Lush Océanix

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[LUSH26] C'est pas l'homme qui prend la pouffe

4  28.09.2006 (03.08.2010)

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Avis:920

Lecteurs satisfaits:389

Cet avis a été évalué par 46 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Le PDSP tombe cette semaine sur notre shampoing chouchou.
Le PDSP (PDS de la Pouffe) est une compétition en marge du PDS officiel. Et comme dans le monde de la pouffe, tout est beau et facile, le PDSP autorise les participants à réactualiser de vieux avis. En fait, le PDSP autorise tout, du moment que le participant garde la Pouffy attitude. Et au PDSP, tou les avis sont gagnants, tous les participants sont heureux, tous les lecteurs sont ravis !

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(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Dans le port d'Amsterdam <-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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A cette époque, j'occupais un petit studio dans le vieil Amsterdam. La journée, je vendais des fleurs aux jeunes américains, venus spécialement de la côte ouest afin de découvrir les charmes des coffee shops et l'ambiance sombre et décadente de la capitale, lorsque le soir précoce et sa bruine bleutée tombent sur l'ivresse et la liesse des marins rassemblés dans les bouges des bas quartiers. Nous étions au début des années soixante-dix, et je vivais là, sans le savoir, évidemment, les dernières années de ma précédente vie, puisque la fin de la décennie allait me voir clamser tragiquement d'une rupture d'anévrisme survenue au milieu d'ébats torrides avec un jeune voyageur hispanique, et me réincarner peu après en la sculpturale personne que je suis encore aujourd'hui.

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De cette vie antérieure, je n'ai maintenant que de vagues réminiscences qui ne se manifestent qu'en de rares occasions, lorsqu'une odeur d'alors, lorsqu'un son familier en ces temps, viennent troubler le présent. Parmi ces odeurs, il y a celle du port, son odeur de poissons ruisselants, merlans, touladis, capelans ou harengs. Et il y a les moules et puis les frites, les frites et puis les moules : leur inimitable odeur de marée iodée me transporte en ces temps oubliés. Car lorsque j'étais fleuriste à Amsterdam, donc, je m'étais entichée d'un peintre amateur qui vivait du côté de Wallen, et nous passions notre temps à flâner près du port où le spectacle incessant des marins déchargeant la pêche le fascinait et l'inspirait. Je n'étais pour ma part pas aussi passionnée que lui par la vue de ces rustres mal rasés qui s'amusaient à se raconter des contrepets aquatiques (« Hey Sean, tu sais que la mule est en route ? ») et il arrivait souvent que je l'abandonnasse afin de jouer les filles de mauvaise vie en allant flâner du côté de ces petites échoppes aux alcôves contenant mille secrets à faire rougir les bonnes personnes.

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Celle que j'aimais le plus était tenue par une très vieille femme, à la peau ridée mais blanche comme la pureté, à la chevelure grise mais encore brillante comme l'été et au regard usé mais toujours noir comme le jais. Ce personnage fascinant, qui vendait dans sa boutique d'innombrables onguents visant à attiser le pouvoir des femmes sur leurs conquêtes, répondait au nom de Lushinda. Je passais la voir régulièrement, et elle avait toujours quelque nouveauté à me proposer. Lors de ma précédente visite, je lui avais fait part de mon envie de trouver un produit qui puisse révéler toute la beauté de mes cheveux et ne pas s'user trop vite. Car le seul défaut que mon physique arbora durant cette vie fut de présenter une pilosité capillaire envahissante : j'étais
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Lush Océanix Lush
Les boîtes estampillées Lush
atteinte d'hypertrichose et je dépensais de folles sommes dans l'entretien de ma chevelure, alors que cet argent aurait pu être utilisé de bien meilleure façon.

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Mais Lushinda semblait avoir une surprise pour moi…

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(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Le Cœur de l'Océan <-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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Elle me tendit une petite boîte métallique estampillée du début de son prénom, Lush, et me souffla qu'il s'agissait là de la réponse à tous mes problèmes. J'ouvris la boîte d'un geste aisé du poignet, en dévissant sans encombre le couvercle, qui révéla à mes yeux intrigués un étrange galet circulaire, d'un bleu vif fascinant, et duquel semblait sortir d'étranges petits serpents. Je savais que Lushinda était réputée dans toute la ville pour fabriquer elle-même les produits qu'elle proposait aux dames, et qu'elle s'appliquait à choisir ses ingrédients parmi ce que lui offrait Dame Nature, mais je m'étonnai auprès d'elle d'y trouver ces serpents. Aussitôt, Lushinda me rétorqua qu'elle préparait ses potions et décoctions uniquement avec des végétaux et qu'elle laissait aux sorciers et aux vieilles ensorceleuses du bas de la rue le vice de torturer le règne animal. Ce que j'avais pris pour des serpents déshydratés était en fait un entrelacs d'algues séchées.

