Morse (Blu-ray)

Avis sur

Morse (Blu-ray)

Evaluation générale (1): Evaluation totale Morse (Blu-ray)

2 annonces provenant de marchands référencés à titre payant entre 15,99 EUR à 16,67 EUR  

Tous les avis sur Morse (Blu-ray)

 Rédigez votre propre avis

annonce


 


 


Les enfants adorent sucer, c'est bien connu chez les vampires...

5  01.04.2010

Avantages:
Chef d'oeuvre, point, rien à dire de plus .

Inconvénients:
Voir au dessus, c'est un chef d'oeuvre j'vous dis rhooo  !  !  !  !

Recommandable: Oui 

evilash

Plus à mon sujet:

Membre depuis:06.10.2000

Avis:127

Lecteurs satisfaits:83

Partager cet avis sur Google+
Cet avis a été évalué par 26 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel

MORSE ou IL EST EVIDENT QUE QUAND ON LA TAQUINE DE TROP ELLE FINIT PAR MORDRE JUSQU’AU SANG

(Cet avis est dédié aux mordus du cinéma d’épouvante Orchidia et Morticiaaa... Ce n’est pas la première fois que je leur livre en pâture face à leurs jolies dents de telles images riches en rouge hémoglobine... Ce film est beau, triste et froid comme la mort, alors il devrait leur plaire... Il est aussi déposé comme un baiser sur la main de Lilybee85 qui, je le sais, n’aime pas les films qui foutent la trouille... Mais en même temps elle est rock n roll groovy, donc une telle pouffe n’est pas censée avoir peur, non ?)


Les effets de mode, je ne les ai jamais suivis quand j’étais plus jeune, parce que j’étais (déjà) imbu de ma personne et que je trouvais vraiment médiocre de me rabaisser au niveau de mes pairs. Alors, faire comme tout le monde, moi, ah mais non, surtout pas ! Je me reniais sinon, ah mais franchement… Mais voilà, en grandissant (bon, en fait je n’ai pas grandi hein je suis resté un nabot), il faut mettre de l’eau dans son vin, s’asseoir sur sa prétention, et devenir plus mâture. Maintenant, les effets de mode, parfois, j’avoue que je les suis. Par exemple, quand tout le monde par ici se met à faire des girlyparties à grand renfort de produits Lush, ah mais je suis tout content de me plonger dans le rose, moi… En revanche, me mettre dans la file d’attente pour voir l’adaptation du dernier volet des romans somnifères TWILIGHT, ça non, désolé, mais ce n’est pas possible…

C’est vrai que ça m’attriste profondément de voir combien les gens se ruent en masse pour voir ce phénomène alors que, selon moi, on atteint un sacré niveau de médiocrité … Il y a tant de meilleures choses à lire et à voir dans le domaine fantastico vampirique que cette sage saga littéraire et cinématographique. Pourquoi faut il que ce soit celle-ci qui emporte tant de succès, c’est bien un phénomène que je ne comprends pas. Même à la télévision, ils font mieux… TRUE BLOOD (pour les grands) et THE VAMPIRE DIARIES (pour les ados, et adus aussi) (oui les adulescents, comme moi, quoi) sont de bien meilleurs choix… Et qu’on ne vienne pas me parler des émotions, des sentiments, de la beauté de l’histoire de Edward Cullen et Bella Swan… A ce niveau là, et presque sur le même canevas, le magnifique film suédois (oui, suédois, et alors ?) dénommé LET THE RIGHT ONE IN / MORSE avait fait bien mieux…



Partie 1 – JE VOUDRAIS BIEN ME TENIR DROIT POUR NE PLUS PARAITRE AUSSI VOUTE, JE SUIS TELLEMENT RIDICULE



Ainsi, ce superbe film qu’est MORSE nous fait faire la connaissance d’un petit garçon âgé d’une douzaine d’années, dénommé Oskar. L’action se passe au début des années 80. Oskar vit seul avec sa maman dans un vieil immeuble de banlieue tout triste, ses parents étant séparés depuis longtemps. Certains week end le petit garçon va les passer chez son père, s’amusant d’un rien dans la neige fraîche et pure comme l’est son innocence… Seulement, quand il retourne dans sa grande ville toute grise, il retrouve aussi une vie qui ne lui plait pas, celle où il est obligé d’aller au collège et de se confronter à une bande de petits malins qui se plaisent à le persécuter. Et oui, Oskar n’est pas très heureux en classe, ses camarades de classe le traitent de cochon et font tremper ses vêtements dans les urinoirs…

