURIENT (sauf l’ours qui a l’air d’un pervers, parce qu’il tire la langue) !
Troisièmement, quand ils apercevaient la galette, les trois autres s’exclamaient « Galette, galette, je vais te manger ». Pas le Renard. Lui, il tombe direct dans la vile flatterie, il dit : « Bonjour, galette, comme tu es ronde, comme tu es blonde ! » Mince, elle est con, cette galette ! Est-ce que moi, je m’arrêterais chanter une chanson à un mec qui me dis « tu es ronde, tu es blonde » ? Jamais de la vie !
Quatrièmement, la chanson de la galette n’est PAS retranscrite. L’auteur indique juste « La galette, toute fière, chante sa petite chanson. » Encore une ellipse, méfions nous.
C’est donc avec des sueurs froides qu’on tourne la page. On arrive à 22-23, c’est la dernière double page, quel suspense !!!
« Qu’est-ce que tu chantes, galette ? Je suis vieux, je suis sourd, je voudrais bien t’entendre. Qu’est-ce que tu chantes ? »
La galette (qui a vraiment une mentalité de blonde, en fait) s’approche innocemment. « Pour mieux se faire entendre, [elle] saute sur le nez du renard et, de sa petite voix, elle commence. »
Suivent les paroles rassurantes de la chanson, qui ne rassurent qu’à moitié dans la mesure où sur l’illustration, cette gourde de galette est vraiment juchée sur la truffe du renard, qui lui jette un regard en coin à donner des cauchemars à un fan de Lovecraft.
« Je suis la galette, la galette, je suis faite avec le…. »
Fin de la page. Le lecteur est liquide. Tremblant, il tourne la dernière page, sachant très bien ce à quoi il va assister, à quel terrible spectacle il va être confronté, et avant de lire le texte, il tombe, estomaqué. Le renard s’est emparé de la galette et y a planté ses crocs, la faisant voler en fragments que c’en est une boucherie…
« Mais, HAM ! … le renard l’avait mangée. »
Y’a même pas le mot « fin ». Juste un achevé d’imprimer. Et la 3e de couverture, vierge, inquiétante : c’est fini, vraiment fini. En une page, UNE (1) fucking page, la galette en laquelle l’enfant avait placé tous ses espoirs de rébellion et de liberté, une galette à laquelle il avait fini par s’identifier en quelque sorte, cette galette est morte, broyée par les mâchoires d’un mammifère en voie de disparition. HORREUR ! Et cette onomatopée, merde, « HAM », mais où est-ce qu’ils ont été pêcher ça ?!
ROULE GALETTE, LE SENS CACHE
Ce livre, vous l’avez compris, est un livre traumatisant. C’est aussi une formidable leçon de vie, qui apprendra plus à vos gamins qu’école, cathéchisme et centre de loisirs réunis. La morale (les morales, même) a beau être ambiguë (et justement, toute morale se doit de l’être), c’est une lecture à placer entre toutes les petites mains potelées de grnnnenfants.
D’un point de vue stylistique, on a pointé plus haut l’art de l’ellipse et le minimalisme tout en nuances de l’auteur (qui mériterait plus de reconnaissance).
D’un point de vue générique, je me contenterais d’évoquer à nouveau le basculement du début, où l’on passe d’un univers connu et réaliste (des vieux dans une chaumière) à un univers parallèle où les galettes chantent en plus de se déplacer par leurs propres moyens, et je ne vous parle pas des animaux qui causent en plus de vouloir faire des entorses à leurs régimes respectivement herbivore, carnivore et mielovore. Cette inquiétante étrangeté surgie au sein du quotidien, il faut le dire, c’est la base de la littérature fantastique depuis le XIXe siècle. L’auteur a des lettres, bon sang.
Du point de vue de la mise en image, c’est calculé au millimètre, et l’on retrouve les schémas cycliques caractéristiques du conte de fées, rencontre/chanson/course poursuite, sur quatre pages, c’est académique, c’est pur, c’est construit. Une oeuvre d’art.
