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Les MRP : au Sénégal

5  27.04.2004

Avantages:
on pétille des yeux au retour

Inconvénients:
obligé d'écrire un avis sur ciao

Recommandable: Oui 

isatis39871

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Membre depuis:12.01.2004

Avis:60

Lecteurs satisfaits:15

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Cet avis a été évalué par 12 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Le plus frustrant dans les voyages, c’est l’impossibilité de partager totalement ses souvenirs. On raconte 20 fois l’histoire, toujours d’une manière différente avec des détails sautant ou venant se greffer, mais jamais on atteint son but : la faire vivre pleinement. En une seconde, une scène se grave dans votre mémoire. Là votre vue fait une photographie, l’ouie chantonne cette expérience, le vent soufflait peut-être en aiguisant votre épiderme ou apportant des flagrances vers vos papilles olfactives voir titillant les gustatives qui sont si proches… Et qui à dit quoi à ce moment ? Quelles pensées vous on traversé l’esprit, tout ça en un instant ? Une minute qui dure un an, une heure qui défile comme une seconde ou même cette sensation d’être sur la touche « pause » du magnétoscope. C’est inracontable, le langage est trop limité, il couvre trop peu de nuances et limite l’aspect de la simultanéité. Impossible non plus de faire vivre ses sensations intimes, de montrer ce qui était et en même temps ce qui paraissait.
Pourtant je m’acharne, je ne manque pas de public mais je sens encore ce sentiment d’impuissance, à l’oral comme à l’écrit. Malgré cela, la saga des « migrations du renard polaire » continue et au aujourd’hui ciao fera office de Paris Charles de Gaulle, destination le Sénégal.
Comme d’habitude je fais les recommandations d’usage : c’est un avis long, subjectif, personnel et incomplet voir erroné qui sera à la fois une appel au voyage et un petit bout de biographie. Amateurs de club Med, lecteurs de brèves et détracteurs de la subjectivité, FUYEZ ! Pour tous les autres, installez vous confortablement au fond de votre siège, seul un index posé sur la flèche « bas » du pavé directionnel doit resté actif, nous quittons la piste d’envol…

J’ai grandi depuis le Venezuela, mes parents sont séparés et je vis pour lors dans une banlieue parisienne avec ma mère et mon petit frère. Une fois de plus j’ai posé plusieurs fois les pieds sur le continent africain et au moins une fois au Sénégal, mais je vais tout regrouper en un seul trajet (l’avis sera donc forcément incorrect) par souci pratique, et par plaisir aussi J Cette brève introduction va vous remettre dans le contexte familiale.
Mes grands parents paternels sont d’adorables mais d’austères personnes ayant éduqué leur deux fils dans l’enfermement et le travail scolaire acharné. Cela explique, d’une part leur culture avancée, et de l’autre leur sévérité. L’un eut lui-même deux garçons et les éleva d’une manière stricte mais modérée, l’autre eut deux filles, mes cousines, et finit en emmerdeur pompeux mais original en tant qu’haut fonctionnaire de l’Etat français. Dans notre scénario, il réside temporairement à l’ouest de Sahara pour des raisons de carrière et invite son frangin d’une quarantaine d’années à y passer des vacances.

