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Voici la conclusion de mon mémoire de sciences de l'éducation sur l'echec scolaire, histoire de continuer à réfléchir sur ce thème
avec une bibliographie selectiveDe nos jours, l’échec scolaire est toujours un des problèmes primordiaux du système éducatif. A différents niveaux d’apprentissage des connaissances, à différents degré de scolarisation, il existe encore aujourd’hui un fossé entre les élèves adaptés au système et les autres, à savoir les enfants non adaptés au système éducatif, les enfants à problèmes. Le but de notre travail était en quelque sorte d’apporter des éléments de compréhension de ce théorème : l’enfant doit-il s’adapter à l’école ou l’école doit-elle s’adapter à l’enfant ? En d’autres termes, nous avons voulu poser, dans le titre même de cette étude, une interrogation toujours valable : l’échec scolaire est-il un échec de l’école ou un échec à l’école ?
Au cours de notre cheminement, nous avons tenté de dépasser cette dichotomie des plus radicales, même si la question centrale pour bon nombre de familles et d’enseignants reste la recherche des causes de l’échec scolaire. Dans cette perspective, notre cadre de référence privilégié, de nature psychanalytique, nous a éloigné d’une approche stéréotypée. En effet, nul désormais ne se contenterait d’une recherche de causes invariables et adaptables à tout type d’élèves pour expliquer le phénomène d’échec scolaire. Notre approche doit se nourrir en priorité des éléments intrinsèques de chaque enfant en difficulté.
La définition même du concept d’enfant sujet, qui a occupé notre premier chapitre, a mis en lumière la spécificité de chaque enfant face à l’échec scolaire. Dans ce cadre, les déterminants sont multiples et dépassent d’ailleurs le cadre originel de la psychologie de l’enfant. Il nous faut inclure à notre réflexion de nombreuses données d’ordre social et culturel. Concernant plus spécifiquement une approche psychanalytique du phénomène d’échec scolaire, nous avons trouvé dans la définition du sujet, que nous donne Françoise Dolto, des pistes pour analyser les difficultés rencontrées dans le milieu scolaire.
De manière plus spécifique, nous avons découvert l’importance de la reconnaissance de l’enfant, en tant que sujet, reconnaissance qui passe d’abord par la mère puis se trouve transposée sur l’enseignant. A l’âge où l’enfant découvre et intègre le milieu scolaire, c’est la mère qui détient les clés pour que s’épanouisse le désir d’apprendre de l’enfant ; c’est elle puis par extension les parents qui doivent partager leur relation privilégiée avec leur enfant pour permettre «l’entrée en jeu » d’un tiers, le maître d’école. Comme nous avons tenté de la décrire, c’est la mère qui, la première, permet à son enfant d’accéder au savoir. Nous avons, de ce fait, intégré à notre travail, l’étude de la phase de séparation de l’enfant et de la mère ainsi que la concept de « mère suffisamment bonne » dévolu à Winnicott.
Cependant, et malgré une démarche active de la mère, il arrive parfois que l’enfant ne puisse accéder pleinement au savoir ou bien que son cheminement dans l’apprentissage se trouve entravé par des difficultés diverses. Dans ce contexte, nous avons voulu mettre en avant la souffrance de l’enfant en échec scolaire ; c’est, selon nous, le premier élément à considérer et nous lui avons consacré notre deuxième chapitre. Prolongeant l’idée que la reconnaissance de l’enfant en tant que sujet est un des mécanismes fondamentalement lié au désir d’apprendre de l’enfant, nous avons réalisé les conséquences apparaissant quand l’enfant n’est pas reconnu en tant qu’individu habité par un désir propre. Là encore, le milieu familial et socio-culturel a un rôle important à tenir.
De manière involontaire, le cercle familial de l’enfant ; référence originelle et berceau des identifications premières ; peut exercer une pression considérable sur l’enfant. Dans certains cas, nous observons un véritable écrasement du désir d’apprendre de l’enfant, ce dernier étant masqué par le désir propre des parents, leurs attentes vis-à-vis de l’enfant.
