La Jégado, l'empoisonneuse bretonne - Peter Meazey

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La Jégado, l'empoisonneuse bretonne - Peter Meazey

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Partout où je vais, la mort me suit !

5  17.04.2007

Avantages:
Bien écrit

Inconvénients:
histoire malheureusement vraie

Recommandable: Oui 

Morticiaaa

Plus à mon sujet: 03/02/2012 : avis un peu "space", ça bugge beaucoup en ce moment ! Merci pour vos lectures...

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Cet avis a été évalué par 35 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Chaque pays, chaque époque à connu son lot d'assassins ou de redoutables tueurs en série. Parmi les plus grands tueurs de l'histoire on compte notamment Charles Manson aux Etats Unis, Elisabeth Bathory pour la Hongrie, Jack l'éventreur au Royaume Unis.

La France n'est pas en reste avec Pierre Chanal (les disparus de Mourmelon) ou encore Henri Désiré Landru.

Parmi les femmes françaises on retrouvera Marie Besnard (bien qu'innocentée pour avoir été accusée de l'empoisonnent de 11 personnes). Beaucoup moins connue, Hélène Jégado, plus connue sous le nom de « La Jégado, l'empoisonneuse bretonne ».

Hélène Jégado n'est pas la plus célèbre des tueuses, son procès ayant eu lieu en même temps que le coup d'éclat de Napoléon III en 1851 n'ait pas attiré les foules. Pourtant pendant 18 ans cette cuisinière bretonne a empoisonné des douzaines de personnes dans toute la Bretagne. Des hommes, des femmes, des enfants.

Partout ou elle passe, la mort la suit !

Hélène Jégado est née le 17 juin 1803 à Plouhinec, un petit village près de Lorient dans le Morbihan. Ses parents sont d'origine modeste, son père Jean Jégado est un ancien Chouan.

La mère d'Hélène meurt en 1810 à cette époque elle sera confiée à ses tantes Marie Jeanne et Hélène Liscouet , employées comme servantes chez Monsieur Riallan , curé de Bubry. Elle commence donc très jeune à travailler au presbytère.
Hélène ne sait ni lire ni écrire, elle s'exprime d'ailleurs de façon un peu barbare. A cette époque dans les villages reculés on ne parle que le Breton. Lorsqu'elle s'exprime c'est souvent un mélange de breton et de français, cela lui vaudra pas mal de moqueries par la suite.

Hélène se distingue par le fait qu'elle prie régulièrement et pour la cruauté qu'elle inflige aux animaux.


Le livre :
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Le livre a été écrit par Peter Meazey, né au Pays de Galles en 1944. Il vit en Bretagne depuis 25 ans. Guide interprète à Dinan, il est l'auteur de plusieurs livres sur sa région d'adoption.
« saint Malo cap Horn », «la route de l'argent », « la ronde de la nuit ».

Le livre est paru aux éditions Astoure, il fait environ 190 pages.
La couverture représente un service Breton, on y voit une soupière puis un petit bol rempli d'une poudre blanche de l'arsenic. A côté on voit un flacon en verre transparent.

L'histoire commence finalement par la fin, par la découverte de la dernière victime d'Hélène Jégado le 1er juillet 1851. La jeune servante de Monsieur Théophile Bidard, professeur à la faculté de droit et Avocat à la

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le livre
cour, Rosalie Sarrazin 18 ans vient de mourir après de longues semaines d'agonie. C'est ce dernier crime qui poussera Hélène Jégado à la faute lorsqu'elle affirmera au juge Vannier n'y être pour rien dans cette histoire, alors qu'à ce moment précis rien ne l'accusait, et qu'elle jurera avoir aussi manger de sa soupe, alors que personne n'avait encore parlé d'empoisonnement.

Ensuite, l'auteur nous retrace le parcours semé de mort de la cuisinière, qui le dit si bien elle-même : « partout où je vais, la mort me suit."

On peut commencer à dater les méfaits d'Hélène Jégado à l'année 1833.
Elle travaille pour le curé du petit Bourg de Séglien, Monsieur Connan, qui la renvoie en raison de son goût prononcé pour la bouteille. L'été de cette même année, elle remplace sa sœur Anna, chez l'Abbé Le Drogo à Rennes.

