Plus à mon sujet:Un petit retour après pas mal de temps de silence radio. quelques petites envies d'écriture, pas tro...
Membre depuis:21.08.2003
Avis:95
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Cet avis a été évalué par 44 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Il était une fois un petit LU… Un véritable Petit Beurre.
Ce jour-là, comme tant d’autres fois, il se tient avec ses 24 copains, tous bien rangés ensemble dans leur paquet. La journée a été longue, personne ne s’est intéressé à eux, et certains dans leur coin se disent que les petits Lu c’est vraiment pas une vie. « - Il paraît qu’avec une opération aux œufs et aux chocolats, on peut devenir un Pépito ! - C’est ça, arrête de faire ton cake ! - Mais si, mais si, c’est les sablés d’à côtés qui disaient ça ! - Mais qu’est ce qu’ils sont cons ces sablés… » La discussion allait bon train, c’était le sujet principal du moment, « comment faire pour que les consommateurs puissent s’intéresser à vous ? ». Il y avait bien eu des réformes, des changements de design, mais finalement rien n’y faisait, les chiffres restaient constants et les petits beurres restaient des petits beurres. Invariablement identiques, avec leur valeur énergétique, leur réserve de sucre lent etc. Quelle vie saine et modérée ! Mais, tous ces biscuits espéraient avoir la vie d’un BN, voir même d’un Petit Ecolier… Le rêve ! Tout à leur immobilité, ils continuaient de papoter, lentement.
Au milieu de l’habitat plastifié, un Petit Beurre commença, lui aussi, à réfléchir. Il lui manquait quelque chose. Il se souvint de ce jour où lui et ses compagnons étaient tombés à terre, par chance il ne s’était pas brisé. Sur le sol, il croisa le regard d’une petite madeleine et aussitôt ce fut le coup de foudre, son parfum lui rappelait tellement de bonnes choses, le mouvement du tapis, l’approche de la chaleur et cette cuisson si douce et envoûtante. Dans un soupir, le Petit Beurre se demanda ce que la belle inconnue faisait en ce moment même ! Progressivement dans la nuit, il finit par se rendre compte combien la vie dans ce paquet ne lui plaisait plus (puis son voisin puait des pieds !). Il ne pouvait malheureusement pas bouger. Une nuit, il avait bien essayé de ramper, mais sous les sermons de ces collègues, il s’était résigné, condamné pour toujours !
Dans le train-train quotidien arriva néanmoins le jour ou une main prit le paquet, le jeta au milieu d’autres produits puis le déposa quelques temps après sur une étagère. Dans le groupe ce fut l’effervescence. Ennnnnfiiiiinnnnn ! Et tous y allaient de leur théorie sur la vie après la morsure. « - On raconte que là-bas coulent des ruisseaux de vanille. - J’ai entendu dire que le Nutella déborde de chaque côté. Qu’il y a des odeurs de fraise partout, que… » En même temps, dans le meuble, la compétition faisait rage, les paquets de biscuits se querellaient interminablement… « - Je suis bien meilleur que toi… - Mes pépites de chocolat vont t’en foutre plein la face… - Moi j’ai de la pulpe d’abricot et ma génoise est plus savoureuse que toi, espèce de gâteau sec de merde… » Tandis qu’un peu à l’écart les rangés de biscottes se taisaient, fières et hautaines. « Encore heureux il n’y a pas de céréales au moins, juste des merdeux qui se chahutent. »
Notre Petit Beurre se sentait bien seul malgré tout, il allait partir et ne plus jamais avoir la chance de revoir la tendre texture de sa belle madeleine. Il imagina mille et uns poèmes à lui chuchoter, des caresses à partager et tout à ses pensées, il s’endormit.
Brusquement bousculé, il se réveilla au milieu de ses « amis », tous éparpillés dans une corbeille. Dans un brouhaha de bâillements, il entendit, au loin, une rumeur, des rires qui se rapprochaient et tout autour de lui la clameur retentit « Les ogres, les ogres, les voilà, ils arrivent » et le paradis prit très vite des reflets plus cruels ! Crac, crountch, brac !
L’anniversaire s’était bien passé finalement, les gamins s’en étaient allés avec leurs parents et le Petit Beurre restait là, brisé en 3, fixant le plafond, il ne connaîtrait pas les ruisseaux de crèmes, les vapeurs fruitées, que serait le paradis pour lui ? La corbeille fut emmenée dans la cuisine, pour le dessert du soir, on rajouta d’autres gâteaux, Dans un dernier moment, le Petit Beurre reconnu cette magnifique sensation, cette odeur si particulière, il tourna la tête et vit la petite madeleine qui lui souriait. On raconte qu’avant de plonger dans un coulis de marron le Petit Beurre murmurait encore une dernière strophe érotique alors que sa compagne n’en finissait plus de glousser.
Ils n’eurent le temps d’avoir aucun Petits Beurreleine, mais, dans une dernière étreinte, ils disparurent ensemble dans la bouche de l’ogre Fredgri.
14.10.2004 22:15
Oulà, pas facile , la vie d'un petit-beurre! lol très bon avis .A bientôt . Muriel
02.02.2004 11:32
C'est vraiment super, tu ferais un bon écrivain pour mômes...
19.11.2003 18:38
crok crok