--- Petit rajout en fin d'avis sur le deuxième tome qui vient de sortir ! ---
C’est vrai, et ça en étonne quelques-uns, je ne ponds pas vraiment d’avis BD sur Ciao ! C’est bizarre car c’est quand même ma grosse passion ! Mais je préfère peut-être justement me réserver pour des albums ... Lire l'avis
Avis par Fredgri sur Koma - Peeters Wazem 04.11.2003
L'évaluation de l'auteur:
Dessins
Excellents
Scénario
Excellent
Avantages:
Très tendre, avec une héroïne toute mimi ; - )
Inconvénients:
Pour l'instant, que le premier tome ; - (
Recommandation pour les acheteurs potentiels?
oui
Avis complet
--- Petit rajout en fin d'avis sur le deuxième tome qui vient de sortir ! ---
C’est vrai, et ça en étonne quelques-uns, je ne ponds pas vraiment d’avis BD sur Ciao ! C’est bizarre car c’est quand même ma grosse passion ! Mais je préfère peut-être justement me réserver pour des albums qui me tiennent plus à cœur, plus particulier ! Et c’est le cas de ce « Koma » De Pierre Wazem et Frederik Peeters Aux Humanoïdes Associés ! http://www.humano.com/catalogue/fiche_catal.php?id=35082
ADDIDAS
Alors Regardez bien la jolie frimousse de cette gamine sur la couverture ! Regardez la bien. (Bon vous ne voyez pas grand-chose, mince alors, sur le site, on peut l’agrandir et voir des pages, précipitez vous au lieu de lire cet avis ;-) ) Elle s’appelle Addidas, « mais pas comme les chaussures, hein ! », Elle est toute mignonne ! Mais, bon, elle souffre d’un étrange mal, un truc qui fait qu’elle tombe inconsciente n’importe quand, elle reste allongée pendant quelques minutes et reprend ses esprits tout aussi étrangement. Cette histoire commence alors que Addidas se relève dans un bar à la grande surprise du serveur qui n’y comprend rien. Progressivement on va suivre cette fillette, rencontrer son père ramoneur (nous nous trouvons dans une cité industrielle ou les cheminées pullulent comme des brins d’herbe dans un pré !) mais surtout découvrir que les sous-sols de la ville abritent de drôles de créatures un peu simplettes mais très touchantes !
FREDERIK PEETERS
J’ai découvert le style du dessinateur, Frederik Peeters, complètement par hasard ! J’avais entendu parler de son « Pilules Bleues » et, après l’avoir feuilleté, j’avais trouvé ce style magnifique ! Je me suis ensuite acheté son petit album « Constellation » chez L’Association (bien moins chère que l’autre, 6 € et quelques, parfaits pour tenter d’entrer dans l’univers d’un auteur) et, une fois rentré chez moi, je devenais déjà un Peeters addict, arggggh ! (Attention, ne pas confondre avec Benoît Peeters, rien à voir, hum !) Ce gars, c’est un petit Suisse, le style au goût très savoureux, le truc qui vous donne envie de vous précipiter pour en acheter d’autres. On se délecte de ces desserts que représentent les planches de ce « Koma ». Dés 95, il produit des albums pour Atrabile puis quelques histoires courtes pour divers magazines. Son trait est une sorte de mélange entre Blutch, Craig Thompson, Paul Pope, des auteurs très « underground » aux graphismes souples, pleins d’émotion mais avec beaucoup de graisse (l’épaisseur des traits) ! D’habitude cet auteur travaille seul. Chacun de ses albums dégage une très grande sensibilité, une sorte de calme où Peeters prend le temps d’installer son histoire et de laisser de l’espace pour ses personnages. À ce titre « Pilules Bleues » est remarquable (il y raconte quelques moments passés aux côtés de sa copine atteinte du Sida), ça n’est jamais pathétique et larmoyant, juste humain et magnifiquement juste ! Il a d’ailleurs failli remporter le grand prix d’Angoulême avec cette histoire. J’ai eu la chance de l’interviewer pour un site de bd ( lire l’avis très approfondi de l’ami Siam : http://www.ciao.fr/Sceneario_com__Avis_528411) et cette rencontre virtuelle m’a ouvert des horizons de création que je ne pensais pas possible ! Son approche ressemble assez à celles de certains auteurs japonais plus calmes, loin des sempiternelles soupes sur-formatées que l’on trouve un peu partout ! Ce qui est aussi très intéressant, c’est qu’on est loin des albums prétentieux, sur-intellectualisés. Ici c’est simple et frais, les personnages sont tous très attachants, on les regrette presque une fois la dernière page tournée !
Je connais beaucoup moins ce dessinateur/scénariste Suisse aussi (Ben, dit donc !) Je me souviens avoir des planches de lui dans des « Métal Hurlant », un style très épuré, assez proche de gens comme Dupuy et Berberian. Il a, lui aussi, beaucoup travaillé pour Atrabile et diverses autres structures helvétiques, avant de rejoindre, en parallèle, les Humanoïdes Associés » en 98 avec « Le chant des Pavots » dans la très belle collection Tohu Bohu ! Je me souviens aussi de ce formidable album qu’il scénarisa pour Tirabosco : « Week-end avec préméditation », une histoire ou les souvenirs de trois copains se mêlent doucement au cours d’un week-end mélancolique, superbe album très doux !
