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Aldebert : L' Annee du Singe

Evaluation générale (6): Evaluation totale Aldebert : L' Annee du Singe

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Carpe diem

5  10.12.2008

Avantages:
*  *  *

Inconvénients:
*  *  *

Recommandable: Oui 

Détails:

Textes

Chant/voix

Musique

Arrangements

Créativité


PsychoSexy

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Membre depuis:10.04.2004

Avis:920

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Cet avis a été évalué par 15 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

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Les paradis disponibles - La rencontre

Soir de début d'été à Bordeaux, an de grâce 2005.

Nous avons envie de profiter de la chaleur de la nuit, de flâner au milieu des vieilles pierres de la ville. C'est la fête du Fleuve, nous sommes attirés par l'animation qui provient de la Place des Quinconces où se tient un concert gratuit en plein air.

Mais il en faudrait bien plus que Michal ou Jonathan Cerrada pour nous charmer. On commencerait presque à regretter de ne pas avoir fui la foule pour paresser tranquillement à la terrasse d'un café, sous les étoiles naissantes.

C'est alors que débarque sur scène un jeune type élancé, souriant, annoncé comme découverte de l'année par la radio FM qui encadre l'événement : Aldebert. Jamais entendu ce nom. Sur scène, un micro, une gratte et lui en t-shirt fluo. Il nous sert alors plusieurs titres tendres et vifs. A lui seul, ce soir là, il réussit là où tous les autres avaient échoué : il captive la foule, il l'inonde d'énergie positive et y répand une bonne humeur fédératrice.

Aussi, dès le lendemain, je pars à la recherche de l'album de ce drôle de zig.
Et c'est ainsi que je découvre L'année du singe, qui ne me quitte jamais longtemps depuis.

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La norme et la marge - La carrière

Lorsque je le découvre en 2005, Aldebert en est déjà à son troisième album studio. L'année du singe. Et si les deux précédents n'ont pas rencontré le succès, cet album là lance pour de bon la carrière du chanteur.

Aldebert n'est pas un habitué des plateaux télés et des interviews dans les magazines. Il bâtit sa carrière sur scène et en studio. Chanteur discret, Aldebert vend néanmoins plus de 50.000 exemplaires de ce troisième album et attire plus de 200.000 fans lors de sa tournée.

Un succès loin du strass et des paillettes.

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Adulescent - Le style

Si L'année du singe offre à Aldebert un public nombreux, qui deviendra certainement son public le plus fidèle lors des albums qui ont suivi (Les paradis disponibles en 2006 puis les Enfantillages cette année), c'est tout simplement parce que cet album est totalement réussi. Pour qui aime la chanson française, l'alliance de mélodies travaillées et de textes intelligents, il n'y a rien à jeter.

Aldebert évoque des sujets pas toujours drôles. Des thèmes intemporels et universels, amours, amitiés, temps qui passe, cristallisés dans des historiettes résolument actuelles, empreintes de tendresse et souvent de mélancolie. Mais ce doux spleen reste extrêmement lumineux, grâce à la lucidité et l'humour dont le chanteur, également auteur et compositeur, charge ses textes. Et grâce à la fraîcheur des mélodies, qui restent légères et mutines même lorsque le sujet se fait délicat. Au final, Aldebert dépeint avec un charme unique et élégant les tracas quotidiens d'un humain lambda, entre douceurs et maladresses, entre espoirs et tristesse.

Ses chansons sont de drôles de petites histoires, de succulents souvenirs qui font résonner des choses vécues dans nos mémoires. L'année du singe est un des meilleurs albums de scène française de ces dernières années, car il associe avec talent des mélodies efficaces à ces textes extrêmement ciselés.

Pourtant le chanteur se démarque indéniablement du reste des artistes mainstream de la scène française. Aldebert, en effet, serait un Bénabar qui aurait gardé son humour et le croustillant de ses textes, mais aurait troqué les cuivres contre une guitare sèche. Moins d'artifices, moins de fanfare. Il composerait un Cali qui aurait gardé les écorchures de la vie, mais aurait décidé de continuer à voir le verre à moitié plein. Ou un Jamait qui aurait gardé sa grande lucidité sur l'amour et les amis, mais n'en serait pas devenu cynique pour autant. Je cite ces chanteurs car Aldebert évolue, pour moi, quelque part entre ces trois univers, dans une dimension neuve et inédite, dans un coin de ciel qui lui est propre.