D’un point de vue psychanalytique, le début est capital. En effet, que fuit la galette, par « ennui », cet ennui métaphysique qui pousse l’être à questionner le pourquoi de son existence ? Elle fuit un foyer patriarcal, où la misère matérielle rejoint la misère spirituelle et intellectuelle. La galette est pourtant leur enfant, inutile de m’étaler sur la symbolique des petites graines de blé. En cela, sa fuite, c’est un peu la crise d’adolescence, la rupture avec les liens parentaux, le déni d’un père qui la trouve « trop chaude » et d’une mère qui l’abandonne sur le trottoir (euh, sur le rebord d’une fenêtre). C’est dramatique, merde ! La rencontre avec les bêtes, finalement (LE lapin, LE loup, LE ours), c’est la recherche du père auparavant fui. Limpide.
Enfin, d’un point de vue sociocritique, c’est le bouquet. La galette acquiert son indépendance, certes, et parvient à briser l’aliénation en quittant son rôle de consommable. La galette est REVOLUTIONNAIRE. Elle brise les idées reçues conservatrices de ceux qui pensent qu’une galette ne doit pas rouler, par exemple. Sa fuite dans la forêt (très importante, cette fichue forêt), c’est une course folle, à la recherche du bonheur mais déjà en plein dedans. La galette tente de faire des émules, et distribue la bonne parole (« Soyez libres », c’est le sens de sa chanson), avec succès car les animaux la poursuivent avec le sourire, enfin heureux, libérés eux de l’aliénation de leurs estomacs respectifs.
La Chute finale de la galette indique que toute révolution porte en elle les germes de sa destruction. Le renard n’a rien de conservateur, finalement : il vit selon ses impulsions, ne pense qu’au plaisir immédiat, c’est l’underdog que la Révolution ne peut convaincre, et qui est finalement plus dangereux que toute instance coercitive. Eh. L’idéalisme de la galette ne pouvait que finir broyé entre ces redoutables mâchoires.
ROULE GALETTE, BILAN CRITIQUE
Il est temps pour moi de clore cet avis trop long. J’espère vous avoir convaincu que Roule Galette, sous ses aspects primaires, est porteur d’un message qui préparera vos enfants à la Vie, la dure, la vraie. Apprendre à lire avec ce bouquin, c’est devenir, quinze ans plus tard, un citoyen accompli, conscient de sa liberté et des moyens de la préserver, des limites dont il faut se garder, et des forêts dans lesquelles il ne faut point se perdre (je vous avais dit que c’était important, la forêt !).
| Autres avis |
Vive le roi ! Vive la reine !
Recette de
jenny88
dans la catégorie Galette des rois
Avantages: Trop trop bon !!!!
Inconvénients: aucun pour moi !
...La galette qui la mangera Qui fera la bonne galette
La galette qui la mangera? Ce sera celle que tu choisiras
1, 2, 3, 4, 5, 6 Et voilà le roi et la reine
Et voilà la reine et le roi. ...
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Les membres de Ciao ont trouvé cette recette très intéressante |
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très intéressante
05.01.2006
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J'aime la galette, savez-vous comment?
Recette de
annelefevre
dans la catégorie Galette des rois
Avantages: C'est moi qui l'ai fait!
Inconvénients: C'est moi qui l'ai fait!
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INGREDIENTS
* 2 Pâtes feuilletées
* 150 g de poudre d'amande ...
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|
très intéressante
07.01.2008
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« « Tous les secrets de la Frangipane » »
Recette de
DUVERNOY
dans la catégorie Galette des rois
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très intéressante
12.05.2008
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MA GALETTE DES ROIS A LA FRANGIPANE
Recette de
praline1315
dans la catégorie Galette des rois
Avantages: Meilleur marché que de l'acheter
Inconvénients: Il faut la faire
...Je vous livre ma recette de galette des rois à la frangipane.
Ma petite astuce est l'ajout de la crème pâtissière qui rend cette galette plus moelleuse et moins écoeurante pour ceux qui ne la supportent pas.
Je la fais chaque année et elle remporte tou ...
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très intéressante
12.01.2007
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Qui veut être le roi ?
Recette de
mamystar63
dans la catégorie Galette des rois
Avantages: Une occasion de se réunir en famille
Inconvénients: seulement une fève pour un roi et une reine, pas juste!!!
...Aujourd'hui, la tradition veut que pour le 'Jour des rois', on partage un gâteau appelé galette. Selon la région, il s'agit soit d'un gâteau feuilleté soit d'un gâteau brioché. La galette est à base de pâte feuilletée généralement fourré à la frangipane ...
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|
très intéressante
03.01.2008
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