◄◄◄ Stewart et paludisme ►►►

La Nivaquine hantera certainement mes cauchemars jusqu'à la fin de mes jours. En fait, elle a castré en une cuillère tous nos élans d’allégresse dus à l’annonce de notre départ. Il y a en effet 2 conditions pour partir au Sénégal, avoir d’une part un visa pour rentrer ce qui est relativement facile à obtenir car des vaccins à jour suffisent, et prendre deux semaines avant, pendant et après le séjour un médicament prévenant le palu. Seulement voilà, si aujourd’hui des pilules qu’on avale tout rond sont disponibles pour les adultes comme pour les enfants, à l’époque, en dessous d’un certain poids on prescrivait la version en sirop… Ca mérite un paragraphe :
On avait trouvé un moyen d’alléger le supplice, verser les 5 cuillères du poisseux liquide brun dans un vers et gloup, boire d’un trait plutôt qu’en plusieurs. Mais ça na pas suffit, ce truc immonde à été la seule ombre au tableau mais quelle ombre ! Les chercheurs qui l’ont inventé se sont aperçu du goût très amer, ils ont donc complété cette substance peu goutteuse par du caramel synthétique de la plus mauvaise qualité. Quand je dis que le résultat
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vous êtes ici !
est à vomir, ce n’est pas une métaphore, mon polochon est effectivement passé à la machine à lavé après la première ingestion.
Le plus difficile est passé après le petit déjeuné, on prend donc notre courage et notre valise à deux mains pour foncer dans notre airbus. Les annonces françaises et anglaise s’alternent … « Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenu à bord de cet appareil. Ladies and gentlemen hello and welcome aboard this aircraft. We require your attention for a few moment. Nous vous demandons quelques secondes d’attentions, nous sommes sur le point de faire les démonstrations de sécurité. We are going to show you the safety procedures… »… et je les répètent dans ma tête par pur réflexe : je les connais par cœur en bilingue sans même avoir jamais fais de cours de langue étrangère ;-)
Mon père râle contre l’inconfort de la capsule sous pression qui nous emmène à 20.000 pieds d’altitude, décidément il aime de moins en moins prendre l’avion. Je ne le comprend pas encore car je trouve les hôtesses charmantes de m’offrir des jeux, un plateau repas (insipide il est vrai) et quand la lumière s’éteint, le cinéma commence. De toute façon je ne verrais jamais la fin du film car un siège libre à mes côtés offre bientôt un accueil moelleux à ma tête. L’avion se pose près de Dakar.

◄◄◄ Accueil chaleureux ►►►

Contrairement à Paris, on descend directement de l’avion sur la piste pour rejoindre à pied ce qui ressemble à un aéroport de ville secondaire. Les yeux desséchés par la climatisation embarquée de l’appareil ne sont qu’a demi-ouverts pour filtrer la poussière apportée par le vent qui fait battre nos t-shits. L’image la plus parlant est sans aucun doute celle d’un sèche cheveux géant. Je ne sans pas l’humidité mais un bise chaude m’enlace doucement, se glissant à travers les fibres de mes vêtements. Ma chance, c’est que je ne préparais pas encore ma valise seul et que je suis donc légèrement vêtu. La température m’a pris par surprise mais reste donc agréable.
Un homme à l’ample chevelure châtaigne que j’ai l’impression de connaître accueille mon géniteur à bras ouvert. Il insiste lourdement pour nous faire patienter dans le salon d’honneur en attendant la fin des formalités administratives. Premier clash, c’est le début de la longue et inévitable série d’engueulade fratricide. Mon cadet me regarde d’un air blasé : on ne comprend pas mais on a l’habitude alors…

Le chauffeur noir de mon oncle nous conduit jusqu'à la maison de « monsieur ». C’est fou. La battisse, comme toute celle des blancs, est entourée d’un haut grillage et gardée jour et nuit. Des habitants du pays sont payés pour entretenir le jardin, nettoyer la maison, faire la cuisine, accompagner les enfants à l’école… On m’assure qu’ils sont convenablement payés et je le crois, mais je crois aussi que pour le employeurs la main d’œuvre ne leur coûte pas même une journée de salaire. Enfin, honnêtement, je n’ai encore aucune notion de la valeur du travail ou de l’argent, difficile de conclure.
J’en ai plus tard discuté avec mon père. Bien que l’esclavage de toute une société soit depuis longtemps rangé aux oubliettes, les noirs et les blancs restent deux communautés très séparées qui entretiennent des relations ambiguës. Les sénégalais se comportent envers ceux qui apportent de l’argent comme des gens soumis, tout sourire, et s’exécutent pour quelque sous. Mais ce n’est qu’apparence car ils ne font que ce qui restent dans leur intérêt, et claqueraient la porte au nez de certains s’ils le pouvaient. Malheureusement beaucoup sont pauvres et notre commerce inéquitable n’améliore pas la situation, ils restent souvent dépendants des capitaux que détiennent les étrangers. A l’inverse, s’il existe toujours des gens profitant de la situation de par la force de leur monnaie, la plupart sont seulement entrés dans ce système sans le vouloir, car il n’existe que celui là : ne pas embaucher des sénégalais c’est se faire passer pour un enfoiré raciste ou radin et les conséquences sont désastreuses. Protéger sa maison et ses enfants est d’ailleurs indispensable car la délinquance vise la couleur de peau (ou celle des billets au choix), et même une personne prudente n’évitera pas les arnaques ou les bakchichs. Cette apparente servilité est donc un cercle vicieux et à moins de s’immiscer longtemps dans les affaires politiques et pouvoir y changer quelque chose, mieux vaut l’accepter pendant le séjour si l’on souhaite passer de bonnes vacances.