Poursuivant un tel cheminement, on s’aperçoit bien vite, qu’il est à la fois exagéré et infructueux, du point de vue théorique, d’incriminer les parents comme vecteurs des difficultés de l’enfant. L’échec scolaire est une réalité des plus complexes, il met en jeu de nombreux déterminants et prend selon l’âge et le profil de l’élève des formes bien diverses. Dans la plupart des cas, le dysfonctionnement que l’on peut observer n’est ni le fruit des parents ou de l’enseignant, ni le fruit de l’enfant seul. On peut en effet penser que les difficultés émergent à la rencontre de ces trois « acteurs » de la situation éducative. Le concept de communication est donc d’une importance capitale.
Dans le cadre d’une recherche rigoureuse sur l’échec scolaire, il est nécessaire d’envisager conjointement, les trois sphères intervenant dans le cadre de l’école : la sphère individuelle de l’enfant, celle de la famille et celle de l’école. Le rôle du milieu scolaire est donc ici tout aussi majeur et nous y avons consacré notre troisième chapitre. Bien souvent, les problèmes interrelationnels pouvant émerger au sein d’une classe, déterminent eux aussi le rapport de l’enfant au savoir. Dans ce cadre, on observe le rôle structurant pour l’enfant de la rencontre des autres élèves, une des premières étapes de socialisation. Là encore de nombreuses données sont à considérer, la confrontation de l’enfant à d’autres individualités, donnant lieu à des réactions tout à fait diverses.
La question de la conformité de l’enfant aux différentes règles de l’institution scolaire occupa aussi, pour une bonne part, nos préoccupations. En effet, l’enfant doit se conformer à ce que nous avons appelé les « lois de l’institution scolaire ». Lorsque celles-ci sont rigoureuses et vécues comme trop rigides par l’enfant, on observe des difficultés pouvant entraîner à terme la mise en échec de l’enfant. Dans cette perspective, nous avons illustré notre dernier chapitre concernant « le rôle du milieu scolaire » par l’évocation d’approches d’éducation différentes. Prenant comme référence trois courants éducatifs très différents, (l’école moderne, la pédagogie institutionnelle et l’école de la Neuville), nous avons pourtant observé, dans tous les cas, un réaménagement des règles de l’institution scolaire traditionnelle au profit de l’enfant.
A l’issue de ce travail, l’interrogation de départ semble donc quelque peu caduque : « échec de l’école ou échec à l’école ? ». La recherche de responsabilité que pourrait sous-entendre cet énoncé est en effet propice à enfermer l’enfant dans un processus radical de culpabilisation ou à l’inverse de déresponsabilisation. La problématique est d’ailleurs identique pour les parents et les enseignants. Plus que des réponses à des questionnements sur l’origine du phénomène d’échec scolaire, l’enfant et ses parents sont désormais en attente de solutions adaptées. La priorité serait de soulager la souffrance de l’enfant et si le système éducatif actuel rencontre encore des difficultés dans ce domaine, les nombreuses réformes qui viennent régulièrement remanier l’organisation des enseignements, montrent la volonté de remédier à l’échec scolaire et de favoriser l’épanouissement de l’enfant.
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Très professionnel ce propos.
Ca me touche pas mal, car bien qu'étant ingénieur, très loin du sujet, j'ai baigné dans l'AIS (ça doit te dire qqch) toute va vie du fait du boulot de mes parents.
22.05.2005 13:35
Très professionnel ce propos. Ca me touche pas mal, car bien qu'étant ingénieur, très loin du sujet, j'ai baigné dans l'AIS (ça doit te dire qqch) toute va vie du fait du boulot de mes parents.
14.03.2005 23:04
Oh non, pas la suite!! J'aurais bien aimé lire ton travail.
13.03.2005 09:02
on demande bcp à nos enfants, mon fils est en CE1 et si je n'étais pas derrière lui, je crains qu'il ne soit en échec scolaire....