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Lushinda me promit que je n'aurais qu'à presser ce petit galet océanique contre ma chevelure après l'avoir humidifiée pour voir se dégager une mousse abondante ayant le pouvoir de nettoyer tout en douceur, de purifier d'une odeur divine et de fortifier les cheveux. De plus, elle me jura que comme il ne s'agissait pas de liquide, je ferai moins de gaspillage et pourrait profiter très longtemps du bonheur d'utiliser ce nettoyant capillaire.

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Elle emballa le petit galet dans un sachet en papier, et nota sur le dessus ses précieuses indications, bien nécessaires à ma mémoire de crépidule croisé de bigorneau. Et c'est alors qu'elle me demanda une somme que je trouvai exorbitante pour une si petite chose. Face à mon mécontentement naissant, Lushinda m'expliqua donc d'un ton ferme, avec le noir de ses iris explosant dans les miens, qu'elle avait passé des soirs entiers à trouver le mélange chimique parfait, fait de mousse irlandaise, d'algues japonaises, de sel de mer, d'huile de citron et d'absolus parfumés, qui permettrait au galet de révéler les plus extraordinaires pouvoirs. Elle ajouta qu'elle avait ensuite aussi préparé le produit du début à la fin, usant plusieurs nuits sans sommeil. Honteuse d'avoir osé vexer la déesse Lushinda pour d'aussi grossières inepties et de ne pas avoir pressenti sa constante implication dans la préparation de ses produits, je lui tendis ma créance et quittai l'endroit.


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(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Vingt mille Lush sous les mers <-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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Par la suite, je profitais d'un soir où Sandro, mon bel artiste peintre, était resté au port pour croquer un navire de plaisance dont, disait-il, les divers haubans et galhaubans le fascinaient, sans que je ne comprennes le moins du monde pourquoi. Seule dans mon petit studio, après avoir pétouillé de longs moments, je me décidai enfin à essayer le galet de la vieille Lushinda. J'enfilai un peignoir exquis de satin aux motifs fleuris, je mis sur mon vieux pick-up le Summertime de Joplin, et je me dirigeai vers la salle de bain. Là, je mis l'eau de la douche à couler afin qu'elle fut chaude lorsque j'entrerai sous son jet (car à l'époque nous n'avions jamais entendu parler de l'or bleu à préserver), et saisis la petite boite métallique marquée du nom de ma marchande préférée dans laquelle j'avais rangé, non sans un peu devoir forcer, le galet nettoyant. J'eus quelques difficultés à le faire sortir, car sa circonférence n'était qu'à peine inférieure à celle de la boite, mais ce désagrément disparut assez vite, au fil de mes différents lavages, au fur et à mesure que le galet réduisait de volume.

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A l'ouverture, je ne retrouvai pas l'intensité de l'odeur qui imprégnait la boutique de Lushinda. Mais il y avait toutefois une délicate effluve qui semblait provenir du galet : un mélange subtil et raffiné qui devait être composé de fleur d'oranger, de jasmin et de mimosa, si j'en croyais les notes laissées par Lushinda. Mais pour être honnête, sans ces indications je n'aurai point identifié ces différentes fleurs, si ce n'est le noble et capiteux jasmin. Ce bouquet olfactif était doux et apaisant, et me donna l'envie urgente d'entrer sous le jet d'eau qui recouvrait déjà l'ensemble de la pièce de buée. Sous la douche, je n'emportai que le galet, laissant la boite au sec hors de portée du jet d'eau afin de pouvoir y reposer le nettoyant sans qu'il ne trempe dans un milieu trop humide.

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Après m'être mouillé l'ensemble de la chevelure, je fis comme m'avait conseillé Lushinda, je frottai doucement le galet contre mon crâne. Aussitôt, une mousse fine se forma comme pour me prouver qu'un effet lavant était bel et bien en action. Je passai et repassai mon caillou bleu quelques fois et le reposai enfin hors de la douche, afin que l'eau ne le fisse pas fondre trop vite. Sur ma tête, l'odeur de jasmin se faisait encore un peu plus présente, me plongeant dans une ambiance précieuse, et la mousse, bien que fine et légère, semblait donner à mes cheveux de l'épaisseur et de la force. Hélas, c'est à cet instant que le drame se produisit : une violente et subite crise d'hormones me tirailla et sous l'afflux excessif de prostaglandine, mon corps se mit à faire n'importe quoi et mes mains dessinèrent des coiffures folles avec ma chevelure épaissie par la mousse. Lorsque je retrouvai la raison, j'eus bien peur d'avoir emmêlé mes cheveux pour au moins l'éternité. Mais sous l'eau, ils reprirent bien vite leur pli initial, crissant au passage de ma main, et les nœuds se défirent sans (trop de) difficultés.