Un fox terrier sursaute sur le gazon, il estime soudain que 3 jappements nous feront fuir de son territoire et se fais vite rappeler par la maîtresse des lieux. « Platon, laisse ce sont les enfants… » Appeler son chien Platon, est je pense, significatif d’un certain état d’esprit vous ne croyez pas ? Mais bon, des mini-bananes que je sais très sucrées pendent non loin d’une piscine alors tout ceci reste fort attrayant. On nous installe dans une des chambres de cette spacieuse demeure.

◄◄◄ S’activer ►►►

Oui on peut se baigner. Ce n’est pourtant pas ce qu’il y a de plus intéressant mais c’est semble-t-il la première chose que les gens veulent après 5000 km de transport. Soit. La piscine vous attend un peu partout et efface agréablement la morsure du soleil, parfois contre celle des mandibules de fourmis cannibales tombant des feuilles des arbres sur vos épaules où elles arrachent goulûment et douloureusement un petit carré de peau. Pas de quoi s’en faire, c’est assez rare. Moi je m’éclate à faire des longueurs sous l’eau, je bat des records d’apnée et poursuis mon frère au pas de course : cet andouille m’a arrosé en pleine séance bronzage mais il tourne plus vite que moi autour du bassin. Les moustiques nous saluent également, enflant nos poignets et nos chevilles. Un se pose sur le bidon de mon père et je l’écrase vivement d’une claque. J’en reçois une de la part d’une personne irritée par la soudaine douloureuse rougeur de son nombril.
La mer aussi est rouge. Je n’avais jamais vu ça. Le sable est ocre et donne une teinte à l’eau aussi étrange qu’inattendue. Quelques matières organiques desséchées non identifiées ornent le paysages et c’est tout. Pas un chat, pas une vague, pas un poisson-chat non plus. J’ose le dire, la piscine est mieux. Mais sortir nous permet de profiter des nuances pastelles du paysages et on se prend à rêver que les maisons que l’on longe ne sont que des aquarelles.

Mais il y a mieux que de faire trempette. Il y a les marchés ! Et là tout est dit. Un bruyant labyrinthe d’étalages, de toiles, de tentures aux milles senteurs vous tiendra occupé la matinée. Il y en a tous les jours, partout et de toute sortes. Ici, des épices odorantes, là des sculptures de bois…Bientôt un vieil homme voilé me prend en chasse et essaye de me vendre un sabre et son fourreau artistiquement décoré, 2 heures de marche durant,et le prix de l’objet baisse de moitié toutes les 10 minutes. Je l’aurais actuellement chez moi si j’avais eu la garde des finances mais ce n’était pas le cas.
Ca hurle, ça chante, ça appelle… Une cacophonie qui, loin de blesser les oreilles, enchante par sa diversité. On ne comprend pas là moitié de ce qui est dit en français, et au total ça fait peu. Il faut dire qu’ils utilisent une langue de Molière très librement adaptée ici ! Mais à force, le message finit toujours par passer, on est persuadé que le produit nous est vital, meilleur que celui du voisin ou qu’on en aura besoin un jour ou l’autre, qu’il est plein de mystère et bien entendu doté de pouvoirs magiques. Au hasard des allées qui passent d’extérieurs en intérieurs, on échange des milliers de franc CFA (je crois), autant dire pas grand chose, contre des figurines d’hippopotames et de joueurs de jazz, des imitations de fruits et des récipients taillés. Je suis ravis, on m’a offert un bout de peau de serpent tanné.
Notre « mama » fait son shopping, c’est elle qui est engagée pour faire la cuisine et rien qu’a voir son air décidé devant tant de choix culinaires, on lui fait confiance. De notre côté on continue à traînasser, à regarder des stands souvent couverts d’étoffes et d’ornements sur toute la hauteur, jusqu'à cacher le vendeur dont dépasse à peine la tête.
Dans cette foule clairsemée et colorée, on se sent visible. Notre petit groupe flânant fait un peu tâche avec les mollets à l’air et la mine hésitante que chacun arbore. Le reste du monde semble recouvert de tissu large quand il est au féminin, un enfant parfois dissimulé dans les plis, tandis que la tendance mâle est au vêtement proche du corps. Plus que jamais, je me sent étranger dans ce lieu qui ne me rejette pas mais comme l’eau et l’huile, semble refuser notre mélange. Ah, voilà bien une logique de touristes, vouloir se faire accueillir alors que c’est à soi de s’intégrer…

