Halloween 2007

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Halloween 2007

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Le boogeyman revient...

4  10.04.2008

Avantages:
Ambiance, musique, angoisse

Inconvénients:
Quelques longueurs .

Recommandable: Oui 

Détails:

Histoire

Acteurs / Actrices

Mise en scène

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Abenobashi63

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Membre depuis:11.08.2004

Avis:156

Lecteurs satisfaits:17

Cet avis a été évalué par 19 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Il y a une mode en ce moment. Celle de faire des remakes, c'est à dire prendre du vieux (et en général du très bon) pour en faire du neuf (et en général du nettement moins bon, à quelques exceptions près).
Dans cette mode, il y a une autre mode : celle de faire des remakes des films de John Carpenter.
Après une purge ( Assaut sur central 13 adapté de Assaut), puis une autre purge ( Fog adapté de… euh… Fog), Hollywood se lance sur la trace de l'un des croquemitaines les plus connus : Michael Myers, avec Halloween.

Le maître

John Carpenter est sans nul doute un des derniers maîtres du fantastique et de l'horreur (cinématographiquement parlant puisqu'on a quand même Stephen King en matière littéraire). Souvent boudés au cinéma, ses films font un carton à leur sortie vidéo et deviennent très vite des films cultes. Si certains métrages semblent dépassés par la technologie (quoi de plus logique ?), on pourra constater que les sujets abordés restent souvent d'actualité ( Assaut est aujourd'hui une œuvre visionnaire à mon sens) et leur permettent de traverser le temps.

Au palmarès de ce Big John on pourra citer Invasion Los Angeles, Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, The Thing, Vampires, Ghost of Mars et son chef d'œuvre L'antre de la folie.
Je n'oublie pas New York 1997 ou Los Angeles 2013 mais ce ne sont pas mes préférés, loin de là.

Venons en quand même au film dont il est question ici : Halloween . Le film qui a donné naissance à un nouveau genre, le slasher, et à au moins deux autres croquemitaines, et pas des moindres : Freddy Kruegger et Jason Vorhees.
Le premier Halloween date de 1978 et si les cadavres ne s'amoncelait pas à tous les coins de rue, l'ambiance pesante et les plans de pénombre de Carpenter faisait de ce film un pur produit de terreur.
Quand ils se sont attaqués à son remake, on pouvait craindre le pire bien entendu. Surtout après avoir vu ce qu'ils avaient fait de leurs deux premiers essais. Cependant, quand on a appris que c'était Rob Zombie ( La maison des 1000 morts, The devil's Reject) qui s'y collait, un certain soulagement c'était fait ressentir.

Alors, qu'en est-il ?
Petite présentation

Michael Myers est un enfant tourmenté. Il passe son temps à disséquer les pauvres bestioles qui lui tombent sous la main. Il franchit un pas important lorsqu'il tue de sang froid un élève de son école qui se moquait de lui et insultait sa mère.
Le soir même du 31 octobre, jour de halloween, à Haddonfield dans l'Illinois, le petit Michael va franchir l'ultime
Photos pour Halloween 2007
  • Halloween 2007 Un bisou?
  • Halloween 2007 Transfert
  • Halloween 2007 Petit jeu?
  • Halloween 2007 Déjà tout petit...
Halloween 2007 Un bisou?
Un bisou? Pas vraiment. Myers, ce n'est pas un tendre.
porte des ténèbres en assassinant sauvagement sa sœur, le copain de cette dernière et son père.
Interné, il va progressivement s'enfermé dans un mutisme et resté 17 ans dans sa prison, tant hospitalière que mentale, sous la surveillance du Docteur Samuel Loomis.
Pourtant, un soir d'halloween, Myers s'échappe. Il retourne à Haddonfield dans l'unique but de retrouver sa petite sœur, seule rescapée du premier massacre perpétré par le grand frère…
Evolution