Oskar : Quand c’est ton anniversaire ?
Eli : Je ne sais pas.
Oskar : Tu ne fêtes pas ton anniversaire ? Tes parents... Ils doivent savoir.
Eli baisse les yeux
Oskar : Donc tu n’as jamais eu de cadeau d’anniversaire ?
Eli : Non.

Mais heureusement, presque comme son aînée somnolente et boudeuse Bella Swan, le gentil Oskar tout blond va faire la connaissance de sa nouvelle voisine : Eli. Une jolie petite brunette qui s’installe dans l’appartement d’à côté avec un adulte que l’on soupçonne d’être son père vu comme il semble s’occuper d’elle… Toujours est-il qu’une étrange relation va se nouer entre les deux enfants, une belle amitié doublée du début d’une histoire d’amour adolescent… Surtout que la mimie Eli est de bon conseil, elle, et va s’occuper d’Oskar comme d’une parfaite petite épouse, une grande sœur, une amie… Tout pourrait bien aller, donc… Sauf que dans le monde d’Oskar, rien ne va jamais bien. En effet, Eli a bien plus que 12 ans. Son âge se compte en plusieurs centaines d’années. Eli est une vampire très féroce et l’homme qui l’accompagne est son ange gardien, celui qui lui procure de quoi se nourrir…

MORSE est la remarquable (je crains de ne pouvoir m’empêcher d’user et abuser de superlatifs tellement ce film est magnifique) adaptation d’un roman fantastique (dans tous les sens du terme) LÅT DEN RÄTTE KOMMA IN écrit par l’auteur suédois dénommé John Ajvide Lindqvist. Ce roman a été un best seller dans son pays d’origine (il vient juste d’être publié chez nous sous le titre LAISSE MOI ENTRER ) et c’est ainsi que le réalisateur Tomas Alfredson se lança dans son adaptation en images, secondé par l’écrivain qui en signa lui-même le scénario. Le film a eu un grand succès dans son pays, et sur le plan international MORSE (le titre français, pour une fois, est intelligent et joue sur un double sens qu’il s’agit de cacher pour ne point vous gâcher la surprise) a enthousiasmé autant les critiques que le public.

Ainsi, MORSE a reçu un certain nombre de récompenses sur tous les festivals où il a été présenté, allant du
Photos pour Morse (Blu-ray)
  • Morse (Blu-ray) Blu Ray
  • Morse (Blu-ray) Le livret
  • Morse (Blu-ray) Couple
  • Morse (Blu-ray) Eli
Morse (Blu-ray) Blu Ray
Le Blu-Ray qui en a "mare" des blu-rays
Grand Prix de Gérardmer au Mélies d’Or du meilleur film fantastique 2008 (Festival de Sitges, ville connue d'une certaine folle furieuse bordelaise), en passant par le Grand prix du Festival de Bruxelles. C’est dire l’incroyable engouement qu’il y a eu autour de ce chef d’œuvre. Et pourtant, ce film, chez nous, n’aura bénéficié que d’une sortie en catimini, celui-ci étant certainement vu comme un long métrage trop intellectuel (forcément c’est suédois, qui c’est qui va regarder des films suédois, franchement ?), et le public préférant voir une donzelle soupirer face à une chaise vide dans son lycée.

Eli : (Elle imite Oskar) Allez, crie !! Supplie ! Ce sont les premiers mots que je t’ai entendus dire.
Oskar : Je ne tue pas les gens.
Eli : Non, mais tu aimerais bien. Si tu pouvais... te venger. Non ?