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En sortant de ma douche, je fis sécher le petit bloc lavant avant de l'entreposer de nouveau dans la boite métallique, afin qu'il ne se transformât pas, au contact de l'eau restée accrochée à lui, en une pâte flasque et inutilisable. Et lorsque je pus enfin le ranger, je constatai que j'avais toujours du mal à le faire glisser dans la boite, à cause d'un problème de format : ce qui me fit conclure qu'en dépit de ma générosité d'application, le galet ne semblait pas avoir beaucoup diminué de volume. Bien plus tard mes attentes furent comblées, puisque je ne fis pas moins d'une trentaine de lavages avec ce seul galet, allant parfois jusqu'à faire deux shampoings par séance, juste pour retenir plus longtemps la douce odeur fleurie qui a tendance à s'enfuir une fois la chevelure sèche. Jusqu'à ma mort, en cette affreuse soirée d'août 1979, je continuai ensuite à utiliser le galet bleu de Lushinda, alternant parfois avec l'une de ses nouvelles découvertes, mais revenant toujours au galet bleu, tant ses vertus me ravissaient.

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(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Face à l'amer <-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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Aujourd'hui encore, dans ma vie actuelle, j'utilise le galet bleu. J'ai en effet retrouvé récemment les descendants de Lushinda : ils sont font appeler Lush, sont basés à Londres mais s'exportent partout dans le monde et, comme leur ancêtre, ils fabriquent leurs produits de façon artisanale sans utiliser de composants issus du règne animal. En revanche, même s'ils s'appliquent à proposer des composants naturels le plus souvent possible, il n'ont pas pu résister à ajouter un colorant chimique à la recette de leur nouveau galet, sans doute pour retrouver le bleu envoûtant qu'en son temps Lushinda créait par quelque sortilège, ainsi que du laurysulfate de sodium pour faire office de base lavante.

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Sinon, rien n'a vraiment changé sauf le petit sachet en papier de Lushinda qui a été remplacé par un sachet en plastique et les notes manuscrites qui sont désormais rassemblées dans le magazine de Lush et sur le site Internet éponyme. Le galet bleu de Lushinda porte désormais un nom, Océanix à Paris, et le subtil et humoristique Seanik à Londres. Dans cette vie, je l'ai retrouvé depuis à peu près trois mois et je continue de l'utiliser avec ravissement tant il est efficace pour nettoyer sans agresser mes cheveux. Avec un galet, je tiens près d'un mois et demi en utilisation quasi-quotidienne, donc trente et quelques shampoings.

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L'utilisation est toujours aussi aisée, simplement désormais je prends bien garde à ne pas conserver de morceaux d'algues réhydratées sur la peau, car c'est beaucoup moins glamour qu'à Amsterdam dans les seventies. Aussi, je fais toujours sécher Océanix après utilisation, afin de le conserver plus longtemps et de pouvoir l'utiliser de façon pratique, sans devoir me battre pour décoller le bloc de la boite. Je suis toujours très heureuse de voir qu'il laisse mes cheveux souples, brillants et sains, et qu'il me permet des instants de lavages exquis grâce à son odeur délicate, mais je suis assez déçue car même s'il rend mes cheveux visiblement plus beaux et plus forts, il n'empêche pas du tout que ceux-ci tombent comme tombent les mouches en passant trop près d'un vieux claquos.

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Triste chute !


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(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Bilan <-- •*´¯`*•.¸´):´•.´.¸)´•.´.¸)
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•*´¯`*• La pouffe love -->

•*• La facilité d'utilisation,
  • •* L'économie de produit,
    •*• La composition,
  • •* L'odeur fleurie,
    •*• La facilité de démêlage,
  • •* La douceur et la brillance des cheveux.

•*´¯`*• La pouffe boose -->

•*• Le séchage obligatoire avant de ranger le galet,
  • •* Les morceaux d'algues rebelles,
    •*• Le manque de robustesse du cheveu,
  • •* Le prix de 6.95 € (toutefois rentabilisé par la durée d'utilisation).

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Commentaires sur cet avis
Aletheia60

Aletheia60

03.03.2011 23:50

Un style d'écriture très agréable !

nataloch

nataloch

27.08.2008 14:36

Reçu en cadeau avec ma (première) commande Lush, et pour ma part je trouve qu'il sent "le vieux plastoque", c'est étrange ...

rustimous

rustimous

10.08.2008 13:12

T'y es pas allée de main morte sur les photos ;-)

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