Si c'était à refaire... non merci, sans façon!
11.05.2002
Avantages:
acquisition d'une vaste culture générale, permet de "s'endurcir"
Inconvénients:
rigidité de l'enseignement et des méthodes, ambiance difficile et spéciale,quantité de travail
Recommandable:
Non
 janisjop69
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Membre depuis:08.05.2002
Avis:8
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Cet avis a été évalué par 31 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
J'aimerais faire part à ceux que les classes prépa tenteraient (et aux autres aussi bien-sûr!) de ma propre expérience à ce sujet. Pourquoi avoir choisi d'intégrer une hypokhâgne après l'obtention de mon bac littéraire? Pour plusieurs raisons: tout d'abord, je pensais que c'était un bon bagage pour la carrière que j'envisageais, à savoir la philosophie. Ensuite parce qu'on m'avait venté à de nombreuses reprises la qualité de l'enseignement qu'on y donne. Et enfin, parce que quand on obtient son bac avec mention très bien, les gens n'imaginent même pas qu'on puisse ensuite intégrer l'université et rater la chance d'intégrer un lycée préparatoire, et bla bla bla... Me voilà donc quittant ma petite ville pour Lyon... Je ne citerai pas l'établissement dans lequel j'étais admise, mais je peux juste vous dire que c'est un lycée plutôt réputé. Bref, dès le premier jour, j'ai senti comme un malaise. Nous étions une quarantaine d'élèves et les premiers mots qui ont été échangés ont été à peu près les suivants: "Et toi? Tu as eu quelle mention au bac?" Comme vous vous en doutez, ça s'annonçait mal... L'ambiance était très spéciale, et au fil des jours j'ai pu constater qu'elle était faite d'un esprit de compétition dissimulé derrière d'apparents sourires, ce qui était bien pire, d'après moi, qu'une rivalité clairement affichée. Au niveau des enseignements, j'ai été un peu déçue. Très peu de philo (4h), et autant de géographie (constituée surtout de géologie.... très littéraire, donc!)!.. La prépa donne une excellente culture générale, c'est certain, mais en même temps l'enseignement ne vise que le concours de Normal Sup (qui pourtant se passe en deuxième année, c'est à dire en khâgne), donc c'est plutôt rigide. Par exemple, en anglais, l'année se passe à faire UNIQUEMENT des versions... adieu civilisation, grammaire et thèmes, ce qui peut être handicapant pour ceux et celles qui souhaitent intégrer une fac d'anglais par la suite (au bout de la 1ere ou 2eme année de prépa.). Etre en hypokâgne demande énormément de travail, que je serais plutôt tentée d'appeler "bourrage de crâne". Inutile de se leurrer, il faut apprendre beaucoup de choses par coeur, et croyez moi ça n'a rien de facile quand il s'agit de sujets qui ne vous passionnent pas.
En ce qui concerne les profs, cela dépend sûrement des années... Mon prof de lettres se prenait pour un très grand psychanaliste et semblait avoir décidé dès le premier jour des élèves qu'il apprécierait et de ceux qu'il pousserait vers la sortie. Il passait son temps à glorifier sa femme (merveilleuse), ses enfants (si spirituels, si bien élevés) et bien sûr lui même car attention, c'était un grand personnage, ah ça oui, modeste, doué, clairvoyant... Ceci dit, certains profs ne méritent pas que je les accable de reproches, car ils étaient tout à fait corrects. Et bien sûr, on ne saurait leur enlever leur étonnant savoir et leur culture. En ce qui me concerne, j'ai décidé de quitter cette prépa au bout de deux mois (y'en a bien qui quittent le loft..!) et j'ai intégré l'université en philosophie. J'ai eu un peu de mal à me décider, mais je voyais bien que rester là bas ne m'apportait rien, que je n'aimais plus l'école, que je me sentais en cage et que mon caractère allait finir par devenir exécrable... Heureusement, mon copain (avec qui je vis) et mes parents m'ont beaucoup aidée et ont compris mon choix. (D'ailleurs je ne sais pas si mon copain aurait supporté la vie commune bien longtemps, étant donné l'humeur que j'avais quand j'étais en prépa!..) Intégrer la fac avec du retard a été un peu dur au début, il a fallu que je rattrape les cours (mais heureusement, à la fac, les étudiants ne cherchent pas nécessairement à vous nuire... ils font parfois moins de sourires que les hypokâgneux et sont pourtant plus sincères!..) mais surtout que je réapprenne à PENSER! Eh oui, il faut avouer qu'en prépa, on ingurgite beaucoup mais que de ce fait, il devient difficile de réfléchir sur un sujet qui ne demande pas de ressortir un cours appris par coeur...
