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Voilà, c'est ainsi que vous le poserez. Là juste à cet instant précis, à la seconde proche. Je sais bien que vous allez tuer mon coeur, mais qui puis-je puisqu'il est déjà mort. Bien sûr que vous allez oser, je n'en doute pas un seul jour, trop sot pour être vrai. Vos paroles, vos belles facondes, vos airs de vouloir tout toucher, et vos yeux qui m'oscultent de l'âme jusqu'aux orteils. Fouillez, fouillez donc en moi, ne serait-ce qu'une nuit de plus, une aube de moins. Tous mes matins sont les plus longs du monde, et l'attente s'épuise en de curieux destins. Je gratte, oui, je gratte et alors ? j'aime cette terre noire qui brunit l'ongulaire vernis, celle dans laquelle je creuse mes hécatombes, suite ridicule de petites catastrophes , d'apostrophes à mes rêves . Vous riez ? et bien soit, sachez que je m'en moque comme de l'an zéro. Il n'y a jamais eu de début à votre insolence, juste la fin d'une histoire trop lisse pour perdurer. Non je ne suis pas cruelle , non je ne suis pas amère comme cet agrume pressé qui vous sert le plaisir sans autant en donner. Ce fruit dont le seul ver a mûri lentement, discret dans les recoins de vos intimes desseins. Vous vouliez m'achever ? voyez où nous en sommes. Je crève depuis longtemps sans que vous en doutiez.
Voilà, c'est aussi ça la petite histoire... Elle se mentait tant et si bien, qu'elle aurait pu tout lui pardonner. Ces absences de tendresse, ces négligences réitérées au quotidien,ses moitiés de mesure, ses communes allures, sa verve venimeuse et bien d'autres vétilles encore... Car ce n'était que des petits riens , des semblants de morsure à sa propre douleur. Ça glissait doucement, tout doucement sur son derme, comme la sueur qui perlait désormais , une goutte, puis une autre...la source n'était pas prête de se tarir, ses mains même s'en lavaient de ce salaire de l'angoisse. Ça nourrissait son drame quotidien de petits mets indélicats, de peu , de trois fois rien, un zeste d'humeur ...pas plus qu'il n'en faut pour désirer y survivre . Il lui mentait tant et si mal qu'il aurait pu tout lui avouer. Ces grossiers prétextes , ces retards inopinés , ces parfums de femelles à son cou accrochés, ces traces sur le collet monté de sa vareuse...
Voilà ce fut aussi ça le vrai du vrai... Il n' y eut pas d'amour heureux ni de tendres épousailles. Aussitôt écrit, aussitôt gommé. Comment croire au bonheur lorsqu'il n'est jamais né ? comment dire des "je t'aime " alors que mentent les anecdotes ? Elle aurait pu gober mille couleuvres pour se sentir moins seule, il aurait pu lui faire avaler mille vipères pour se croire moins con qu'un autre. Elle aurait pu choisir de vivre à ses côtés pour le restant de sa comédie, il aurait pu l'humilier autant qu'il le souhaitait, il aurait pu être sourd et elle muette. Elle différait de lui d'une miette, d'une majuscule , d'une mineure consonne mais pas la Moindre. Il différait d'elle de cette napiforme qui lui était propre, naque-mouche au soleil, d'une naine consonne mais pas la Noble.
L'un des prénoms débutait par M, l'autre par N... Allez donc savoir si les initiales sont fin mot d'une belle histoire ou triste sort d'un cauchemar...
Ce que j'en dis, ce que j'en pense , ce dont vous vous moquez éperdument peut être, c'est qu'on se le demande, on se le demande parfois si le coeur est un bulbe et le bulbe du chinois, c'est que tout ça, je vous le dis, c'est pas bien français ni catholique, j'en conclus que le coeur c'est comme de la botanique... A savoir s'il est Artichaut ou Mystique, de Pierre ou Narcissique.
-->j'en conclus que le coeur c'est comme de la botanique...A savoir s'il est Artichaut ou Mystique, de Pierre ou Narcissique.<---- je ne sais pas vraiment comment est ton coeur, mais ce que je sais , c'est que tu as le coeur au bord des tes doigts lorsque tu écris.
18.06.2006 23:18
Que dire de ça franchement ? Magnifique !
01.06.2006 22:45
vous allez tuer mon coeur, mais qui puis-je puisqu'il est déjà mort >>> Qu'y puis-je ? ... Rien ..... juste déposer un E et m'éclipser
01.06.2006 21:04
-->j'en conclus que le coeur c'est comme de la botanique...A savoir s'il est Artichaut ou Mystique, de Pierre ou Narcissique.<---- je ne sais pas vraiment comment est ton coeur, mais ce que je sais , c'est que tu as le coeur au bord des tes doigts lorsque tu écris.