Avis sur "La Première Guerre Mondiale - John Keegan"

publié le 20/12/2010 | felis
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Le Produit de la Semaine est reviendu..... On va (enfin) pouvoir tricher.
Excellent
Avantages Des analyses époustouflantes
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"Mon Dieu que la guerre est jolie...."

La Première guerre mondiale est restée dans l’imaginaire de l’homme occidental, tour à tour comme une boucherie, une longue période pendant laquelle deux peuples ont réglés leurs comptes, comme la der des ders, le terreau de la suivante et aussi la continuation de celle de 1870 avec l’annexion injustifiable de l’Alsace et de la Lorraine, ou encore la première guerre technologique d’où sont sortis les chars d’assaut et l’aviation, et enfin la dernière guerre hachoir, avec un million cinq cent mille morts en France (John Keegan en mentionne un peu moins) et des centaines de milliers de tuberculeux gazés sur les différents fronts, notamment de la Somme et de l’Aisne.


Tout est faux bien entendu et rien n’est faux non plus.

L'auteur rappelle a la fin que la grippe espagnole.... a tué encore plus d'humains que la guerre de quatorze.

Au delà de l’image (quand j’étais enfant, à l’école primaire, nous étions récompensés du tableau d’honneur avec des décorations de guerre à tous coups gagnées au front de 14-18 par nos grands-parents souvent morts depuis bien longtemps) et de embrouillamini politique (Les soldats se seraient rebellés contre les généraux, des milliers de réfractaires auraient été passés par les armes, au fond le peuple allemand et le peuple français se seraient passés de la guerre et fusionnaient) nos visions à courtes vues, et surtout à courtes distances occultent bien d’autres aspects de cette guerre, en particulier l’engagement colossal d’autres pays que les deux déjà cités, et les traces indélébiles que cette grande boucherie a laissé dans nos campagnes:

Les monuments aux morts, érigés dans les années 1920, vont encore occuper les centre de nos villes et villages pendant quelques décennies avec leurs longues listes de morts plus longues souvent que celles des occupants de ce début du vingt-et-unième siècle.


.

Faut-il n’en pas parler?

La question ne se pose pas. La curiosité, l’intérêt humain sont tels que tout est analysable, et tout doit être analysé.


On pourrait mieux se poser la question : Est-il normal que certains se fassent de l’argent sur le dos des morts encore aujourd’hui ?

J’écarte aussi cette question au motif que nos nombreuses radios et nos lamentables télévisions d’aujourd’hui, nos presses et nos si sympathiques nouveaux médias Internet se délectent avec notre plus constant accord de chiens écrasés, de sportifs stupides, de jolis mots de politiques malhabiles, et de frou-frous sans intérêts qu’ils transforment en tant de salaires et de chiffres d’affaires vains.


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Au moins ne sont-ils pas morts pour rien?

Oui, il y a tant de phrases débiles que l’on peut sortir au sujet de si importants événements!

Celle-ci -ou encore le titre de mon avis- est si absurde que l’on devrait se promettre de ne pas la prononcer.


Surtout on devrait tenter d’aborder un événement même douloureux avec autant de technique que l’on peu, et le moins possible de qualificatif moral surtout a-priori, lesquels poussent immédiatement dans un camp ou dans l’autre, et il est alors (relativement) facile de tisser une trame d’arguments qui vont bien.


La guerre a eu lieu, elle a pour origine tout sauf malheureusement (ce serait si facile d’expliquer la guerre et ses mots ainsi) la stupidité des hommes qui ne deviennent pas stupides, là, brutalement, quelque fois par siècles, et tous ensembles.
Même si l’un d’entre eux est stupide, et c’est souvent le cas, on n’entraine pas une masse de plusieurs dizaine de millions d’hommes soit par la raison que ces millions d’hommes sont devenus stupides en quelques semaines, eux qui ne l’étaient pas auparavant et des décennies durant.


Il est illusoire également de prétendre tel peuple stupide, à l’encontre de son adversaire, et le fait même qu’en général il se trouve un ou des alliés (l’allié est-il devenu stupide illico par le simple fait de discuter ?) démontre d’autant plus que la stupidité n’est jamais le ressort d’une guerre.


Elle n’oppose pas des politiques revanchards a des masses soumises et dociles, sinon les campagnes de mobilisations de par l’Europe eussent été des chasses à l’homme par des polices sur les dents, et chaque attaque eut été un désastre de part et d’autre alors que les premières révoltes n’apparurent qu’en 1917, et ne furent jamais fomentées contre les officiers, mais le plus souvent avec eux ou en tentant d’obtenir leur accord, sans qu’il n’y ait eu réellement collusion entre troupes des deux côtés des tranchées.

