L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
MAGNIFIQUE |
| Inconvénients: |
GRAND |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
A la demande générale, et pour satisfaire les commentaires sur mon premier avis général sur le Mexique, me voilà lancée dans un avis sur Guadalajara.
♫♫♫ Guadalajara et moi :
Tout a commencé en 2003, lorsque, à Poitiers, on nous a annoncé qu'il fallait qu'on choisisse notre ville de destination pour notre 3ème année d'échange universitaire. Ardue tâche que celle de s'expatrier pendant un an, sans amis, sans famille, sans personne et refaire sa vie, un petit bout de vie éphémère, que l'on sait qu'on devra quitter plus tard. Enfin, bref, me voilà lancée dans le pamphlet académique. Mes yeux se rivent sur le Mexique. Un choix à peu près obligé, puisque mon école ne me laissait pas choisir un pays où j'ai déjà vécu, soit impossible d'aller En Espagne, au Portugal ou en Argentine. Direction donc, Amérique centrale ; Mexique. Mais le Mexique c'est grand ! Certainement pas la capitale. Elle me fait peur. Trop polluée, trop bruyante, trop tout. Puis vous en sortant de Poitiers, un changement aussi radical, je ne m'en sentais pas prête. Puis je vois un nom qui fait de la musique : Guadalajara. C'est décidé, ça sera Guadalajara, Université Technologique de Monterrey, Campus Guadalajara.
♫♫♫ Guadalajara, Guada pour les intimes :
Au premier abord, une ville quelconque. Une mégapole sans charme, grise, grande, pauvre. A mieux y regarder, une ville magique. En arrivant a l'aéroport, la chaleur étouffe. Elle nous prend comme pour ancrer nos pieds au sol. L'aéroport est international, mais pas très grand, donc la marche jusqu'aux valises fut courte. Ouf ! Je vois sortir ma valise bleu, et mon sac vert. Je suis sauvée ! Un gars de l'hôtel où je suis est venu me chercher. Je monte dans sa petite fourgonnette toute déglinguée. Le voyage me paraît interminable jusqu'à l'hôtel. J'observe par la fenêtre ce pays qui m'est encore inconnu, son autoroute de l'aéroport, « décorée » de toutes ses grandes affiches publicitaires. Les quartiers pauvres, les gens dans la rue, les visages inconnus, bronzée, ridés par le soleil. Mes nouveaux accueillants dans ce pays mystérieux. J'arrive enfin à l'hôtel. Une auberge de jeunesse. Tous les jeunes qui vont aller à la même fac que moi y réside. Cool ! Des amis tous nouveaux. C'est ça qui est bien de voyager, on connaît toujours plein de monde.
Après avoir trouvé mon appartement, je peux enfin commencer à souffler, et m'adapter. La marche dans mon nouveau quartier m'a permis de repérer de quoi aller faire mes courses, laver mes vêtements, enfin, de quoi m'installer confortablement.
La ville est gigantesque vue d'avion, mais finalement, tout peux se faire en bus. Des bus y'en a partout. C'est un peu la particularité de Guada. Y'en a 5 qui vont tous aux mêmes endroits, des fois ils passent par des détours, quand ils sont fatigués et veulent arriver plus tôt à destination. C'est épique. On s'y habitue. Des fois même on en rigole, quand on n'est pas pressé. Les bus, ils n'ont pas d'arrêts définis. On lève la main si notre numéro arrive, il s'arrête, au coin de la rue, ou pas, c'est selon l'humeur du chauffeur. 4 pesos (1 peso = 0.1€ environ…). Ce n'est pas cher, et encore moins pour les étudiants, qui peuvent acquérir des plaquettes de tickets (les transvales) pour moitié prix, et en montrant sa carte d'étudiant : 2 pesos.
Le Tec est relativement loin d'où j'habite, mais tout le monde habite dans mon quartier, alors j'ai fais un peu comme tout le monde dès le début, question de pas être trop paumée.
Les premiers jours de cours commencent. La c'est la révélation. A Poitiers, nous 100 dans notre promo. Ici, nous sommes 6000. 6000 petites fourmis qui grouillent, montent et descendent des escaliers. Qui courent à la photocopieuse, qui discutent, chantent, rigolent…On peut clairement respirer la joie de vivre, et le no stress. Ils ont l'air heureux c'est mexicains. Bien sûr, ils peuvent, ils font partie des 5% les plus riches du pays. Leurs parents sont exportateurs, entrepreneurs, businessman accomplis, qui gagnent des fortunes. Des fils à papa quoi. Ils arrivent, avec leur Mercedes, leur Audi, et leurs lunettes Dolce et Gabanna. Ca sent le dollar quoi.
Mais ils ne sont pas bien méchants, au contraire, plutôt gentils. Ils sourient tout le temps. Ils peuvent, il faut amortir le blanchiment de dent. Non, décidemment, le Tec n'est pas mon ambiance. Peu importe, je n'y serai pas longtemps, 12 heures de cours par semaine, je vais pouvoir voyager et visiter la ville.
Un de mes cours était Photo. J'ai adoré. Mon projet : libre. Seulement présenter 5 photos sur un thème en particulier, en respectant les règles vues en cours. J'ai décidé de prendre des mains, des mains qui parlent d'elles mêmes, de leur travail. Cela m'a permis pendant un semestre de me balader dans Guada, à l'affût de mains. J'en ai passé du temps dans le petit marché central. Là bas, ils vendent des fleurs, des fruits, des légumes, des tacos. Ah les tacos ! On n'est pas vraiment immiscé dans la culture si on n'a pas mangé le tacos. Sortent de crêpe à la mexicaine, faite a base de maïs et sur laquelle on dépose de la viande au choix (chorizo, viande a la vapeur, grillé, piquante…). Le petit marché est entouré des 3 places principales de Guadalajara (aussi appelées zocalo). Chacune d'elle possède un monument important. Le Teatro Degollado, vieux comme la création de la ville presque. Le Palais de justice pour l'autre. La cathédrale pour la dernière. Des monuments à voir, à revoir, à visiter, à photographier, en couleur, en noir et blanc, en sépia.
