L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Plus beau livre du monde (après le Petit prince) |
| Inconvénients: |
- |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Faire des classements, c'est bien, mais ça a un peu tendance à tout aplatir, à ne laisser aucune perspective, aucun relief. Dans mon avis "Klassement", une chose me tenait vraiment à coeur (il va beaucoup être question de coeur ce soir) : le top2 de mon classement des meilleurs bouquins : "Le coeur sous le rouleau compresseur" de Howard Buten.
Ce roman est la suite du plus connu "Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué" (allez voir l'avis de Cube - un bon avis - à ce sujet, si vous êtes intéressé, je vous parlerai pas de ce premier livre, que j'ai aussi bien aimé, parce que comme je vais parler de la suite, si je vous parle du premier, je vais tout révéler)... Ce premier opus est plus connu en partie grâce au film qui en a été tiré, pas trop mauvais au demeurant (avec entre autres le trop rare Hyppolyte Girardot). Si vous n'aimez vraiment pas lire, voyez "Quand j'avais cinq ans" en vidéo, puis lisez la suite !
On retrouve Gil à sa sortie de l'hôpital psychiatrique (le terme est un peu fort, mais je trouve pas le bon). C'est encore un petit garçon. Au travers de son journal, on va suivre sa vie jusqu'à l'âge adulte, et sa quête vaine pour retrouver l'amour de Jessica. Gil et Jessica s'aiment pourtant, mais plus rien n'est possible.
Bon, je me rends compte que je gâche tout en voulant raconter l'histoire. Je vais essayer de parler plus de ce que j'ai ressenti en lisant ce livre, ce que je ressens en lisant ce livre (et parfois en le vivant...).
"Le coeur sous le rouleau compresseur" est la plus belle histoire d'amour. Pas belle dans le sens Roméo et Juliette (Cocciante, si tu me lis, ne t'avise pas de faire une comédie musicale sur ce roman, ou là, je te tue vraiment). C'est une belle histoire d'amour parce qu'elle est absolue, elle est tragique. C'est une histoire d'amour impossible parce que la vie est tordue, parce qu'on ne se trouve jamais au bon moment...
"Le coeur sous le rouleau compresseur" est la plus belle histoire d'amitié. J'arrive pas à vous l'expliquer, alors permettez moi de citer :
A son retour, après un an d'absence, Gil aperçoit son ami Schrubs par la fenêtre :
"Les rideaux sont blancs mais on voit quand même à travers. Et moi j'ai vu (...) C'était un petit garçon qui est mon meilleur ami. C'était Shrubs. Il était devant la fenêtre de la cuisine et il attendait. Il arrêtait pas d'attendre. Ma maman m'a dit que, pendant que j'étais à la résidence Home d'Enfants les pâquerettes, il était venu tous les jours m'attendre devant la fenêtre de la cuisine des fois que je serais revenu. on ne sait jamais. Des fois que je serais revenu."
Et, un peu plus loin :
"C'est contagieux ? a demandé Schrubs
- Quoi ?
- L'aliéné, il a dit, c'est contagieux ? Parce que si tu l'as, je veux l'attraper.
Il s'est approché de moi.
- Souffle moi dessus, il a dit".
"Le coeur sous le rouleau compresseur" est le livre le plus triste du monde. Mais aussi l'un des plus beaux. L'enfance limitative, l'adolescence à vif, l'âge adulte inadapté... Howard Buten est impitoyable, son réalisme fait peur. Dans un monde où la norme écrase tout, n'est-il pas normal que le coeur soit aussi sous le rouleau compresseur ?
Rien que ce titre est génial. Parce que tout le livre est dedans. Et bien plus. Comme il ya bien plus dans le livre d'ailleurs (certains passages sont de la même veine que "Coeurs perdus en Atlantide", de King, en particulier les années Vietnam)
Ce soir, j'ai un peu le coeur sous le rouleau compresseur. "Un peu", doux euphémisme... J'avais envie de vous parler de ce livre depuis longtemps, c'est la bonne occasion. Parce que je pourrais plus le faire après. Je vais essayer d'oublier un peu ce livre ! D'ailleurs, j'en ai un exemplaire tout neuf à offrir, si vous voulez.
Je vais peut être aussi un peu oublier Ciao, un moment, pour essayer de reprendre des forces. (Ou peut être pas, on sait pas bien ce qu'on a envie de faire quand on a le coeur sous le rouleau compresseur).
Ne m'en voulez pas trop.
Et lisez ce livre, même si c'est juste pour me faire plaisir. Vous ne le regretterez pas.