Il faut savoir que ce film sera remaké par nos supers copains américains qui décidément ont toujours autant de mal avec le cinéma étranger. C’est le metteur en scène de CLOVERFIELD qui se collera à la mise en scène, pour une société de production dont il vaut mieux taire le nom vu que celle-ci a négocié le contrat dans le dos de l’écrivain et du metteur en scène. Il est inutile de préciser que cela est une sacrée trahison envers des artistes, d’autant plus envers un film qui n’a rien d’un téléfilm mais plutôt tout d’une vraie œuvre cinématographique. Un film au visuel incroyable, aux acteurs excellents, et à l’histoire riche en émotions. Un film dont on sort bouleversé, l’estomac noué et le cœur gros. Un vrai film avec des personnages qui ont du cœur, mis en scène par un cinéaste qui lui aussi en est pourvu, et dont l’écriture fine et pleine de délicatesse…



Partie 2 – JE VOUDRAIS BIEN QUE L’ON ARRETE DE REGARDER DANS LE JARDIN DU VOISIN TANT QUE LE SIEN N’A PAS ENCORE ETE ENTRETENU CORRECTEMENT



MORSE est un film fantastique dans tous les sens du terme, il s’agit bien d’un film de terreur tendance vampirique, genre actuellement très à la mode mais il s’agit aussi surtout d’une très belle histoire d’amour / amitié. Le film joue plus les cartes d’une terreur froide, glauque et triste, que celles d’une attitude à la cool comme cela est devenu la mode ces derniers temps. Nous sommes donc plus proches ici d’un vrai film de vampire que d’un pseudo film d’épouvante de fête foraine. MORSE ne trahit pas ses spectateurs friands d’émotions fortes et de frissons, et leur livre donc en pâture un authentique film fantastique au sens le plus noble et beau du terme.

Eli : (Elle reste sur le pas de la porte) Tu dois m’inviter à entrer.
Oskar : Qu’est ce qu’il se passe si je ne le fais pas ? Il arrive quoi si tu entres quand même ? (il brasse l’air de ses mains devant Eli) Il y a quelque chose là ?

Voici donc un film qui ne cherche pas à faire dans le glamour et ne va pas nous faire voir des créatures de la nuit brillantes non pas à cause de leur peau étoilée mais par leur intelligence et leur sagesse. Dans cette douce histoire, le vampire est montré comme une créature qui souffre, qui aime, et qui a des besoins à assouvir afin de survivre. Il est montré plus comme un être vivant ( ?) qui a des sentiments, éprouve des émotions, et se nourrit pour survivre. Dans MORSE, Eli est une vampire, une vraie, elle est montrée comme une mignonne petite fille (magnifiquement interprétée) qui peut soudainement se transformer en bête sauvage. Ainsi on retrouve ces images propres au cinéma de genre, avec cette enfant qui se jette à la gorge de ses victimes afin de les vider de leur sang (mais ce n’est pas son seul moyen, cependant…).

Les séquences chocs se multiplient donc dans ce film, satisfaisant ainsi l’amateur du genre, sans pour autant verser dans le grand spectacle à renfort d’effets spéciaux. En effet, la vampire n’est pas montrée comme une grosse bête pourvue de crocs luisant dans le noir, mais vraiment comme une fillette. Jamais on ne la voit dévoiler des canines pointues comme celles des émules rigolos de Dracula. Ici, le metteur en scène joue sur l’étrange ambiguïté de son personnage, ce qui fait que l’on se demande parfois si nous sommes bien en présence d’une belle créature de la nuit, ou d’une folle furieuse sociopathe. Evidemment, les vampires sont toujours montrés sous deux facettes, l’une très douce, très câline, qui ne peut que vous attirer, et l’autre, bien plus terrifiante, qui ne veut que vous sucer (et là je dis oui !).

Dans MORSE, Tomas Alfredson ne rentre jamais dans ce jeu de cartes là, il ne sert pas la soupe habituelle, Eli est une petite vampire mais elle n’est jamais montrée comme une manipulatrice. Au contraire, elle semble dotée d’une profonde humanité et le lien qui s’installe entre elle et Oskar sera bien plus fin et intelligent que ce que l’on a pu voir jusqu’alors sur un écran de cinéma. Le vampirisme, ici, n’est pas du tout montré comme une tare, comme une maladie (comme dans AUX FRONTIERES DE L’AUBE de l’oscarisée Katherine Bigelow, ou le récent DAYBREAKERS ) ni comme une maladie d’amour à la Michel Sardou (comme dans TWILIGHT ). Ici, le vampire est un être vivant, oui, vivant, qui se nourrit comme tout le monde, et qui peut lier des liens si celui-ci se fait accepter… Un peu comme dans TRUE BLOOD ? Pas vraiment, finalement, puisque dans cette série les vampires sont connus de tous et évoluent parmi les vivants. Alors que dans MORSE, non, Eli se terre dans la pénombre de son appartement, et ne sort que la nuit à la rencontre de Oskar, et de ses éventuelles victimes…