Ce que l'on pouvait craindre, Zombie l'évite. Il ne donne pas dans le slasher pépère où des ados boutonneux se font massacrer avec plus ou moins d'humour.
L'approche de Zombie est beaucoup plus violente, beaucoup rude, beaucoup plus atroce. Il réinvente le mythe en s'accordant ce que Carpenter faisait dans la dentelle sans pour autant oublier de foutre les boules.
Rob Zombie reprend donc le mythe pour lui faire faire un pas de plus dans l'horreur.
En ce sens, il va changer tout d'abord de point de vue. Le personnage principal devient Myers lui-même et non Lorie, la gentille petite fille sainte nitouche qui ne mérite pas de mourir. Rappelons que dans ces films, la règle première est que les jeunes s'adonnant au sexe tout azimut doivent passer à la casserole sauvage du boogeyman et que les petites vierges auréolées doivent survivre. Débat repris dans un certain Scream.
Si Rob Zombie reprend ce concept (une des victimes se la donne très chaude et très provocante, limite catin ; et une autre néglige son devoir de baby sitter pour passer du bon temps avec son chaud lapin de petit copain), il ne va pas s'en tenir au simple massacre déviant. Il lui donnera une raison d'être tout au long de son film.

Il commence par montrer l'univers de Michael Myers. Une cellule familiale explosée, déchirée par l'alcool, la drogue et le sexe. Les points de repère n'existant plus, Myers tombe dans la barbarie sans que personne ne s'en aperçoive.
Quand son école tente de prévenir la mère de Michael, celle-ci rajoute à la tragédie en nous montrant qu'elle ne sait quasiment rien de son fils, qu'elle le voit comme un « garçon tout le monde » qui aime les animaux, pâquerettes et fleurs bleues en prime. L'ignorance totale d'une mère désabusé, désoeuvrée, avec l'espoir que de meilleurs jours sont à venir.
Les signes pourtant précurseurs ne seront pas vu et en conséquence, personne ne remarquera le mal qui sommeille pourtant proche d'eux.

Le massacre qui fait basculer le jeune garçon dans les ténèbres est d'une violence inouïe. Zombie ne s'entiche pas de la gentille morale qui dit qu'un gamin de 11 ans ne peut pas tuer. Il nous met devant le fait accompli, il nous pousse à voir ces méfaits et à se rendre compte d'une réalité encore difficile à avaler : l'enfant abandonné peut devenir un psychopathe. Et pas n'importe quel psychopathe ! Le pire de tous. Celui qui va tuer sans remord, sans pitié. Celui qui va calculer son crime et qui ne reculera devient rien pour parvenir à ses fins.
La douleur est pire quand il filme l'enfant qui ne sait pas, qui ne sait plus. L'enfant qui ne voit pas et qui n'a pas conscience du mal, qui n'en à aucune notion.

De l'espoir ? Il n'y en a pas… Il n'y en a jamais eu !

Le mal absolu

Ce qui était un instrument de mort dans le premier film devient ici la mort elle-même ; machine implacable, dotée d'une force surhumaine.
Peu à peu, Zombie enlève tout humanité à cet enfant. Et quand on le retrouve à l'âge adulte, ce n'est déjà plus pour nous qu'une machine à tuer impossible à raisonner et dépourvue de cœur et d'âme.

Ce qui était dangereux dans ce sujet restait de montrer un enfant responsable de crimes atroces. Même ici, Zombie joue parfaitement la carte de l'authenticité ; ce qui nous impose de ne plus voir un enfant mais un être dépourvu de sensibilité et souvent aussi victime que coupable.

Ce détachement progressif avec ce qui nous lie au monde des humains, nous permet de prendre du recul et de confiner Michael Myers dans une catégorie de laquelle jamais nous n'aurons l'occasion de le faire sortir : le tueur fou dont seule sa mort pourra nous en libérer.
En l'espace d'un petit quart d'heure, Myers devient une bête, un monstre. Il n'est plus qu'une enveloppe charnelle dans laquelle vit le mal absolu. Incapable de réfléchir, incapable de remords, il n'est rien d'autre qu'une machine à tuer.

Cette machine, Zombie la filme avec brio, reprenant parfois les éléments les plus angoissants de son aîné (l'inconnu au masque livide et froid qui observe en plein jour).
Il ira même plus loin que Carpenter en multipliant les massacres. Il filmera ces derniers de manière agressive, brutale. Il les délestera de tout humour les rendant encore plus tragiques et angoissants.

Tous ces éléments, mis les uns à côté des autres nous enfoncent un peu plus dans l'angoisse, l'horreur et la démence. Le film devient dérangeant et met très mal à l'aise. Sans compter sur la sauvagerie de la moindre image, même s'il ne s'agit pas d'un meurtre.