Peu de temps après l'arrivée d'Hélène, le curé, son père, sa mère et sa servante tombent malades. 4 mois plus tard l'Abbé est le seul rescapé. Malade et déprimé sa sœur lui envoie sa filleule, la petite Marie Louise Lindevat, 7 ans pour lui remonter le moral. La petite fille décédera le 17 juillet, victimes comme les autres de vomissements et de fortes coliques.

Marguerite André une autre femme vivant au presbytère mourra à son tour des même symptômes le 23 août. Le 28 septembre, l'Abbé succombe à son tour. Puis une autre pensionnaire du presbytère, Françoise Auffret meurt le 2 octobre.

Anna Jégado, sœur d'Hélène revient à Séglier pour assister aux funérailles de son ancien maître. Elle tombe malade à son tour et meurt le 3 octobre.

A cette époque aucun soupçon ne se pose sur Hélène Jégado on la voit même comme une miraculée, elle qui a été si dévouée pour chacun des malades, les veillant et leur apportant continuellement de sa bonne soupe pour tenter de les réconforter. Le docteur Martel attribue ces décès a une épidémie de Choléra. Le choléra avait déjà fais des ravages dans la région l'année précédente.

Quelques mois plus tard Hélène remplace sa sœur décédée au presbytère de Bubry, c'est là que vit sa tante Marie Jeanne, gravement malade. Victime de coliques et de vomissements elle meurt peu après. Tout comme Jeanne Marie Lhoro la sœur du curé et sa cousine Jeanne Marie Kerfontain, âgées de 18 ans.

Décembre 1834, Hélène travaille comme apprentie couturière chez Madame Laboucher à Pontivy. Elle meurt peu de temps après l'arrivée d'Hélène, suivie de près par sa fille Perrine de 15 ans et de son fils Pierre, 18 ans.

Mai 1835, elle est cuisinière pour Monsieur et Madame Toussaint. Leur fille de confiance Anne Eveno, Madame Toussaint et sa fille meurent. Hélène se plaint également d'être à l'article de la mort, Lorsque Monsieur Toussaint, docteur l'examine, et qu'il constate qu'elle ment, ll la renvoie.

La même année elle se fait héberger au Couvent du Père éternel à Auray, au début tout se passe bien.
Mais elle commence à lacérer les vêtements des religieuses et déchirer les pages des livres de messe, elle se fait éjecter du couvent et part travailler chez Anne Le Fur à Pluneret qui tombe malade peu de temps après son arrivée, par chance Hélène la quitte brusquement et les premiers soupçons commencent à se faire entendre.
Une laveuse dira ceci à Madame Le Fur « Vous avez de la chance de vous en tirez à si bon compte, car votre Hélène est un monstre que l'on soupçonne fort d'avoir empoisonné sa maîtresse à Auray'.
Pour la première fois du parcours d'Hélène le mot est lâché : EMPOISONNEMENT

Au cours d'une réception chez Monsieur et Madame HETEL où elle travaille désormais, l'Abbé Olliveaux s'exclamera en apercevant Hélène

« Cette créature est ici ? Partout où elle passe les gens meurent d'une manière inexplicable, comme si elle usait de sortilèges. Chassez la sur l'heure, il en va de votre vie et celle des vôtres.

Après son renvoi, elle travaille pour le Maire de Pontivy, Pierre François Jouhanno. Son fils Emile est fort turbulent avec la nouvelle cuisinière, il décède le 3 mars 1836. Hélène est renvoyée pour négligence.

Hélène refera ensuite parler d'elle en 1841 pour de nombreux vols à Lorient, Vannes, Port Louis. Elle travaille chez Monsieur Dupy de Lône, retraité. Sa petite fille de 2 ans décède, puis sa mère, Marie Bréger. On pense alors à une pollution de l'eau.

En 1849 le petit Albert Rabot 9 ans décède, le 23 février Monsieur Rabot surprend Hélène en train de voler des bouteilles dans la cave, il la renvoie. Peu de temps après Madame Rabot et sa belle-mère commencent à souffrir de coliques et de vomissements. Hélène s'en va et aucune ne meurt.