Oskar : Tu as quel âge ?
Eli : 12… Plus ou moins.. Et toi ?
Oskar : 12 ans, 8 mois et 9 jours. Qu’est ce que ça veut dire, « plus ou moins » ?

Car, oui, vu que nous sommes en présence d’un film de suceuse, MORSE contient tout de même son lot de scènes stressantes. Certains passages sont particulièrement sinistres, tant la mise en scène fabuleuse de Tomas Alfredson est parfaite. Les attaques de Eli sont filmées de loin, au milieu d’une nuit laiteuse, aux couleurs froides et blanches comme la mort. Les paysages de Suède sont enneigés, tels un linceul, et ce n’est pas étonnant finalement que le cinéaste insiste bien sur ces images tristes puisque les victimes potentielles de la petite enfant vampire sont des morts en sursis. Les séquences sont donc très bien filmées, d’une poésie macabre profonde qui surprendra les amateurs de cinéma de genre puisque l’on ne tombe pas dans les clichés inhérents au genre. Point de crucifix, point de cape noire, pas de château gothique ni de belles donzelles à la poitrine accueillante (ah zut, pourtant j'aurais aimé) dans MORSE.

Ici, nous avons une bête sauvage et le metteur en scène nimbe ses séquences d’épouvante d’une teinte telle qu’on en a froid dans le dos. De la normalité survient le frisson en somme… certaines images de ce film en feront frémir plus d’un tellement elles sont belles et morbides. Ainsi en est il de ce cadavre qui se vide de son sang, suspendu dans un arbre en pleine forêt, avec un chien blanc sagement assis dans la neige et qui l’observe. Aucun effet de mise en scène, juste une habile et fort belle utilisation des plans de caméra et de prises de vue, qui touche au sublime et au terrible. Par petites touches, Tomas Alfredson provoque les chocs électriques. La toute dernière séquence, ainsi, filmée en un point de vue unique, est un monument de cinéma fantastique. Mais MORSE est aussi bien plus qu’un simple film de créature aux dents longues…



Partie 3 – JE VOUDRAIS BIEN SORTIR ME PROMENER AU SOLEIL MEME SI LA TEMPERATURE EST BASSE



MORSE ne se contente pas de nous faire voir un énième film d’épouvante avec vampire, cela n’aurait été sinon qu’un énième film de genre, certes bien maîtrisé, mais c’est tout. Or, en accentuant tout son film (et donc le roman, au départ, forcément) sur la relation qui s’installe entre Eli et Oskar, le film atteint tout simplement les cimes du sublime, celles qui font les meilleurs chefs d’œuvre. En effet, jamais le long métrage ne fait sombrer son spectateur dans les facilités du genre, jamais il ne nous montre une simple attirance envers une créature nocturne comme dans les films de vampire classiques. Les schémas auxquels le spectateur est habitué (et ce depuis le DRACULA de Bram Stoker ) sont ici bousculés, d’autant plus que Oskar et Eli sont des enfants qui physiquement font bien leurs douze ans d’âge.

Tomas Alfredson ne verse donc pas dans une sorte de bal pénible fait d’attirance et de répulsion comme dans les films habituels, mais plonge le spectateur dans une fascinante et troublante histoire d’amitié, voire même d’apprentissage amoureux. La relation qui nait entre les deux enfants est tout simplement belle et touchante. Déjà parce que Oskar est présenté comme un enfant solitaire, qui souffre, qui est persécuté, et qui va trouver en Eli une amie et une confidente. Et ensuite parce que les deux personnages sonnent justes, s’il n’existait pas cet élément fantastique, on aurait l’impression de se retrouver face à un drama poignant de plus. Alors qu’il n’en est rien, on le sait, MORSE est un film fantastique. Les deux enfants, remarquablement bien interprétés, s’installent dans une relation tellement douce et juste, que les émotions du spectateur sont terriblement mises à mal durant toute la vision du film.