Glauque

A l'instar des derniers Massacres à la tronçonneuses, Halloween joue la carte du décor sombre et crade. Si crade qu'il devient parfois difficile de l'identifier, de le reconnaître. Si bien que l'on est perdu au milieu de nulle part, un tueur froid et implacable qui peut surgir de n'importe où.
Vous l'aurez compris, tout est fait dans ce film pour que rien ne nous laisse un seul moment de répit. Même si, parfois, nous avons quelques séquences un peu longues, on sent le mal attendre, sournois, dans l'ombre. Le tout pour mieux nous surprendre mais aussi pour que son apparition se fasse dans la plus grande douleur et la plus grande tragédie.

Rob Zombie n'a pas voulu faire un film d'horreur sympathique. Il a clairement décidé de parler de sujets graves et en montrer les conséquences au risque de choquer.
Oui, Halloween choque ! Le film n'est pas fait pour les âmes sensibles et il mérite bien son interdiction (bien que je trouve qu'elle ne soit pas assez élevée encore).
Le bon, le moins bon

Loin d'être parfait, ce remake s'en tire bien, à mon compte. Je suis un grand fan des films de John Carpenter et je dois reconnaître que les partis pris de Rob Zombie sont astucieux. Il a su garder la terreur qu'inspirait Michael Myers de 1978 pour la transcender et la remettre au goût du jour. Tout est multiplié : terreur, horreur et intensité.
Cela dit, heureusement qu'il se focalise sur le personnage de Myers et uniquement sur lui. Car il faut reconnaître que les rôles de Loomis et de Lorie sont loin d'égaler ceux tenus respectivement par Donald Pleasance et Jamie Lee Curtis à l'époque.
Pour le premier, à l'origine habité par ses erreurs (ou sa faiblesse) et son échec de n'avoir pu sauver son patient, Loomis devient un homme qui profite de l'anormalité unique que représente Myers. Ô, oui, bien sûr il fait preuve de remord par la suite mais franchement, on n'y crois pas une seconde. Le héros est malheureusement Michael Myers, un point c'est tout !
Quant à Lorie, elle n'est pas plus présente. Le souci aura été de vouloir la détacher complètement des évènements contés. Alors que l'on sait très bien qui elle est. Pourquoi faire du suspense là où il n'y en a pas ?

Le remake est fait pour montrer une autre vision d'un sujet déjà réalisé. Les fans de la première heure connaissent l'histoire donc niveau suspense, c'est raté. Et si on décide de changer un élément important pour surprendre, on ne fait qu'obtenir de la « boudinerie » de ces mêmes fans.
Le remake a une autre fonction : celle de remettre au goût du jour pour permettre à un public plus contemporain de découvrir une œuvre qu'il s'était jusque là refusé de regarder sous prétexte que « c'est vieux et ringard ».

Zombie a relevé un défi qui n'était pas facile et loin d'être gagné.
Il a su garder les éléments importants (le thème mythique de Carpenter ; le masque plus terrifiant que jamais ; le costume sobre mais efficace du tueur. Carpenter avait été obligé de jouer la sobriété à cause d'un budget restreint) pour en présenter de nouveaux (on va plus loin dans le traumatisme de Michael Myers et dans la sauvagerie tant des massacres que des relations humaines)
.
En ce qui me concerne et malgré que le film parte en roue libre quelquefois, je le trouve assez bien réussi. Je m'attendais à pire et j'ai eu quelques bonnes surprises ; notamment le personnage de Michael Myers qui se relance en première place des tueurs de cinéma des plus redoutables.

A voir donc, mais les âmes sensibles devraient éviter de tomber dedans !

La version visionnée est celle présente en location. Donc, pas de bonus mis à part quelques bandes annonces. Le film ne sortira à la vente qu'au début du mois de mai.
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Commentaires sur cet avis
crabedu13

crabedu13

11.04.2008 01:12

J'ai vu tous les hallowen

cestmoi52

cestmoi52

10.04.2008 20:35

Excellent avis mais ce genre de film n'est pas pour moi

PCAC

PCAC

10.04.2008 17:39

tres interressant donne envie de le voir

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