En 1850, décès de Perotte Macé, 32 ans serveuse à l'Hôtel « du bout du monde » à Rennes et protégée de la gérante Madame Roussel qui engage Hélène le 5 mai.

Le 18 mai Madame Roussel tombe malade après avoir consommé un potage confectionné par Hélène Jégado, elle charge Perotte de toutes les responsabilités de l'Hôtel, jalouse Hélène l'empoisonne. Perotte décède le 1er septembre 1850. la famille refuse qu'une autopsie soit pratiquée. Le 19 octobre Hélène est prise en flagrant délit de vol d'alcool elle est renvoyée sur-le-champ.

Peu de temps après elle trouve une place chez Monsieur Bidard. Rose Tessier qui travaillait pour Monsieur Bidard depuis 14 ans avant l'arrivée d'Hélène décède quelques mois plus tard.

Cette même année elle tentera d'empoisonner une nouvelle servante un peu attardée, Françoise Huviaux, 23 ans. Heureusement pour elle la mère de la jeune femme l'incitera à démissionner avant qu'Hélène ne puisse achever son travail.

Rosalie Sarrazin, dernière victime n'aura pas cette chance, d'abord recommandée par Hélène elle s'en attirera les foudres, lorsque cette dernière s'apercevra que Monsieur Bidard a plus d'affection pour sa jeune « protégée » que pour elle. Et surtout lorsqu'il lui annoncera son renvoi. Hélène empoisonnera la jeune fille et restera de longues nuits à son chevet en lui apportant sa fameuse soupe.

Ce qui est incroyable dans cette histoire c'est que pendant 10 ans personne n'a rien vu ou n'a voulu voir de ce qui se passait autour d'Hélène Jégado. Monsieur Bidard lui-même au procès d'Hélène avouera que « oui en effet il avait bien quelques soupçons », mais pourquoi n'a t'il rien fais ? et pire pourquoi avoir laissé Hélène veiller la pauvre Rosalie.

Et que dire de l'attitude de l'Abbé olliveaux qui conseillait de s'en débarrasser et qui n'a jamais prévenu personne de ses soupçons ? et les médecins ?

Au fil de nombreuses investigations, le juge Vannier fera exhumer les corps de Perotte Macé et de Rose Tessier, qui comme ceux de Rosalie Sarrazin contenaient une forte dose d'arsenic. Il en a assez pour inculper Hélène Jégado. Pour les autres meurtres au vue de la prescription c'est impossible il se contente juste d'accusation de vols.

Le procès d'Hélène Jégado s'ouvre le 6 décembre 1851 à la cour d'Assises de Rennes et se termine par une condamnation à mort. Son jeune avocat tentera un plaidoyer contre la peine de mort. Mais Hélène sera guillotinée le 14 décembre 1851. Aucun doute ne planait sur sa culpabilité, de son vivant elle a toujours nié être responsable de tous ces crimes odieux.

En revanche, elle aurait fait des révélations avant son exécution à l'Abbée Tiercelin qu'elle a autorisé à rendre public après son décès. Elle avoue être responsable de tous ces meurtres et demande pardon a Dieu elle affirme également qu'elle avait une complice.
Malheureusement la véracité des dires de l'Abbé est invérifiable et peu de crédits leur seront accordés.

Voilà je vous ai tout dit sur ce livre, que pour ma part j'ai trouvé passionnant. Il est bien écrit et bien détaillé. L'histoire bien que tragique est très intéressante. A aucun moment l'auteur ne semble tenter de « réhabiliter Hélène Jégado » si ce n'est pour avoir sa place au panthéon des plus grands tueurs.

Merci de m'avoir lue.

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Commentaires sur cet avis
sandibulle

sandibulle

02.06.2007 16:49

cette histoire a l'air passionnante !

Sweetybibi

Sweetybibi

29.05.2007 19:13

Extrêmement interressant !!! j'adore ce genre de sujet passionnant , la psychologie de ces grands "criminels" !! Un E pour toi !!

jadelara

jadelara

09.05.2007 13:35

j'adore lire, le sujet m'interesse alors pourquoi pas ! je note ;) merci

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