Pour commencer à connaître la ville, il y a la possibilité de prendre un bus touristique, qui ressemble aux anglais. Pendant une heure et demi, un casque à traduction approximative du français, fais le tour de la ville. Le ticket/bracelet coûte 50 pesos, mais permet de s'arrêter et descendre du bus et prendre le suivant pendant toute la journée. C'est une bonne technique, pas chère et efficace. On peut descendre, manger un bout et remonter plus tard. En parlant de manger : la spécialité de Guada, c'est la Torta Ahogada. A savoir qu'ici la Torta c'est un sandwich (au grand désespoir de beaucoup d'étrangers qui confondent avec une Tarte et s'étonnent de voir arriver un sandwich de porcs, au lieu d'une belle part de tarte). Je disais donc, c'est un sandwich, a base de porc, d'oignon, et baignée en sauce tomate. On attend que le pain absorbe tout ça, et ensuite on le mange à la petite cuillère. Délicieux, et original.
ATTENTION : il ne faut, sous aucun prétexte, boire de l'eau du robinet. Elle n'est pas potable. Il faut toujours demander une bouteille d'eau, et vérifier qu'elle est bien ouverte devant vous. Mais dans les petits bouis-bouis, il est rare de trouver de l'eau. Ils sont plutôt portés sur la bière ou les sodas. L'Amérique est proche…l'obésité aussi.
A Guadalajara, il faut absolument parcourir son centre historique à pied. Ce n'est pas long et c'est magnifique. Des styles architecturaux différents, de la couleur, des petit marchés ambulants, de l'artisanat, des fontaines, des sombreros…Dans la ville du Mariachis (style musical typique de Guada) la musique résonne à chaque coin de rue. La coutume est d'envoyer les mariachis au pied de la fenêtre de son bien aimé, lui déclarer sa flamme, ou la demander en mariage. On peu y assister pendant son parcours touristique, et si vous avez la chance comme moi, peut être même que votre voisin de pallier aura la bonne idée d'en inviter pour chanter la sérénade a sa dulcinée à 3 heures du matin.
La particularité du Mexique c'est que c'est un pays qui ne dort jamais. Il y a toujours des boutiques ou même des super marchés ouverts, 24/24. C'est bien pratique quand on veut aller acheter de l'eau, ou du pain à la dernière minute. On ne se sent jamais seul dans la rue. Bon bien sûr, il faut éviter de sortir non accompagné, spécialement les filles, spécialement le soir. Je n'ai jamais eu peur. Je ne me suis jamais fait agresser ou embêter dans la rue, mais ça arrive. J'ai été prudente, et ça m'a suffit. Donc attention quand même…
Pour ce qui est de la vie nocturne, les bars, boites, disco, on en trouve à la pelle, pour tous les goûts et les portes-monnaies. La Maestranza est bien dans son style bar à tequila, Le Chess pour aller en boîte, le double U pour un style pour Lounge. Une fois là bas, il n'y a qu'à demander, tout le monde connaît.
Une fois Guada visité, on peut aller voir les alentours. Des petits pueblos typiques, spécialisés chacun dans un artisanat. Tlaquepaque, plutôt pour la poterie et les habits de cowboy. Tonala, pour ses meubles en bois. Si vous voulez des souvenirs ou meubler votre maison, c'est là qu'il faut aller, à des prix défiants toute concurrence pour trouverez de tout, et quand je dis tout, c'est tout. Et s'il n'y a pas ce que vous cherchait, vous vous le faites faire. Rien n'est impossible au pays de Pancho Villa et Frida Kahlo.
1 an. Voilà un an que j'y suis, mon départ est imminent, et je ne veux plus en partir. J'ai creusé mon petit trou, faits des amis remarquable. La culture ici est spéciale, différente, mais enrichissante. On mange à tout heure, arrive 2 heure en retard, mais on garde toujours le sourire. Ici rien n'est grave, tant qu'il y a du soleil.
Au fait, du soleil il y en a toujours, certes, mais il y a une saison des pluies ; d'Août à Novembre, il pleut tous les jours, pendant une heure, à partir de 17h. C'est ennuyeux, mais une fois qu'on s'y est habitué, on s'organise.
Les gens sont accueillants, souriants, charmants. Ils ont la main sur le cœur. Ca dépend desquels, comme partout. Si vous voulez des amis, évitez le Tec…allez plutôt chercher dans les facs avoisinantes. Et encore une fois, tout le monde au Tec n'est pas comme ça. Pour preuve j'y ai rencontré mon copain, même si lui vient d'un autre Etat, Tabasco (comme la sauce piquante), à l'est du pays. C'est peut être pour ça d'ailleurs que sa mentalité est différente.
Le seul hic : les gens détestent dirent non. Même s'ils ne savent pas, et si on leur demande une rue, ils vont inventer, pour ne pas nous dire « non, je ne sais pas », donc un conseil d'amie, au début, ne sortez pas sans votre guide des rues de Guada !!!
Voilà. Cet avis est essentiellement dédié aux futurs ou ex étudiants en échange dans cette merveilleuse ville plein de vie. J'irai certainement le compléter, en fonction de nouvelles idées qui me viennent, ou commentaires sur l'avis.
Après ce roman sans fin, je vous quitte chers ciaonautes. Ici il est 14h00, le soleil est radieux, la ville m'appelle !! ♫