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L'appétit du bonheur - L'album

L'année du singe contient douze titres et un morceau caché.
Entre fatalisme et douceur, Aldebert y chante des tranches de vie. Les choses ont mal tourné, mais pourtant la lumière et la douce énergie qui habillent la mélodie laissent deviner l'espoir et la foi en l'avenir. Les revers de l'existence sont décrits avec simplicité, drôlerie et si peu de heurt, qu'au fond, on se dit que c'est la vie, et que ça va passer…

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Dis-moi dimanche
Douce mélodie discrètement grattée à la guitare pour accompagner ce texte très sensible sur un sujet trop peu souvent abordé : la grosse loose du dimanche. Car même si le début du jour annonce mille délices tranquilles, les heures qui viennent grignoter nos fins de semaines sont toujours teintées d'un étrange et sourde mélancolie…

Dis-moi, dimanche, les deux mains dans les manches, pourquoi je garde au fond du ventre une boule ?

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La plage
Une mélodie tellement lumineuse et légère qu'on sentirait presque les rayons du soleil nous réchauffer le visage. Cette peinture tendre et drôle qui démystifie les vacances à la plage est la chanson qui m'a immédiatement plu sur cet album, celle que j'ai aimé passer en boucle pour le croustillant des paroles et la sensation de réalisme qui se dégage du récit de ces scènes entre tendresse et maladresse.

Y c'grand type un peu con qui partage ta serviette, il est prof de plongée, de ses yeux de cocker, il te raconte, blessé, qu'il sort d'une grande histoire, enfin, qu'il a besoin d'chaleur, qu'il est pote avec un dauphin…

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Carpe diem
C'était la nouvelle qui débarque au beau milieu de l'année scolaire, fatale, parce que ses parents ont dû déménager, quitter leur Finistère natal. Elle s'appelait Marie, Martine, Isabelle ou Solange, avait un drôle d'accent, des expressions étranges…

Ce titre est sans conteste mon préféré de l'album. J'adore toutes les chansons mais celle-là est très haut au-dessus des autres. Elle allie tout ce qui fait le charme d'Aldebert : des paroles à la fois drôles, tendres, réalistes et sans concession, une mélodie gentiment pêchue et doucement gratté à la guitare, le tout servant un thème familier à l'âme de chacun. Les souvenirs attendris d'un trentenaire qui songe à son premier amour, maladroit mais entier, à l'époque du lycée. Et chaque ligne de texte est un délice.

Avec mon cœur d'artichaut et mes comédons sur le front, j'essayais tant bien que mal de me la jouer sentimental, les hormones en ébullition…

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Des ménagements
Bouquins, CD, couverts, écrits sur les cartons, ton petit univers ficelé au scotch marron. T'as longuement réfléchi, t'es vraiment sûre de toi, l'un de nous deux est de trop dans ce petit F3.

Aldebert est loin d'être le seul dans la chanson française de ces dernières années à avoir été inspiré par le thème du déménagement. Je ne citerai pas notre Vincent et sa Rue Saint-Vivien sinon mon cœur, déjà entortillé par l'écoute du début d'album d'Aldebert, va finir de s'étioler. Karpatt et Miossec, pour ne citer qu'eux, ont également été inspirés par le sujet, mais c'est la version d'Aldebert que je préfère. Extrêmement mélancolique, puisqu'il y expose les états d'âme et les pensées d'un homme qui assiste au déménagement de son ex, qui quitte l'appartement commun après une séparation. Souvenirs à diviser, dignité à conserver, sentiments à étouffer, vie à continuer… Un superbe morceau riche d'une belle sensibilité, qui ne se dépare pourtant pas de l'éternel humour d'Aldebert.

Tous ces objets jusqu'ici mitoyens se disputent le fait d'être tiens, d'être miens.

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Le bébé
Alors comme ça vous n'êtes plus un simple couple d'amis ? Sans s'en apercevoir vous êtes devenus « famille » !

Le thème ici touche peut-être tout particulièrement les gens de la génération d'Aldebert, ces trentenaires au mode de vie célibataire. La peinture est croustillante et oscille entre humour et pointe de regrets, le premier permettant peut-être de camoufler la seconde. Et oui, c'est un peu avant la trentaine qu'arrive le moment où le célibataire s'aperçoit, d'abord surpris, qu'ils sont de plus en plus nombreux autour de lui à devenir parents… Potes de toujours, gros bringueurs rentrés dans le rang, copines qui juraient qu'on ne les y prendrait pas… Et l'amusement fait place à ce drôle de pincement, parfois…

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La complainte de l'ex-fumeur
Tout le monde m'a félicité, à part Philippe et Morris

Tout est dit dans le titre du morceau. On sourit sur ce type qui raconte les difficultés à arrêter ce vice dévorant. Le ton est léger, l'humour omniprésent, la mélodie guillerette et l'ensemble malicieux.