Mes conseils Wazemiens : - Bretagne - Comme une rivière en solo - Week-end avec préméditation
KOMA
Cet album est donc à la fois leur première collaboration ensemble et le premier album en couleur, pour un gros éditeur, de Peeters ! Alors Ca n’est pas le chef d’œuvre du siècle, mais qu’importe car, moi en tout cas, j’ai adoré et j’en redemande ;-) Il se dégage de cette histoire une étonnante douceur légèrement tendue (la maladie de Addidas est un élément très important de ce récit, elle va déterminer la suite des évènements qu’on pourra lire dans les autres albums). Tout est vu plus ou moins du point de vue de cette fillette d’ailleurs. On apprend donc, au détour d’un mot croisé, que sa maman a disparu, qu’elle était l’assistante du père (il a besoin de personnes plus fines que lui, pour aller décrasser les conduits plus étroits), que ce dernier est particulièrement traumatisé par cette absence et qu’ainsi il se concentre moins sur sa fille… Addidas est ainsi une gamine solitaire qui n’hésite pas à prendre les devants, mais qui ne dramatise pas ses évanouissements, même si ils lui pèsent. Et, surtout, elle garde le sourire (qu’elle est belle cette petiote). C’est un message d’espoir finalement, une sorte de héros de BD, pur, sans but, qui garde la flamme dans un monde de suie ! Ainsi, « Koma » se lit comme on savoure un bon plat, parfois trop vite, c’est vrai, mais en tout cas très intensément ! Wazem a su, aussi, ne pas noyer les planches sous un flot de dialogues indigestes et inutiles (le départ page 33 est fabuleux de simplicité ! ), on est très touché par ce petit bout de nana (bon c’est vrai, moi j’aime bien les BD avec des gamins, ça doit être mon instinct paternel qui ressort ;-) ) et garder des moments ou le lecteur laisse aller son regard. C’est ça aussi la BD, une osmose entre histoire et dessin ! Nombre d’albums, actuellement, séparent trop vite ces deux aspects. On a droit à des récits très compacts et des dessins ou les personnages ne prennent plus le temps de s’arrêter pour regarder une affiche sur un mur par exemple. La règle de l’efficacité, du rythme qui rentabilise ! Alors venez vibrer vous aussi avec ce premier « Koma »
Bon le gros problème justement c’est que ça n’est que le premier tome ! On est tellement prit par ces personnages, qu’on a envie d’avoir très vite la suite (2 albums en tout je crois) ! Bon je pense que ça ne va pas traîner, Peeters est un rapide et il veut se lancer sur la suite de Lupus, donc on aura certainement le deuxième tome vers mi 2004 !
Je ne sais pas si j’ai réussi à bien faire passer les sensations de cette série, du regard hypnotique de la chtiote, la façon qu’elle a de marcher, de griffonner sur son petit carnet… (je vous conseille les trois dernières cases qui m’ont fait personnellement craquer ;-) ) Mais en tout cas, si vous commencez à me connaître un peu, vous me comprendrez, je vous conseille vraiment, primo : de vous trouver cet album, secundo : de vous poser un peu, lire et communiquer cette tranquillité de lecture, mais surtout d’entrer, avec leurs autres albums, dans l’univers de ces deux auteurs si particulièrement sensibles. Vous ne le regretterez pas un instant !
« Addidas : - Pourquoi tu pleures ? - T’as peur ? - Hi hi hi ! - Faut pas ! »
--- Mai 2004 ---
Ce mois ci sort le deuxième tome de Koma ! Souvenez vous, la petite Addidas venait de se perdre dans les méandres souterrains de la cité, elle y avait rencontré un gentil géant inoffensif qui, après avoir cassé la machine sur laquelle il travaillait, avait décidé de fuir, lui aussi ! Pendant ce temps là, le père de la gamine est désespéré, comment va t il faire pour retrouver sa fille ?
Ce deuxième album est peut-être plus bavard, il laisse moins d'espace pour le silence, c'est parfois dommage ! Malgré tout, je continue à fondre pour cette petite nana, sa petite tronche toute mignonne qui permet à cette série de vibrer, encore et encore ! ce qui me plaît, décidément, dans Koma, c'est cet aspect modeste, non sensationnaliste. C'est de la très bonne BD pour tous, qui fait rêver, on ouvre à la première page et on referme la dernière, un petit sourire aux lèvres... C'est parfait
L'histoire ne se finit donc pas, on en apprend un peu plus sur cet univers, sur cette fillette, son père... J'attend la suite avec impatience en tout cas. Je pense que, vu le rythme de Peeters, ça ne devrait pas trop tarder non plus ;-)
Quoi ! Vous n'avez toujours pas filé chez votre libraire favoris ! Non didju !