◄◄◄ Vivre ►►►

Bien que passant d’excellente vacances, je sais déjà que jamais je ne voudrais vivre ici. D’abord, je garde des habitudes de consommateurs européens difficiles à combattre. La preuve, appréciant malgré tout grandement la cuisine de notre « mama », je rempile en ajoutant aux haricots rouges accompagnés de requin (sec mais agréable si bien accompagné) un petit coup de fromage bien synthétique : le St Moret. Arf, pourquoi pas du Kiri ? Et puis la soupe est délicieuse mais je n’y touche plus depuis que j’ai appris comment elle était préparée : il n’y a pas de machine ici pour broyer les légumes et notre cuisinière se sert de sa bouche en guise de mixer. Si seulement je ne l’avais jamais su…
Ensuite l’air pur, c’est parfais et très fun en voiture. On est souvent assis sur le rebord de la fenêtre car le code de la route s’applique de manière étrange. En réalité, les policiers n’arrêtent jamais pour une infraction réelle. Mon père me raconte qu’au Mali, un flic l’a mis sur la touche car il ne s’était pas arrêter à la ligne blanche. Surpris, il se retourne, constate une route neuve et vierge et répond qu’il n’y a pas de ligne. « Elle y était » fut la réplique narquoise qu’il obtint en retour et il paya une amende qui finit dans la poche de l’agent. En définitive, payer un pot de vin et montrer ses papiers sans JAMAIS les donner sont des réflexes qu’il faut travailler. C’est triste mais bienvenu dans le monde des hommes… Pire encore ! Tous les gens sur place avoueront que renverser quelqu’un dont la teinte de l’épiderme diffère de la sienne et s’arrêter pour le secourir revient à finir ses années en prisons sans passer par la case procès, parfois même pour une jambe cassée.
Et surtout, devoir prendre en permanence des médicaments pour ne pas tomber malade, très peu pour moi. A la fin du voyage, nous fîmes un concours en comptant les bulbes boursouflés qui parsemaient nos membres. Les boutons de moustiques dépassent la centaine dont beaucoup sont en sang pour cause de grattage intempestif. Ces sales bêtes sucent moins à mesure que les jours passent car le sang sucré des nouveaux venus les attirent plus et la sensation d’irritation se fais moins intense pour le corps mais tout de même, au début on déguste. Ces parasites sont vecteurs de la dingue, du paludisme de la fièvre jaune et autres joyeuseté dont je me passe volontié. Comme chacun le sait, seules les femelles piquent : aaaah les femmes, toutes des …. *BONG* (bruit du casque de moto que vient de projeter ma collègue infirmière sur mon crane – les cheveux amortissent ;-))

Mais hormis cela, je repart une fois de plus avec la tête pleine comme la pellicule de notre appareil photo, un zoli bronzage qui accompagne mon sourire scotché pour un mois et un record d’apnée statique de 1m30 que je le doublerai en même temps que mon âge. Juste un truc, j’emporterai du charbon pour la digestion (ce produit miracle que devrait exister dans toute pharmacie) la prochaine fois plutôt que de gober les passes magiques d’un vieux monsieur barbu. Au final, si mon frère à perdu son indigestion et prit une langue noir, je doute que ce soit en rapport avec le vaudou…

Et vous, vous partez quand ?

P. S : les photos ci jointes ne sont une fois de plus pas les miennes, pour des raisons exprimées dans les premières MRP.
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Commentaires sur cet avis
titounr

titounr

06.02.2006 16:23

Comme toi, j'ai encore plein de belles images en têtes ... Snif !!!

laure32

laure32

25.08.2005 21:46

J'ai très envie d'y repartir!

laure32

laure32

16.02.2005 22:25

J'en reviens et j'ai adoré!

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