Oskar : Tu es une vampire ?
Eli : J’ai besoin de sang pour vivre. (elle fait une pause) Oui.

Surtout que l’élément vampirique vient renforcer cet aspect, celui de la relation entre ces deux petits êtres. Déjà, la rencontre entre les deux enfants est filmée pendant la nuit, bien évidemment. Les images sont à la fois terrifiantes et douces, car Tomas Alfredson joue habilement sur l’intrusion dans le décor du personnage de Eli, filmée en contrechamp. Les images ont quelque chose de terrifiant et en même temps de très beau, très doux, surtout quand on voit les deux enfants apprendre à se connaître. Leur façon de communiquer aussi, à travers le mur de leurs chambres respectives, en morse, est une belle façon de faire monter chez le spectateur son ressenti, ses émotions. Ces deux enfants semblent chacun à sa façon tellement fragiles et meurtris qu’on ne peut que craindre tout au long du film pour leur sort. On s’attache rapidement à eux, on se plonge dans leur amitié et leur amour avec un appétit de vampire.

Ensuite, Tomas Alfredson se sert de son image d’Epinal qu’est celle du vampire pour mettre en valeur l’amitié entre les deux enfants. En effet, s’il ne nous montre pas sa créature rire sous cape tous crocs dehors, il n’en demeure pas moins que le cinéaste connaît certaines règles de ce cinéma de genre. Ainsi, les théories selon lesquelles les vampires ne peuvent pas entrer chez quelqu’un sans y avoir été invité, ou celle qui prétend qu’ils ne peuvent se nourrir que de sang, sont utilisées ici de brillantes façons. Sans en dire trop, il faut juste savoir que Tomas Alfredson s’en sert d’une telle façon qu’on en sort bouleversés, émus, et qu’on est surpris de voir ces détails pourtant macabres nous tirer des larmes. Cela relève donc d’un véritable tour de force de la part et du metteur en scène et de l’écrivain scénariste.

Ensuite, non seulement MORSE nous dévoile les prémisses d’une histoire d’amour et d’amitié, il nous décrit également une incroyable histoire d’apprentissage entre les deux personnages. Chacun, dans sa relation, que ce soit Eli la vampirette ou Oskar l’enfant persécuté, va se trouver grandi. Ils vont apprendre à vivre en quelque sorte, et s’épanouir, et cela est montré avec encore une fois beaucoup de finesse, sans aucun gros sabot (ce que le cinéma américain risque de nous offrir avec son futur remake… hélas). Il est souvent dit que l’on sort grandi d’une histoire d’amour, et MORSE ne déroge pas du tout à la règle. Chacun va s’apprivoiser, se comprendre, et s’aimer. Les scènes incluant les deux enfants sont donc très bouleversantes, car le cinéaste insiste bien sur les différences qu’il y a entre les deux personnages.

En effet, la mise en scène jouant avec les éléments de décor pour accentuer la grande différence entre ces deux créatures, le vivant et le non mort. Vitres opaques, mur, eau, tout est bon pour nous séparer les deux êtres, mais toujours la communication passe au travers de ces limites. Cette idée est très belle, en somme… Celle d’une amitié, d’un amour qui se fout des conventions connes, et qui passe outre tous les tabous, gênes, et autres contraintes de notre monde Occidental.

Oskar : Tu as vraiment 12 ans ?
Eli : Oui. C’est juste que j’ai 12 ans depuis un bon moment.