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On n'est pas là pour se faire engueuler
Formidable reprise de l'intemporelle chanson de Boris Vian. Elle a conservé le swingue et le petit pas léger du morceau d'origine, ainsi que la montée en puissance dans l'interprétation et dans l'énergie dégagée. Ou peut-être y a-t-il une sensation de bonne humeur encore plus forte, grâce aux accords vifs grattés à la guitare, à la brisure heureuse dans la voix du chanteur et à l'écho mutin de celle de Jeanne Cherhal, invitée désormais de renom mais encore peu connue quand est sortie cette version.

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Adulescent
Un peu moins jeune, un peu plus vieux, tout juste assis entre les deux, dans le tumulte stéréo, un peu adulte, un peu ado…

Encore un titre que les trentenaires d'aujourd'hui écouteront comme s'il décrivait un bout de leurs vies. L'adulescent, un peu adulte, encore enfant, pas assez souple ou pas assez grand. Le type qui ne sait pas trop quelle est sa place, et qui traîne avec lui tous les souvenirs et toute la nostalgie de son enfance, qu'il semble avoir un peu peur d'abandonner… Une mélodie calme et apaisante, comme pour consoler les grands enfants que nous sommes restés et dont le cœur se serre à chaque fois qu'on évoque le temps d'avant…


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La femme de mon pote
Cupidon parfois force un peu sur la boisson.

La mélodie est très swing, piano, cuivres, et elle laisse penser que le sujet va être traité avec une certaine légèreté. Pourtant, les paroles subtiles et sobres montrent qu'Aldebert a préféré mettre en avant les états d'âme complexes que ce genre d'ironie de la vie fait naître. A choisir, on préfèrerait éviter de tomber amoureux dans une situation impossible. Sauf qu'en principe, on choisit pas.

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Marabout
Hantez, envoûtez-moi encore, maraboutez-moi à mort !

J'adore l'ambiance vaudeville de ce morceau. Des notes qui claquent. Une rythmique lourde mais mutine. Et les paroles qui se détachent pour raconter le quotidien d'un amoureux transi qui attend des nouvelles d'une belle fuyante. A la fois drôle et rafraîchissant, et toujours avec cette pointe de compassion attendrie…

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La norme et la marge
Cet avant dernier titre fait que l'album L'année du singe laisse l'auditeur totalement captivé jusqu'à la toute fin. En effet, deux pistes avant de se refermer, l'album offre l'une de ses plus belles pépites. Cette chanson donne envie d'adopter la position du fœtus et de se laisser porter et bercer. Cette chanson conte la vie, l'optimisme, l'espoir, la sérénité. Entre passé et présent, entre rêve et réalisme, entre la norme et la marge… Aller partout, car on n'a qu'une vie, tout goûter, tout garder en mémoire, ne rien regretter…


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Quel heure est-il ?
Enfin, après quarante trop courtes minutes, les singeries musicales de monsieur Aldebert se terminent par une chanson extrêmement douce et mélancolique, sur le temps qui passe, sur les choses qu'on ne vivra pas deux fois, encore, celles qu'on aurait aimé oser, celle qu'on a peur d'oublier. La mélodie est troublante, obsédante, nostalgique à souhait, et la voix d'Amélie Les Crayons qui accompagne le chanteur, teintée de bleue, comme ça là, ne fait qu'augmenter ces sensations…

Quelle heure est-il quand elle accroche son sourire à mes yeux ?

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Titre bonus

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Quelle heure est-il ? - Celle de conclure cet avis

L'année du singe est donc un incontournable de ma cédéthèque. Je l'écoute régulièrement sans m'en lasser car chacune de ces chansons me raconte un peu. J'aime ses pistes fortement mélancoliques, Quelle heure est-il ?, Adulescent, Des ménagements, car elles offrent un chagrin calme et doux, apaisé, presqu'apaisant, car elles laissent suinter la tristesse tout doucement, sans heurt. Et j'adore ses pistes plus enjouées, la reprise de Vian, La plage ou Carpe diem, pour l'énergie positive qu'elles m'apportent…

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Commentaires sur cet avis
queenpette

queenpette

13.12.2008 21:39

Je suis de retour sur les ondes tout aussi Carpe diem d'ailleurs que cet avis.

lilybee85

lilybee85

13.12.2008 01:41

perso ca me fait penser à "Heudebert" les biscottes et tout ca... jamais entendu parler !

evilash

evilash

12.12.2008 21:34

une intro qui laisse songeur, puis une présentation qui fait envie... tout un art...

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