.

D’où la nécessité de ce livre


Bon, une fois toutes ces prémices discutées, je ne cache pas qu’il m’intéresserait en particulier de comprendre pourquoi la première guerre mondiale fut si longue (4 ans, encore que d’autres guerres durent beaucoup plus longtemps, y compris la monstrueuse autre guerre de quatorze du Moyen Orient, je veux dire le conflit Irak-Iran qui y ressemble tant).

Pourquoi encore fut-elle si consommatrice d’humains de tous côtés, et encore: comment cela s’est passés tactiquement sans que les ragots de terrains ni les présentations fanfaronnes ne m’intéressent en quoi que ce soit, et enfin comment la victoire a basculée finalement d’un côté?


Après tout, j’ai laissé un grand-père à la guerre, l’autre est revenu avec un bras en moins, et il n’était pas rare encore dans les années 1960 d’entendre encore parler de la grande guerre par ceux qui l’avaient fait, et même ceux …. qui s’étaient planqués, car il y en a eu beaucoup.

.

Pour ce but, un auteur génial : Keegan

A vrai dire, je suis tombé sur ce livre par hasard, et ce qui m’a attiré d’abord fut l’auteur :

John Keegan n’est pas un inconnu, et si vous trouvez quoique ce soit de lui, ne vous raisonnez pas:
Lisez le!


Cet auteur anglais est un spécialiste de la guerre, et j’ai déjà sur ce même ciao parlé d’un de ses livres, dans lequel il nous fait un historique de la guerre dans la civilisation humaine, livre dans lequel j’ai eu la surprise de lire que –dit d’une autre façon- l’humain a créé une espèce animale (le cheval domestique) dédiée à la guerre, et que les grandes améliorations techniques et tactiques nées de la guerre ne datent pas de ces derniers siècles, bien au contraire.


Il y a par exemple en terme de découvertes technologiques de nombreuses choses à apprendre des guerriers grecs, des romains, d’Alexandre et des autres.

L’auteur écrit toujours très bien et ici aussi le style est agréable et la lecture toujours facile.


Je cite cet extrait de la quatrième de couverture:
‘Aucun sensationnalisme dans ce livre, juste le ton qu’il faut pour évoquer et donner à comprendre une histoire de boue, de sang et d’eau.
Ainsi s’esquissent grâce à John Keegan la fin du siècle des empires, puis la nouvelle carte d’un monde sur le tracé duquel notre histoire contemporaine s’est écrite.’

.

Allons page 382 (il y en a 552)!

Je vous parlerai de l’architecture de l’ouvrage après.

Lisons :
‘Le principal effet de deux ans de bombardements et de combats à travers le no man’s land est d’avoir créé une zone dévastée d’une longueur immense (plus de 600 kilomètres de la mer du Nord à la Suisse) mais de peu de profondeur : défoliation sur un kilomètre ou deux de part et d’autre du no man’s land, destruction complète des zones habitées sur un ou deux kilomètres, démolitions éparses au-delà.

..//..

Le passage de la normalité à ce lieu de mort est abrupte, d’autant plus que la prospérité de la >>zone arrière

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exceptionnel

Commentaires sur cet avis

  • parenthese publié le 26/12/2010
    J'ai plus appris sur la guerre de 14/18 par les lettres et cartes de mes aieuls sur le front, que par les livres d'Histoire qui ont transformé à des fins "publicitaires" ou caché certains faits, couleur bleu horizon, uniformes de deuil, loin des champs de garance.
  • parenthese publié le 26/12/2010
    La guerre est faite pour les hommes, testeurs de testostérone. L'amour pour les femmes. Hep, les hommes faites l'amour , pas la guerre avec vos testostérones ;o)
  • parenthese publié le 26/12/2010
    Il y a de nombreuses choses à apprendre des grecs, des romains, d’Alexandre et des autres. ==> les autres, c'est l'enfer? ;o) En tout cas, j'apprends avec toi qu'il y a des grecs et Alexandre (qui n'est pas l'inventeur de la macédoine) ;o)
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Information produit : La Première Guerre Mondiale - John Keegan

Description du produit par le fabriquant

EAN : 9782262020965

Caractéristiques Principales

Titre: La Première Guerre Mondiale

Auteur: John Keegan

EAN: 9782262020965

ISBN: 2262020965

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