Au travers de son final poignant car il ouvre la porte sur une étrange histoire en points de suspension que l’on ne connaitra pas, MORSE montre que l’amour peut s’abîmer et se cogner aux murs mais pourra aussi tout percer si l’on s’en donne les possibilités, si on le choisit. Ainsi MORSE est un film d’épouvante au-delà de toute terreur, un film d’amour dont on tombe amoureux, un film entre neige et soleil, entre blanc et noir, entre le jour et la nuit, entre chien et loup, entre vie et mort… Un film sublime…



JE VOUDRAIS DIRE DEUX MOTS SUPPLEMENTAIRES SUR



L’interprétation :
Kåre Hedebrant joue le rôle d’Oskar, tandis que Lina Leandersson interprète le rôle de Eli, et ces deux jeunes interprètes âgés de 15 ans désormais sont absolument désarmant de justesse. Ils impriment d’une fragilité incroyable leurs personnages, donnant corps et chair à leurs troubles et tourments. On demeure captivé de bout en bout par l’histoire d’autant plus facilement qu’ils jouent si bien. Rien à dire de plus donc sur leur interprétation si ce n’est que l’on est sincèrement ébahis…

En ce qui concerne les autres acteurs du film, tous inconnus pour les petits frenchys que nous sommes, il ne s’agit que d’acteurs vus à la télévision suédoise, pour la plupart. Tous sont justes, sonnent vrai et rien ne semble totalement déplacé dans leur jeu. De visages totalement inconnus pour des néophytes on a ainsi l’impression d’être face à de vrais individus, les acteurs s’effaçant totalement derrière leurs rôles…

La mise en scène :
Autant rassurer les spectateurs refroidis par les films nordiques, il ne s’agit pas ici d’un long métrage laid à regarder tant Tomas Alfredson signe ici un film visuellement soigné. Chaque plan a été suffisamment travaillé en amont pour apporter ce qu’il faut d’émotions au spectateur. Les images sont belles et leur rendu donne l’impression d’être plongé comme dans un rêve (ou un cauchemar, c’est selon). Le rendu visuel ainsi n’a vraiment rien de repoussant, le cinéaste donnant l’impression d’avoir tellement œuvré avec intelligence que chacune de ses idées traverse l’écran pour transpercer l’œil du spectateur. Des images poétiques, une mise en scène fluide et claire, il n’y a rien à reprocher au travail de ce surprenant cinéaste…



JE VOUDRAIS DIRE DEUX MOTS SUPPLEMENTAIRES SUR LES BONUS DU BLU-RAY



Jimmy : Tu restes sous l’eau juste trois minutes. Si tu ne le fais pas, je te coupe. (il brandit un couteau) Je t’arrache un de tes yeux. Un œil pour une oreille, d’accord ?

Voilà une belle édition pour un film qui en méritait autant, effectivement, et on ne peut que féliciter l’éditeur pour avoir fourni un aussi bel objet que ce Blu Ray là. Le fourreau cartonné est doux au toucher et hmmm comment dire, c’est un plaisir de le caresser sous la couette, je vous assure. Ensuite le tout est accompagné d’un livret de quelques pages (20, quand même !) à l’iconographie très riche et dont le brillant texte de présentation a été rédigé par un certain Léonard Haddad, excellent journaliste d’ailleurs présent dans les bonus du film... On a droit à une analyse bien plus belle que la mienne sur ce très beau film...

Question technique le Blu-Ray se doit évidemment de supplanter son petit cousin le DVD et il n’y a rien à dire... Côté images, les noirs de la nuit drapent joliment notre écran de télévision et les blancs comme neige fondent joliment sur notre écran... Pour le son, il ne s’agit pas ici d’un film d’action avec ce qu’il faut de terroristes des pays de l’est ou du sud (oui, tous les terroristes viennent de ces pays là, vous n’aviez jamais fait attention dans les films ?) (c’est que ça doit être vrai, non ?) (ah bon, le cinéma ce n’est pas comme dans la vraie vie ?) donc on ne pourra pas dire que ça fusille dans toutes les enceintes de l’installation home cinéma... Par contre les pas feutrés de la jolie Vampirella sont très bien rendus et font frissonner. Et quand ça se met à crier, alors là...

Et enfin, côté bonus qui donnent envie de revoir le film, vous trouverez un commentaire audio (sous titré ben oui hé) du réalisateur et de l’écrivain scénariste. Beaucoup passent à côté de ce genre de bonus là, et personnellement j’en raffole... On trouve souvent des petites anecdotes sur le film et on s’imprègne encore plus des volontés de l’équipe derrière le film.