Maintenant tout va bien. La philo et la fac me plaisent et m'épanouissent. Si je n'avais pas fait l'expérience, je l'aurais certainement regretté et me serais toujours demandé ce qui se serait passé "SI". Quoi qu'il en soit, je suis heureuse d'avoir osé partir et d'avoir choisi de faire ce qui me plait vraiment. Je ne garde qu'une bonne chose de mon passage en prépa: une amie! Il n'y en a eu qu'une, mais une véritable, qui d'ailleurs est partie deux semaines après moi et qui maintenant fait des prouesses en fac d'anglais. J'ai parfois quelques nouvelles des rares personnes avec lesquelles j'ai gardé le contact et qui sont restées. Mais le fossé se creuse... C'est un monde à part. Pour tous ceux que la prépa intéresse, voici ce que je peux dire: - si vous êtes boulimiques de savoirs, avides de culture et que le fait de consacrer un an ou deux uniquement à des livres ne vous rebute pas, alors n'hésitez pas. Vous serez très certainement heureux dans une telle ambiance, et il est vrai qu'une prépa littéraire est très riche de ce côté là. - En revanche, si vous avez une vie en dehors des études, ne tentez pas le coup. Il faut savoir qu'au bout d'un an de prépa, si vous ne voulez pas continuer dans cette voie ou que vous n'êtes pas admis en khâgne, vous pouvez obtenir une équivalence pour le deug de votre choix, c'est à dire que vous pouvez intégrer l'université directement en deuxième année. Mais attention, ceci n'est pas systématique: on peut vous refuser votre équivalence au vu de vos résultats et/ou de votre assiduité... Et là vous perdez un an. - Attention aussi... Même si c'est caché, il y a presque chaque année une ou plusieurs tentatives de suicide parmi les élèves. Cette année, dans le lycée dont j'ai fait partie deux mois, un élève d'une autre prépa a même assassiné une élève. (Ne croyez pas que j'ai inventé ce scénario macabre... Cet événement est malheureusement arrivé). Donc ne sous estimez pas la pression mentale dont on peut être sujet en prépa. - en ce qui concerne le fameux concours de l'ENS, il est tentant de rêver... Mais n'oublions pas qu'il y a dans les meilleurs lycées un taux de réussite de 5% maximum: c'est bien mince. Autre inconvénient: hypokâgne et khâgne ne préparent qu'au concours de l'ENS et à celui d'HEC pour les littéraires. L'espoir d'intégrer une grande école reste donc bien limité...
J'espère malgré tout ne pas avoir découragé d'éventuels hypokâgneux: de nombreuses personnes s'y épanouissent totalement et en gardent d'excellents souvenirs. Donc si cela vous tente, il serait bête de ne pas essayer. Mais un seul conseil pour finir: si vous choisissez d'intégrer une classe préparatoire, n'oubliez pas d'écouter votre corps et ne faîtes en aucun cas passer votre santé mentale et physique après vos études et votre travail. Ne tirez pas non plus un trait sur vos amis de l'"extérieur" car je crois qu'il est bon de pouvoir s'évader de temps en temps du "temple" très fermé qu'est une classe prépa...
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26.03.2006 12:29
Important de mettre en garde : la "Voie Royale" est aussi, très souvent, une voie pathologique et pathogène ...
29.08.2004 21:44
Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu étayes ton argumentation sur le stress en prépa par la citation d'un meutre qui n'a d'autre origine qu'une histoire de coeur.
17.03.2004 13:27
Eh oui! C'était bien le Parc... Merci à toi pour ton avis! Je te souhaite une belle et bonne vie!