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Cet avis a été évalué par 16 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
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Préambule
Le cinéma français a longtemps été éloigné des réalités, mais depuis le début du troisième millénaire de nouveaux réalisateurs ancrent leurs films dans le quotidien, montrant les difficultés hélas fort actuelles des petites gens de la France d’en bas, auxquels par ailleurs on ne feint de s’intéresser qu’à la veille des élections.
Le néo-réalisateur Cyril Mennegun est ainsi l’auteur de Louise Wimmer , un film sorti le mercredi 04 janvier 12 dans un combinaison de plus de cent salles, ce qui pour un film sans la moindre tête d’affiche est une belle sortie. Il fut ainsi diffusé en première semaine dans plusieurs UGC parisiens, même si en deuxième semaine il était déjà relégué à la salle 5 de l’ UGC Cité Halles et zappé de l’UGC Cité Ciné Bercy. Je m’empressai donc de le voir avant qu’il ne se trouve confiné à des salles plus modestes…
Bande-annonce
Territoire de Belfort.
Louise nettoie les chambres d’un hôtel, essuyant aussi bien les lavabos que les remontrances d’un manager pointant le moindre retard et refusant d’augmenter ses horaires ou de reconnaître ses heures supplémentaires.
Elle reçoit son courrier dans un bar, dort dans sa vieille bagnole, pendant que les services sociaux ne semblent guère enclins à lui trouver un logement plus décent…
Un film d’une belle vérité
L’opus est une fiction assumée, mais il sonne très juste d’un bout à l’autre : les difficultés que rencontrent Louise Wimmer sont évoquées avec pudeur et précision, et on reconnaît en elle l’héritière de ces « nouveaux pauvres », comme l’on disait avant que la chose ne soit banalisée. La narration est sobre, et le spectateur découvre peu à peu les multiples problèmes auxquels doit faire face l’héroïne, et la facilité avec laquelle elle a glissé dans cette spirale inquiétante.
La caméra multiplie les plans nocturnes ou sombres, comme pour mieux indiquer l’ambiance désespérante de l’existence sans perspective de Louise, confrontée à la misère alors qu’elle a cinquante ans et un petit travail. Il n’y a jamais d’accusation, jamais de pathos, seulement la relation précise et méticuleuse des expédients qui permettent de survivre au quotidien à défaut d’avoir un avenir.
L’opus semble parfois presque documentaire, tant il reste clinique dans sa présentation, et c’est ce qui fait sa force comme sa limite : le sujet est fort, et il est difficile de ne pas songer combien il est d’actualité en une époque où l’on inonde les banques de milliards mais rogne sur tout le reste, mais le refus des facilités de certaines fictions le cantonnent un peu à ce vérisme brut…
Des acteurs inconnus mais plein de justesse
Le réalisateur est inconnu, les acteurs le sont tout autant, mais aucun ne dépare dans un casting très réussi, participant du vérisme d’un film qui semble parfois presque documentaire alors que c’est bel et bien une fiction.Corinne Masiero , que je découvre à cette occasion, est impressionnante dans le rôle titre, et donne à cette femme le mélange d’abattement et de révolte qui correspond tout à fait au personnage. Elle a beaucoup de présence dans des scènes souvent muettes, et incarne vraiment cette femme. Les cinéphiles esthètes noteront au passage qu’elle ne s’embarrasse pas d’une inutile pudeur lorsque le scénario l’exige.
Marie Kremer , une jeune actrice que j’avais déjà vue dans un petit rôle dans Ni à vendre ni à louer , est elle aussi très crédible dans le rôle plus bref de Séverine, la collègue de travail, tandis que les autres acteurs tiennent bien leur partition, sans aucune fausse note…
En conclusion
Louise Wimmer est un film impressionnant de justesse .
Le réalisateur a refusé toute concession pour narrer avec sobriété l’existence ô combien difficile d’une femme prise dans la misère, et il signe ainsi un opus d’un vérisme quasiment documentaire, qui ne peut manquer de faire réfléchir à une époque où l’actualité de son sujet ne se dément hélas point…
Tellement juste que cela me rappelle deux histoires réelles de deux femmes que j'ai rencontrées dans ma vie. La vie ne fait pas de cadeaux et une pointe d'espoir existe plus qu'une lueur parfois.
31.01.2012 00:46
Tellement juste que cela me rappelle deux histoires réelles de deux femmes que j'ai rencontrées dans ma vie. La vie ne fait pas de cadeaux et une pointe d'espoir existe plus qu'une lueur parfois.
29.01.2012 19:20
finalement, ça ne change pas beaucoup des infos.... Je ne vais pas me jeter dans une salle pour ce film!!!
28.01.2012 22:33
je vais aller le voir demain grâce à toi alors que j'étais perplexe