Quelques scènes coupées viendront satisfaire le spectateur, celles ci approfondissant le malaise vécu par Oskar, notamment à l’école. Ensuite, un court making of plutôt bien fait livre quelques anecdotes supplémentaires, et un court module de comparaison entre le roman et le film sera aussi présent en bonus.

Pour finir, une courte interview du cinéaste français Jacques Audiard vient nous livrer son avis éclairé et formidable sur le film... Et oui, le Monsieur UN PROPHETE lui même crie son amour pour ce film de vampire... Faut avouer que le Monsieur se faisait décapiter quand il était jeune dans BABY BLOOD de Alain Robak, le premier film gore français !!!!


Partager cet avis sur Google+
Liens sponsorisés
Evaluer cet avis

Quelle est l'utilité de cet avis pour prendre une décision d'achat ?

Guide d'évaluations

Commentaires sur cet avis
Nelcie

Nelcie

02.12.2010 21:57

Tiens, je reviens faire un tour sur cet avis. Ouais, tu m'avais donné envie de découvrir cette histoire, alors me suis visionné le film. Et j'ai beaucoup, beaucoup aimé. L'ambiance sombre est très bien retranscrite et nous prend à la gorge du début à la fin. En octobre dernier, je suis également allée voir le remake américain "laisse moi entrer". Bon, là j'avoue j'ai été super déçue. Ils ont voulu nous la faire façon twilight : rock'n roll. Du coup, ça perd tout le charme dev l'histoire et les angoisses sont complètement dissipées. Tu as vu la version ricaine toi ? tu en as pensé quoi ?

Krys_TOFF

Krys_TOFF

28.08.2010 17:58

Bon, ben je suis convaincu. Il me le faut celui-là ! Merci pour la découverte.

Krys_TOFF

Krys_TOFF

28.08.2010 17:50

"pas de château gothique ni de belles donzelles à la poitrine accueillante (ah zut, pourtant j'aurais aimé) dans MORSE" => Ah ben voilà, c'est pour ça que personne n'en a parlé. :-p

Ajouter un commentaire pour cet avis

max. 2000 caracteres

  Postez votre commentaire
Comparez les prix Trier par Prix
Morse [Blu-ray]

Morse [Blu-ray]

Oskar est un enfant fragile et marginal, vivant seul avec sa mère. Régulièrement ...

plus

annonce

15,99 € Amazon Marketplace DVD 99 Evaluations

Frais de port: 2,79 EU...

Livraison: Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés.​.​.

     Plus  

Amazon Marketplace DVD

Morse [Blu-ray]

Morse [Blu-ray]

Oskar est un enfant fragile et marginal, vivant seul avec sa mère. Régulièrement ...

plus

annonce

16,67 € Amazon DVD 767 Evaluations

Frais de port: 2,79 EU...

Livraison: Habituellement expédié sous 24 h.​.​.

     Plus  

Amazon DVD



publicité
Evaluations d'avis
L'avis sur Morse (Blu-ray) a été lue 1682 fois et a été évaluée:

exceptionnel (83%) par:
  1. Krys_TOFF
  2. rubis60
  3. tweetyc
et aussi par 21 autres membres

"très intéressant" (17%) par:
  1. pinpin01
  2. Mimiche34
  3. bigboo
et aussi par 2 autres membres

Comprendre l'évaluation de cet avis.
Produits intéressants pour vous
Rise (Blu-ray) Rise (Blu-ray)
Réalisateur : Sebastian Gutierrez - Acteurs : Robert Forster, Lucy Liu, Cameron Richardson - EAN : 5050582590593
Ce produit n’a pas encore été évalué. Evaluer maintenant
Achetez-le pour seulement 4,90 €
Hostel, Chapitre III (Blu-ray) Hostel, Chapitre III (Blu-ray)
Réalisateur : Scott Spiegel - Acteurs : John Hensley, Kip Pardue, Thomas Kretschmann - EAN : 3333299674438 - Sony Pictures Entertainment
2 Avis
Achetez-le pour seulement 16,70 €
Avatar (Blu-ray) Avatar (Blu-ray)
Réalisateur : James Cameron - Acteurs : Zoe Saldana, Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver, Sam Worthington - EAN : 3344428039059 - Fox Pathé Europa
1 Avis
Achetez-le pour seulement 12,99 €
publicité